J'ai été inventé par un être ayant la volonté de conquérir l'univers, cependant je m'oppose à lui désormais.
J'ai été construit à l'image de la divinité de la planète que je devais asservir, avec sa propre technologie, ainsi que celle de mon créateur. Je possède des neurones programmés pour détruire, d'autres pour protéger.
Celui qui me possède peut en effet faire le bien ou le mal.
Un homme originaire de cette planète s'est emparé de moi pour que je ne sois plus un instrument de mort et nous nous sommes échappés vers un autre monde.
Je suis ainsi dissimulé dans un hangar secret, pour ne pas tomber entre les mains de celui que je nomme désormais un monstre, celui qui m'a imaginé, et qui veut ajouter ma nouvelle planète à ses conquêtes, celui que mon pilote nommera le "diable", lors du dernier combat.
D'ailleurs, je ne laisse personne approcher de moi, sauf celui qui me guide.
Grâce à lui, c'est le bien que j'ai choisi, même si je ressens parfois qu'il ne m'aime pas beaucoup.
Je me sens cependant satisfait lorsque je pars au combat alors que mon pilote déteste y aller.
C'est avec bonheur que je détruis les navettes, mais il pense que ce sont des vies en moins.
Je suis très fier lorsque mon pilote devient le leader de la Patrouille qui est venue me soutenir dans ma lutte.
Je combats avec hargne ceux qui auraient dû être mes congénères et je souffre lorsque mon pilote souffre sous les coups des ennemis.
J'admire un coucher de soleil lorsque la lutte est terminée, avec la joie du travail accompli, malgré mes blessures. Mon pilote est triste, lorsqu'il sait qu'il a mis fin à une vie, malveillante soit-elle.
S'il se trouve inconscient à la fin d'un combat, au bout de quelques minutes d'inactivité, je le ramène à bon port.
Mon destin était celui de répandre la destruction et la mort et d'amener Véga à la victoire pour la conquête des galaxies, mais aujourd'hui c'est la paix que j'ai ramenée sur les mondes que j'aurais dû conquérir dans le sang.
Aujourd'hui, sur le promontoire où je suis exposé, sur la planète revenue à la vie, je ne peux m'empêcher d'être heureux de pouvoir goûter enfin à une douce retraite, et d'être adulé de tous ceux qui ont été libérés du joug de Véga. J'ai même obtenu le titre honorifique de "roi de l'univers" et une chanson en a été tirée, "Uchu no ooja".






