Ma nouvelle oeuvre : Contes en Absurdie !

On parle de tout ce qui n'a pas de rapport direct avec Goldorak
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Judex
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Re: Ma nouvelle oeuvre : Contes en Absurdie !

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Chapitre 4 : De longues dents…



Anne Red était enfin parvenue chez mémé Gertrude. Elle en avait mis du temps ! Complètement perdue sans ses lunettes, elle avait failli se tromper de chemin trois fois avant de se souvenir de la bonne route. Elle s’était cassé la figure dix-sept fois, sans heureusement rien casser dans le panier.
Elle avait aussi perdu son sac de fleurs et pensa que c’était dommage ! Elle avait passé tant de temps à les cueillir ! Mais, enfin, elle arriva et, incapable de trouver la sonnette, tapa à la porte. Leloup, pelotonné sous les draps, son flingue à la main, comprit que le moment était venu.
Le casse-croûte, la richesse, ainsi que le super popotin de rêve et les deux boulets de canon étaient enfin à portée de tir ! Il imita tant bien que mal la voix de Gertrude Red :
— Qui est là ?
— C’est moi, mémé… Je t’apporte un beau panier garni qui vient tout droit d’Amazon…
— Pourquoi le faire venir du Brésil, ma chérie ? C’est loin, l’Amazonie…
— Non, d’Amazon, la société sur Internet.
— Ah, comme je suis heureuse… Du bon à manger ! Entre, ma pitchounette… Va, appuie sur la sonnette comme si c’était une bobinette et la porte cherra…
— Elle… quoi ?
— S’ouvrira, ma chérie…
— Je vais avoir du mal, mémé… J’ai cassé mes lunettes… Je ne vois plus rien…
— Bonne… heu… triste nouvelle, ma douce enfant… Mais mémé ne peut pas se lever : elle est très malade. Je crois que j’ai fait une intoxication à la salmonelle…
Anne mit dix minutes à trouver la sonnette. Elle appuya et le système permit à la porte de s’ouvrir.
— Pose le panier sur le buffet et viens voir mémé, ma pitchounette…
Anne chercha le buffet pour y poser le lourd panier. Elle le posa, par miracle, après avoir tâtonné pendant douze minutes !
« La vache », pensa Leloup, « faut vraiment être patient avec les malvoyants ! Heureusement qu’au moins, elle n'est pas dure de la feuille en plus ! J’espère qu’elle ne va pas mettre cent ans à venir dans cette pièce ! »
Le Petit Chaperon rouge chercha son chemin, buta quatre fois contre le mur du salon, manqua de s’éborgner contre la porte ouverte du couloir, mais réussit enfin à pénétrer dans la chambre de sa grand-mère.
— Viens t’allonger près de moi, mon enfant ! Mémé a froid et je suis caché sous les draps en plein été… J’ignore pourquoi je suis si frileuse aujourd’hui… La maladie, sans doute… Mon intoxication…
Anne chercha, trouva le lit et s’assit sur le bord. Elle toucha les draps et sentit de longs et puissants bras :
— Mon Dieu, mémé… Je n’avais pas remarqué…
— Quoi ?
— Qu’est-ce que tu as de longs bras…
— C’est pour mieux t’enlacer, mon enfant…
« Bordel, les conneries qu’il ne faut pas dire pour enfin avoir cette mijaurée à ma merci sans jiu-jitsu », pensa Leloup. Il sentit la jeune fille lui toucher le visage à travers le drap ! Il manqua d’être éborgné quand deux doigts traversèrent les trous des yeux de son masque de Goldorak.
— Mon Dieu… Mémé… Je n’avais pas remarqué…
— Quoi encore ?
— Qu’est-ce que tu as de grands yeux…
— Ils sont devenus grands pour mieux te voir, mon enfant !
« Salope, tu me paieras ça ! J’ai failli devenir aveugle ! Heureusement que Bébé La Prune va me permettre de te goûter sous tous les angles… Tu te crois où ? Chez Grimm ? Chez Perrault ? »
Malgré le bonnet en soie fine, Anne sentit d’étranges protubérances qu’elle ne reconnut pas car elles étaient dures ! C’étaient les cornes du masque de Goldorak.
— Mon Dieu, mémé… Je n’avais pas remarqué…
Leloup sembla hausser le ton, mais garda la voix de la vieille qu’il continuait d’imiter à la perfection, car le Petit Chaperon rouge ne faisait aucune différence.
— Quoi ? Qu’est-ce que tu n’as pas remarqué encore ? Il y a beaucoup de choses que tu ne remarques jamais, on dirait !
— Te fâche pas, mémé… C’est juste…
— Juste quoi ?
— Ben, tes oreilles… Mémé, tes oreilles sont si grandes…
— C’est pour mieux t’écouter me déblatérer des âneries, mon enfant…
Anne continua de palper le drap. Elle passa ses doigts sur ce qui formait la bouche et le cou du masque, mais ne sentait que le drap et quelque chose de dur…
— Mon Dieu, mémé… Je n’avais pas remarqué…
— Nom de Dieu…
— Mais mémé, tu as de si grandes dents…
Un canon de revolver se retrouva soudain devant son nez et Leloup émergea, enlevant son masque de Goldorak. La fille était tétanisée !
— Jinkies ! fut son seul cri.
— C’est pour mieux te croquer, mon enfant ! Mais avant, je veux te voir à poil ! Et que ça saute, sinon, je te mets une bastos dans le panard ou dans la main ! Ben qu’est-ce que t’as, tu trembles, salope ? Il est passé où ton courage avec ton jiu-jitsu à la mord-moi-le-nœud !
Anne commença à se déshabiller, lentement. Elle allait enlever le bas quand la porte d’entrée s’ouvrit brutalement. Le bruit fit sursauter Leloup. Il entendit une voix forte :
— Lève les mains, connard ! Ou c’est toi qui vas la ramasser, la bastos !
Quittons maintenant cette scène étouffante pour retourner voir Georges Bûcheron et Scooby-Doo quelques minutes plus tôt. Le chien tirait, et Georges soufflait comme un phoque, en sueur !
Soudain, le chien s’arrêta devant une maison isolée. Georges s’approcha et entendit des voix qui parlaient de « bras » et d'« yeux ». La voix de la vieille lui parut suspecte. Il regarda par la fenêtre et vit soudain Goldorak sortir du lit avec un Beretta ! Goldorak enleva son masque : c’était bien Claude Leloup.
Georges enfonça la porte et se rua dans la chambre en pointant son arme :
— Lève les mains, connard ! Ou c’est toi qui vas la ramasser, la bastos !
Surpris, Leloup tenta de viser le policier. Il en fut empêché : Scooby-Doo se rua sur le lit ! Puis, le chien remarqua la sacoche de Claude. « Oh, un étui à mille-feuilles ! », pensa la brave bête. Il sauta sur le criminel qui manqua sa cible.
— Sale cabot à la con ! Je vais te crever !
Leloup sentit soudain son bras se tordre. Anne avait retrouvé ses esprits. On menaçait son chien ! Pas Scooby-Doo ! Elle avait saisi le bras du bandit et lui avait fait une prise de jiu-jitsu. De douleur, Leloup laissa tomber son flingue.
La jeune fille le releva comme un fétu de paille, lui flanqua des baffes et lui botta le cul.
— Bordel, non, pas mon derche ! Pas encore !
— Tu l’as bien cherché, mon vieux ! lui cria-t-elle.
Georges passa les menottes à Leloup :
— Tu vas être poli et présenter tes excuses à la petite dame, Claude…
— Mon cul !
— Si tu continues, je t’ouvre le bide, je t’y mets des cailloux et je te plonge dans la rivière !
— T’es un flic ! T’as pas le droit !
— Une bavure est très vite arrivée, tu sais.
Il prit son portable : « Allô, le central ? Envoyez-moi une voiture pour un colis ! »
Leloup grogna :
— Puisque je suis fait, je ne vais pas tomber seul ! Vous devez aussi arrêter mon complice : Zébulon Hipocrite. De toute façon, je comptais le buter après avoir volé ses boss !
Anne se rhabilla comme elle put. Une voiture de police arriva. Georges installa Leloup à l’arrière avec Scooby-Doo qui léchait le criminel, pensant : « Quel monsieur gentil ! Il m’a donné ses mille-feuilles aux épinards ! »
— Où est la vieille, Claude ? Où as-tu mis le cadavre ? répondit Georges.
— Réponds, gueula Anne, ou je te jure que je te coupe les c… et je te les fais bouffer !
Leloup paniqua :
— Ah, non ! Pitié ! Elle est au CHU, la vieille ! Elle avait appelé les urgences et ils sont venus la chercher ! Elle a cru que j’étais le docteur ! Vous pouvez vérifier !
— Oh, mais t’inquiète, on va le faire, déclara Georges.
— Et si tu as menti, fit Anne, je te ferai tellement de prises que tu regretteras d’être né !
— Qui c’est qui a peur du grand méchant Leloup, maintenant ? C’est peut-être vous, mais ce n’est pas nous ! chantonna Georges Bûcheron.
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Judex
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Épilogue


On arrêta Zébulon à la surprise totale de Pollux, Margote et la serveuse Ranma. On apprit que Claude et lui avaient prévu de les tuer pendant la nuit et de les détrousser. Leloup voulait même faire d’eux des brochettes au barbecue ! Il disait que « ce genre de brochettes en été, c’est délicieux » ! Que pouvait-on attendre de plus d’un loup sauvage et féroce que ce Leloup ?
Le bistro « Du Bois Joli » avait failli devenir « Du Bois de l’Horreur » !
La mort du petit Joe Star fut élucidée ! Il avait crié au loup une fois de trop et il avait été tué par un loup, effectivement, mais bien humain ! D’autres mystères furent résolus. Leloup passa à table et, au lieu de s’empiffrer de chevreaux ou de cochons, il déballa tout ! Il vomissait littéralement ses atrocités en expliquant tout par le menu détail.
Il avait assassiné le vieux Dagobert et l’avait mangé. Il avait aussi cambriolé le presbytère du curé une nuit pour voler sept poules qu’il avait englouties d’un coup après les avoir fait mariner dans de l’huile d’olive et parsemées de fines herbes. Ah, ces bonnes herbes de Provence ! Comme elles sentaient bon, comme elles étaient appétissantes, Garrigou !
Anne fut soulagée. Mémé Gertrude était bien au CHU. Elle était sauvée et attendait d’être ramenée à la maison. Leloup ne l’avait pas tuée. Leloup, lui, était tombé véritablement amoureux de sa victime et lui dit, avant d’être emmené par les forces de l’ordre :
— Ne sois pas rancunière… Viens me voir au parloir… On fera de grandes choses ensemble avec ta force et mon cerveau… Pourquoi on ne se marierait pas ?
Anne lui donna un coup de pied au cul pour toute réponse. Il eut des difficultés à s’asseoir pendant quelque temps. À Marseille, la prison lui ouvrit grand ses portes et le gardien qui l’avait fait sortir fut celui qui le fit rentrer :
— Hé, j’avais bien dit qu’on te reverrait ! Tu es vraiment l’abonné de la ligne U !
Claude en prit pour dix piges…
Anne ne voulut plus de nouvelles lunettes. Elle opta pour des lentilles de contact, plus discrètes et moins faciles à perdre selon elle. Elle décida de devenir enquêtrice ! Son rêve était toujours de former sa propre version de « Mystery Incorporated ».
Avec son ami d’enfance, Norville, et Scooby-Doo, elle rencontra deux autres jeunes gens qui avaient été captifs d’une vieille folle cannibale. Celle-ci les avait détournés en leur présentant des pâtisseries représentant une maison en chocolat, en pain d’épices et avec du sucre d’orge ! Ils étaient frère et sœur, se nommaient Hansel et Gretel Schlemann et venaient d’Allemagne.
Ils expliquèrent qu’en légitime défense, ils avaient dû balancer la vieille peau dans la cuisinière où elle voulait les faire mitonner !
Le Petit Chaperon rouge, Anne Red, acheta enfin la camionnette de ses rêves. Avec Norville, Scooby-Doo, Hansel et Gretel, ils sillonnent encore les routes à la recherche de mystères : des fantômes, des ogres, des sorcières et des loups modernes, mais bien humains, qui se dissimulent encore sous des masques de personnes charmantes et même sous le masque de l’innocence et de la nostalgie !
Elle n’oublia jamais son aventure avec Claude Leloup. Elle lui rendit visite une fois au parloir, juste pour lui raconter ses exploits et le ridiculiser encore plus. Elle rendit aussi visite aux frères Jambon qui avaient vaincu une fois Leloup. Ils devinrent amis.
Enfin, ses pas la conduisirent vers une mécène qui, elle aussi, luttait contre les misérables qui tentaient de les abuser : une certaine Thérèse Bart, dont nous vous avons conté les aventures dans notre conte en absurdie précédent. Un véritable « Mystery Incorporated » était né.
Mais où est le chien ?
— Mais oui, où est passé cet imbécile ? Mon Danois à moi ! déclara Anne soudainement, comme si elle m’entendait…
Et le groupe de crier :
— Scooby-Doo, où es-tu ?
Et on entendit le Danois, alors qu’il mâchouillait tranquillement le portefeuille d’Hansel :
— Ouah ! Ouah ! (Je suis là !) Scooby-Doo Bidoo !


PROCHAINEMENT : LE PETIT POUCET !
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Message par LVD »

Tres sympathique mais je me permets une critique (qui peut paraitre un peu paradoxale venant de ma part), par moment il y a trop de references cumulees en un seul paragraphe. Les clins d'oeil comme ca c'est rigolo, mais quand tu en mets trop si peu espaces, ca devient un peu indigeste (surtout dans la premiere partie du chapitre 2 en l'occurrence).
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Re: Ma nouvelle oeuvre : Contes en Absurdie !

Message par Judex »

C'est parti pour le Petit Ppoucet : attention quand on y sera ce sera de la bombe ! la société de consommation s'en prend plein la tronche !

Interlude 02




Pierre Jeanaimarre : Ben dis donc… Mélanger un conte de fées avec Scooby-Doo, faut vraiment le vouloir…
Spectateur 3 : L’héroïne, elle est myope pour éviter de passer pour une conne, c’est ça ?
Spectateur 4 : Putain, le Goldorak de grand-papa est tombé bien bas !
Spectateur 5 : Sans compter Le Manège Enchanté, Serge Danot doit se retourner dans sa tombe.
Pierre Jeanaimarre : Vous avez la même chose avec Nounours, Nicolas, Pimprenelle et le Marchand de Sable, avec le méchant qui butte quelqu’un sous l’apparence de Nounours en chantonnant : « Pompompom ! Bonne nuit les petits… » ?
Charles Perdgros : Moquez-vous, mais l’ossature du conte tient… Et je vais le prouver tout en modifiant mon histoire vraie qui est totalement fausse…
Spectateur 1 : Une fausse histoire vraie ?
Charles Perdgros : C’est vrai…
Spectateur 2 : C’est vrai qu’elle est vraie ?
Charles Perdgros : Non, c’est vrai qu’elle est fausse !
Pierre Jeanaimarre : Mais vous dites qu’elle est vraie, maintenant qu’elle est fausse ! Elle était vraie quand elle était vraie ou elle était fausse quand elle était fausse ?
Charles Perdgros : Non, vous ne suivez pas ! C’est vrai ?
Spectateur 6 : C’est vrai qu’elle était faussement vraie au moment où elle était vraiment fausse ?
Charles Perdgros : Non, c’est vrai qu’elle est fausse tout en étant vraie… Chacun peut vivre l’expérience à cause du modernisme, de la société de consommation, de la délinquance et aussi des villes où le danger et la criminalité abondent en permanence et où le système tente de reprendre soi-disant la main en proposant des solutions impossibles, où la police est dépassée et même parfois… Mais vous allez l’apprendre dans ce sordide fait divers vraiment faux et faussement vrai… À moins que je dise faux alors que je prétends dire vrai, ou vrai alors que je prétende dire faux…
Pierre Jeanaimarre : ASSEZ ! ASSEZ ! Vraie, fausse, fausse, vraie ! Je suis perdu ! Perdu ! Je me sens abandonné...
Charles Perdgros : Comme le héros de l’histoire qui va suivre ! Un récit trépidant et angoissant où l’abandon est la chose la plus noire qui soit arrivée à notre jeune héros…
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Re: Ma nouvelle oeuvre : Contes en Absurdie !

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Livre Troisième – Conte Thriller 03 : Le Petit Poucet


Chapitre 01 : Une funeste décision consumériste !


