Les mangas concomitants à la série
Au Japon, les séries TV de Robots Géants sont conçues avant tout pour que les marchands de jouets qui les sponsorisent puissent vendre des gammes de produits dérivés très variées. Soit la série est adaptée d'un manga, soit elle est créée ex nihilo pour la télévision et le manga qui l'accompagne en est une adaptation en bande dessinée plus ou moins fidèle, cas de Grendizer, tout comme Mazinger Z et Great Mazinger avant lui. UFO Robo Grendizer ayant été conçue sous forme de série animée au départ, les mangas sont effectivement des productions dérivées, parmi d'autres.
Légalement auteur de la série, Go Nagai touche un pourcentage sur les revenus du feuilleton et des produits dérivés, et il est libre de la faire adapter dans autant de versions dessinées que de magazines qui en voudront par sa société Dynamic. Il est également libre de faire s'éloigner le récit de l'animation de la façon dont il le souhaite, tant scénaristiquement que graphiquement.
Sommaire
Manga par magazine
Au Japon, chaque éditeur de mangas (Kodansha, Shueisha, Shogakukan, Akita Shoten...) possède chacun plusieurs magazines de prépublication. Chaque magazine est défini par un type défini (shônen, shôjo, kodomo, seinen, hentai...), s'adressant à un public ciblé. Plusieurs histoires de Grendizer sont contées dans des magazines pour kodomo, soit de jeunes enfants. Ce n'est cependant le cas de la version pré-publiée dans le Bouken Oh, qui s'adresse, quant à elle, à des étudiants.
Ainsi, vont paraitre dans différents magazine, à partir de l'automne 1975, différentes aventures en manga de Grendizer qui se termineront au plus tard avec l'arrêt de la série en mars 1977.
CONTINUITÉ TV MAGAZINE
Version Go Nagai/Yû Okazaki (octobre 1975 - mars 1977)
- Il s'agit du manga commandé dans le cadre de la réalisation de la série animée.
- Gô Nagai est crédité Auteur original à ce titre, y compris pour toutes les autres versions (voir Yuu Okazaki et Gosaku Outa). Le manga est paru en périodique dans la presse japonaise chez : Akita Shoten (1976), Asahi Sonorama, Daitosha, Futabasha, Kodansha, Manga Shop (2012).
- Il a été sérialisé dans le magazine Terebi Magazine (Kodansha) et édité en tome en librairie (1 tome ou "Tankobon").
- Ce récit porte non seulement la marque de Gô Nagai (pour les trois premiers) mais également celle de Ken Ishikawa, l'un de ses plus fidèles collaborateurs qui a connu un énorme succès l'année précédente avec la série "Getter Robo" et sa version sur papier. Celui-ci illustre de façon claire et sous forme de cross-over le lien existant entre Goldorak et les deux robots qui l'ont précédé (Mazinger Z et Great Mazinger). Le dernier chapitre sera repris pour le film hors continuité "Goldorak contre Great Mazinger".
- Ce manga a été traduit et publié officiellement en France pour la première fois en 2015 par les éditions BlackBox dans la collection "Gô Nagai", certains chapitres n'ont cependant pas été adaptés dans notre version.
- Il est à noter qu'entre la prépublication en périodique et la sortie des volumes reliés, Go Nagai a l'habitude de retirer, d'ajouter et même de refaire des pages voire des chapitres entiers. Cela vaut également d'une réédition à une autre. Ce genre de pratique est très répandu dans le métier, ce n'est pas une particularité du patron de Dynamic.
- Cette continuité manga est la seule dans laquelle apparait Végalia et impliquant le Cosmorak[1].
- Gosaku Ota a scénarisé et dessiné un chapitre spécial pour cette continuité ; ce chapitre spécial se passe en fait dans la continuité TEREBI MAGAZINE écrit et dessiné tour à tour par Go Nagai, Ken Ishikawa puis Yuu OkAZAKI.
CONTINUITÉ BOUKEN OH
Version Gosaku Ôta (octobre 1975 - mars 1977)
- Paru en périodique dans la presse japonaise, le plus souvent dans le magazine Bouken Oh[2] : Akita Shoten (1976), Asahi Sonorama (1988), Futabasha (1999).
- Edité en tome en librairie (4 tomes ou "Tankoobon").
- Œuvre relativement difficile d'accès en raison d'un dessin particulièrement déroutant pour qui ne connait que la série, ce récit est d'une richesse indéniable avec un scénario très travaillé dont le final, détonnant (dans tous les sens du terme), a toutes les chances de surprendre le lecteur.
- Même si Go Nagai est crédité au scénario, il ne l'a pas écrit. En version japonaise, il peut arriver que "scénariste" veuille aussi dire "créateur original" ou "d'après les personnages créés par...". Nagai a lui-même affirme qu'il n'écrivait que les épisodes qu'il dessinait lui-même (dans le cas de la Mazinger Trilogy dont fait parti Goldorak ce sont donc les épisodes que l'on retrouve dans Weekly Shonen Jump (pour Mazinger Z version a) puis dans Terebi Magazine (pour Mazinger Z version b jusqu'à Goldorak inclus) et que ses collaborateurs, dessinant d'autres versions dans d'autres magazines, étaient libres d'écrire ce qu'ils voulaient dans leur variante de l'histoire.
