Avant Internet, était-il bien vu d'apprécier les dessins animés et les séries de notre enfance ?
Posté : mer. avr. 29, 2020 20:39 pm
Je crois que depuis que ce forum existe, nous n'avons probablement encore jamais dû en parler.
Est-ce une impression, mais avez-vous ce sentiment, vous aussi, avant que l'ère numérique n'investisse nos vies, que nous étions perçus comme des jeunes adultes attardés lorsque nous évoquions notre attrait pour les dessins animés et les séries de notre enfance ?
Pour ma part, j'avais arrêté de regarder définitivement des dessins animés dans le courant de l'année 1989.
À cette époque, j'étais plus concentré sur le sens que j'allais donner à ma vie et la télévision occupa, dès lors, une importance beaucoup moins grande.
Tout juste ais-je dû regarder un bout d'épisode de Goldorak, au printemps 1992, chez les parents de ma petite amie d'alors.
Malgré moi, je ne pus m'empêcher de dire que c'était toujours aussi bien foutu et déjà, cette réaction me valut un coup d’œil réprobateur de la part de ma dulcinée.
C'était chouette, certes, mais pas envie pour autant de replonger dans l'univers des dessins animés. Cette part de mon enfance me semblait tellement loin derrière moi.
Les années continuèrent à défiler tranquillement, avec des belles concrétisations à la clef, lorsque, un après-midi de janvier 1998, un de mes frères vint m'avertir qu'il y'avait l'intégrale de Capitaine Flam, disponible en VHS, dans une petite boutique qui était dédiée principalement aux jeux vidéos.
Cette nouvelle me fit l'effet d'un séisme.
Comment ça l'intégrale de Capitaine Flam disponible en cassettes vidéos ? Je peux donc entrer dans cette boutique, me prendre toute la collection d'un coup et, le soir même, redécouvrir les épisodes et réentendre la fabuleuse bande-son de Yuji Ohno ?
Capitaine Flam, punaise, je n'avais plus vu un seul épisode depuis plus de 10 ans.
Cela me paraissait trop beau pour être vrai et, pourtant, le jour même où j'appris cette très bonne nouvelle, je me rendis aussitôt à cette boutique.
Une fois entré à l'intérieur, là, sur ma gauche, se trouvait exposée l'intégrale des 13 voyages, avec des très belles jaquettes vidéos et cette mention accrocheuse, bien mise en évidence, version intégrale remastérisée.
Je sentais une poussée d'adrénaline me parcourir, car je n'arrivais définitivement pas à croire ce que je voyais.
Ni une, ni deux, je pris les 13 vidéos d'un coup, et après avoir fait un joli chèque aux alentours de 390 francs, je pouvais donc redécouvrir cette série dans les meilleures conditions.
Dès les premières minutes de visionnage, je compris très vite que la magie était restée intacte tout au long de ces années. La qualité du doublage, les scénarios haletants et les musiques de fond jazzy.
Une vraie claque de redécouverte, accompagnée d'une âme naissante de collectionneur.
Cette même boutique fut une vraie caverne d'ali baba pour les gens de notre génération. Le mois de mai de la même année, San Ku Kaï fut proposé, dans les mêmes conditions, au rythme de 3 cassettes par mois, regroupant 3 épisodes sur chacune d'elles.
Au mois d'août, X-Or eut droit au même traitement qualitatif avec une parution qui s'étala jusqu'à février 1999.
Puis, l'intégrale de Cobra arriva cette même année et, ensuite, la première partie d'Albator 78 au cours de l'été.
Ces parutions effrénées réveillèrent l'intérêt de nombreux nostalgiques et cette boutique se fit très vite une sacrée renommée en terme de parutions vidéos visant les séries de notre enfance.
Ce qui était fort de café tout de même, c'est qu'il y avait une FNAC à côté de cette petite boutique qui ne payait pas de mine, et, dans les rayons, on ne trouvait aucune VHS d'aucun dessin animé, ni d'aucune série live.
Les rayons Japanimation n'existaient pas encore à l'époque.