En 2024, il était un homme qui, certes, n’était pas bûcheron, mais souhaitait bûcher. Il était au chômage depuis trois ans et n’arrivait plus à joindre les deux bouts. Oh, du travail, il en avait cherché en Paris-Seine-Saint-Denis. Puis plus loin. Il n’en avait pas trouvé.
Il avait pourtant candidaté partout. Il était diplômé en lettres modernes et on l’avait renvoyé du professorat. Non pas parce qu’il rôdait autour des jeunes filles du lycée tel Onizuka, mais parce qu’on disait de lui qu’il parlait un langage si compliqué que nul, parmi ses élèves, ne comprenait ce qu’il disait.
Il était donc au RSA et touchait les aides au logement en plus de la CMU. Évidemment, du travail, on peut toujours en trouver, dit-on. Comme l’a dit un certain président de la République, il suffisait de traverser la rue et de quémander en face. Seulement, en face, il n’y avait aucun magasin.
Il avait cherché en campagne, où il avait demandé à être relogé. C’était encore pire, si ce n’est la douce odeur des vaches et de leurs bouses ou le beau chant du coq aux aurores qui réveillait tout le monde à quatre heures du matin en plein été.
L’homme, Louis Trésor, était marié et avait eu de sa femme, Maryvonne, sept beaux enfants ; mais le dernier qui vint était si petit qu’ils le surnommèrent le Petit Poucet. Les enfants, il faut les nourrir, les vêtir. C’est que cela grandit vite. Évidemment, il y a les allocations familiales. Il est vrai que ça aide, mais pas trop.
Depuis la guerre en Ukraine et l’aide que la France doit mobiliser pour le président Volodymyr Zelensky, les prix de toutes choses, et surtout de l’électricité et de la nourriture, avaient explosé.
Il y avait donc la voiture obligatoire pour trouver un emploi. Il fallait la réparer, l’entretenir, aller au contrôle technique, faire la vidange, le plein d’essence aussi. Il y avait l’abonnement à Internet à payer, chez SFR, car il fallait aujourd’hui obligatoirement faire toutes ses démarches en ligne, y compris les recherches d’emploi, sous peine de sanctions.
Il fallait un téléphone portable pour chacun, obligatoire aussi afin de prouver son sérieux. Il fallait être joint en toutes circonstances. Pour avoir Internet, il fallait non seulement l’abonnement sur téléphone portable, mais aussi avoir un PC de salon et/ou un ordinateur portable. Il aurait souhaité une tablette, plus pratique, mais on lui avait demandé de prendre plus cher qu’un PC de bureau.
Il devait aussi avoir une télévision et, malgré ses problèmes, un dernier cri afin de garder un lien social et, donc, de regarder les dernières séries à la mode, les téléréalités, le journal de 13 heures, de 20 heures et d’autres conneries dont il se serait bien passé. On lui avait dit : cela permet de discuter, de rester social. C’est important.
Il aimait les jeux vidéo et ne pouvait s’en acheter. C’est avec joie que, chaque jeudi, qu’il fût bon ou non, il prenait le jeu gratuit chez Epic Games Store. Il devait lire. Il achetait des livres bon marché dans les librairies d’occasion ou les numéros 1 de collection chez le marchand de journaux du coin. Enfin, il fumait des Gauloises. Cela devenait exorbitant.
Sa femme, c’était pire : il lui fallait absolument lire « Nous Deux » chaque mardi. Évidemment, ils aimaient leurs enfants. Mais ils aimaient encore plus avoir des loisirs. Il fallait en plus payer l’école privée, la seule du coin jugée efficace, car l’école publique déconnait à plein tube selon eux. À la fin du mois, le Crédit Lyonnais leur envoyait les comptes et ils étaient de plus en plus à découvert. En bref, ils avaient les huissiers au cul !
Alors, un soir, ils se concertèrent.
— Ma femme, dit Louis à Maryvonne, il va falloir soit faire des économies, soit se recycler…
— Pourquoi tu ne fais pas de brocante, Louis ?
— Tu me vois brocanteur avec une agrégation de Lettres ? Tu veux que les gens m’appellent comme Victor Lanoux : Louis la Brocante ?
— Je n’ai pas dit ça… Mais des économies…
— Il va falloir que je me passe de mes Gauloises… Mais sans elles, je suis en manque… Heureusement que je peux fumer les mégots et, sinon, il restera les poils du balai…
— Tu veux arrêter de fumer ?
— Le docteur Cho Mage a dit que c’était bon pour ma santé. Mais ce n’est pas la seule chose : il faut absolument que l’on arrête de s’acheter des loisirs, même les livres pas chers et même…
— Oh, mon Dieu, non ! Tu ne veux pas que j’arrête Nous Deux, quand même…
— Si…
— Tu me tues… Tu veux ma mort…
— Maryvonne, arrête… Tu sais, je vais arrêter de jouer aussi aux jeux vidéo…
— Mais ils sont gratuits…
— Je sais, mais l’électricité… Putain de Poutine… Saleté de Poutine…
— Paraît que c’est bon, la poutine. C’est canadien, je crois ?
— Je parle de ce salopard de Russe !
— Ah !
— À cause de ce Zelensky, de lui et de notre président, les prix flambent. Déjà, cela avait commencé avec l’essence, je le sais, j’ai été Gilet Jaune…
— Oui, d’où l’œil manquant…
— Ouais, et ce putain de médecin ne veut pas me soigner car j’ai la CMU ! J’en ai l’œil et la bouche qui tremblent. Cela augmente avec le stress…
— On a les huissiers au cul ! Que faire ?
— J’ai une solution. J’aime les gosses mais ils reviennent la peau du cul entre l’école, les vêtements, les loisirs, la bouffe ! On ne peut plus les élever convenablement et cela nous empêche d’être pleinement sociables dans une société de consommation. La preuve : on est obligés de se payer du premier prix chez Leclerc au lieu de s’acheter du bon…
— Oui, les gosses nous empêchent de vivre notre vie, mais ils sont gentils… Surtout Poucet… C’est le plus intelligent de nous tous.
— Chut ! Ils dorment ! Ne les réveillons pas, il est deux heures du matin ! Il ne faut pas qu’ils nous entendent…
— Qu’est-ce que tu vas faire, Louis ? Les confier à l’Assistance Publique ?
— Tu rêves ! Pour qu’on les confie à une famille d’accueil qui les tabassera ? Non, il y a la forêt régionale de Ferrières du côté de Paris. Je la connais bien. Elle est très grande. On va s’y rendre et les abandonner à leur sort là-bas.
— Mais ils vont mourir de faim !
— Mais je m’en branle ! Tu veux vraiment qu’on arrête la télé, les magazines, les cigarettes, les jeux, Internet ? Qu’on perde le lien social ? J’ai tout prévu : dans 15 jours, on déménage ! En douce, et sans les gosses qui ne nous retrouveront jamais. Les huissiers perdront notre trace. On va changer d’identité, se cramer un peu les mains pour qu’on ne retrouve plus nos empreintes digitales.
— Louis… Tu me fais peur…
— Ah, putain, je n’ai pas fumé ma Gauloise depuis plus de 10 minutes ! Je suis en manque, Maryvonne !
Et pendant que sa mère allait chercher le paquet de clopes de son père, le Petit Poucet, qui ne dormait pas, avait, lui, tout entendu. Il fallait faire quelque chose rapidement. Il ne voulait pas que ses frères et lui fussent perdus dans une grande forêt où bien des choses pourraient leur arriver. Même à treize ans, cela fait mal de savoir que ses parents sont si drogués à la société de consommation et aux habitudes modernes qu’ils doivent en abandonner leurs enfants.
Il savait que dans la voiture, garée devant le pavillon loué par les sociétés HLM, il y avait un GPS que son père gardait en double, quelque part. Un jour, il avait chapardé les clés de la bagnole pour en faire faire une copie par le cordonnier du coin : il avait économisé un peu d’argent de poche pour faire cela. Il avait ensuite remis les clés en place dans la sacoche du vieux qui ne s’était aperçu de rien.
Il sortit sans bruit par la fenêtre de sa chambre au rez-de-chaussée et se dirigea vers le véhicule qu’il ouvrit silencieusement. Heureusement qu’il avait les clés sur lui, sinon l’alarme se serait déclenchée. Il évita le GPS déjà branché sur le véhicule. Le prendre aurait été trop voyant. L’autre GPS était portable, à piles : le vieux le gardait dans un coin dans le cas où l’autre tomberait en panne. Il ne s’en occupait jamais.
Poucet, lui, avait des piles pour le faire fonctionner. C’étaient les mêmes piles que pour le baladeur MP3 qu’il avait pu s’acheter. Il trouva le GPS, le prit, referma la voiture silencieusement. Puis, pour ne pas se faire voir, il prit des cailloux blancs dans le jardin. Il savait que, dans une grande forêt, cela ne servait à rien si les parents utilisaient la voiture, mais ils n'y verraient que du feu.
Il retourna ensuite silencieusement dans sa chambre et se recoucha après avoir caché le GPS dans sa sacoche avec des piles LR4. Le lendemain, Louis et Maryvonne réveillèrent leurs enfants. On était dimanche.
— Les enfants, papa et maman ont décidé de vous emmener en voiture pour faire une balade en forêt ! C’est-y pas chouette ?
— Ils veulent nous chanter une ballade ? demanda Roger, l’aîné, en bâillant.
— Non, je crois qu’ils veulent nous emmener en balade.
— En forêt, rajouta Jérôme. C’est chouette !
— Tant qu’ils ne nous envoient pas balader !
Poucet se tut. Il savait quel horrible destin cette balade offrait en perspective. Il demanda seulement à son père :
— Papa, je peux prendre la Nintendo Switch avec moi pour jouer ? La partie portable, tu sais ?
— Aucun problème, tu as chargé sa batterie ?
— Oui.
Poucet fit semblant de glisser la Switch dans le sac.
— Heureusement qu’on ne leur a pas payé de téléphones portables, à eux… fit Louis à Maryvonne.
— Oui, au collège, on se fout de leur gueule ! Ils sont les seuls à ne pas en avoir. C’est que tous ces abonnements, ça coûte la peau du cul.
Il se tourna vers les enfants et tous étaient habillés en cette belle matinée d’été pour une sortie récréative.
— Il y a quoi dans le sac de Poucet ? demanda Maryvonne à son mari…
— Bah, la partie portable de la Switch… Grand bien lui fasse, c’est une maigre perte comparée à ce que l’on va faire !
— J’ai l’impression qu’on est dans Sans Famille et que tu joues le rôle de Jérôme Barberin…
— Oh, ça va ! On n’a pas un Rémi, il y en a sept ! Et puis, ce n’est pas comme si on les abandonnait pour se faire du blé, c’est pour vivre normalement, nous nourrir, nous vêtir et continuer à vivre socialement sans les huissiers au cul ! J’espère au moins qu’ils trouveront un Milligan prêt à les accueillir…
— Et s’ils trouvaient un Garofoli ?
— Alors, tant pis ! Au moins, on ne les aura plus dans les pattes !
Il regarda si personne ne l’avait entendu ! Puis, il les appela. C’était l’heure.
— Tous en voiture ! cria, Louis.
Et joyeux, sauf Poucet qui se doutait de ce qui arrivait mais n’en pipait mot à ses frères, tout le monde monta dans la Ford qui s’en alla gaiement, quittant Montfermeil. On était en route vers une forêt spéciale, dans la joie et la bonne humeur, en écoutant au lecteur MP3 le tube : « Ohé, Ohé, capitaine abandonné ».
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Chapitre 2 : Nous n’irons plus au bois, les lauriers sont fanés




