Le retour de Goldorak

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L'idée d'un second film

Désirant lui aussi profiter du grand succès de Goldorak à la télévision, Bruno-René Huchez prévoit également de sortir un long-métrage au cinéma avec le dessin animé phare du PAF, quelques temps après le « Goldorak au Cinéma » de Canestrier, sans doute pour l'été ou la rentrée 79.

Huchez désire refaire le joli coup que les italiens ont réussi à l'automne précédant en sortant "Mazinger Z contro gli UFO Robot".

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Montage douteux de courts et moyens métrages de robots géants de la Tôei ("Mazinger Z vs Devilman" (1973), "Great Mazinger vs Getter Robot" (1975) et "Ufo robot Grendizer vs Great Mazinger" (1976)), ce film avait été un très beau succès de l'autre coté des Alpes bien qu'à cette époque, ni les Mazinger ni Getter Robot ne soient encore passés sur les télévisions italiennes.

BRH ayant, par sa société IDDH, acquis les droits de ces films, il va donc faire pareil et même pire puisqu'il leur y ajoute un quatrième, "Grendizer, Getter Robot G, Great Mazinger : Kessen daikaiju" (1976), qui passera seul et dans son intégrité en 98 en France ("L'attaque du Dragosaure") puis sera redoublé une deuxième fois en 2016 pour un coffret DVD ("Goldorak, Getter Robot G et Great Mazinger contre le Dragonosaure).

Si l'on excepte "Goldorak contre Great Mazinger" , qui met en scène deux robots issus de la même continuité scénaristique, les trois autres animations font s'allier des héros issus d'univers incompatibles et le tout dernier film possède une trame très mince puisque nos héros y combattent le "Dragondosaure", un monstre préhistorique d'une crédibilité d'une extrême petitesse. Individuellement, ces courts-métrages remplissent cependant leur fonction et restent de sympathiques divertissements.

Même si des doutes sur la qualité globale du film ont du apparaitre dès les premiers instants, commercialement ce rapiéçage se tient car, après le remontage d'épisodes sorti en avril, Huchez pourra lui proposer des aventures véritablement inédites de Goldorak, ce qui est un argument de vente imparable et un fort vecteur d'appel.

La musique "originale" et la machine arrière

Les taux d'audience ahurissants de la série en France laissent entrevoir un grand succès et cette idée est confortée par les bons chiffres du long métrage de Canestrier. IDDH veut donc faire les choses en grand et décide de doter son film de musiques de fond entièrement originales et recrute pour cela des compositeurs célèbres.

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Lorsque la décision de ne pas sortir ce second long-métrage sur grand écran est prise, pour des raisons encore floues, certains thèmes ont déjà été créés.

La présence d'Eric Charden (1942-2012) à ce stade est avérée, mais on ignore quelles musiques il a écrites spécialement pour ce film. En revanche, les quatre instrumentaux du chef d'orchestre Claude Vasori (1930-2019), mondialement célèbre sous le nom de Caravelli, sont connus et nous savons que le synthétiseur utilisé pour les parties de clavier est un ARP 2600.

Pour amortir le coût de leur création et les rentabiliser, ces musiques finiront plus tard sur les feuilletons "San Ku Kai" et "Albator, le corsaire de l'espace" avec de nouvelles compositions d'Eric Charden et de Guy Mattéoni, réalisées elles spécialement pour ces deux programmes, et la participation de Didier Barbelivien pour les paroles des génériques. Certaines seront éditées en 1980 sur le 33 tours "Les héros de l'espace" (pochette ci-contre).

Lorsqu'en 1999, la bande originale partielle de "Albator, le corsaire de l'espace" sortira en CD, les quatre compositions de Caravelli, "Mazinger", "Mazinger heureux", "Grendizer" et "Attaque de Véga", y seront renommées respectivement "Ramis", "La petite protegée", "En avant, Atlantis" et "l'Attaque surprise" .

Il est à noter que pendant des années Huchez maintiendra que les musiques de fond originales de ces deux feuilletons ont été remplacées parce qu'elles n'étaient pas "au gout du jour". Nous savons désormais que c'était un mensonge et que la vérité est une question d'argent.

Cependant, la production du film continue mais le travail d'édition sonore, pour inclure les musiques composées en France, ne sera pas fait par soucis d'économie et seul le thème "Grendizer" s'y trouvera, transformé en générique chanté par Michel Barouille sous le titre "Goldorak et les deux Mazinger".

Habitué des génériques de dessins animés (voir la fiche Les disques francophones), le chanteur se voit proposé 80 francs pour enregistrer ce qui lui est présenté comme une maquette mais se voit promis, si celle-ci était acceptée, un confortable supplément qu'il ne recevra en fait jamais.

L'équipe du Wikirak tient à remercier Michel Barouille pour sa gentillesse et sa disponibilité lorsque nous lui avons demandé de nous raconter cette mésaventure.

Vidéo : Michel Barouille en concert en 2016

Un résultat très médiocre

En lui-même, le montage est bâclé et il en ressort une histoire difficile à suivre où des scènes de différents films n'ayant aucun rapport entre eux s'entrecoupent dès les premières minutes.

Mais c’est surtout le doublage, pourtant conçu et réalisé par les plus grands professionnels de l’époque et la même équipe qui a adapté la série, qui choque. Bien que le directeur de plateau soit Michel Gatineau, certains personnages n'ont pas leur voix habituelle et les comédiens en question, présents sur le plateau, en interprètent d’autres. Lui-même ne pose pas sa voix sur le Professeur Procyon, qu’il double dans la série, mais le narrateur.

La présence de Pierre Guillermo, qui a abandonné le métier fin 81/début 82, nous permet de situer le doublage du film avant cette période. Si Mr Guillermo double bien, comme il le fait dans la série, Alcor/Koji dans la partie qui reprend Goldorak contre Great Mazinger, il ne lui donne pas sa voix dans les autres parties du long-métrage où il double Tetsuya Tsurugi, le pilote de Great Mazinger qui combat aux cotés… d’Alcor.

Cette surprenante liberté est sujette à bien des interrogations. En l’absence de réponse, nous ne pouvons supposer que la « private joke ». Il est certains que ce film a dû sembler complètement idiot à cette époque où on vendait Goldorak sous toutes les formes possibles et imaginables. Devant le culot du producteur qui voulait gagner une dernière petite pièce sur le dos des fans en sortant ce navet, il est possible que l’équipe de doublage ait voulu signaler sa désapprobation en sabordant volontairement sa prestation...


La sortie

Le film sortira finalement en 1984 en VHS, avec une jaquette équivoque portant le titre « Goldorak - le Film ! », et beaucoup la loueront ou l'achèteront en pensant y trouver "Goldorak au Cinéma" et ils y découvriront avec surprise, à défaut d’émerveillement, un univers plus étendu. C'est à confirmer, mais il est presque certain que c'est la première fois en France qu'Alcor est officiellement cité comme l'ancien pilote de Mazinger Z et que le lien entre les deux séries est formellement révélé.

fiche de Planète Jeunesse

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