Cette boutique détenait donc un potentiel incroyable. La première à proposer, également, les B.O de Cobra et d'Albator 78.
Les bonnes surprises n'en finissaient plus de s'accumuler.
Nous étions une petite communauté de nostalgiques à nous retrouver régulièrement dans ce temple de l'évasion et à nous enquérir impatiemment des prochaines sorties à venir, sans que cela n'échappe au propriétaire des lieux dont le regard, gentiment ironique, laissait facilement deviner cette pensée "Eh, les p'tits gars, il faudrait peut-être penser à grandir".
Qu'importe après tout ce que nous étions pour lui, puisque nos nombreuses allées et venues dans sa boutique lui apportaient un pécule confortable.
Cette sensation, légèrement déconcertante, renvoie donc à mon interrogation de départ.
Je crois que le terme geek n'était pas encore tendance à la fin des années 90. On utilisait encore le mot adulescent à ce moment-là, ce qui n'était pas spécialement flatteur.
Même constat du côté de ma famille, lorsque des proches découvrirent une collection de vidéos japanimation qui commençait à prendre de l'ampleur, les réactions type "Ah, mais tu regardes encore ça ?" ou "Eh ben, tu retombes en enfance" ne cessaient de fuser.
À cette époque, je le prenais assez mal car j'avais l'impression qu'il fallait presque s'excuser du fait que nous puissions toujours ressentir un attrait pour des programmes qui nous ont apportées beaucoup d'heures de bonheur dans notre jeunesse.
Et, puis, un jour Internet arriva. En quelques clics, il nous était possible de découvrir des lieux virtuels dédiés aux dessins animés et aux séries de notre enfance avec la possibilité d'échanger à l'infini avec des personnes de notre génération sans avoir à ressentir le moindre jugement par rapport à ce plaisir.
Nous en parlons aisément comme nous aborderions n'importe quel autre sujet.
Avant de fusionner dans l'ère du virtuel, avez-vous également cette impression qu'avant cela, nous étions cantonnés au cliché d'adulte attardé lorsque nous affichions notre attrait pour les dessins animés et séries japonaises ?
Est-ce une impression, mais avez-vous ce sentiment, vous aussi, avant que l'ère numérique n'investisse nos vies, que nous étions perçus comme des jeunes adultes attardés lorsque nous évoquions notre attrait pour les dessins animés et les séries de notre enfance ?
Pour ma part, j'avais arrêté de regarder définitivement des dessins animés dans le courant de l'année 1989.
À cette époque, j'étais plus concentré sur le sens que j'allais donner à ma vie et la télévision occupa, dès lors, une importance beaucoup moins grande.
Tout juste ais-je dû regarder un bout d'épisode de Goldorak, au printemps 1992, chez les parents de ma petite amie d'alors.
Malgré moi, je ne pus m'empêcher de dire que c'était toujours aussi bien foutu et déjà, cette réaction me valut un coup d’œil réprobateur de la part de ma dulcinée.
C'était chouette, certes, mais pas envie pour autant de replonger dans l'univers des dessins animés. Cette part de mon enfance me semblait tellement loin derrière moi.
Les années continuèrent à défiler tranquillement, avec des belles concrétisations à la clef, lorsque, un après-midi de janvier 1998, un de mes frères vint m'avertir qu'il y'avait l'intégrale de Capitaine Flam, disponible en VHS, dans une petite boutique qui était dédiée principalement aux jeux vidéos.
Cette nouvelle me fit l'effet d'un séisme.
Comment ça l'intégrale de Capitaine Flam disponible en cassettes vidéos ? Je peux donc entrer dans cette boutique, me prendre toute la collection d'un coup et, le soir même, redécouvrir les épisodes et réentendre la fabuleuse bande-son de Yuji Ohno ?
Capitaine Flam, punaise, je n'avais plus vu un seul épisode depuis plus de 10 ans.
Cela me paraissait trop beau pour être vrai et, pourtant, le jour même où j'appris cette très bonne nouvelle, je me rendis aussitôt à cette boutique.