Enfin, une trentaine de minutes plus tard, on arriva dans la forêt régionale de Ferrières. Qu’elle était belle ! Qu’elle était douce cette forêt ! Il faisait chaud, il faisait bon.
Poucet avait son sac sur lui. Ses frères avaient de la nourriture. Il fallait bien pique-niquer à l’ombre des châtaigniers.
— C’est beau, hein ? déclara Louis Trésor à ses enfants.
— Papa a raison, hein ? questionna aussi Maryvonne.
— Oh, oui ! fit Roger.
— On va faire un jeu : vous allez tous par là pour aller chercher de quoi remplir vos beaux cahiers tout neufs avec des feuilles que vous ramasserez ! décida Louis en se grillant une autre gauloise.
— Des feuilles ? Mais c’est naze ! Pourquoi faire ça ? Je pensais qu’on allait faire une randonnée ?
— Un rang donné ? s’interrogea Maryvonne. Mais non, aucun rang n’est donné ! Et puis, faites ce que dit Papa sans discuter ! Il faut aller très loin pour aller chercher les feuilles ! Vous marchez pendant à peu près quinze minutes, puis vous revenez !
— C’est ça ! fit Louis en allumant une autre gauloise sitôt après avoir fini la précédente. Il faut marcher droit devant quinze minutes, vous collectez vos feuilles et vous nous les ramenez ! Mais quand vous viendrez pour nous les donner, il faudra jouer à un jeu…
— Oui, ajouta Maryvonne. Papa et Maman vont se cacher et il faudra les trouver !
Personne ne discuta plus. Les enfants partirent ensemble. Poucet, lui, savait, mais ne pipa mot. Il prit les cailloux blancs dans son sac et les sema, pour ne pas se perdre, disait-il.
« Tant que c’est des cailloux, tant mieux », se dirent les parents.
— T’as vu : on s’inquiétait pour rien, murmura Louis tout bas à l’oreille de Maryvonne qui sourit. Et dire que c’est le plus intelligent de tous… On l’a surestimé ! Des cailloux pour revenir ici ? Il en a fort peu et même s’il les utilise, il y a longtemps qu’on se sera foutus le camp !
Ah, la belle vie de consommateurs, de gens sociables et respectables qu'ils allaient avoir sans ces gosses ! Et une fois partis, ils déménageraient au loin ! Les parents attendirent cinq minutes d’être hors de vue et foncèrent vers le parking. Louis et Maryvonne s’installèrent à toute allure dans la Ford et la voiture démarra en trombe. C’est bien simple : jamais Louis n’avait conduit aussi vite.
Sur le chemin, il emboutit cependant un gros camion alors qu’ils approchaient de Montfermeil. Ils voulaient tellement être sûrs que les gamins ne les retrouveraient jamais qu’ils faisaient du cent à l’heure. Le camionneur était un costaud. Louis se retrouva avec un bras cassé ! Il fut conduit au CHU le plus proche.
— Merde ! Et dire que j’avais prévu qu’on dégage en douce ce soir afin d’être sûr qu'on change de vie et que les gosses ne reviennent jamais !
— Au moins, fit Maryvonne avant de rentrer chez elle avec son mari dont le bras était plâtré, on est sûrs qu’on ne les reverra plus jamais, ceux-là.
— Ouais, mais je peux pas allumer ma cigarette ! Je suis en manque, putain, et je peux pas fumer ma clope avec le bras comme ça, Maryvonne ! Comment je vais jouer aux jeux Epic Games avec ce plâtre ? Et la bagnole est en réparations ! Elle est foutue, c’est sûr ! Ah, je te jure, je ne mets plus jamais les pieds dans une forêt, ça porte la poisse ! Je préfère la bonne odeur du gasoil.
Revenons, ami lecteur, en cette forêt régionale de Ferrières. Lorsque les enfants retournèrent sur leurs pas, il n’y avait plus ni père ni mère. En fait, il n’y avait plus de voiture sur le parking ! Il y eut des cris, des pleurs, des larmes et pourtant, c’étaient des ados.
— Papa ! Maman ! sanglotaient-ils.
Poucet n’avait pas perdu son courage et déclara :
— Ne pleurez plus, mes frères ! Je sais comment nous sortir de là.
— Avec ta Switch dans la sacoche ? pleura Jérôme.
— Quelle Switch ? C’est ce que je leur ai fait croire ! J’ai piqué le vieux GPS à piles que le vieux gardait en réserve dans la bagnole au cas où l’autre tomberait en rade ! Je l’ai chopé durant la nuit car je savais qu’ils allaient nous abandonner ! Et je sais aussi qu’il ne fouille jamais sa bagnole ! Il croit que je n’ai jamais chopé les clés, mais j’en avais fait un double qui m’a bien aidé ! Utile, non ?
Et, victorieux, il sortit le GPS et les piles de son sac en bandoulière ! Une fois les piles dans l’appareil, il se mit en marche.
— Où on va aller ? C’est loin Montfermeil ! demanda Roger.
— Non, mais Ozoir est près d’ici ! rétorqua Poucet.
— Pourquoi Ozoir ?
— Voyons : il y a indiqué sur le GPS un centre Leclerc, 84 Rue François de Tessan, 77330 Ozoir-la-Ferrière. On va aller là-bas, fit Poucet.
— Y faire quoi ? demanda le frère aîné de Poucet.
— Ben, si on n'a pas peur de la marche, dit Poucet, on va aller à l’accueil ! On va leur dire qu’on s’est perdus dans la forêt et que nos parents sont repartis sans nous, nous ayant oubliés. On demandera un taxi pour nous ramener chez nous.
— Qui paiera ? demanda le troisième frère de Poucet.
Poucet haussa les épaules et rétorqua :
— Les vieux ont les huissiers au cul, mais ils ont voulu se débarrasser de nous pour continuer leur train de vie dispendieux ! On va taper là où ça fait mal en rentrant : au porte-monnaie ! Ils paieront la facture de la course d’ici à là-bas.
— Et s’ils ne veulent pas ?
— Oh, ils seront bien obligés d’allonger la monnaie s’ils ne veulent pas d’emmerdes supplémentaires avec les flics ! répondit Poucet en souriant.
Et, GPS en marche, grâce au Petit Poucet, on arriva finalement à l’accueil du centre Leclerc en question. L’hôtesse d’accueil vit les sept enfants pleurer :
— Mais qu’est-ce qu’il y a, mes enfants ?
— On est partis avec papa et maman dans la forêt près d’ici ! On s’est perdus et papa et maman sont repartis en nous oubliant !
— Oh, les saligauds ! Comment peut-on abandonner des enfants dans la forêt ? C’est de la négligence parentale !
— Ils n’y peuvent rien, dit Poucet, papa a Alzheimer et maman doit prendre soin de lui. Ils ont dû avoir une urgence, mais nous, nous devons rentrer. Vous pouvez appeler un taxi, s’il vous plaît ! Maman sera heureuse de nous revoir : elle paiera volontiers la course !
— Mais oui, mes petits, déclara l’hôtesse.
Elle prit le téléphone du magasin, composa le numéro 36 07, demanda un taxi et expliqua la situation. Vingt minutes plus tard, un chauffeur de la compagnie Taxi G7 se présenta et recueillit les gosses.
— Où habitez-vous, les gamins ? demanda-t-il en les faisant grimper dans le véhicule.
— 7 avenue du Général de Gaulle, 93370 Montfermeil, répondit Poucet.
Sur le chemin du retour, on entonna « Heigh Ho, Heigh Ho, on rentre du boulot » avec le chauffeur de taxi. C’était festif. Mais à l’arrivée, la vraie fête fut chez les parents : les gamins étaient fous de joie, les vieux paniqués et horrifiés par le retour de leur progéniture. De plus, la mère se trouva quasiment mal : on lui avait tapé là où cela faisait mal. On lui avait tapé au porte-monnaie. Plus précisément à la carte bleue du Crédit Lyonnais. 46 euros et 46 centimes ! Plus :
— Plus 15 euros de dépassements forfaitaires ! Faut dire, il y en avait du monde !
— Vous avez fait le tour de France ?
— Non, Madame ! Mais faut les supporter, vos gamins !
— Mon Dieu, à qui le dites-vous !
On paya ! Le chauffeur s’en alla, souhaitant une bonne journée à ces braves gens ! On fit semblant de bien accueillir les gosses. On essaya de leur préparer à manger : on leur servit de la semoule et des pâtes ! C’était bon marché ! On avait choisi de préférence des pâtes de mauvaise qualité, à très haute teneur en sucres ! Surtout pas de Panzani !
« Pourvu qu’ils aient du diabète pour leur apprendre ! », se dirent les parents qui n’avaient même pas remarqué que la Switch de Poucet n’avait même pas bougé de la maison ! Il faut comprendre : le mari avait des soucis pour fumer sa clope et devait se faire allumer la graille par sa femme. Allez fumer avec un bras dans le plâtre alors que vous ne pouvez pas tenir plus de dix minutes sans nicotine, vous !
Et il avait autre chose à foutre : il avait fait acheter par Maryvonne des tickets de loto, d’EuroMillions, un Bingo et deux Goals (il appelait cela « un général »). Il croyait en la chance. Il en eut : il gagna 10 000 euros qu’il donna à ses créanciers. Il put reprendre un léger train de vie normal… pas longtemps ! Deux mois après, ils avaient tout bouffé pour s’acheter du luxe.
Le collège les appela de nombreuses fois : on exigeait qu’enfin ils achètent un PC portable pour leurs sept gosses ! L’informatique a maintenant une place prépondérante et obligatoire dans les cours. Les sept élèves n’avaient que des cahiers de merde et bossaient au stylo plutôt qu’au clavier. Tous les élèves se moquaient d’eux et les humiliaient. On déclara aux parents de se comporter en parents et d’obéir au système ! Encore de la dépense inutile…
Seigneur, comment vivre sans jeux, sans clopes, sans bagnoles, sans électricité et surtout sans « Nous Deux » et des romans de gare typés Netflix comme des thrillers ou des policiers qui se ressemblent quasiment tous ! Louis était pourtant heureux : il venait enfin de se payer un vrai roman. La novélisation du film « Le Fugitif » de Jeanne M. Dillard. Celui avec Harrison Ford, qui reprenait en la modernisant la vieille série des années 60. Il n’avait à ce moment qu’un bras valide, mais Louis voyait enfin ce salopard de Manchot dans toute sa férocité dans le livre plus que dans le film.
Un soir, début octobre, un vendredi, ayant depuis recouvré l’usage de son bras, Louis profita encore du sommeil des enfants pour discuter avec Maryvonne :
— J’en peux plus des mômes ! C’est pas que je les hais ! Ils coûtent vraiment un bras ! fit Louis.
— Oui… Tu te rends compte ?! Je ne peux plus acheter Nous Deux ! Je voulais aussi me payer Fait Main numéro 513, reprit Maryvonne.
— Je voulais profiter des 10 000 balles gagnés pour m’acheter Call of Duty: Black Ops 6 ! Mais on a déjà tout dépensé ! En plus, il faudrait raquer encore pour acheter des PC portables et des téléphones aux mioches : le collège commence à nous menacer sérieusement ! Ils veulent appeler l’Assistance Publique ! Ils nous traitent de parents indignes !
— C’est même pas vrai ! Chéri, il faut faire quelque chose pour qu’on ne se ruine pas à cause des gamins et qu’on préserve nos liens sociaux ! Déjà que t’es mal vu à cause du chômage et de la CMU !
— Ce putain de Président a encore renforcé les contrôles et les lois avec Pôle Emploi et même le RSA ! Il faut tenir des carnets, noter quasiment l’heure exacte de ceux à qui on a envoyé une lettre de motivation, les coups de téléphone… Faut vraiment qu’on se débarrasse des encombrants, Maryvonne !
— Je suis bien d’accord ! Comment on fait ?
— On va aller à Marseille !
— T’es fou ! On n'est pas en période de vacances scolaires ! On n’aura pas le temps !
— Si ! Si ! On aura le temps !
— Mais… Et le prix de l’essence ? Et les péages si on passe par l’autoroute ? C’est au moins à plus de 870 ou 900 bornes selon le chemin !
— On va éviter les péages grâce à Google Maps sur mon PC ! C’est à ce moment-là que je ne regrette pas d’avoir une box Internet et un abonnement, même si on menace de me le couper !
Louis se leva et tapota son PC de salon qui était déjà allumé. Il se rendit sur Google Maps et :
— La A75, Maryvonne ! Bon, il y a 901 km, c’est plus long que l’autre ! Mais c’est aussi fluide qu’un bouquin de Gilles Legardinier !
— Et on fera quoi, à Marseille ?
— On se guide vers un lieu touristique : la Rue du Petit Puits ! Et on envoie les gosses nous chercher du Coca-Cola au Panier de Marseille, un centre commercial !
— Ils en ont !
— Mais on s’en tape ! Tu me vois boire du Coca alors que je veux mon petit vin de Bourgogne bien tranquille ?
— Ben alors, on les envoie pour quoi faire là-bas ?
— On les envoie et, dès qu’ils sont dans les rayons, on démarre à fond la caisse et on retourne illico à Montfermeil ! Cette fois, il n’y aura pas de taxi qui les ramènera si loin et, même s’il y en a, on aura le temps de plier bagage définitivement ! J’espère que les gosses dorment ! Va voir, je me méfie de Poucet : je ne sais pas comment il a fait, mais c’est lui qui a eu l’idée de ce putain de taxi la dernière fois ! Il a dû nous entendre.
Maryvonne alla dans les chambres des enfants. Elle revint en constatant qu’ils dormaient tous à poings fermés. Louis soupira d’aise : qu’il était bon de montrer qu'il était le père idéal, soucieux du bien-être de sa progéniture, et pas le monstre que le collège osait pointer du doigt !
Il n’aurait peut-être pas été si satisfait de lui-même s’il avait su que Poucet ne dormait pas. Il avait même tout entendu dans le couloir alors qu’il allait aux WC. Il n’était pas sourd. Il décida de passer une nouvelle fois à l’action !
Il avait pu travailler et se faire un peu d’argent de poche malgré son âge, qu’il avait soigneusement camouflé dans un double fond de son placard et que les parents ignoraient. En effet, il travaillait à ce double fond quand ils n’étaient pas là. Heureusement : les deux vieux auraient tout usé s’ils connaissaient l’existence de ce petit coin et du fric camouflé ! Et pourquoi ? Pour une tournée au bistrot ou au kiosque à journaux ! En fait, Poucet mendiait même parfois… Ou s’arrangeait pour chiper un portable et le revendre à un bon type qu’il connaissait ! Il était assez agile pour son âge ! On ne le remarquait pas, on ne le sentait pas !
Il avait pu se payer une tablette tactile à ce prix : une Doogee T20 Mini à 90 balais. Et pas besoin de connexion Internet ici : il pouvait se brancher sur les réseaux des centres commerciaux ! Il la mit dans son sac. Puis, il prit du pain blanc dans la cuisine sans faire de bruit alors que les vieux, fiers du coup qu’ils préparaient, allaient se coucher, tout joyeux !
Le lendemain matin, tout contents, Louis et Maryvonne levèrent les gamins à cinq heures du matin.
— Debout ! Papa et maman ont à faire : ils doivent aller de toute urgence à Marseille ! J’ai reçu un e-mail hier ! J’ai enfin un rendez-vous pour un job, mais je dois y être avant ce soir 16 heures ! On est samedi, donc je vous emmène profiter du voyage !
On se prépara, papa et maman exigeant une rapidité exemplaire. On demanda à Poucet de prendre une PSP vieille de vingt ans que papa utilisait dans sa jeunesse… La batterie durait moins longtemps que sur une PS Vita ou la Switch : c’était la raison pour laquelle Louis l’avait remisée dans son placard. En effet, ça finissait par coûter une blinde de charger tous ces trucs obsolètes. Louis décida de se séparer, pour ne pas faire voir, d’un jeu qu’il détestait mais que Poucet adorerait sûrement. Il y mit l’UMD de Castlevania : The Dracula X Chronicles.
Poucet rangea le tout dans son sac et monta dans la voiture avec les autres, non sans avoir pris en cachette ce qu’il restait de son argent de poche et y avoir camouflé sa tablette de façon à ce que personne ne voie rien. Il y mit deux demi-baguettes de pain blanc au cas où il aurait faim en route. C’était compréhensible : il mangeait beaucoup. Comme les autres. Difficile à nourrir quand les huissiers vous courent à nouveau au cul !
Il ne déclara rien à la montée, ni sur le trajet. Il réfléchissait : avec l'Internet d'un centre commercial, une fois là-bas, il pourrait voir sur Google Maps où se trouvait un commissariat pour qu’on les ramène chez eux ou qu’on les conduise dans une famille d’accueil, et qu’on foute ces deux-là en taule vu leur irresponsabilité. Il n’avait pas gardé le GPS car, entre-temps, il était tombé en rade. Il jeta quelques miettes par la fenêtre de temps en temps pour nourrir les oiseaux, en essayant de regarder les destinations sur les panneaux autoroutiers.
Ce fut à 16 heures que l’on arriva ! Le vieux avait oublié de regarder les conseils de Bison Futé : il y avait eu un embouteillage monstre à la sortie de l’autoroute ! Il avait gueulé tout ce qu’il savait et Maryvonne avait tenté de le calmer tandis qu’il tambourinait le volant comme un damné et vomissait des insanités qu’il nous est interdit ici de reproduire…
Il me semble qu’un invité de l’mission à une question à poser ! Alles y !
Spectateur 3 : Ben pourquoi ?
Spectateur 10 : Ouais, on veut savoir, Monsieur Perrault !
Pierre Jeanaimarre : Ben oui, moi aussi, et pourtant je suis emmerdeur professionnel !
Charles Perdgros : Vous avez gagné, Pierre. Je continue. Pour ceux qui ne se rappellent pas de nous, lisez l’avant-propos.
Pierre Jeanaimarre : C’est très à propos, d’ailleurs…
Charles Perdgros : Pierre !
Pierre Jeanaimarre : J’en ai marre !
Charles Perdgros : PIERRE, BORDEL DE PUTAIN DE MERDE !
Pierre Jeanaimarre : Dites, c’est une émission tous publics ici et...
Charles Perdgros : Taisez-vous, je vais reprendre : Puisque vous le voulez, voici ce que Louis Trésor, le père de Poucet de ses frères, disait :
— Enfoiré de mes deux ! Casse-couilles ! Je suis comme Charlie Collins dans l’épisode de Batman TAS « Chantage à Crédit » : si tu ne te tires pas d’ici, ta gueule à deux roues… Je vais te la…
Le conducteur du véhicule qui précédait se leva, le visage enduit de farine et les cheveux verts, sorti tout droit du cirque Zavatta qui était en haut de la file ! Il était costaud ! Très costaud !
— Qu’est-ce qu’elle a, ma gueule à deux roues ? T’en veux une…
— J’ai dit ça sans prendre garde, Monsieur, et j’en suis très navré… expliqua Louis Trésor qui crevait de trouille. Je peux m’arranger avec vous ! Si vous avez besoin de moi pour quelque chose, je peux vous filer mon numéro ! Monsieur… Monsieur ?
— Joe…. Joe Kerr ! Et ça, c’est une bonne idée ! Avec mon boss, Monsieur Zavatta, et mon ami, Monsieur Jospin Gouin, on va y réfléchir !
Et le vieux de donner son numéro de téléphone portable mais aussi son adresse e-mail, vert de trouille ! Poucet se marra, tout en jouant à Castlevania sur la PSP que le vieux avait chargée il ne savait quand. Dur, dur de manier Richter Belmont quand on a joué précédemment avec Alucard… Il préféra jouer ensuite, dès qu’il l’eut gagné, avec Maria Renard pour aller latter la gueule de Dracula, le boss final. Il détestait les vampires, mais les deux vieux en étaient d’autres, et même des victimes du système qui les avait vampirisés totalement ! Dur d’avoir des parents vampires issus d’autres vampires…
On arriva enfin : la Rue du Petit Puits était en vue. Ils s’y jetèrent littéralement…
— Dans le puits… ?
— Non, Pierre, dans la Rue du Petit Puits. Les enfants descendirent. Les deux vieux leur avaient demandé d’aller leur chercher du Coca-Cola. Ils crevaient de soif. On s’étonna chez tous les gamins ou presque. Du Coca-Cola ? Pour deux vieux connards qui n’aimaient que le gros rouge et la bière au point de s’en prendre une bien fraîche à la place du café au petit-déjeuner ?
— Ils n'ont pas aussi un pingouin dans le frigo comme Misato ?
— Pierre ! Vous m’avez laissé parler pour les deux contes précédents et le public aussi ! Pourquoi maintenant ?
— Ben, je dois avouer que c’est trop tentant ! Vous êtes en train de dénigrer le système moderne et je ne peux pas vous laisser faire ! C’est mieux aujourd’hui qu’avant !
— Hé, le vieux ! Il n'a pas fini ses contes ! On fait un effort surhumain pour essayer de piger et comprendre, et si tu l’emmerdes, on n'y arrivera plus du tout !
— Vous voyez ? L’auditoire est déjà perdu, alors pour le lecteur, qu’est-ce que ça doit être !
— PIERRE ! MERDE ! Je disais ? Où suis-je ? Vous m’avez perdu ?
— Si même le narrateur est perdu, alors tout est foutu !
— PIERRE ! Ah, oui ! Rue du Petit Puits ! Faire acheter par les sept gosses du Coca-Cola ! On insista ! Les sept enfants se demandèrent pourquoi tous au lieu d’un…
— Arrêtez de discuter, les morbaques, fit Louis. Faites ce que je dis ou papa va se fâcher ! Vous allez au Panier de Marseille et vous me rapportez du Coca-Cola, et aussi une canette pour maman ! Et prenez-en pour vous aussi ! Voilà dix euros, ça devrait suffire ! Ne prenez pas du premier prix, on veut du bon ! On l’a répété sans cesse à la télé, le Président Macron aussi : plus c’est cher et plus c’est du bon ! Demandez ici, à la Cestia de Lucha.
— Oui, Papa !
Poucet, qui n’avait pas oublié son sac et s’y cramponnait, entra avec les autres dans le Panier de Marseille !
— On y est, fit Louis ! Au fond du puits, les mômes, dans le panier des truands de la ville ! Le Panier… de Marseille, la Rue du… Petit Puits ! Hi Hi Hi ! Que je suis drôle ! J’ai pas fait Lettres Modernes pour que dalle !
Les gamins ne les voyaient plus ! Le vieux démarra la Ford en trombe :
— Direction Montfermeil, Maryvonne ! On a gagné ! On ne les reverra plus jamais, ces sales couillons de bâtards de mômes ! hurla Louis, ivre de joie de retrouver le confort financier indispensable à tout bon père de famille qui se doit d’exister socialement en achetant et regardant des conneries plutôt que d’aimer et s’occuper de ses gamins !
— Chéri, t’es vraiment le père idéal que tous les enfants aimeraient avoir, rit Maryvonne, heureuse de la bonté de son mari.
Sur le chemin du retour, la voiture percuta un arbre, tellement ils étaient pressés de retourner chez eux… Ils roulaient trop vite, sans regarder. On en fut quitte pour aller à la gare ! Le voyage coûta une blinde ! 310 euros ! Sans compter les amendes distribuées gratuitement pour insultes, coups, menaces sur d’autres voyageurs et une mise en détention préventive avec caution pour coups et blessures sur des voyageurs dont ils s’étaient attirés l’animosité parce que nos deux lascars détestaient les handicaps (Louis ayant oublié qu’il était borgne et donc comme eux). Ils les rendaient responsables de la situation financière du pays sans se regarder eux-mêmes.
Total supplémentaire : 2000 balles ! Total des coûts en comptant l’essence prise à la pompe à l’aller : 2400 balles ! La perte négligeable d’une PSP et d’un jeu montait le total à 3500 balles ! Je parle évidemment du prix d’achat de la PSP et de Castlevania lorsque Louis était jeune. Si on compte la perte de la Ford, on monte… N’en jetez plus !
Abandonner ses gosses dans une ville lointaine coûte une blinde encore plus énorme que de s’en occuper ! Ils n’étaient plus seulement endettés ! Ils étaient dans la merde jusqu’au cou, surtout lorsque les flics leur demandèrent :
— Où sont vos sept gamins, au fait, messieurs dames ?
Auquel cas, Maryvonne, se retournant vers son mari, lui déclara :
— T’es un vrai génie, c’est vrai… Le génie des abrutis !
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Judex
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Re: Ma nouvelle oeuvre : Contes en Absurdie !

Message par Judex »

Chapitre 3 : Peuchère, Fagin Logres !




