Goldorak au Cinéma
Goldorak au Cinéma est un long-métrage d’animation franco-japonais de 1979, réalisé sous forme de montage à partir d’épisodes de la série télévisée Goldorak (titre original japonais : UFO Robot Grendizer). Il constitue l’une des premières incursions notables de l’animation japonaise sur les grands écrans français et a marqué l’histoire du genre par son succès commercial inattendu[1]. Ce film reste un jalon nostalgique de l’arrivée de l’animation japonaise en France et témoigne du phénomène culturel Goldorak des années 1970-1980.
Sommaire
Contexte de production et réalisation
- Devant le triomphe phénoménal de la série Goldorak diffusée à partir de l’été 1978 dans l’émission Récré A2 sur Antenne 2, la société française Pictural Films, dirigée par Jacques Canestrier (déjà distributeur de la série), décide de porter le robot géant sur grand écran.
- Nous sommes à la fin de 1978, la pénétration des magnétoscopes et cassettes vidéos en France est infinitésimale, il n'y a pas de diffusion internet ou de fichier AVI. Aller au cinéma était un événement autrement plus spécial que de nos jours, surtout que trois des cinq épisodes qui constituent ce montage n'avaient pas été vus depuis le milieu de l'été précédant (la première rediffusion, en cours depuis fin janvier, omettait les épisodes 4, 5 et 10). L'aventure se justifie donc totalement;
- Or, aucune production japonaise de long-métrage n’existe et Canestrier ne dispose pas de droits sur les courts-métrages incluant Goldorak[2]. Canestrier décide d'utiliser un montage d'épisodes réalisé en Italie au cours de l'année écoulée :
- GOLDRAKE ALL'ATTACCO! (1978) : montage des épisodes 1, 2, 10, 5 & 4 dans cet ordre - 1h28mn.
Réalisation
Avec les même comédiens que ceux qui participent à la série télévisée originale, Canestrier crée une version française de ce montage italien. La réalisation des séquences originales revient à Tomoharu Katsumata (réalisateur de la série), avec une production exécutive conjointe de Chiaki Imada (Tōei) et Jacques Canestrier (Pictural Films). La musique est signée Shunsuke Kikuchi, fidèle à la série. Le montage est conçu spécifiquement pour le cinéma et sort le 4 avril 1979 en France, en Belgique et en Suisse[3].
Succès commercial
Goldorak au Cinéma rencontre un vrai succès en salles. Il totalise 922 977 entrées en France (certaines sources indiquent 922 964), ce qui en fait l’un des meilleurs scores pour un film d’animation japonais à l’époque et le place parmi les premiers grands succès du genre sur grand écran dans l’Hexagone. Il se classe environ trente-septième au box-office français de l’année 1979. Ce résultat confirme l’engouement populaire pour le personnage et ouvre la voie à d’autres sorties d’anime au cinéma.
Doublage et distribution
Le doublage est assuré par la société Inter Films. La direction artistique du film est confiée à Jean-Pierre Steimer. Les voix françaises sont identiques à celles de la série télévisée :
- Daniel Gall : Actarus / Prince d’Euphor
- Pierre Guillermo : Alcor
- Michel Gatineau : Professeur Procyon
- Jacques Ferrière : Rigel
- Jane Val : Vénusia
- Marcelle Lajeunesse : Mizar
- Arlette Thomas : Uranus
- Marc De Georgi : Hydargos
- Jean-Claude Michel : Minos
- Paule Emanuele : Minas
- Claude Bertrand : Banta
- Jacques Berthier : Grand Stratéguerre Véga
La diffusion en salles est assurée par Pictural Films. On notera par ailleurs une erreur commise dans le doublage de la série. En effet, dans cette bande-annonce, on entend Actarus dire "Mégavolt" alors qu'il s'agit du "Cornofulgure"
Diffusion à l’international et titres étrangers
Le film est essentiellement diffusé dans les pays francophones (France, Belgique, Suisse). Aucune sortie majeure n’est attestée sous un autre titre dans d’autres pays, à part l'Italie bien sur.
Différences avec la série télévisée
L’histoire n’est pas une aventure inédite : il s’agit d’un condensé des premiers épisodes de la série. Le film retrace l’arrivée d’Actarus sur Terre, sa rencontre avec le professeur Procyon et les premiers combats contre les forces de Véga. Quelques ajustements mineurs de montage et de transitions ont été opérés pour assurer la cohérence narrative sur 92 minutes, mais le scénario, les personnages et les combats restent fidèles à la série originale. Si l'histoire reste en substance identique à la version française du feuilleton télévisé, des dialogues ont été réécrits, apportant quelques modifications subtiles : Alcor vient au Centre pour démasquer un espion de Véga et Hydargos semble déjà savoir qu'Actarus et son Goldorak se cachent sur Terre dans la région).
