Robocolt a écrit :euphoria a écrit :a mon avis il faut juste que quelqu'un se lance...
Oui, et qu'il s'accroche. Je développe plus tard

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Bon, alors j’ai dit que je “développerais”, allons-y donc.
Je précise que je suis avant tout fan, et qu’il n’est pas question ici d’être en mode « moi je sais mieux ». C’est juste que j’ai bossé sur quelques projets, et que confronté à des professionnels et au « marché », il y a quelques trucs que je crois avoir compris.
Par quoi commencer ?
Bon, l’édition, et plus particulièrement les livres illustrés. Alors, déjà, ce n’est pas un marché au top de sa forme. La fermeture de Virgin plombe quelque peu les choses, qui plus est. Pour ce qui est des livres traitant de sujets de culture populaire, ils sortent en général pour la période des fêtes, avec début de distribution en octobre. Il est souvent difficile de préjuger d’un succès, même lorsqu’on a l’impression d’avoir ajouté quelques atouts au livre.
Ainsi, j’ai les exemples d’un ouvrage s’appuyant sur le nom d’une célèbre animatrice et ayant bénéficié d’une bonne exposition médiatique, chez un éditeur important, et dont les ventes n’ont pas dépassé les 10 000 exemplaire sur la première période (d’octobre à fin décembre). Ou encore un autre arborant une belle représentation de notre robot préféré sur sa couverture n’ayant pas dépassé les 4 000 exemplaires.
Bref, en fait le livre étant un produit culturel, il ne touche pas un maximum de gens, quel que soit son sujet. Pour ceux (le sujets) qui nous intéressent, pour le moment, le record de performance est de 13 000 exemplaires sur la première période de fêtes.
En parlant de sujet, évoquons Goldorak. Oui, nous étions quelques 6 millions de fans devant notre écran. Mais en revanche nous sommes relativement peu à avoir entretenu la flamme en tant que « consommateurs ».
C’est ce qui fait que même si depuis 10 ans on voit apparaître des « produits pour adultes » Goldorak, les tirages sont limités, réservés par essence aux collectionneurs.
Enfin, il y a le cas particulier du DVD.
Particulier parce que, finalement, ce n’est pas juste un support « Goldorak ». Ce n’est pas un livre avec son nom et son image, ce n’est pas une figurine. C’est « Goldorak ». Le vrai. Celui que nous étions des millions à regarder. Ca fait toute la différence, puisque c’est la garantie de revivre ce qu’on a pu expérimenter enfant, pas juste « se souvenir ».
Et forcément, comme c’est « Goldorak », le vrai (bon, je passe sur l’absence de l’écran titre LE ROBOT DE L’ESPACE, grande frustration pour moi, ce qui fait qu’il est reproduit dès la première page de « Nos années Récré A2 »), et bien là il touche un plus large public… dont la majorité n’a plus « consommé » du Goldorak depuis son enfance.
En termes de performances, c’est flagrant : un peu plus de 40 000 exemplaires vendus à ce jour pour le coffret 1, dont plus de 10 000 la première semaine.
Donc voilà, mon propos est que tout ce qui traite de Goldorak n’est pas un carton assuré.
Pour un ouvrage dédié, les ayants droit n’ayant pas d’expérience dans le domaine de l’édition, ils auront tendance à vendre la licence pour un livre aux mêmes conditions que pour les autres supports. Il faut alors déployer un gros travail de persuasion, en venant avec des chiffres illustrant la réalité du marché du « livre illustré »… en prenant le risque que l’opération soit jugée comme peu rentable, et donc ne débouche pas sur un accord.
Enfin, pour un auteur, faire un livre avec le contrôle des propriétaires de la licence, c’est ajouter des frustrations en plus. Un éditeur m’avait contacté pour consacrer un ouvrage à un personnage phare de notre enfance, mais j’ai décliné dans la mesure où je travaillais sur « Récré A2 ». J’ai donc orienté l’éditeur vers un ami, qui termine l’écriture en ce moment même. Et bien, en termes d’iconographie, il y a pas mal de choses qu’il n’a pas le droit de « montrer ». Pour Goldorak, par exemple, je suppose que dans un livre dédié il serait difficile de montrer des produits « pirates » de l’époque, ou même peut-être les images de Gattaiger (oui, des fois il y a des situations ubuesques de ce genre).
Voilà, vous connaissez mon ressenti sur le sujet…