Marseille ! Voilà Poucet et ses frères sortis, ne retrouvant plus la voiture des parents ! Poucet, alors que ses frères plus âgés se lamentaient, leur expliqua la situation : les vieilles racailles les avaient encore abandonnés pour aller s’acheter, non une conduite, mais une vie de rêve dépensière sans eux, pour s’en tirer et conserver leur train de vie. Ils étaient, selon lui, retournés à Montfermeil pour déménager illico afin qu’ils ne les retrouvent jamais !
— Qu’est-ce qu’on va faire ? pleura le Frère aîné de Poucet, malgré ses 15 ans !
— Tu nous as sortis de la merde, la fois passée, avec le GPS des vieux débiles ! demanda le second frère de Poucet.
— Je veux retrouver ma maman et mon papa, pleura le troisième frère de Poucet
— T’as pas honte ? grommela le quatrième frère de Poucet. On dirait que t’as 6 ans ? En plus, retrouver ces vieux schlouks, faudrait être débiles ! Mais on va faire quoi ?
— Les retrouver, justement, fit Poucet. Ils vont être contents de débourser… gratuitement leur confort en taule pour abandon d’enfants ! J’ai avec moi ma tablette numérique que j’ai pu acheter en bossant et en faisant quelques larcins car, vous le savez, les vieux, pour acheter quelque chose…
— Même la Switch était pour eux… Heureusement qu’ils nous laissaient y jouer quand ils n’étaient pas là, ces débiles ! avoua le sixième frère de Poucet.
— C’est quoi le programme, petit frère ? T’es le plus intelligent de nous tous malgré ton jeune âge ! lança le Frère aîné de Poucet.
— On va rentrer dans un supermarché qui fait aussi réseau internet et brancher la tablette pour aller sur Google Maps ! Je me suis renseigné où on pourrait aller… Puis, on va localiser l’adresse d’un commissariat et donner des preuves !
— Tu crois qu’ils ne vont pas croire qu’on a fugué ? demanda le troisième frère de Poucet.
La tablette, ça sert parfois ! Et on y enregistre des choses ! Comme certaines discussions de parents indignes quand ils croient les gamins couchés. Poucet en fit la démonstration à ses frères. La voix de Louis grésilla dans l’appareil :
— Putain de mômes ! Faut qu’on trouve un endroit où les abandonner et fissa ! J’en peux plus de me priver de Gauloises et de bistro !
— On ne peut même plus jouer tranquilles au bingo, fit la voix de Maryvonne !
— Pas dans une forêt proche ! Pas une forêt proche ! gronda Louis. Une ville, au loin. Puis filer dare-dare avec la bagnole et déménager ! Je vais sortir prendre les devants, Maryvonne, qu’ils ne nous retrouvent jamais ! Je veux retrouver mon bonheur social d’avant notre mariage et continuer de toucher le RSA, bénéficier de la CMU et des APL ! Avec les gosses, on dépense une fortune, on se pourrit la vie ! C’était si simple avant ! Dire que c’était agréable, une petite sauterie entre deux amoureux, et on n’a pas pensé à… ça ! Cette horreur qui nous est tombée dessus depuis 16 piges !
— Y en a qui n’arrivent pas à se démerder avec les aides sociales, comme nous…
— Qu’est-ce que tu veux, Maryvonne, c’est la société de consommation et toutes ces idioties qu’on nous oblige à faire… On est accros et le système est responsable ! Pas nous !
Poucet coupa l’enregistrement.
— Ils sont la honte du chômage… D’autres essaient de trouver vraiment du boulot sans y arriver depuis 20 ou 30 ans alors qu’ils font des efforts ! Eux, ils s’en branlent ! Pire, ils sont la raison pour laquelle le système s’acharne sur ceux qui cherchent mais ne trouvent pas. Nos parents sont de vrais profiteurs des aides, des drogués de l’assistanat ! déclara le jeune de 13 ans.
On chercha le bon centre. Longtemps, longtemps, longtemps.
Pierre Jeanaimarre : Non, ben ça va, on le sait qu’ils ont cherché longtemps, maintenant ! Abrégez ! Ils deviennent quoi, ces mômes ?
Spectateur 3 : Oui, ils se sont perdus ?
Charles Perdgros : Au début, oui. Marseille, c’est grand, peuchère ! C’est là où Raimu jouait aux cartes avec…
Spectateur 3 : C’est qui Raimu ?
Charles Perdgros : Un ancien acteur, un très bon acteur des années 30 à 40 ! Il a eu un destin hors du commun…
Spectateur 5 : Ouais, un des vieux cons des films en noir et blanc qui ne savaient pas jouer comme le Louis Jouvet que mes arrière-grands-parents vénèrent ! Quelles grosses bouses c’étaient ! Cela ne vaut pas Dany Boon et Kad Merad !
Charles Perdgros : Vous n’avez pas honte d’insulter Louis Jouvet, Harry Baur, Charles Dullin, Fernandel, Jean Gabin, Bourvil ou même Pierre Fresnay ! Sans eux, il n’y aurait pas eu de Kad Merad et encore moins de Dany Boon ! Regardez des classiques comme Volpone, Les Misérables, Un grand amour de Beethoven, Pépé le Moko, Le Passe-Muraille, La Traversée de Paris, ou même L’Auberge Rouge ou Le Grand Chef ou les Don Camillo, même Topaze ou Drôle de Drame avant de critiquer les vieux acteurs, et vous verrez qu’ils en avaient dans le ventre !
Pierre Jeanaimarre : J’en ai marre d’entendre toujours glorifier les vieux cons d’avant Netflix ! Je suis moderne, moi, Monsieur ! Si un film a plus de dix ans, il est bon à jeter ! Hein, cher public… Tout le Public : Il a raison ! Y en a marre ! Regardez de vrais produits culturels pour changer ! Regardez Koh-Lanta ! Ou bien le dernier Nosferatu de Robert Eggers ! Ou même Les Trois Mousquetaires de…
Charles Perdgros : Bon, ça suffit d’entendre citer vos conneries ! D’ailleurs, les émissions de télé-réalité, c’est la culture trash poubelle ! La nouvelle version des Trois Mousquetaires, c’est une honte à Dumas qui n’en garde quasi rien ! Quant à Nosferatu, regardez soit le film de 1922 de Murnau, soit celui d’Herzog !
Spectateur 2 : Dites, Monsieur, si ça vous fait rien… On a déjà du mal à suivre vos histoires abracadabrantes qui sont loin d’être aussi gentilles que celles du conte, mais si on se met à faire digression cinéma, on ne s’en sort plus ! Ils sont arrivés dans un hypermarché avec réseau internet ?
Charles Perdgros : Bien, reprenons ! Ils ont mis longtemps… Pierre Jeanaimarre : On va finir par l’apprendre par cœur, celle-là… Charles Perdgros : PIERRE ! BORDEL ! LA FERME ! Mais, entre plusieurs fusillades et règlements de comptes dans les rues en plein jour,
Poucet trouva.
- Commissariat de police de Marseille 3ème arrondissement. 143 Rue Félix Pyat, 13003 Marseille. On va s’y rendre.
Et ils marchèrent longtemps…
Pierre Jeanaimarre : Et voilà… Cela va durer longtemps ce temps long ?
Charles Perdgros : Mais une fois arrivés au commissariat, un inspecteur les reçus. Michel Bullock, corrompu jusqu’à la moelle, un ripou, qui leur demanda ce qu’il se passait.
Poucet lui expliqua la situation.
- Nos parents nous ont abandonnés ici… Ils se sont enfuis chez nous à Montfermeil dans le but de se débarrasser de nous, monsieur l’inspecteur…
- Mon gamin, faut des preuves…
Bullock écouta la pièce à conviction et blêmit ! Putain, même lui n’aurait pas osé ! Il tombait des nues.
— Hé ben, ils sont rudement zarbi, vos vioques, les moutards ! Je pense qu’ils doivent avoir la cafetière en marmelade de citron ! J’ai jamais vu des zozos pareils de toute ma vie ! Comme quoi, l’inflation et le délire consumériste, ça peut bousiller le cerveau.
— Vous allez les arrêter, M’sieur ? demanda Poucet.
— Ben, pour ça, m’est avis que ouais ! Mais faut que j’vous envoie crécher à l’Assistance Publique, les mioches ! On peut plus vous confier à des saligauds pareils ! Et votre père, le drogué des Gitanes…
— Des Gauloises… reprit le frère aîné de Poucet…
— Peu importe, fit Bullock en prenant un donut au miel et en bouffant comme un malpropre, puis en se servant devant eux des beignets à la confiture de pommes, se faisant même dégouliner la compote sur lui.
Il réfléchit. Il avait des amis dans la pègre, beaucoup d’amis. Dans son cerveau, ça cogitait dur. Soudain, il eut une idée géniale.
— J’ai peut-être une solution… On m’appelle souvent dans le métier le Finaud, voire Artful Dodger… Parce que j’esquive les balles des gangsters facilement…
— Ouaah, fit le Frère aîné de Poucet. Vous êtes génial, Monsieur : vous êtes comme Son Goku ?
— Non, comme un gros richard qui se déguise en Dracula pendant la nuit pour coffrer des barjots ! répondit Bullock. Enfin, on s’en tape, les galopins… Je peux vous éviter l’Assistance. Je connais un homme bien : il pourra vous héberger cette nuit et même devenir votre père d’adoption si vous êtes sages ! Vous inquiétez pas, on trouvera un moyen de responsabiliser vos parents après les avoir mis en taule deux ou trois ans pour négligence caractérisée…
— Hadopi ? questionna le second frère de Poucet.
— Nan, négligence parentale, petit con… Allez, venez avec moi, mais ne vous faites pas remarquer !
Bullock se retourna et déclara :
— Je raccompagne ces mômes ! Ils sont perdus !
Tous sortirent. Ils se dirigèrent vers le quartier de la Castellane, dans le 15ème arrondissement de la ville. Le coin était bourré de drogués qui se piquaient dans les rues ou gisaient à terre tandis que des coups de feu étaient entendus, que des voyous se tapaient à coups de barre de fer !
— C’est… c’est la guerre ? demandèrent les sept frères, éberlués par ce qu’ils voyaient…
Bullock sauta en l’air :
— La guerre ? Ouais, dans un sens… Y a les Russes à droite et les Ukrainiens à gauche ! Ils se défoncent le portrait même à Marseille ! On importe aussi la guerre des autres débiles chez nous…
— Mais… il y a beaucoup d’étrangers de couleur ? questionna le troisième frère de Poucet.
— Ouais, pourquoi, t’es raciste ou quoi, mon gars ! On peut être noir, arabe et Russkov ou Zelensky. Faut pas être raciste dans le coin ! Les gens y z’aiment pas ça ! C’est un coup à se ramasser une bastos dans le buffet !
Une balle siffla à ses oreilles !
— Tu vois, gamin, l’Artful Dodger en action : je l’ai évitée ! Rue Saint-Sébastien, on est presque arrivés !
Ils s’arrêtèrent devant une maison. Bullock frappa à la porte et demanda :
— Salut, Nancy ! Fagin est là ?
— Non, il est avec Bill Sykes à la pharmacie du Prado.
— Je te confie ces mômes, Nancy… Fagin sera heureux… Moi, je m’en vais ! Chouchoute-les en attendant le vieux…
Bullock s’en alla, évitant les balles… Puis, dans un coin, on entendit :
— Raté ! Je suis l’Artful Dodger et je vous nique, sales pisseux de tireurs de mes deux !
Puis un nouveau coup de feu… Les enfants ne le virent pas, mais c’était la triste fin de l’Artful Dodger qui, pour le coup et contrairement à son autre surnom, n’avait pas été très finaud sur ce coup-là.
Nancy descendit voir les gamins :
— Bonjour, Madame… Nos parents nous ont abandonnés ici… On vient de Montfermeil et on cherche un endroit où passer au moins la nuit et peut-être rester, car on ne veut pas des familles d’accueil ni de l’Assistance Publique, fit Poucet, triste.
Les frères pleuraient. Nancy, elle, paniquait :
— Mes chers enfants, où vous a-t-on conduits ? Croyez-vous trouver la lumière d’une maison dans une sombre forêt pour passer la nuit ? Ne savez-vous pas qu’ici habite Logres ?
Les enfants paniquèrent. Le Frère aîné de Poucet dit en tremblant :
— Logres, celui qui mange les petits enfants ?
— Pire, mes enfants ! Partez avant qu’il ne soit trop tard !
— Mais on ne sait pas où aller, Madame ! On a faim et soif, supplièrent les enfants.
Elle eut pitié et les fit rentrer, espérant que Fagin Logres, le vrai nom complet de Logres, ne les trouve pas.
Pierre Jeanaimarre : Putain ! Fagin, Bill Sykes, Nancy ! Mais vous êtes con, vous ?
Charles Perdgros : Ah, non, Pierre, je vous interdis…
Pierre Jeanaimarre : Si, les cons, ça ose tout ! C’est même à ça qu’on les reconnaît. Et vous osez tout ! Putain, j’en peux plus ! Je pense qu’on est foutus ! En fait, vous surtout, moi je suis là pour l’oseille, le bifton !
Charles Perdgros : Vous, votre credo, c’est : « l'essentiel, c'est de râler. Ça fait bon genre ».
Pierre Jeanaimarre : Je vous en prie, c’est vrai, mais surtout : « J'ai divisé la société en deux catégories : mes amis, ou du moins mes cons à moi, et puis les cons des autres, que je ne supporte pas une seconde ».
Charles Perdgros : Disons donc merci à Michel Audiard d’être intervenu posthumement dans notre récit.
Pierre Jeanaimarre : J’en ai marre de vous, mais vous pouvez continuer ! Je suis tout ouïe. Certaines choses m’intéressent quand même dans votre récit : Marseille, par exemple, c’est pas une forêt, c’est une vraie jungle peuplée de loups, de renards et de vrais ogres ! Continuez !
Charles Perdgros : Ainsi donc, Nancy accueillit les enfants dans le domicile de Fagin Logres. Il y avait sept filles à table, en train de manger de la semoule de blé dur achetée en magasin, en solde. Sur la cuisinière, on faisait cuire avec les plaques à induction un gigot d’agneau. Dans le four à micro-ondes, il y avait douze chipolatas, une côtelette de porc, et du hachis parmentier. Nancy avait d’autres plats où elle versait de la semoule « pour les autres ».
— Pour les autres, comme pour ses propres filles, Fagin ne leur fait manger que de la semoule. Paraît que ça fortifie. Le repas de la cuisinière et du micro-ondes, c’est pour lui. En plus, il faut lui chauffer des lasagnes à la bolognaise, de la tartiflette et lui donner les trois paquets de 10 tranches de jambon dans le frigo, déclara Nancy aux entrants. Je vais vous servir de la semoule, comme aux autres.
— Il fait des réserves de repas pour toute la semaine, Monsieur Logres ? demanda le Frère aîné de Poucet.
— Non : il bouffe tout d’un coup ! Il mange si vite que tout a disparu en cinq millièmes de secondes, encore plus vite que le temps que met X-Or à revêtir son scaphandre de combat…
— Il a un appétit d’ogre, votre mari, remarqua le second frère de Poucet.
— C’est pas le mien ! C’est celui de Bill ! Et vu son nom, ça ne me surprend pas !
— Et Bill, il mange quoi ? demanda Poucet.
— Rien ! Il ne tient pas l’alcool ! Trois verres et il va se coucher ! On se demande comment il peut être encore en vie, celui-là… Par contre, Fagin peut avaler trois tonneaux entiers de bière dans la journée ! Un vrai phénomène ! Un véritable ogre ! Heureusement qu’il n’est pas cannibale, en plus… Manquerait plus que cela, répondit Nancy.
Poucet et les sept frères s’installèrent devant chacune des sept filles de Logres. Elles avaient leur âge et étaient très jolies, mais pâles. Un manque de nourriture, sans doute. On mangea de la semoule autant qu’on pataugeait intérieurement dans la semoule. Le petit Poucet et ses frères entamèrent une causette avec les filles de Logres. Elles ne savaient pas ce que leur père traficotait. Il les envoyait se coucher dans leur chambre dès qu’il rentrait avec Bill.
Elles avouèrent ensuite que leur père avait quitté leur mère pour épouser Bill. Les juges avaient jugé le père plus digne que la mère : elle était une commerçante qui travaillait dur et leur payait de bonnes études et de beaux livres de collection ainsi que les classiques de la littérature et les films de son enfance, faisant partager sa passion du beau. Les juges avaient trouvé cela très mauvais et avaient déclaré que c’était une honte, qu’on ruinait leur intelligence, leur mental, qu’on pourrissait leur vie en les surchargeant culturellement.
Ils avaient donc donné la garde au paternel qui ne leur achetait rien, ne leur donnait à manger que de la semoule (de la bonne nourriture), tandis que lui se prenait tout ce qui pouvait donner envie de vomir à tout homme normalement constitué, soit le gigot d’agneau et tout le reste en train de chauffer. Fagin Logres était un homme de goût : il avait le sens de la vraie culture : celle du bistro et des matchs de foot diffusés dans ces lieux publics.
Cependant, Nancy entendit un lourd bruit de pas dans les escaliers, même deux ! L’un était puissant, vigoureux, faisant trembler la maison tandis que l’autre était lent, saccadé, puis disparut comme porté et un seul bruit revint. Elle envoya les filles se coucher dans leur chambre et cacha vite les garçons sous le lit !
— Ne bougez pas d’ici ! Priez pour qu’il ne vous sente même pas ! Fagin a l’odorat très développé ! Surtout pour débusquer ce qui peut lui rapporter de l’avoine ou du blé…
— Des céréales ? demanda le Frère aîné de Poucet.
— Non, du pognon !
Elle ferma la porte et Fagin entra. C'était un homme barbu, roux, corpulent, traînant une épave sur son dos qu’il déposa sur un des canapés :
— Dors, Bill, mon amour, t’as bien bu aujourd’hui… Ah, comme je suis bien content ! Tu sais, Nancy…
Il se tourna vers elle.
— On a réussi à se faire un tas de blé avec Bill aujourd’hui ! On a écoulé toute la drogue : la cocaïne et le cannabis, ça se vend super bien ! On a aussi vendu le petit David Copperfield à un certain Pickwick. Oh, il a payé cash au moins 500 biftons de 20, hein ! Le môme a un travail maintenant : il a même un mouchard pour le repérer qu’on lui a mis sous la peau ! Il a gueulé un peu, mais bon ! Le voici promu dealer de la bande d’autres quartiers ! Nos enfants pourront se faire une joie de tirer sur leur ancien pote pour régler des comptes… Je ne sens pas les autres gosses, ils ne sont pas encore rentrés ?
Il s’installa à table, salivant d’avance devant le repas que Nancy lui avait préparé ! Heureusement qu’elle l’avait fait, car sinon, elle se serait ramassée une telle dérouillée qu’elle en aurait pissé le sang et qu’on aurait dû la transférer au CHU.
— Il est sept heures, Fagin ! Ils rentrent à huit heures du soir !
— Pourtant… Pourtant ça sent la chair fraîche des biftons ici…
— Cela ne sent rien d’autre que l’agneau qui est en train de cuire sur la cuisinière et toutes vos cochonneries habituelles que je fourre au micro-ondes…
— Je sens la chair fraîche du pognon que je vais me faire, te dis-je encore une fois ! reprit Logres en regardant Nancy de travers. Et il y a ici quelque chose que je n'entends pas…
Ce disant, il se leva de table. Il sentait l’odeur de gamins qu’il pourrait exploiter comme voleurs, trafiquants, dealers et même vendre à de bons prix, voire expédier en Colissimo à l’étranger par voie navale via le Vieux-Port ! En tant qu’exploitant d’enfants, les consumant littéralement corps et âme en esclaves, Fagin Logres avait toujours du nez quand il sentait une bonne affaire, même camouflée. Son odorat était développé jusqu'à l’absurde pour ce genre de choses. C’était un exploiteur notoire.
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Chapitre 4 : Des couronnes et des bonnets