Une fois entré à l'intérieur, là, sur ma gauche, se trouvait exposée l'intégrale des 13 voyages, avec des très belles jaquettes vidéos et cette mention accrocheuse, bien mise en évidence, version intégrale remastérisée.
Je sentais une poussée d'adrénaline me parcourir, car je n'arrivais définitivement pas à croire ce que je voyais.
Ni une, ni deux, je pris les 13 vidéos d'un coup, et après avoir fait un joli chèque aux alentours de 390 francs, je pouvais donc redécouvrir cette série dans les meilleures conditions.
Dès les premières minutes de visionnage, je compris très vite que la magie était restée intacte tout au long de ces années. La qualité du doublage, les scénarios haletants et les musiques de fond jazzy.
Une vraie claque de redécouverte, accompagnée d'une âme naissante de collectionneur.
Cette même boutique fut une vraie caverne d'ali baba pour les gens de notre génération. Le mois de mai de la même année, San Ku Kaï fut proposé, dans les mêmes conditions, au rythme de 3 cassettes par mois, regroupant 3 épisodes sur chacune d'elles.
Au mois d'août, X-Or eut droit au même traitement qualitatif avec une parution qui s'étala jusqu'à février 1999.
Puis, l'intégrale de Cobra arriva cette même année et, ensuite, la première partie d'Albator 78 au cours de l'été.
Ces parutions effrénées réveillèrent l'intérêt de nombreux nostalgiques et cette boutique se fit très vite une sacrée renommée en terme de parutions vidéos visant les séries de notre enfance.
Ce qui était fort de café tout de même, c'est qu'il y avait une FNAC à côté de cette petite boutique qui ne payait pas de mine, et, dans les rayons, on ne trouvait aucune VHS d'aucun dessin animé, ni d'aucune série live.
Les rayons Japanimation n'existaient pas encore à l'époque.
Cette boutique détenait donc un potentiel incroyable. La première à proposer, également, les B.O de Cobra et d'Albator 78.
Les bonnes surprises n'en finissaient plus de s'accumuler.
Nous étions une petite communauté de nostalgiques à nous retrouver régulièrement dans ce temple de l'évasion et à nous enquérir impatiemment des prochaines sorties à venir, sans que cela n'échappe au propriétaire des lieux dont le regard, gentiment ironique, laissait facilement deviner cette pensée "Eh, les p'tits gars, il faudrait peut-être penser à grandir".
Qu'importe après tout ce que nous étions pour lui, puisque nos nombreuses allées et venues dans sa boutique lui apportaient un pécule confortable.
Cette sensation, légèrement déconcertante, renvoie donc à mon interrogation de départ.
Je crois que le terme geek n'était pas encore tendance à la fin des années 90. On utilisait encore le mot adulescent à ce moment-là, ce qui n'était pas spécialement flatteur.
Même constat du côté de ma famille, lorsque des proches découvrirent une collection de vidéos japanimation qui commençait à prendre de l'ampleur, les réactions type "Ah, mais tu regardes encore ça ?" ou "Eh ben, tu retombes en enfance" ne cessaient de fuser.
À cette époque, je le prenais assez mal car j'avais l'impression qu'il fallait presque s'excuser du fait que nous puissions toujours ressentir un attrait pour des programmes qui nous ont apportées beaucoup d'heures de bonheur dans notre jeunesse.
Et, puis, un jour Internet arriva. En quelques clics, il nous était possible de découvrir des lieux virtuels dédiés aux dessins animés et aux séries de notre enfance avec la possibilité d'échanger à l'infini avec des personnes de notre génération sans avoir à ressentir le moindre jugement par rapport à ce plaisir.
Nous en parlons aisément comme nous aborderions n'importe quel autre sujet.
Avant de fusionner dans l'ère du virtuel, avez-vous également cette impression qu'avant cela, nous étions cantonnés au cliché d'adulte attardé lorsque nous affichions notre attrait pour les dessins animés et séries japonaises ?