Éditions
- Le film a connu une diffusion limitée en vidéo domestique[4]. Une version Betamax (format rare) a été commercialisée par Prima Video en France. Des cassettes VHS contenant des épisodes de la série ont circulé, mais le long-métrage cinéma n’a pas fait l’objet d’une édition grand public massive en VHS ou DVD à l’époque. Il n’existe pas d’édition Blu-ray ou DVD officielle récente dédiée exclusivement à cette version cinéma (les intégrales de la série incluent les épisodes originaux, mais pas le montage cinéma en tant que tel).
- Un disque 33 tours intitulé Goldorak comme au cinéma (1979) a également été commercialisé, proposant une version audio adaptée avec dialogues réenregistrés et musiques. Les comédiens de doublage ont également enregistré, encore une fois avec de nouveaux dialogues refaits pour simplifier l'histoire, un 33 tours reprenant sur 40 minutes les épisodes 1, 2, 4 et 10 : Goldorak comme au Cinéma. Ce "drama" sera également édité en cassette audio. Il est à noter que Jean-Claude Michel, qui doublait habituellement Minos dans la série, n'a pas participé à ce nouvel enregistrement. Son absence va donner lieu à une petite bizarrerie : le personnage de Minos disparaît complètement de l'histoire et Minas, qui reprend la totalité des dialogues de ce dernier, y est présentée comme un personnage autonome. Jacques Berthier étant également absent, certaines phrases prononcées par ce dernier lors de sa seule apparition a l'écran dans le rôle de Véga sont également repris dans le disque par Minas (2 phrases).
Vidéos et Audios
Vidéo de la bande-annonce :
Audio du 33 tours :
Affiches
- Notre ami et contributeur Benjamin Pette indique qu'il existe plusieurs affiches :
- La "Teaser" de 2 m sur 60 cm
- La géante de 4 m sur 3 m
- La grande de 160 cm sur 120 cm
- La standard de 60 cm sur 40 cm
- La "synopsis" avec scénario illustré de 20 cm sur 30 cm.
- La "Belge" de 35 cm sur 55 cm, uniquement réservée au marché du Plat Pays.
- Benjamin Pette signale également qu'un jeu de 22 photos d'exploitation[5] a été tiré, ce qui est bien supérieur aux normes de l'époque (12/15). Si en France nous trouverons le logo "Goldorak" en lettres dorées sur ces images, il sera absent du jeu produit en Belgique.
Notes
- ↑ http://www.planete-jeunesse.com/fiche-3425-goldorak-au-cinema.html
- ↑ . Fin 1978, début 1979, les relations entre Jacques Canestrier et Bruno-René Huchez (IDDH), qui l'a assisté d'une manière encore floue dans l'arrivée de Goldorak et Candy en France, se sont détériorées au sujet de paiements sous-évalués. C'est ce dernier qui a les droits des courts-métrages, Canestrier l'ayant confirmé plus tard en expliquant qu'il avait voulu les acheter mais que Huchez avait refusé de les lui céder. Les deux hommes d'affaire prennent alors leur distance, même s'ils retravailleront ensemble dans les années 1980 lorsque Canestrier, ayant senti la bonne affaire, inondera le marché vidéo naissant avec les nombreux dessins animés japonais que ni lui ni Huchez n'ont réussis à vendre aux télévisions.
- ↑ http://www.planete-jeunesse.com/fiche-3425-goldorak-au-cinema.html
- ↑ Le film n'est par la suite jamais sorti en cassette vidéo en France, contrairement au Canada francophone.
- ↑ Une photo d’exploitation de cinéma est une image imprimée en petit format (généralement 22 x 28 cm ou 24 x 30 cm) utilisée pour promouvoir un film dans les halls de cinéma. Contrairement aux affiches, les photos d'exploitation sont souvent envoyées aux salles de cinéma en série de 8 à 12 images, chacune représentant une scène différente du film, un personnage important ou un moment clé de l’intrigue. Elles sont conçues pour donner un aperçu visuel du film aux spectateurs avant l’entrée en salle. Ces photos étaient particulièrement populaires entre les années 1920 et 1980, surtout aux États-Unis, où elles étaient affichées dans le « lobby » des cinémas (d’où leur nom de "lobby card" aux USA). Leur fonction principale est publicitaire : elles servent à attirer l’attention du public, à créer une ambiance et à susciter l’intérêt pour le film. Elles mettent en valeur les stars, les décors, les scènes d’action ou les moments romantiques, selon le genre du film. On pourrait parler de bandes-annonces immobiles, placardées à l'entrée des salles pour informer et attirer les spectateurs.