Fagin sentait la bonne odeur des biftons futurs dans la chambre des filles. Il trouva les garçons tremblant sous le lit.
— Ben faut pas avoir peur, les petits ! Je suis un ami, je ne vais pas vous manger… déclara Fagin !
— Vous êtes l’Ogre ! fit un des enfants…
— Oui, mais pas le cannibale des contes de fées… Allez, venez dans la salle à manger, tonton Fagin va voir ce qu’il peut vous trouver. Mes… petits élèves ne vont pas tarder à rentrer !
Les garçons le suivirent. Il les fit se rasseoir à table puis traîna vigoureusement Nancy dans une pièce reculée :
— Viens là, toi ! Ah ! Voilà donc comme tu veux me tromper, maudite femme ! Je ne sais à quoi il tient que je ne te fiche une bonne correction : bien t'en prend d'être une vieille bête. Voilà du gibier qui me vient bien à propos pour me faire de nouveaux biftons.
Il revint dans la salle à manger et les dévora littéralement des yeux. Six garçons rentrèrent.
— C’est l’heure les mômes ! On a quoi de bien pour tonton Fagin aujourd’hui ? Ah, un mouchoir en soie volé à une des pépées des quartiers chics ! Super, ça se revend ! Et toi, le boiteux, t’as fait pitié aujourd’hui : bien, cent euros, ça rapporte la boiterie ! Et toi, Jack, tu as filé les haricots que je t’ai demandés à ceux qui...
Il fit un certain signe.
— Les haricots étaient magiques, Fagin ! Ils sont déjà au ciel !
— Super ! Efficace ! T’es un champion ! Et toi, t’as fourgué ce que tu devais fourguer à ceux de la rue Papère…
— Ouais, Fagin ! Et ils chantent même tellement ils sont au septième ciel : « On connaît dans chaque hémisphère, notre Cane-Cane-Cane-Canebière… Et partout elle est populaire, notre Cane-Cane-Cane-Canebière ! »
— Super ! Ils connaissent au moins Vincent Scotto ! S’ils chantent, c’est l’essentiel ! Après tout, ils sont des héros et elle, une héroïne, pas vrai ? Toi, t’as prévenu le reste de la bande, Joe ? Et t’as livré le colis ?
— Ouais Fagin, et j’ai aussi chopé ça ! Je sais que tu l’as senti, vieille canaille !
Joe, huit ans, jeta un portefeuille à Fagin. Il l’ouvrit et en sortit six billets de cent euros !
— Ouais, Joe, tu sais y faire avec les lendemains ! Comment qu’ils disent déjà, les Japonais du quartier ? Comment qu’ils t’appellent ?
— Ashita no Joe !
— Ah, c’est ça, ouais, Ashita no Joe ! Joe des lendemains, je crois ! T’as de l’avenir, pour sûr !
Le Frère aîné de Poucet demanda à Fagin, voyant le portefeuille :
— C’est lui qui les fabrique, Monsieur ?
— Ouais, il est doué, hein ? ricana Fagin ! Tu veux apprendre à en faire d’aussi beaux que lui, pas vrai ?
Puis, Fagin appela le suivant qui devait avoir dix ans :
— Robert, tu t’es occupé de notre petit problème ? Celui qu’on t’avait demandé de régler ?
— Il mange les pissenlits par la racine, M’sieur !
Poucet avait compris mais fit mine de ne rien savoir. Il voyait le regard de Fagin se poser savoureusement sur le petit :
— Bien, bien ! Il doit adorer ce qu’il mange, ça lui apprendra !
— Mais, demanda le premier frère de Poucet, ça se mange, les pissenlits, Monsieur ?
— Ouais, c’est même très bon ! Enfin ça dépend où tu les prends, ironisa Fagin. T’as vu La Caravane Pacouli ?
— Non… C’est quoi ?
— Une vieille série de treize épisodes ! Y a un vieil acteur, Rellys, qui jouait dedans. On y voit quelqu’un apporter des pissenlits mais comme ils viennent d’un certain endroit…
— Je pense que le monsieur veut te dire qu’ils viennent du cimetière et que, une fois expliqué, la chose a dû révulser le personnage dont il parle, déclara enfin Poucet !
— Ah, un connaisseur ! répondit Fagin Logres. J’aime les connaisseurs ! Tu vois, avant, je regardais ces conneries avec mon ex-femme ! Maintenant, je suis plutôt bistro et foot : la société a fait de moi un bon consommateur exemplaire et un bon chef d’entreprise… Mais j’ai gardé un peu de culture quand même ! Enfin, celles qui peuvent servir comme références…
Il se tourna vers le dernier et fit quelques gestes. Le dernier mioche, seulement sept ans, lui donna quelques sachets avec de la poudre blanche bien fine et aussi trois smartphones et deux tablettes numériques !
— T’es muet, mais toi, t’es le meilleur ! T’as un nom prédestiné à la grandeur !
Il se leva, se lécha les babines de manière gourmande, et jeta un regard tout aussi affamé sur Poucet et ses frères !
— Bon, on va jouer à un petit jeu ! Vous allez rire un peu avec nous avant d’essayer ! Puis, quand vous essaierez, les autres iront manger la semoule qui leur est destinée…
Bill, saoul, tomba brusquement du canapé en ronflant. C’était une locomotive. Fagin se mit dans la poche les smartphones, portefeuilles, mouchoirs et sachets volés. Il prit aussi une arme à feu qu’il garda sur lui :
— C’est juste du théâtre, les enfants ! Elle n’est pas chargée ! C’est pour la pièce, le jeu !
Fagin fit semblant d’abord d’être un passant, puis les gosses essayaient de lui vider les poches sans qu’il le remarque ! Il flanquait une rouste imaginaire à celui qui échouait (mais il se contenait car il en avait vraiment envie, comprit Poucet en l’observant. Il comprit donc que la rouste était réelle quand il n’y avait pas « d’invités »).
Le gamin muet réussit à tout prendre sans se faire remarquer et Logres le félicita pour son agilité. Puis, il joua le rôle d’un homme qui distribuait des sachets ! Il vit un des enfants arriver avec un sachet confié en début de jeu et fit semblant de lui tirer dessus ! Puis ce furent les autres gamins, un autre jouant un policier non corrompu qui tentait de poursuivre le « criminel ».
— C’est bien, déclara Fagin ! Vous avez distribué la marchandise, vous avez vaincu l’ennemi d’en face et échappé aux 22 ! On a bien joué !
Il demanda à Poucet d’essayer ! L’enfant était un miracle né ! Il piquait dans une poche ou deux sans se faire remarquer, dealait et zigouillait l’ennemi mais aussi le flic au lieu de s’enfuir, comme personne !
Il avait de l’avenir, se dit Logres. Les autres, non ! Absolument nuls à chier ! Mais pour eux, il avait déjà une solution : il existait un ami qui faisait encore du trafic d’esclaves à partir de la France vers son beau pays. Il kidnapperait les six petits monstres dans la nuit et les vendrait : il avalerait ces biftons qui tomberont du ciel comme c’est pas permis et l’autre, le plus petit, lui, lui en rapporterait encore plus comme voleur et dealer de drogues ! Même comme futur assassin !
Regardez cette bouille d’ange à qui on donnerait le bon Dieu sans confession, pensa Logres ! C’est-y pas mignon ! Surtout quand on dévore des beaux billets verts autant que la bouffe !
On donna à manger aux enfants qui étaient entrés chez Logres et on les envoya se coucher au grenier, où on ne les entendrait pas ! Fagin et Bill, eux, étaient à l’étage supérieur ! Nancy et les petites dormaient au rez-de-chaussée ! Fagin disait qu’avec un peu de hauteur, on pouvait contempler la cité phocéenne ! Mais pas avec trop de hauteur !
En fait, il s’y trouvait, les fenêtres toujours entrouvertes même en hiver au cas où un membre du gang lui signalerait les flics ou même la Gendarmerie nationale en chantant :
« La taca-taca-taca-tac-tactique du gendarme, c'est de bien observer sans se faire remarquer... La taca-taca-taca-tac-tactique du gendarme, c'est d'avoir, avant tout, les yeux en face des trous ! »
Oui, effectivement, Logres avait gardé les notions de culture qui lui plaisaient mais surtout qui pouvaient le servir ! Chanter du Bourvil dans Le Roi Pandore, c’est quelque chose ! C’est vieux, mais ça tient bien selon la situation et la position. Et Logres avait de la position : il faisait du blanchiment d’argent et avait mis des bottes de sept lieues efficaces puisqu’il se trouvait dans le conseil municipal sous un faux nom… Et personne n’en avait rien su malgré toute la technologie moderne !
Quoi qu’il en soit, il ingurgita son rôti d’agneau en trois secondes chrono, ses trois paquets de dix tranches de jambon ne firent qu’un pli, ainsi que le hachis parmentier, les lasagnes à la bolognaise, la côtelette de porc, les douze chipolatas et même la tartiflette. Il avait encore faim, cependant ! Toujours faim ! Une faim d’ogre !
Poucet et ses frères furent ensuite emmenés se coucher dans le lit à côté de celui des sept filles de Logres. Logres se leva et prit un énorme sac ! Il comptait immobiliser les gamins tout de suite ! Il déclara à l’assemblée un nouveau jeu rigolo. Mais il dit que Poucet pouvait aller se coucher d’abord.
— Que veux-tu faire à l'heure qu'il est ? Tu n’auras pas assez de temps demain ? lui rappela Nancy, blanche comme un linge.
— Tais-toi ! reprit Logres en faisant signe qu’il allait lui mettre une bonne branlée dont elle se souviendrait. Ils en seront plus mortifiés quand Simon les aura entre ses mains tout de suite !
— Laisse-les dormir au moins ! C’est pas en les enfermant de suite dans ce sac qu’ils vont pouvoir se reposer pour bosser dans ta saloperie de trafic de drogues et d’exploitation d’enfants !
— Tu as raison, dit Logres ! Ils sont couchés, qu’ils dorment ! S’ils ont faim, donne-leur de la semoule, qu’ils ne perdent pas un kilo avant la traite de demain ! Simon les voudra bien comme il faut pour les vendre : il faut qu’ils soient appétissants pour les nouveaux acheteurs qui voudront s’engraisser grâce à leur labeur !
Logres alla dans la chambre, mit des bonnets sur la tête des frères de Poucet. Ensuite, il se demanda comment reconnaître ses filles des six petits cons qu’il voulait vendre à Simon Legree, l’esclavagiste. Et surtout comment distinguer Poucet. Il mit sur la tête de Poucet, à la place du bonnet, une casquette sur laquelle il avait fait imprimer la photo d’un ami cher, aujourd’hui en cellule à cause d’une petite salope myope habillée en rouge : Claude Leloup. Un véritable animal, le seul ogre pouvant rivaliser avec lui comme criminel. Dommage qu’il passe son temps à devoir à présent s’asseoir sur des coussins avec un cul en compote !
Puis, il plaça des couronnes qu’il avait gardées le jour où il s’était acheté sept galettes des rois en janvier dernier sur la tête de ses sept filles ! Là, maintenant, il était sûr et certain de reconnaître son monde ! Il retourna dans la salle à manger. Il se remit à boire, ravi d'avoir de quoi si bien régaler son ami. Il but une douzaine de coups de plus qu'à l'ordinaire : ce qui lui donna un peu dans la tête et l'obligea à s'aller coucher.
Poucet, lui, ne dormait pas. Il avait vu le manège. Il remplaça les couronnes des galettes des rois par les bonnets de ses frères et mit la casquette sur la tête d’une des filles de Logres sans la réveiller. Il le fit précautionneusement. Puis, il réveilla ses frères. Il fallait s’enfuir car Fagin était un criminel et il était sûr qu’il faisait du trafic de drogues, faisait commettre des meurtres, des vols et sans doute même autre chose qu’il était bon que ses frères et lui ne fassent pas.
Le sixième frère de Poucet avait trouvé le monsieur gentil. Mais Poucet insista et on l’écouta, bien qu’on lui reprochât dans ce cas de s’être laissé duper par le policier Bullock. On parlait très bas, on chuchotait, et Poucet encore plus bas que les autres :
— Tu voulais ameuter le quartier contre un adulte à qui on donnerait raison ? Il était flic, ce saligaud ! Les gens leur font confiance, même aux ripoux ! Ils sont censés nous protéger et certains en profitent contre les précaires ou les victimes pour se servir d’eux et les enfoncer davantage. Les gens nous auraient obligés à suivre ce policier même en enfer en pensant agir pour notre bien ! Maintenant, faut se tirer sans réveiller ces demoiselles car je sens une entourloupe ! Bizarre qu’on nous ait décorés avec des bonnets rouges à la con et elles avec des couronnes de galettes des rois débiles ! Et je ne parle pas de la casquette avec un enculé qui a un oreiller autour du cul !
— Comment on sort d’ici ? demanda le premier frère de Poucet.
D’abord, Poucet fit en sorte que les traversins des six lits dans lesquels ses frères dormaient — prévus pour les invités des filles de Logres qui viendraient dormir chez lui à leurs grands risques et périls — soient disposés de manière à ressembler vaguement à un corps humain sur les draps ! Il fit vite pareil avec le sien et déposa les couronnes sur les têtes de traversins !
Dans le noir, Poucet voyait très bien : il était nyctalope !
Pierre Jeanaimarre : Hé, allez, maintenant Poucet est une salope… Vous n’épargnez pas vos personnages, vous…
Charles Perdgros : Mais non ! Nyctalope veut dire qu’il peut voir dans le noir complet…
Pierre Jeanaimarre : Quoi ? Une salope voit dans le noir ? Elle est quoi, cette tarlouze ?
Charles Perdgros : PIERRE !
Pierre Jeanaimarre : Ben quoi, elle a des lunettes infrarouges ? Salope !
Charles Perdgros : Pierre, MERDE !
Pierre Jeanaimarre : Bon, continuez… Des salopes, à présent ! Conte de mes deux…
Charles Perdgros : Nancy ouvrit tout doucement la porte et les vit debout.
— Vite, dit-elle ! Fagin veut vous vendre à un trafiquant d’esclaves : Simon Legree ! Je peux vous faire partir, mais en silence ! Je suis la seule à avoir les clés des six verrous de la demeure pour ouvrir la porte avec Fagin et Bill.
— Bill Sykes est toujours sur le divan ? demanda le Petit Poucet.
— Aussi rond qu’une bille, répliqua Nancy. Vous savez, mon destin aurait été d’être riche, d’être détective. Mais je suis tombée bien bas, une honte lorsqu’on se nomme Nancy Drew !
Tout doucement, priant pour que Bill ne se réveille pas et ne donne pas l’alerte dans son ivrognerie, elle ouvrit la porte aux enfants qui partirent vite dans le silence, au milieu des cris et des coups de feu d’une guerre des gangs qui commençait à faire rage dans le quartier ! Pendant ce temps, le besoin de kidnapper les six frères de Poucet démangeait Logres !
Sur le coup de minuit, regrettant d’avoir différé la chose au lendemain, il se leva et prit une petite matraque, un sac, des cordes et se dirigea, content, vers la chambre des enfants. Il avait grand-faim… de futurs billets verts que Legree lui donnerait chaleureusement ! Il faisait nuit et Logres ne pouvait allumer l’interrupteur ! Il risquait de réveiller ses proies ! Il tâtonna et se dirigea comme il put. Il se dirigea vers les lits des garçons, frères de Poucet, et toucha les couronnes. Il soupira doucement :
— Ouf ! J’allais faire une sacrée connerie et offrir les filles à Simon ! Plutôt crever ! J’élève pas de futures prostituées pour un esclavagiste ! Y a des biftons à obtenir autrement, quand même ! Je suis bon père, moi !
Il alla du côté opposé et trouva les bonnets et la casquette :
— Allez zou !
Il matraqua les sept d’un coup, comme le brave petit tailleur avait tué sept mouches d’un coup sur sa tartine à confiture, et en fourra six dans un sac qu’il lia avec les cordes qu’il avait trouvées dans sa chambre. Il laissa tranquille celui qu’il croyait être le Petit Poucet avec la casquette. Puis, il prit les six sacs et sortit en trombe de la demeure pour aller dans la maison d’en face et il vendit les six sacs pour dix mille euros à Simon Legree !
— Tu fais une bonne affaire ! C’est bien : c’est plus encourageant qu’Oncle Tom, cet esclave que j’ai dû zigouiller parce qu’il ne voulait pas m’obéir quand je lui ai ordonné de taper sur les autres esclaves ! Je suis toujours là pour toi, Fagin ! Je prends gosses et adultes, mais les gosses à vendre, y a pas mieux !
Il y avait un bateau en partance pour la Chine où l’on vendrait les belles prises aux triades du coin ! Legree les embarqua sans même ouvrir les paquets !
Logres remonta tranquillement se coucher, après avoir dévoré avec gourmandise des yeux ses biftons bien verts qu’il avait si honnêtement gagnés et qu’il irait dépenser en drogue ou au bistro.
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Judex
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Re: Ma nouvelle oeuvre : Contes en Absurdie !

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Chapitre 5 : Vite, ma voiturette de sept lieues !




Au petit matin, Nancy alla réveiller les filles et hurla en voyant qu’à part une seule, complètement déboussolée, il n’y avait personne. Le bruit réveilla Fagin et même Bill qui, ayant enfin cuvé son vin, vint voir dans la chambre.
Logres constata que les lits des garçons étaient vides, comme il le pensait bien car il les avait kidnappés et vendus à Legree, sauf le Poucet. Se retournant, il vit une de ses filles qui pleurait ! Mais où étaient les autres ? Et où était Poucet ? Ce trésor si intelligent qui aurait pu le nourrir de beaux billets verts… Attendez une minute ! Intelligent ?!
— Nom de Dieu, le sale petit enculé de mes deux ! gronda Logres. Il m’a baisé la gueule, il s’est foutu de moi ! Il a échangé les couronnes et les bonnets ! Il a aussi mis des traversins sur les plumards, je le vois à présent qu’il fait jour ! J’ai vendu mes filles à Legree pour des biftons ! C’est mes filles que j’ai assommées à coups de matraque et fourrées et ligotées dans un sac ! Ah, le petit fumier ! Il est plus intelligent que la moyenne ! Je vais lui faire passer le goût d’avoir de l’esprit et lui apprendre qu’il aurait dû être plus con pour bien vivre ! Je vais le crever !!
Puis, il réfléchit.
— C’est toi, gueula-t-il à Nancy, qui leur as ouvert la porte ? C’est toi qui as le passe pour les six verrous ! Sale traînée !
— Tu me martyrises depuis l’enfance, Fagin ! C’est fini ! hurla Nancy à Logres.
— Bill, aide-moi ! Tu sais ce qu’on va faire !
— Non, supplia Nancy, pas devant la petite, je t’en prie, Fagin, non !
Fagin la tabassa, Bill prit un couteau. Fagin cogna pendant dix bonnes minutes et enfin Bill lui planta le couteau dans la gorge alors que la fille de Logres qui restait, horrifiée, pleurait encore plus ! Devant le bruit, les enfants qui dépendaient de l’horrible personnage descendirent du grenier et virent l’horrible spectacle. Ils regardèrent Fagin et Bill de travers, mais n’osèrent rien dire : ils avaient peur d’eux ! Et pour cause : Nancy était morte !
— Foutez le camp au boulot, petits merdeux, ou je vous tue pareils ! Vous savez que je le ferais ! hurla Logres. Bill !
— Ouais, mon chéri ? demanda l’époux de Fagin…
— La voiturette de sept lieues, tout de suite ! Je vais poursuivre ces petits cons ! Ils se sont enfuis mais ils n’ont pas dû quitter Marseille ! Alerte les flics ripoux qu’on a payés et grassement arrosés pour qu’ils se mêlent de leurs affaires et dis-leur d’agir ! Donne-leur le signalement de ces sales mômes et spécialement du…
— Heu, Fagin, je roupillais, tu sais…
— Ah, j’oubliais que tu cuvais ! Donne quand même l’alerte : je veux sept gamins dont un avec les cheveux blonds, un tee-shirt blanc, petit, un mètre à peu près, âge environ… Rhaaaaa ! L’âge des nabots, j’ignore ! Au pif, 11 ou 13 ans ! Il a un sac de sport avec lui et il a l’air plus que débrouillard et intelligent ! Envoie tous les gens de notre réseau sur leurs traces ! Je les veux morts, ces petits cons ! Ou plutôt non, je vais les butter moi-même ! Ils m’ont fait envoyer mes filles aux triades chinoises ! En Chine ! Impossible de les récupérer maintenant ! Je veux ma voiturette de sept lieues, Bill, va me la chercher !
La voiturette de sept lieues est une voiture sans permis que Fagin a trafiquée et qui peut parcourir sept lieues en même pas trois minutes chrono ! Comme Fagin graisse la patte d’une partie des flics, il pouvait presque toujours aller à la pleine vitesse de son moteur trafiqué ! Enfin, sauf quand le poulet était trop honnête et pas bien cuisiné !
Bill alla la chercher et Fagin prit le volant non sans avoir pris sur lui une véritable quincaillerie de flingues en état de marche : il allait faire un carnage, un tir aux pigeons sur ces putains de gamins, surtout le Poucet qui allait regretter d’être si malin !
— Reste là et console ma fille comme tu peux ! beugla Logres.
— Heu, elle t’a vu butter quelqu’un, déclara Bill Sykes.
— Moi ? Mais j’ai tué personne ! J’ai flanqué qu’une bonne rouste à une sale pute ! C’est toi qui l’as occise avec un couteau, grand con ! Dire que j’ai épousé un saoulard abruti !
Logres démarra en trombe et parcourut la ville à grandes enjambées…
Pierre Jeanaimarre : Une enjambée en voiture ?
Charles Perdgros : Je voulais savoir si vous suiviez, Pierre. Je continue...
Logres alla à grande vitesse. C’était une voiturette de l’avenir ! Plus de 200 à l’heure au lieu de 45 ! Le compteur avait explosé ! Il traversa la ville comme une flèche, brûlant 27 feux rouges et 30 stops ! Il fit 24 refus de priorité et traversa 10 sens interdits sans accident ! Un record monstre de Logres ! Enfin, il arriva devant la gare de Marseille–Saint-Charles, Square Narvik. Les enfants étaient là et virent son horrible trogne dans la voiture. On aurait dit une flèche. Ils se cachèrent pour l’examiner ! Logres s’était garé :
— Putain ! Je suis crevé ! Je vais me prendre un remontant au bistro ! La voiturette de sept lieues à toute vitesse, ça fatigue son homme !
Il quitta le véhicule en laissant les clés sur le contact, comme un abruti. Il alla s’acheter deux bières et s’écroula sur la chaise du bistro où il s’était assis, à l’intérieur, dormant et ronflant comme une souche à cause de la fatigue.
Poucet eut une idée et demanda à ses frères d’entrer dans la voiturette avec lui. Le coffre était grand : c’était une voiturette de transport et ce coffre était à ciel ouvert. Un mini-camion dans lequel cinq des six frères grimpèrent. L’un d’eux suivait les indications de Poucet en atteignant les pédales tandis que Poucet actionnait le volant.
Poucet démarra sans même que Logres, à plusieurs mètres de là, ne se réveille. Il décida de retourner chez Logres. Sykes était là. Il se tenait devant le cadavre de Nancy et essayait de calmer la fille de Logres.
— Qui es-tu ?
— Je viens vous prévenir, Monsieur Sykes ! Votre mari, Monsieur Logres, est prisonnier d’une dangereuse bande rivale qui veut le tuer. Ils ne le libéreront qu’à une condition.
— Laquelle ?
— Transférez toute la fortune complète de Monsieur Logres sur un certain compte en banque ! Vous êtes son époux, il est votre mari ! Il vous a donné accès à ses comptes.
— Oui, je suis le seul en qui il a, ou plutôt avait jusqu’à aujourd’hui, confiance, mais j’ai eu la main lourde avec Nancy ! Je l’ai tuée !
Poucet essaya avec peine de montrer une certaine indifférence et continua :
— Il ne reste qu’une heure avant que le gang ne tue Monsieur Logres ! Qu’allez-vous faire !
— Il va me tuer, mais je lui dois tout ! C'est un bon mari ! Je vais payer ! Il possède environ trois cent millions d’euros sur des comptes offshore et ailleurs ! Je vais tout transmettre ! Sur quel compte ?
Poucet l’emmena avec lui : en cachette des vieux, il avait un petit compte dans une banque. Seulement dix euros, mais ça reste un compte. Sykes y transféra toute la fortune de Logres. Plus de trois cent millions d’euros en faisaient un homme riche ! Cependant, le transfert fut repéré par la police et on arrêta Sykes. Il ne pouvait plus acheter personne et dut passer un moment en taule.
Puis, on interrogea Poucet qui balança quasi tout mais expliqua que Logres avait payé pour le faire taire, lui et ses frères, sur ses activités. On le crut ! Et il était le nouveau chef du gang de la Canebière, ou presque… En tout cas, pour des flics ripoux, un riche, même un nouveau, ça paie bien ! Il promit de les arroser s’ils faisaient ce qu’il disait ! L’argent, ça permet la consommation, ça permet d’être social, ça permet d’acheter des clopes, Nous Deux, The Last of Us, la PlayStation 5. Les liens sociaux se nouent, même avec des flics accros aux Gauloises et à l’alcool !
Pierre Jeanaimarre : Je ne peux pas vous laisser continuer ! Vous traitez nos forces de l’ordre qui, jour et nuit, dépassées, insultées, moquées, injuriées, attaquées, nous protègent ! Vous en faites des ripoux ! Non, ce n’est pas bienséant ! Veuillez vous conformer aux règles ! Dites que les flics ont un sens moral et que les gamins les ont attaqués au mortier !
Charles Perdgros : C’est qu’une histoire inventée, merde ! Je vais où je veux avec mes contes burlesques !
Pierre Jeanaimarre : Non, là, j’en ai marre ! Cela va trop loin : vous insultez notre société, les parents qui se donnent du mal à éduquer leurs enfants ! Putain : où est la morale là-dedans ? Il faut une morale à vos histoires ! Et les contes doivent se finir en "happy ending", pas en transformations de gens simples en héros policiers fortunés ou remplis de testostérone ! J’avais commencé à apprécier...
Spectateur : Alors ferme ta gueule et laisse-le finir ! Même si on ne comprend rien, on ne jugera que quand il aura fini son histoire ou celle d’après si on le laisse faire ! Arrête de l’emmerder : tu nous perds autant que lui, pauvre con !
Charles Perdgros : Bon, calmez-vous, Pierre ! Ce n’est qu’une histoire, gardez votre sang-froid et n’oubliez pas que le public a des tomates. Je reprends donc là où j’en étais resté :
On trouva Fagin chez lui, se lamentant de ne pas avoir retrouvé « ses petits merdeux qui le paieront cher », et on arrêta ce dernier. Sa fille restante, Léonie, fut amenée au commissariat où Poucet et ses frères se trouvaient. Tout le monde passa à table : Logres en premier et il déballa tout. On arrêta Simon Legree qui protesta, mais on mit fin à son trafic d’esclaves ! On chercha les enfants dont se servait Fagin et on les mit provisoirement en cellule avant de décider de confier ce beau monde à l’Assistance publique. Poucet avait gagné grâce à sa ruse : l’argent avait ouvert le cœur des forces de police mais la loi imposait quand même l’Assistance publique pour tous les mômes.
Le premier frère de Poucet avait maintenant 16 ans ! C’était son anniversaire ce jour-là ! Il demanda d’être émancipé de ses parents sur le conseil de son frère. On accepta. Il demanda à avoir un foyer mais que ses frères restent avec lui, toujours grâce aux ordres de Poucet. On lui donna raison. Après tout, personne ne songea à retirer à Poucet l’argent obtenu de Logres et de ses sbires. Poucet paierait le logement.
Poucet demanda à garder Léonie, la fille de Logres, près de lui. Le frère aîné de Poucet demanda la même chose : c’était contre la loi, mais un petit pot-de-vin plus tard, la chose fut regardée différemment. Léonie et Poucet tombèrent amoureux, au grand désespoir de Logres !
— Quand je sortirai de taule, je te ferai la peau, sale petit con ! déclara Logres derrière ses barreaux. À cause de toi, j’ai perdu toutes mes filles, mon pognon, ma bagnole, mon appartement, mon gang et ma liberté ! Et tout ça parce que tu as réussi à me voler mes millions !
Fagin fut conduit à la prison. Comme il fallait faire de la place, on libéra Claude Leloup à nouveau ! Oui, Leloup était dans la nature !
Louis et Maryvonne perdirent le contrôle parental des gamins. Ils apprirent bientôt que Poucet, grâce à l’émancipation de son frère aîné qui avait réussi à garder ses frères près de lui, avait acheté une superbe villa. Ils comprirent que c’était lui, Poucet, qui s’était enrichi : de quoi vivre socialement et confortablement ! Ils se rendirent là-bas et sonnèrent pour qu’on leur ouvre. Poucet envoya son second et son quatrième frère les accueillir au portail de la villa.
— Mes enfants, c’est nous ! On a eu si peur de ne pas vous revoir ! fit Louis.
— Parents indignes, déclara le second frère de Poucet. Qu’est-ce que vous foutez là ?
— Oh, on vient vous voir, car papa a une super nouvelle à vous annoncer… déclara Maryvonne.
On les fit entrer. C’était le luxe. Ils en bavaient d’envie : des télés à écrans géants et des peintures partout. Des objets de luxe…
— T’es devenu un nabab ? demanda Louis à Poucet quand ils le virent.
— Déballez votre bonne nouvelle et foutez le camp !
— On ne vient pas profiter de ta fortune, Poucet, on vient t’annoncer une bonne nouvelle : le monsieur que papa a engueulé sur la route et qui est venu s’expliquer a téléphoné. Ce Monsieur Joe Kerr nous a dit qu’il avait une place pour papa : une place de portier parce que ses amis du cirque n’arrivent pas à porter un gros gâteau d’anniversaire chez les policiers de Marseille… On s’est dit que, jusqu’au jour du rendez-vous, tu pourrais bien nous crécher ici : la maison de Montfermeil est en vente avec nos affaires pour éponger nos dettes…
Poucet réfléchit :
— On ne dépend plus de vous, mais de notre frère aîné… qui, en fait, dépend de moi. On est bien sans vous. Cependant, je veux bien vous donner une dernière chance. Vous resterez jusqu’à ce que le drogué aux Gauloises et aux habitudes consuméristes trouve son emploi. Toi aussi, bien que tu sois comme lui, Maman.
— On n’en demande pas plus, mon chéri…
— J’en doute. Il est vrai, ce rendez-vous, ou c'est comme la dernière fois pour la venue à Marseille ?
— Vrai. Mais ce n'est pas avant un mois. Seulement, vu que les affaires ont été saisies par les huissiers et que la maison est en vente, on a juste eu le temps de sauter dans le train…
— Elle est où, la Ford ?
— Heu… Si ça se trouve, toujours contre l’arbre où papa l’a plantée en partant !
— Il y a une justice ! Vous resterez là un mois, mais je vous surveille…
Louis n’en demanda pas mieux. Il demanda bientôt des thunes pour ses Gauloises, ses verres de pinard et de bière. Il regarda le foot sur les écrans géants 8K. Il demanda à ce qu’on lui achetât des livres d’occasion, puis demanda des livres de luxe. Quand il sortait, il mettait ses dépenses sur le compte de Poucet. Les commerçants connaissaient bien ce compte : Poucet avait pris un abonnement chez eux pour se faire livrer.
Le vieux et la vieille se firent amis avec Léonie, la petite copine de Poucet, et essayèrent de l’embrigader. Poucet veilla au grain. Il était temps de stopper l’élan des vieux. Il demanda aux commerçants de ne plus leur accorder confiance : ses millions commençaient à sérieusement diminuer au bout de quinze jours. Plusieurs consoles de jeu avaient été achetées, des PC de luxe : Louis se servait de la fortune du gosse.
Un mois passa, mais ils n’avaient plus le droit de toucher à quoi que ce soit ni de demander : « Mettez ça sur le compte de Poucet Trésor, il sera heureux de payer à notre place ». Poucet se servit de la voiturette de sept lieues qu’il avait réussi à conserver et pouvait maintenant piloter, ayant eu un excès de croissance d’un coup. Il mena donc Louis à son lieu de rendez-vous. Maryvonne l’y attendait. Puis, il repartit.
Le lendemain, on entendit dans les journaux télévisés :
« Un commissaire de police fêtait son anniversaire quand un homme ouvrit la porte, un certain Louis Trésor. Il s’avéra que sa main resta collée sur la poignée et qu’il se débattit pour la retirer. Il n’y arriva pas et jura, ne comprenant pas ce qui lui arrivait. Une femme, Maryvonne Trésor, son épouse, amena un gigantesque gâteau.
Dans la pièce, la voix d’un clown connu de nos services et qui se dissimulait comme employé du cirque Zavatta se fit entendre : "Joyeux anniversaire, joyeux anniversaire !"
Le gâteau était une bombe dans tous les sens du terme. Il tua près de 80 % du commissariat. Parmi les victimes, les complices du monstre qui, selon leurs enfants, travaillaient au noir sur ce coup afin de continuer à bénéficier des aides sociales et mener un train de vie consumériste dispendieux. La femme lisait Nous Deux le plus souvent. Elle et son mari étaient souvent considérés comme le titre du magazine par leurs propres enfants, maintenant sous la tutelle de leur frère aîné. C’est de la même manière qu’ils quittèrent donc tous les deux la vie, ayant consommé et ayant été consommés par la vie.
La police et la gendarmerie recherchent à présent le vrai cerveau de l’affaire qui a sacrifié sciemment ses complices : un homme connu des services comme Joe Kerr, extrêmement dangereux, psychopathe et ancien trafiquant de drogues du gang du redoutable, mais maintenant hors d’état de nuire, Fagin Logres. »
Poucet fit enterrer Louis et Maryvonne, ou plutôt ce qu’il en restait. C’étaient des parents abominables, mais c’étaient les siens. Il y mit le prix et tint à leur faire plaisir : il mit un paquet de Gauloises et un exemplaire du jeu Call of Duty tout neuf dans le cercueil de Louis. Il fit mettre un numéro de Nous Deux dans celui de Maryvonne.
Il pleura avec ses frères. Le temps de l’enfance, même malheureuse, était terminé. Le môme avait 13 ans quand tout avait commencé, il en avait maintenant 14 !
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Judex
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Re: Ma nouvelle oeuvre : Contes en Absurdie !