- Edition Japonaise de 1976 : cette version, que nous possédons, est incomplète et aurait du comporter un quatrième tome où se serait trouvée la conclusion de l'histoire. Les trois volumes sont respectivement sortis en mai 1976, aout 1976 et février 1977. La série s'étant achevée en même temps que la parution de ce tome 3, l'éditeur n'a sans doute pas jugé bon de commercialiser peu après le dernier quart de l'épopée. De mauvais chiffres de ventes pourraient également peut-être justifier ce choix.
- En France, le manga a fait l'objet de deux parutions différentes : la première édition est publiée entre octobre 1998 et septembre 1999 par Dynamic Visions tandis que la seconde, également en quatre volumes, est éditée en 2015 (en même temps que la version Nagai) par les éditions BlackBox dans leur collection "Go Nagai".
CONTINUITÉ TV LAND
Version Eiji Imamichi (octobre 1975 - mars 1977)
- Sérialisé dans : TV-Land (Terebi Land), une publication mensuelle, pour des chapitres de moins de dix pages.
- Le premier chapitre parait le 1er Octobre 1975, deux jours avant la diffusion du premier épisode. Le dernier chapitre parait le 1er mars 1977, deux jours après la diffusion du dernier épisode.
- Si nous ne pouvons affirmer que chaque numéro paru entre ces deux dates a eu son aventure de Grendizer, nous pointons que des numéros HS, les "Bessatsu", en ont accueillis eux aussi.
- Comme la version de Okazaki, le récit se clôt sur une bataille au Camp de la Lune Noire.
- Annoncé dès février 1977, un seul et unique tankobon rassemblant certains chapitres sortira sous peu, les deux derniers n'en feront pas partie.
CONTINUITÉ TANOSHII YOUCHIEN
Version Shigeru Akimoto (novembre 1975 - mars 1977)
- 17 chapitres publiés entre novembre 1975 et mars 1977 dans la revue Tanoshii Youchien, une revue destinée aux tous petits de 3 à 6 ans[3].
- Style : Kodomo pour enfants de 4 à 6 ans, avec un dessin mignon et simplifié, des couleurs vives et un ton léger, évitant la violence excessive.
- Scénario : Version allégée de l'anime, focalisée sur les aventures héroïques de Grendizer contre Vega. Les intrigues sont courtes, centrées sur des leçons morales et des combats simplifiés, sans les aspects sombres comme la destruction planétaire.
- Éditeur : Kōdansha (Japon).
- Autres détails : Destiné aux tout-petits, ce manga n'a pas été réédité largement et reste peu connu en dehors du Japon
CONTINUITÉ DISNEYLAND
Version Hajime Sakae (novembre 1975 - juillet 1976) Version Hideo Baba (août 1976 - décembre 1976)
- Dates de publication : Novembre 1975 à décembre 1976 (prépublication dans Disneyland de Kōdansha), avec un relais d'artiste en août 1976.
- Style : Kodomo enfantin, dessin cartoonish et ludique, ton joyeux avec des éléments éducatifs.
- Scénario : Adaptations épisodiques pour jeunes enfants, mettant en avant l'héroïsme de Duke Fleed et ses amis contre les méchants de Vega. Les chapitres sont brefs, avec des fins heureuses et des thèmes d'amitié.
- Éditeur : Kōdansha (Japon).
- Autres détails : Rarement réédité, ce manga cible un public préscolaire et n'inclut pas de compilations en volumes.
CONTINUITÉ OTOMODACHI
Version Gosaku Ôta 2 (octobre 1975 - mars 1977)
- Gosaku Ōta a publié un manga sur Goldorak dans un deuxième manga japonais nommé Otomodachi, en plus de Bōken-ō, entre octobre 1975 et mars 1977[4].
- Dans Otomodachi, Gosaku Ôta propose un scénario simplifié et axé sur le développement des personnages et des leçons morales, adapté à un public enfantin. Il met moins l'accent sur la violence et plus sur l'héroïsme et l'amitié. Des variations mineures existent dans la séquence des chapitres ou les emphases (par exemple, moins de focus sur les dilemmes moraux complexes). Otomodachi présente des Chapitres plus courts et épisodiques, avec un format kodomo (simplifié, coloré). Il y a moins de pages par chapitre, ce qui est plus adapté aux jeunes lecteurs. Il n'y a de compilation dédiée en volumes séparés à l'origine.
- Ces publications de chapitres de Goldorak dans Otomodachi à l’époque de la sortie de la série originale ne sont pas devenues des tomes reliés comme ceux de Gosaku Ōta édités par Dynamic Visions/Black Box[5].
Manga par auteur
- Version Go Nagai (1975)
- Version Yû Okazaki (1975)
- Version Gosaku Ôta (1976)
- Version Eiji Imamichi (1975)
- Version Akimoto Shigeru/Tanoshii Youchien
Notes
- ↑ Pour la partie réalisée par Yû Okazaki.
- ↑ Traduisible par "Le roi de l'aventure"
- ↑ Merci à notre ami et contributeur LVD pour cette information.
- ↑ Les deux magazines ont donc publié des versions concurrentes de l'œuvre d'Ōta de manière simultanée (1975-1977), une pratique courante pour les adaptations manga d'animes populaires à l'époque.
- ↑ Les publications dans Otomodachi ne sont plus réimprimées aujourd’hui et ne sont trouvables que dans des collections d’archives ou en collection via antiquaires spécialisés.