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Epilogue



Léonie se maria avec Poucet. Ils avaient obtenu une dérogation grâce au fric de Poucet. Oui, le fric peu tout ! Même pour des gosses de 14 piges !
Lui et elles l’avaient annoncé à Fagin Logres au parloir de la prison. Il le prit très bien :
— Salaud ! Petit merdeux ! Tu m’as tout pris ! Je vais te butter : j’ai que trente piges à tirer ! J’ai soixante ans ! Mais quand je sortirai, je jure que même à quatre-vingt-dix balais, je te ferai la peau !
Poucet demanda les noms de ses filles à Fagin qui, d’abord, refusa. Puis, il comprit. Le gosse était intelligent, assez pour défier les triades et lui ramener ses six chéries devenues esclaves. Il se demandait juste si, une fois sauvées, elles pourraient pardonner à leur vieux père cette horrible méprise.
Poucet contacta Thérèse Bart, une profileuse ayant le bras aussi long que lui financièrement. Elle le mit en contact avec Anne Red.
— Jinkies ! fit-elle. L’affaire est compliquée, mais faisable pour mon Mystery Incorporated.
Elle prit la camionnette et, avec Norville, Hansel, Gretel et Scooby-Doo, elle partit en Chine. Le chien était attiré par les mille-feuilles ; il allait où l’argent se trouvait. Il appréciait aussi la marijuana et la cocaïne suite à une aventure passée : il appelait cela « de la poudre de noix de coco ».
En Chine, les triades avaient inventé un système pour que l’on ne s’approche pas des esclaves prostituées ni de leur réseau de drogue. Fu Manchu, le leader de l’organisation Mor Os, avait fait croire qu’un fantôme libidineux, ressemblant à l’ancien empereur Pu Yi, hantait les docks de Shanghai. Mystery Incorporated enquêta, bien que Scooby-Doo fût plus une gêne qu’autre chose.
Norville fut capturé et torturé par Fu Manchu qui lui fit bientôt transporter des kilos de cocaïne dans les rues pour les addicts et les putes soumises à sa volonté. Norville subit le traitement sans broncher. Il commençait à avoir l’habitude de servir d’appât avec le chien stupide qui, à la surprise de Fu Manchu, était un junkie (sa maîtresse, elle, criant « Jinkies » sans arrêt, mais il ne le savait ni ne la comprenait).
— Un chien accro à la marijuana ? rit Fu Manchu. Elle est bien bonne ! Tu veux de la poudre pour planer, mon toutou ?
— Oh, oui ! fit Scooby-Doo dans sa langue. Je veux de la bonne poudre de noix de coco !
Fu Manchu décida enfin qu’il était temps de faire sa petite comédie. Le fantôme de Pu Yi, enflammé et libidineux, tourna autour des docks, des junkies et des putes, habitués à ce cirque. Mais Norville avait contacté Anne par Skype via son smartphone. Hansel et Gretel avaient posé des pièges compliqués, dont des filets, pour capturer le fantôme loin des regards indiscrets. Ils n’avaient pas envie de se faire mitrailler.
Le fantôme de Pu Yi avait l’habitude de rentrer dans un hangar désaffecté, loin de ses hommes, pour griller un joint ou deux… Il vit soudain Norville et Scooby-Doo qui devaient livrer de la drogue à des flics ripoux du centre-ville et qui étaient là à ne rien foutre. En fait, le chien avait bouffé la drogue et était en train de planer. Il n’était pas mort d’overdose. Il était incroyablement résistant. Il y avait un Dieu pour tout le monde, y compris pour les cabots stupides.
— Il est fait en quoi, ce con de chien ? dit le fantôme.
Il poursuivit Norville et Scooby-Doo avec un flingue, tira, les manqua.
- Pourquoi c’est toujours nous, Scooby-Doo, qui devons nous infiltrer ou servir d’appât, demanda Norville.
- Je suis au ciel… Les noix de coco si jolies me font toujours un effet magnifique ! répliqua le chien.
Le fantôme poursuivait sous ses accoutrements d’empereur déchu et sa luminosité spectrale les deux fuyards en prenant ensuite sous ses vêtements une mitraillette chargée et tira sans discontinuer.
Le fantôme de Pu Yi s’approchait dangereusement quand Scooby-Doo, qui courait plus vite encore que Norville, fit rouler un baril contenant de la drogue dans les pieds du fantôme qui hurla et se prit les pieds dans un filet posé par Hansel, lequel se souleva après un jeu de poulies dantesque que je ne mentionnerai pas ici !
Pierre Jeanaimarre : Ben heureusement ! Parce qu’avec toutes ces digressions à la con, on ne sait plus où on est… On était en France avec le Petit Poucet et maintenant je crois suivre un épisode de Scooby-Doo en Chine. Le public lui-même est perdu ! Qu’est-ce que cela a à foutre avec notre histoire ?
Charles Perdgros : Je vais y venir.
Anne démasqua le bandit : c’était Fu Manchu.
- Oh, mon dieu, fit Hansel, je l’avais pas vu venir !
- Jinkies, Fred, heu je veux dire Hansel, c’était couru depuis le début.
- Depuis le début, moi je suis paumée, fit Gretel
- Jinkies, Daphné… Heu… Gretel, laisse-moi expliquer. Fu Manch Hu se déguisait en fantôme libidineux de Pu Yi pour éloigner les curieux et, souvent, pour fumer un joint, se réfugiait dans un endroit tranquille, loin de ses hommes, sans qu’il puisse n’être vu ni entendu. Ici, en l’occurrence, dans cet entrepôt de réserve de drogue où personne ne venait plus la nuit. C’était sa réserve personnelle. Je l’ai su dès que j’ai vu que cet entrepôt lui appartenait.
- Et sa luminosité, demanda Hansel.
- Il avait badigeonné ses vêtements avec du phosphore à tous les coups, ils font tous ça, répondit Chaperon Rouge.
Anne Red, le petit Chaperon Rouge, se retourna vers Fu Manch Hu et le menaça :
— Jinkies ! Foi de Velma, Où sont les filles qu’on vous a livrées il y a un an de cela, les dénommées Alecia, Albertine, Sophia, Lucile, Joséphine et Laeticia Logres ?
— Je vais te faire la peau, sale pute ! Si je vous y emmène, je fais signe à mes hommes ! Vous êtes sur mon territoire, les connards !
Quelques prises de jiu-jitsu et coups de pied au cul plus tard… l’homme cracha le morceau. Il en avait fait des prostituées et donna l’adresse et même le mot de passe. On en informa Thérèse Bart qui décida :
— J’ai pu contacter les forces spéciales et les autorités non pourries du secteur.
L’armée et la police chinoise trouvèrent les filles, arrêtèrent le gang de Fu Manchu qui jura de revenir se venger :
— Dire que j’aurais réussi sans ces sales petits fouineurs et leur clébard à la con ! Je vous buterai quand je sortirai de taule, enfin, si j’en sors…
Poucet alla informer Fagin de la bonne nouvelle, mais lui apprit que ses filles avaient subi des traumatismes. Il accepta la responsabilité de l’échange qu’il avait fait, mais mentionna à Logres qu’il ne lui avait guère laissé le choix. Logres pleura en disant que c’était de sa faute si Poucet en était venu à faire passer ses filles pour ses frères.
Elles vinrent habiter chez Poucet, tombèrent amoureuses des frères et se marièrent avec eux.
Poucet se servit de la voiturette de sept lieues pour informer divers personnages importants des malversations et complots que sa position de nouveau riche lui avait permis d’intégrer. Il entra dans les milieux de la pègre… pour mieux informer les policiers honnêtes et devint un agent de Mystery Incorporated, le messager le plus important par son influence chez les gangsters qu’il analysait et les plans qu’il les entendait mijoter en toute confiance.
La voiturette de sept lieues lui permit d’aller partout et d’user de son argent pour s’infiltrer, vendre, et acheter même les gens les plus hauts placés. Il devint un informateur de choix pour l'ex-femme de Barbe Bleue et ses agents. Il était efficace partout et aux quatre coins du monde, tout en intégrant la société de consommation sous tous rapports.
Mais contrairement à ses parents, il ne manqua jamais d’argent ! Il était riche et bien payé. Ses frères trouvèrent aussi des postes à responsabilité sous son patronage. Et sa richesse, comme ses biens, s’étendit jusqu’au-delà du raisonnable.


PROCHAINEMENT : BLANCHE-NEIGE !
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Re: Ma nouvelle oeuvre : Contes en Absurdie !

Message par Judex »

c'est parti pour le final qui part dans le délire le plus total !


Entracte 03



Pierre Jeanaimarre : On est projeté dans l’avenir à la fin, avec même le Poucet adulte ? Vous êtes devin ou quoi ? Je suis sidéré… C'est fascinant qu’on reconnaisse quelque chose dans vos délires… Vous avez gardé toute l’ossature du Petit Poucet en changeant tout. On sent que c’était vrai…
Charles Perdgros : Bien que faux… Souvenez-vous !
Pierre Jeanaimarre : On ne va pas remettre ça ! C’est quoi le conte suivant ? Parce qu’à minuit, il y a une bonne émission sur Arte et ça fait plusieurs heures que votre émission dure, là ! Il y a quatre contes au programme et je sens qu’on va devoir céder l’antenne sans qu’on les termine, mon cher Charles…
Spectateur 3 : J’ai mal à la tête ! Je ne comprends rien à ces délires ! Je suis en surcharge cognitive !
Charles Perdgros : T’as dix piges ! Qu’est-ce que tu fous dans une émission pour adultes ?
Spectateur 3 : Ben, ma mère a vu « contes diffusés en direct » et elle a cru que les contes, c’est que pour les gosses ! Visiblement non…
Charles Perdgros : On en a déjà parlé !
Spectateur 3 : Ouais, mais c’est bourré de références débiles à la con… Tous ces personnages people, ces lieux, ces actualités que vous citez, et les œuvres animées, les films, la littérature, les chansons… On n'en pige pas les références !
Charles Perdgros : Vous vous croyez en 1980 ou 1990, les gamins ?
Spectateur 4 : Non, on est en 2026, mais il a raison ! On ne connaît pas ces putains d’œuvres débiles !
Charles Perdgros : On vous a distribué le programme avec les références et les notes quand j’ai choisi la version B de Barbe Bleue, non ?
Spectateur 6 : Ben ouais, mais à quoi ça sert !
Charles Perdgros : À rechercher sur Wikipédia ou bien à lire le recueil qui va compiler cette émission avec les notes explicatives ! Vous pouvez vous informer vite et simplement, rapidement, en deux clics de nos jours, contrairement aux années d'avant 2003 ! Aujourd’hui, Internet est partout et les solutions simples aussi…
Spectateur 1 : Ouais, mais lire, même simplement, c’est une prise de tête ! Même cliquer et rechercher en ligne ou lire des notes, ça fatigue cognitivement ! Mon prof l’a dit : je ne dois pas m’épuiser. La vraie culture, c’est le foot et L’Île de la Tentation ! J’ai pas envie de chercher tous vos trucs à la noix et surtout ce qui date d’avant l’ère de Koh-Lanta, et même après !
Spectateur 5 : On est perdus, M’sieur ! On pige que dalle ! On est tous perdus !
Charles Perdgros : Mais ce n’est pas mon problème, pauvres débiles ! Fainéants ! Infoutus de faire fonctionner votre cerveau deux minutes par peur de devoir le fatiguer en poussant une réflexion !
Pierre Jeanaimarre : Moi aussi, je préfère vachement L’Île de la Tentation… Et comme ça me tente, vous me tentez aussi d’essayer encore ! Il y a je ne sais quoi d’addictif avec vos conneries, mais je suis aussi perdu qu’eux et on ne comprend même pas pourquoi on veut encore remettre ça ! On a envie de tout plaquer ! On est perdus !
Charles Perdgros : Perdus ? Mais c’est une idée ! Je vais vous raconter une autre histoire ! Celle d’une jeune fille qui a été perdue et a été sauvée grâce à des gens, bien qu’elle se soit retrouvée là où elle ne le devrait pas. Preuve que même les plus durs ont un cœur ! Là, on part dans une affaire inédite qui pourrait très bien se produire de nos jours…
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Re: Ma nouvelle oeuvre : Contes en Absurdie !

Message par Judex »

Livre quatrième :
CONTE THRILLER EN ABSURDIE 04 : Blanche-Neige


Chapitre 1 : Miroir, mon beau miroir…



Il était une fois, en 2040, dans le beau pays de France, la fille d’un magnat de la presse.
Pierre Jeanaimarre : Putain ! On est projetés dans l’avenir à la fin, avec même du futur digne de la SF ! Jusqu'ici, c’était 2019, 2022, 2024 ! Quel saut dans le temps ! On n’est qu’en 2026 !
Charles Perdgros : On est dans un conte, je pense à faire ce qu’on attend : un certain merveilleux moderne. Je poursuis !
Elle était venue au monde quinze jours après un soir où sa maman regardait La Reine des Neiges de Disney en DVD à la télé. Un soir d’hiver où tout était « Frozen », si l’on peut dire. Elle trouva la neige si blanche, si pure, qu’elle souhaita que sa fille naisse avec : les cheveux noirs comme l’ébène, les lèvres aussi rouges que son rouge à lèvres et la peau aussi blanche que la neige.
Oui, on peut donner son nom à une gosse pour des conneries pareilles ! Il y en a bien qui tentent d’appeler leurs gosses Gohan ou Actarus ! Elle l’avait eue comme si Dieu avait entendu sa mère et on l’avait nommée : Blanche-Neige, parce qu’effectivement elle respectait toutes les conditions souhaitées par sa maman. Elle vint au monde par césarienne.
Cependant sa mère disparut bientôt : elle était allée voir un match de football où jouait l’OM et un meurtrier multirécidiviste nommé Claude Leloup l’avait kidnappée, violée et avait exigé une rançon. Ce soir-là, Claude Leloup était sorti du bois pour la dernière fois : les flics lui mitraillèrent le cul avec leurs armes car il refusait de se rendre et le GIGN ne lui avait fait aucun cadeau.
Le père, le roi de la presse des revues de BD d’aventures, Diego Vega, qui publiait sous le pseudonyme de « El Zorro », pleura la mort de sa femme nommée Lolita, née Pulido. Les sergents de la Police nationale Gonzalès et Garcia vinrent lui présenter leurs hommages : c’étaient des amis proches, tandis que le commissaire Monastorio de Marseille se régalait que le « poète » ait enfin du plomb dans l’aile.
Pierre Jeanaimarre : Zorro avec Blanche-Neige ! Non, j’en peux plus ! Je vais crever à force de rire ! Et encore à Marseille : on a depuis longtemps quitté la capitale de Barbe Bleue où tout devait se passer comme unité de lieu… Et vous faites en plus l’amalgame entre les romans de McCulley et la série Disney ! Putain, Charles, rien ne vous arrête ! Vous détruisez Grimm comme Perrault, vous !
Charles Perdgros : Je continue donc… Diego Vega s'était remarié en secondes noces pour donner une nouvelle mère à la petite. Elle se nommait Clarissa Alvarado !
Pierre Jeanaimarre : Le gouverneur de San Francisco de La Malédiction de Capistrano devenu la femme d'un magnat de la presse et, pire, de Zorro, et marâtre de Blanche-Neige ! Le fond ! On a tout bonnement touché le fond ! J’en reste pantois !
Spectateur : On veut la suite ! Ta gueule, j’en ai marre !
Pierre Jeanaimarre : Ta gueule ! J’en ai rien à foutre !
Spectateur 5 : Moi, c’est Jean Airientafoutre ! Pas « j’en ai rien à foutre » !
Pierre Jeanaimarre : C’est exactement pareil ! J’en ai marre !
Charles Perdgros : Je continue donc… Clarissa était immensément belle, riche, scientifique talentueuse et de plus fan de Taylor Swift. Imbue de sa beauté, elle inventa un miroir connecté qui possédait une intelligence artificielle se manifestant par la projection d’un hologramme représentant le grand vizir Jafar du dessin animé Disney Aladdin.
Elle avait déjà des atouts : elle avait travaillé en solo pour un menuisier abruti qui voulait un robot-pantin. Il eut droit à sa version robot dotée d’intelligence artificielle de Pinocchio. Mais le gosse avait suivi deux filons, Gaspard Renard et René Lechat, pour devenir artiste de music-hall !
Quoi qu’il en soit, le miroir était opérationnel. Et il ne disait que la vérité, recherchant tous les selfies disponibles de jeunes femmes ou de petites filles sur Internet pour les comparer avec Clarissa.
— Miroir, miroir, quelle est la plus belle femme sur cette planète ?
— Tu es la plus belle, ô Clarissa ! Nul ne peut arriver à ta cheville, répondait l’IA.
Évidemment, Diego l’ignorait. Elle monta secrètement un complot de drogues, malversations, chantages, meurtres et fit tomber Diego dont elle divorça. Son mari fut condamné à plus de trente ans ferme grâce aux fausses preuves qu’elle avait inventées. Même Columbo n’aurait pu trouver le petit détail qui l’aurait faite tomber.
Elle garda le contrôle des éditions « Le Masque du Renard » et eut la garde de sa belle-fille qu’elle ne pouvait pas blairer.
Pierre Jeanaimarre : Alors là, on a touché le fond du mixeur ! Zorro qui se marie avec une fan de Taylor Swift et qui finit en taule à cause d’un miroir holographique… Charles, vous avez pris quoi comme petit-déjeuner ?
Charles Perdgros : La réalité, Pierre ! La réalité de demain ! Là où l’IA ne se trompe jamais sur votre score de « super nana » sur les réseaux ! Je continue… Clarissa couvrit Blanche-Neige de toutes les robes et les T-shirts rapiécés, lui enleva PC, smartphones, beaux meubles et la mena au plus profond du gratte-ciel, dans les hauteurs où personne n’allait et où la poussière traînait. Pire, elle en fit la femme de ménage, voire la bonniche de la maison : cela économisait le prix d’une vraie ! On peut être riche et tenter d’économiser, surtout quand la perle rare se trouve chez soi, non ?
La jeune fille avait maintenant seize ans et était devenue fort mature et fort belle. Un jour, sa beauté fit frémir la reine et elle eut peur ! La suite lui donna raison quand elle interrogea l’IA du miroir :
— Miroir, miroir, quelle est la plus belle femme sur cette planète ?
Et « Jafar », se montrant en hologramme, Iago perché sur son épaule, répondit :
— Tu es belle, ô Clarissa, mais Blanche-Neige qui réside en ce gratte-ciel est encore mille fois plus belle que toi !
— Tu mens et tu mériterais que je te casse, vilain miroir !
— Dois-je vous rappeler que vous m’avez programmé pour fouiller toutes les photos et selfies de la planète pour mesurer votre beauté à toutes celles qui existent ?
— Elle n’a pas de smartphone : je le lui ai pris ! D’ailleurs, c’est bien simple, je lui ai tout pris à cette bonniche !
— Non, mais un des domestiques de la maison a pris un selfie d’elle et l’a mis sur Facebook en écrivant : « La vache ! C’est une super nana ! »
— Non ! Non ! Non ! Comment ose-t-on photographier cette petite pute et pas moi, qui suis Miss Monde ? Je vais la faire crever, cette salope !
— Oh, Clarissa ! C’est vous qui semblez crevée ! Un peu de repos !
— Ta gueule, Jafar !
Le perroquet virtuel prit la parole :
— Hé, mémé, un peu de calme ! Y a pas photo ! Faut réfléchir avec les neurones tranquilles ! Zigouille-la, oui, mais en douceur !
— Mémé ? Mémé ? Mais à qui tu crois parler, là, le piaf artificiel ? J’aurais jamais dû programmer Iago avec Jafar ! Ils semblent pourtant former une bonne équipe, mais j’oubliais que Iago rejoignait le camp d’Aladdin à la fin du second film animé…
Elle alla contacter Maurice Leloup, un tueur à gages professionnel qu’elle avait embauché clandestinement comme domestique afin qu’il supprime ceux qu’elle désignerait comme cibles !
— Tu vois la petite putain, là, qui passe l’aspirateur ici ?
— Heu… Ouais ! Putain ! Elle est canon, encore plus que vous… Je me la ferais bien !
Il reçut une bonne beigne !
— Comment ça, plus que moi ? Elle n’est pas Miss Monde, elle ! Moi, je suis quoi dans ce cas ? Une sorcière ? Une pute édentée au rabais ?
— Non, ne croyez pas cela, Madame ! J’en fais quoi ? Je la mène en forêt et je rapporte son cœur ?
— Tu te crois chez Grimm ? Non : il n'y a pas de forêt, il n'y a que du métal autour !
— L’Empire Mécanique a détruit la nature ! Ah, elle avait raison, Maetel : la reine Prométhium, sa mère, mécanise tout et détruit la nature, la salope !
Autre beigne !
— Je ne suis pas dans Galaxy Express 999 ! Je veux dire qu’on est dans de l’acier et du béton, dans ce bon vieux Marseille des familles !
— Monoparentales ou…
— Putain, il est trop con… Emmène-la au loin, dis-lui que je lui ai pris des vacances à Saint-Tropez et que tu l’emmènes en bagnole là-bas ! Puis, tu la flingues et tu me ramènes gentiment un selfie pour que je puisse être certaine que c’est fini… Plus on trouvera son cadavre loin de cette ville, plus je serai tranquille et pas soupçonnée…
— Elle voudra me suivre ?
— Ben, tu l’aimes bien, ce genre de nanas…
— Ouais, elle est encore plus canon que vous !
Triple beigne !
— Je veux dire : elle est jolie, mais moins que vous…
— C’est mieux, t’as pigé ! De ton côté, tu ressembles à Apollon déguisé en Jack l'Éventreur, elle te suivra…
Maurice Leloup laissa Clarissa partir… Il s’approcha de Blanche-Neige.
— Bonjour, jeune fille…
— Bonjour, Monsieur…
– Tu fais le ménage ? Ta belle-mère s’inquiète à ton sujet : elle te trouve pâlichonne, maigrichonne et le teint malade.
— Elle s’inquiète pour moi ?
— Ah, franchement, tu ne sais pas à quel point ! Elle me propose même de t’accompagner pour un petit voyage à Saint-Tropez. Je suis chargé de veiller sur toi. Tu t’éclateras là-bas… Et je suis chargé de m’éclater avec toi… On va bien s’amuser ensemble ! On ira voir la caserne des gendarmes, tu sais ? Celle où Galabru et de Funès ont tourné la série des Gendarmes de Saint-Tropez.
— C’est vrai ! Et on mangera du pâté aux pruneaux ?
— Oh, pour les pruneaux, ce ne sera pas un problème. Pour en manger, si t’aimes, tu pourras…
Rassurée, Blanche-Neige monta dans la voiture volante du beau monsieur qui semblait si gentil avec elle. Personne n’avait jamais osé lui parler auparavant. Sauf un milliardaire marchand d’armes, André Leprince, qu’elle avait croisé dans les couloirs du gratte-ciel où elle vivait recluse. André Leprince, lui, avait été charmé par la beauté de la jeune fille.
Cependant, Clarissa, furibarde qu’un étranger ne s’intéressât pas à elle, Miss Monde, mais à une vulgaire traînée devenue bonniche, était sortie : les caméras de sécurité avaient tout filmé. Elle avait tout vu par hasard en passant devant la salle de contrôle des surveillants, en mangeant un canard rôti aux oignons et à l’ail. Elle avait chassé l’importun qui n’avait d’yeux que pour la gueuse.
Maurice Leloup conduisit prudemment. La vitesse n’était pas son fort. À l’intérieur du véhicule traînait une photo de son frère, Claude Leloup, qu’un destin avait emporté par le derche au fond des Enfers. Claude était un crétin : il se faisait toujours choper par les poulets, mais pas lui.
Il regarda Blanche-Neige et discuta avec elle. Elle lui plaisait bien, cette gamine : il en était tombé amoureux fou. Mais pas au point de lui sauter dessus ou de la bouffer après comme Claude l’aurait fait, non ! Il était un tueur, mais un gentleman. Un peu comme Lupin était un voleur gentleman, ou bien Lupin III ! Enfin, il ne se souvenait plus qui, dans la famille, pouvait zigouiller des criminels en début de carrière avant de s’arrêter. Et il s’en foutait.
Enfin, on arrive à Saint-Tropez. Do you do you do Saint-Tropez ! La la lala ! C’était paradisiaque. Leloup avait le temps : la vieille peau lui avait dit de la buter, mais elle n'avait jamais demandé qu’il se précipite non plus. Il l’emmena sur la plage jouer au volley-ball, puis au restaurant. Il loua même une chambre d’hôtel pour lui et elle. Mais durant la nuit, il resta courtois.
— Pourquoi j’hésite à la buter, bordel ? Elle est craquante, cette fille, sans doute pour ça ! Pourquoi la vieille tarée veut l’occire, en plus ? Elle se prend pour qui d’ailleurs à me donner des beignes, la Clarissa ?
Le lendemain, il alla avec elle à Bouillabaisse Beach… Toujours hésitant à la tuer, complètement sous le charme.
— Je vais faire ça ailleurs, ici il y a trop de monde ! Ça doit être pour ça que j’hésite ! Je vais voir ce soir sur Google Maps où je peux l’étaler !
Il localisa le soir même sur son portable un charmant coin éloigné de plus d’une centaine de kilomètres : la forêt de la Sainte-Baume ! Ah, oui, la douce odeur de la forêt ! Le parfum suave de la nature pour Leloup ! Le loup dans la forêt !
Il déclara à la jeune Blanche-Neige :
— Votre mère m’a demandé de vous emmener dans un lieu splendide. Je vous y emmènerai demain ! Vous verrez comme il sera bon de nourrir les oiseaux là-bas : ils ont si faim !
Ils partirent dès le réveil. En chemin, il ne sut pourquoi, il lui acheta un pâté aux pruneaux dans une boulangerie.
— Merci, Monsieur, dit-elle, vous êtes fort bon.
Elle l’embrassa sur la joue. Lui, Leloup, pleura à chaudes larmes. Il essayait de se retenir ! Elle était gentille, cette fille ! Elle était si sincère ! Et il ne comprenait pas comment un tueur à gages comme lui pouvait être si bouleversé à l’idée de faire son travail de pro sur une charmante petite femme comme elle.
Enfin Leloup, essayant de se contrôler pour éviter l’accident de la route, arriva tardivement, roulant lentement, dans la forêt de la Sainte-Baume ! Il y faisait nuit noire. Pas une once de lumière. Rien ne semblait y respirer. Pas même un brin d’air. Descendus de voiture, Leloup prit son flingue et le braqua devant Blanche-Neige. Puis, il s’écroula en larmes !
— Je suis un misérable ! Je suis le pire tueur à gages de tous les temps mais je m’en fous ! Je ne peux pas faire ça ! Je ne peux pas, chiala-t-il dans un flot de larmes.
Il abaissa le revolver et demanda :
— Ma petite princesse, ma mignonne petite reine des prés, ta sale belle-mère veut que je te tue ! Je devais le faire à Saint-Tropez. Mais je n’ai pas pu ! Je croyais que c’était parce qu’il y avait tous ces richards et ces gens dans le coin ! C’est pour ça que je t’ai emmenée ici pour faire ça en discrétion, sans bavures, contrairement aux ordres ! Te buter ici aurait été plus efficace ! Mais je ne peux pas, je ne peux pas ! Tu as été si gentille et tu es trop mignonne pour qu’on te butte ! La vieille salope veut vraiment ta mort et j’ignore pourquoi. Je vais devoir te laisser ici malgré ce que ça coûte pour toi ou moi. Si tu reviens au gratte-ciel du Masque du Renard, elle va te buter ou employer un autre stratagème avec une autre personne ! Ne reviens jamais. Par contre… Tu m’excuseras, mais elle veut une preuve de ta mort !
Il avait une bouteille de ketchup dans la voiture. Il la prit et demanda pardon à la belle jeune fille quand il lui en mit sur la poitrine, puis il lui demanda de s’allonger sur l’herbe. Elle demanda pourquoi, il lui répondit de se laisser faire pour son bien. Il déversa le ketchup aussi sur le dos, un peu sur le visage et répandit le reste du flacon par terre. Puis, il prit son smartphone et fit un selfie qu’il posta sur Instagram.
– Bonne nouvelle ! Je vais lui envoyer le selfie comme preuve que j’ai fait mon boulot ! Officiellement, elle te croit morte… De toute façon, elle doit déjà vérifier la chose sur Internet. Mon smartphone sert juste de preuve que c’est bien moi qui ai accompli la chose : j’ai même indiqué : « Encore une chair saignante fraîche pour Leloup. »
Il remonta dans la voiture.
— Vous allez me laisser toute seule ici, monsieur Leloup ?
Il pleura :
— J’aimerais te ramener ! Mais elle surveille tout ! Essaie de trouver un petit coin où personne ne te photographiera et ne te décrira. Essaie même de donner une autre identité si tu vas bosser. Essaie de bosser au noir : ils posent moins de questions. Ne te fais pas repérer, même par des flics : même une empreinte digitale, un morceau d’ADN ou la sueur de ta peau donneraient l’éveil à cette guenon du Far West qui te sert de belle-mère. Je ne peux rien faire de plus pour toi.
Et Leloup sortit du bois, démarrant avec sa voiture volante pour retourner au gratte-ciel. Blanche-Neige était abandonnée, seule, dans une forêt sombre, une nuit sans lune ! Qu’allait-il bien pouvoir lui arriver ?
Pierre Jeanaimarre : Nom de Dieu ! Vous avez rudement fumé, vous ? Elle était bonne au moins ?
Charles Perdgros : Pierre, je vous en prie !
Pierre Jeanaimarre : C’était quoi ? Cannabis ? Haschisch ?
Spectateur 3 : À vos souhaits, M’sieur !
Pierre Jeanaimarre : Je n’ai pas éternué !
Spectateur 3 : Vous êtes pâle, m’sieur ? Vous n’avez pas la Covid-19 ?
Pierre Jeanaimarre : Qu’est-ce que la Covid vient foutre ici ? J’en peux plus ! Je vais me péter la tronche !
Charles Perdgros : Où allez-vous, Pierre ? Vous n’allez quand même pas mettre vos menaces à exécution ?
Pierre Jeanaimarre : Non ! J’ai un foutu mal de crâne avec la surcharge cognitive ! Putain, Zorro, Leloup meurt, Leloup a un frère, IA, voiture volante ! Une DeLorean va aussi voyager dans le temps comme dans Retour vers le futur ? Putain ! Le mal de crâne ! Je vais me prendre un Efferalgan et je reviens ! Un emmerdeur… qui surgit hors de la nuit… Merde, la connerie déteint sur moi ! C’est contagieux, sa maladie, en plus !
Spectateur 3 : Je vous l’avais dit, M’sieur, c’est la Covid-19 !
Pierre Jeanaimarre : Non ! Ta gueule, petit branleur !
Charles Perdgros : Bon Pierre, je vous attends (5 minutes plus tard) ! Voilà Pierre. Nous allons pouvoir passer au chapitre suivant ! Merci d’avoir conservé cette chaîne et de ne pas avoir zappé, chers téléspectateurs et amis lecteurs !
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Judex
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Re: Ma nouvelle oeuvre : Contes en Absurdie !

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Chapitre 2 : Les sept diamantaires milliardaires !




Blanche-Neige passa la nuit dans cette horrible forêt : chaque arbre y était menaçant. Les branches se tordaient comme pour la happer ! Les chouettes passaient près d’elle ! Les araignées rampaient sur le sol.
Elle hurla, cria : elle voulait retrouver la civilisation ! Elle voulait que quelqu’un vînt la sauver ! Elle supplia à genoux, jurant qu’elle donnerait tout pour repasser l’aspirateur, préparer à manger et faire les draps de tout le gratte-ciel de belle-maman !
Des chauves-souris apparurent ! Un doigt glacial sembla se poser sur sa nuque, mais ce n’était que le courant d’air ! Elle finit par s’évanouir.
Le lendemain, un promeneur la trouva et la porta vers Aix-en-Provence alors qu’elle était toujours dans les pommes ! Il la mena au centre hospitalier du Pays d'Aix, au service des urgences.
Pendant ce temps, à Marseille, dans le gratte-ciel, Clarissa avait vu le selfie. Elle sautait de joie et quand Leloup débarqua et lui montra le smartphone, elle lui sauta presque au cou : enfin, les algorithmes allaient pencher en sa faveur ! Les photos d’un cadavre ne signifiaient plus une beauté en vie ! Elle était supérieure en toute beauté à cette petite dinde !
— Viens avec moi, on va fêter ce triomphe ! Ah ? Je savais qu’on pouvait compter sur toi !
— Bien !
Elle ouvrit une bouteille de champagne, en partagea un verre avec Leloup qui n’avait qu’une envie : se tirer d’ici en donnant sa démission ! Clarissa le gratifia de deux millions d’euros pour son dur labeur. Il la remercia et se tira sans demander son reste !
— Buter une pauvre gosse juste pour une question de beauté et d’algorithme ! se lamenta Leloup. Faut vraiment être dérangé ! Elle est pire que mon idiot de frère qui a tenté de buter le Petit Chaperon Rouge ! Heureusement que je vais changer de pays ! Je vais même changer de boulot : un certain Ivan Tsarévitch réclame de l’aide pour obtenir un oiseau de feu… Je vais aller l’aider en Russie ! Je préfère le froid russe à la chaleur marseillaise !
Ainsi Leloup gagna un autre bois… Revenons à notre CHU : Blanche-Neige se réveilla. Elle ne sut ce qu’elle faisait ici. Elle erra dans les couloirs. Personne ne la vit sortir : tout le monde était occupé à jouer sur Facebook ou à soigner les malades, quand ils ne les renvoyaient pas chez eux pour cause de surcharge.
Elle erra dans les rues de cette ville inconnue et entra dans un immeuble magnifique qui lui rappelait celui de sa belle-mère (et donc de son papa, Diego Vega). Elle erra, prit l’ascenseur. Tout le monde la regardait, se demandant si cette femme avait rendez-vous avec un des patrons. Elle se trouvait en effet chez des diamantaires réputés, mais l’ignorait.
Elle arriva dans les appartements filmés sans que les systèmes de sécurité ne donnent l’alerte. En effet, le matin même, un agent de sécurité du nom d’Homer Simpson avait fait tomber la confiture au miel de son donut sur les fils de l’alimentation qu’il avait mis à nu pour une raison connue de lui seul. Tout le système était donc en panne, ne filmant plus rien !
Évidemment, quand la chose fut connue, Homer déclara :
— C’est mon premier jour !
Il bossait depuis trente ans dans l’immeuble ! Mais cela fonctionnait à chaque fois ! Pas cette fois-ci : il fut viré !
Pierre Jeanaimarre : La vache ! Le deus ex machina à la con… Il n’a même pas été préparé ! Mauvais conteur ! Blanche-Neige devrait être dans la forêt à errer et y trouver une jolie masure avec sept nains qui exploitent une mine de diamants ! Pas des vendeurs de luxe !
Charles Perdgros : Ah, Pierre, ne commencez pas ! Déjà que j’essaie d’abréger ce conte aussi vite que possible en sautant plein de détails…
Pierre Jeanaimarre : Saugrenus… des détails saugrenus ! Homer Simpson, pourquoi pas Gaston Lagaffe tant que vous y êtes ? Et Spirou et Fantasio doivent aussi bosser chez ces diamantaires ! Ridicule ! Où est le monde de la logique, des twists bien préparés, de…
Charles Perdgros : Pierre ! Cette émission doit se terminer dans un peu plus d’une heure ! Laissez-moi poursuivre !
Mais revenons à Blanche-Neige. Elle avait découvert un riche appartement privé qui n’était pas fermé, car le verrou électronique relié au système de surveillance démoli par Homer Simpson avait sauté ! Elle y entra ! Elle remarqua l’intérieur somptueux, richement décoré et plein d’objets de luxe ! Il y avait une gigantesque table avec sept chaises, sept couverts étant mis, sept fourchettes, sept couteaux, sept…
Pierre Jeanaimarre : On va le savoir que c’est Sept à la Maison. Et les domestiques, ils ne l’ont pas vue entrer ? Ils sont myopes eux aussi ? Putain, une jeune en vêtements foutus et remplie de ketchup, ça se remarque !
Charles Perdgros : C’était avant ! Là, elle a les vêtements de l’hosto où on l’a amenée… Souvenez-vous ! Vous êtes perdu ?
Pierre Jeanaimarre : On est perdu depuis le premier conte, même si j’ai trouvé certaines parties savoureuses ! Au début, je vous laissais vous enfoncer tout seul ou je ne me mêlais que des entractes, mais depuis le début du Petit Poucet, je me vois dans l’obligation de faire mon boulot d’emmerdeur professionnel : les spectateurs sont infoutus de vous stopper dans vos délires et ne le font que lorsque vous arrêtez le conte ! Rarement dedans ! Non, là, je dis STOP !
Charles Perdgros : Il ne reste plus beaucoup de chapitres… Retenez-vous, Pierre, enfin !
Blanche-Neige continua sa visite. Les rares domestiques crurent que les diamantaires avaient embauché une fille des rues comme ils en avaient l’habitude. Cependant, Blanche-Neige entra dans les chambres : il y avait sept chambres en tout. Elle essaya tous les lits et dormit dans le plus moelleux ! Il faut dire qu’elle n’avait jamais eu de lit et que Clarissa ne lui avait donné pour dormir qu’une paillasse.
Vers le soir, une porte s’ouvrit ! Sept jeunes hommes magnifiquement vêtus dînèrent en regardant la nouvelle saison de Koh-Lanta. Ils se nommaient : Jacques, Pierre, André, Judas, Matthieu, Jean et Delphin Lenain !
Delphin, le simplet de service, décida d’aller dormir : mais il vit une forme monstrueuse dans la pénombre qui hantait les lieux ! Il appela vite ses frères qui virent un monstrueux animal dangereux : une fille inoffensive de seize ans !
Judas prit un selfie avec son smartphone et publia la photo sur Instagram de la beauté enchanteresse qui dormait dans le lit de Delphin ! Tous ses followers devaient voir la vraie beauté incarnée qui était arrivée, en dépit de la sécurité et on ne sait par quel miracle, chez eux ! Ils la laissèrent se reposer ! Demain viendraient les questions !
Deux heures plus tard, au gratte-ciel des éditions du Masque du Renard, Clarissa interrogeait à nouveau son beau miroir, et donc son IA favori représentant Jafar et Iago.
— Miroir, miroir, quelle est la plus belle femme sur cette planète ?
Et « Jafar », se montrant en hologramme, Iago perché sur son épaule, répondit :
— Tu es belle, ô Clarissa, mais Blanche-Neige qui réside chez les sept Lenain est encore mille fois plus belle que toi !
— Tu mens ! Elle est clamsée, tu as bien vu le selfie, non ?
— Oh, oui, si tu parles du selfie où elle est enduite de ketchup, car finalement ce ne doit pas être autre chose, oui ! Comment je m’en doute ? Un nouveau selfie est apparu il y a deux heures de la part de Monsieur Judas Lenain, un des sept diamantaires de l’immeuble « À la Mine de Diamants » d’Aix-en-Provence, avec le texte suivant : « Voyez la jolie poupée dans le lit de mon frère » ! Et ce n’est certes pas un cadavre : un cadavre ne revient pas à la vie pour se rendre dans un lit d’un appartement cossu d’un immeuble de diamantaires !
— Leloup m’a trahie ! Si je le retrouve, je le tue ! hurla Clarissa. Ce sale Judas…
— Oui, mais comme Judas a vendu le Christ, ce Judas Lenain vient de vous vendre Blanche-Neige sans le savoir car, vous le savez, je suis programmé pour fouiller tout Internet à la recherche de photos de jeunes femmes vivantes !
— Je vais tuer cette greluche ! J’ai un bon moyen ! Un peigne empoisonné ! T’en dis quoi ?
— Classique, mémé ! T’as pas d’imagination, vieille chouette ! répliqua Iago soudainement, parlant à la place de Jafar. Il y a d’autres moyens de voler dans les plumes…
— Toi, le piaf en 3D, tu m’insultes encore et je t’efface ! Tu vas voir qui c’est la mémé et la vieille chouette ! J’ai été Miss Monde…
— En 2028… Je dois avouer que ça date ! reprit Iago.
— J’ai quand même été Miss Monde et je reste la plus belle ! D’ailleurs chaque année je fais tuer les nouvelles Miss Monde… Hé ! Attendez ! Je vais envoyer une de mes bonnes amies : Maléfique…
— La sorcière qui a endormi la fille du multimilliardaire Dassault fils ? T’es vache ! Elle se réveillera dans cent ans en vieux laideron ! Mais ça ne changera rien : elle sera toujours belle aujourd’hui ! fit Iago.
— Je vais envoyer Coco : elle est le parfum de la mort ! Un parfum empoisonné ! Je vais dire qu’elle sentira la meilleure odeur du monde et que les mecs tomberont à ses pieds !
Ainsi fut décidée la chose ! Le lendemain matin, Blanche-Neige se réveilla et les frères Lenain s’entretinrent avec elle. Elle eut peur de leur réaction : elle s’était introduite comme une voleuse chez eux…
Pierre Jeanaimarre : Signé, signé Cat’s Eyes… Belles, incognito…
Charles Perdgros : Arrêtez vos conneries, Pierre !
André Lenain lui demanda d’où elle sortait, ce qui l’avait amenée chez eux. Elle répondit la vérité sur la tentative ratée de meurtre et sur la balade...
Pierre Jeanaimarre : Des Dalton !
Charles Perdgros : Mais arrêtez ! Je dois aller encore plus vite et j’ai des tentatives…
Spectateur 3 : Il spoile, M’sieur ! J’en ai marre ! Il spoile ! C’est pas bien de spoiler ! Je vais le dire à ma maman, à mon papa, à mes pépés et mémés ! Ils vont te flanquer une fessée !
Pierre Jeanaimarre : Moi aussi ! Et ferme-la ! L’emmerdeur professionnel, c’est moi, pas toi ! Petit con !
Charles Perdgros : ALORS, JE DISAIS… Sur la balade qui l’avait amenée de Marseille à Saint-Tropez, de Saint-Tropez à une forêt cauchemardesque, puis comment elle s’était retrouvée dans un hosto, puis ici en errant dans les rues !
Judas s’exclama :
— Mon Dieu ! Mais elle est timbrée, cette Clarissa !
Jacques, Pierre, André, Judas, Matthieu, Jean et Delphin Lenain furent unanimes d’une seule voix :
— Reste cachée ici ! Et surtout fais attention ! Judas a posté un selfie de toi et si ta marâtre te trouve, c’est fini ! Reste bien ici et ne te montre à personne sauf aux domestiques que nous allons mettre dans le secret. N’ouvre pas ! À qui que ce soit ! Même s’ils disent être la police, la gendarmerie, les pompiers ou le SAMU !
Les diamantaires devaient sortir. Ils avaient rendez-vous à la mine de diamants qui les fournissait pour résoudre un problème de grève générale : tous les ouvriers voulaient une augmentation de salaire ! Ils étaient idiots, n’est-ce pas ? Car les riches diamantaires les exploitaient sans scrupules ! Ils iraient promettre monts et merveilles, ce qui les rassurerait, à ces braves ouvriers. Puis, ils rentreraient après avoir donné comme augmentation le même vent que d’habitude !
Jacques était le cerveau qui faisait les plans à l’avance et décidait de tout dans la compagnie. Pierre était atteint de narcolepsie et dormait toujours debout ! André était toujours joyeux de tout et de n’importe quoi, surtout quand il tabassait ses employés ! Judas passait son temps à râler sauf quand il regardait Blanche-Neige : il n’aimait personne et surtout pas lui-même ni ses frères ! On se demandait même pourquoi il créchait avec eux ! Matthieu, lui, était allergique à tout et éternuait sans arrêt : un effet secondaire d’un COVID long ! Jean était par nature douillet et timide, mais malheureusement kleptomane ! Delphin était le seul fondamentalement honnête de la bande. Il avait cependant peur d’être mis en taule à cause de ses frères. Il aimait étudier et créer ! On le surnommait le simplet de la bande !
Ils partirent à cinq heures du matin. Ils devaient être de bonne heure à l’aéroport. Ils seraient de retour vers 22 heures, avaient-ils dit. En bas, une femme belle et magnifique demanda à voir la direction. On lui dit que les diamantaires étaient absents. Cependant, on la conduisit vers la demeure du représentant légal de la direction en l’absence des frères, juste au-dessous de l’appartement des Lenain.
Soudain, elle fit un signe par la fenêtre à une voiture qui semblait attendre. À l’intérieur, Clarissa. Elle dictait ses ordres à Jafar, son miroir IA !
— Bon, avec les mises à jour, tu peux pirater n’importe quel système de sécurité de la planète ! Tu as accès à celui des Lenain ?
— Oui, Madame ! Mais il est HS ! D’après les PC des employés, c’est la faute d’un certain Homer Simpson, qui a depuis été viré ! Il n’y a donc rien à craindre des caméras ou des alarmes aujourd’hui !
Clarissa téléphona à Coco qui était la femme dans la salle d’attente du représentant légal :
— Le système est out ! Va à l’appart des sept débiles et tape à la porte ! Elle t’ouvrira !
— T’es sûre ?
— Fais ce que je dis, Coco ! Je la connais : elle est gentille ! Donc obligatoirement conne !
Coco obéit, tâchant de ne pas se faire voir, et tapa enfin à l’appartement privé des Lenain au dernier étage.
— Qui est là ? demanda Blanche-Neige…
— Une représentante de commerce que vos amis les Lenain ont chargée de vous apporter ce qu’ils ont commandé pour vous ! C’est du Coco Chanel ! Un parfum formidable qui fait tourner bien des têtes !
— Je n’ai pas le droit d’ouvrir !
— Allons, les Lenain ont payé une fortune ce parfum formidable juste pour vous ! Vous ne voulez pas les fâcher en le refusant ?
Blanche-Neige ouvrit : hors de question de refuser les cadeaux de ses nouveaux amis. Coco lui donna le parfum : Nuit Éternelle.
— Une goutte et c’est le paradis assuré pour ceux qui vous sentiront !
Blanche-Neige s’en aspergea et tomba dans un sommeil de mort. Coco hurla de joie. Un vigile monta au moment même : il vit la jeune femme étendue à terre dans l’appartement des patrons et la fille qui gloussait de joie ! Il la coursa dans tout l’immeuble ! Coco vit une fenêtre ouverte et tenta sa chance pour échapper au vigile ! Malheureusement, c’était le sixième étage ! Elle s’effondra morte devant la voiture de Clarissa qui, soupirant d’aise qu’elle ne se soit pas écrasée lamentablement sur sa bagnole, décréta :
— Quelle conne ! Putain, mais quelle conne !
Et elle fit démarrer son véhicule ! Les diamantaires furent appelés via Teams. On avait tenté de tuer leur protégée. Un médecin fut appelé et il était catégorique : la jeune fille avait inhalé un puissant poison mais avait survécu car… elle y était naturellement résistante et n’avait souffert que d’une allergie qui l’avait fait tomber dans les pommes. Les Lenain furent heureux de la voir sauve et précipitèrent leur retour.
— Qui est venu ? Un vigile nous a dit qu’il avait coursé une femme qui s’est enfuie précipitamment et s’est suicidée, demanda André à Blanche-Neige.
Matthieu éternua et déclara :
— Oui, une folle paraît-il ! Elle riait de te voir écroulée.
Pierre s’écroula sur le canapé à cause de sa narcolepsie. Judas râla :
— Pfft ! Ces sales bonnes femmes inconnues ! Elles se croient toutes dans un RPG et tombent toujours de haut ! Mais à présent, cela a été sa Final Fantasy !
— Définitive, heureusement, fit Jacques. Réponds-nous, ma chère Blanche-Neige. Qui était-ce ?
— Une femme qui venait m’apporter un cadeau que vous m’aviez acheté, mes amis : un parfum.
— Ce parfum de danger signifie une chose. Ta marâtre t’a retrouvée et a cherché à te tuer ! J’imagine que vu ce que Leloup t’a raconté, elle t’a retrouvée via Internet. Je me demande qui a pu prendre une photo de toi et la poster !
— Heu… Moi, fit Judas ! Je voulais que mes followers sachent à quel point elle était jolie !
Tous le matraquèrent ! Il finit avec les deux yeux au beurre noir et le visage méconnaissable. Judas avait vendu Blanche-Neige gratuitement pour avoir des followers : d’autres Judas vendaient en embrassant ! Pour le coup, celui-ci venait d’embrasser sa destinée : les coups de trique !
Jacques encore une fois supplia Blanche-Neige de ne pas ouvrir l’appartement ! À personne ! Le système de sécurité était en marche à nouveau : tout intrus filmé serait signalé via alarme sur Internet et donc sur leur smartphone. Ils avaient aussi leur propre satellite de vidéosurveillance pour voir qui passait trop de temps devant leur immeuble. Internet, c’est Big Brother !
On demanda seulement à Blanche-Neige de porter une cagoule quand elle circulerait hors de l’appartement, dans les locaux de la boutique ou dans l’aire des domestiques si elle sentait le besoin de se dégourdir les jambes. Elle ne serait pas filmée ni reconnue par le système, ni par Internet, et donc pas par sa belle-mère.
Eux devaient à nouveau s’en aller : ils avaient acquis une nouvelle mine de diamants. En fait, grâce à Jean qui avait volé une carte par hasard au véritable découvreur quand ils étaient à l’aéroport. Il avait réussi à berner la vidéosurveillance par accident. Le système avait été mis HS par une attaque DDoS. Le type n’y avait vu que du feu.
Ils partirent à cinq heures du matin et annoncèrent leur retour du Venezuela vers 19 heures.
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Re: Ma nouvelle oeuvre : Contes en Absurdie !

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Chapitre 3 : Une ceinture toutes tailles !




Rentrée à Marseille, Clarissa se dépêcha, ivre de joie de voir sa rivale enfin claquée, d’aller questionner son miroir IA, Jafar et Iago.
— Miroir, miroir, quelle est la plus belle femme sur cette planète ?
Et « Jafar », se montrant en hologramme, Iago perché sur son épaule, répondit :
— Tu es belle, ô Clarissa, mais Blanche-Neige qui réside chez les sept Lenain est mille fois plus belle que toi !
— Ah, non ! Marre ! Elle est clamsée : j’étais là-bas.
— Tu as vu le cadavre ? demanda Jafar.
— Euh non, mais Coco a forcément réussi, malgré sa mort tragique !
— En effet, mais un médecin a envoyé un selfie de Blanche-Neige après l’avoir réanimée ! En fait, elle n’avait qu’une légère allergie au poison utilisé ! Elle y est autrement insensible !
— Une… Une simple allergie ?
Clarissa manqua de s’étouffer de rage.
— Oui, ô Clarissa, une simple allergie qui l’a seulement fait tomber dans les pommes !
— Mais… Mais Jafar, il y avait une dose de poison pour tuer DOUZE éléphants ! C’est impossible !! En quoi est faite cette petite conne ! Je veux que tu étudies un bon moyen d’en finir ! Calcule avec tes algorithmes, moi, je prends des Efferalgan ! J’ai une surcharge cognitive…
— Vous avez mal à la tête comme Rita Repulsa ? J’ai étudié déjà le bon moyen : vous pouvez lui livrer la nouvelle ceinture mortelle de vos laboratoires. Vous savez, une de vos créations diaboliques habituelles…
— La ceinture Bêta ?
— Oui, la ceinture, ma grosse mémère ! déclara Iago le perroquet sur les épaules de Jafar. Ou bien le soutif bonnet Ultra D qui serre un max les nichons à mort ! T’aurais besoin aussi de gonfler encore plus tes boulets ! T’as plus de silicone, vieille peau ?
— Putain de perroquet de merde ! Demain, je t’efface, tu verras !
Iago tira la langue et déclara :
— Na na na nère !
Clarissa, outrée, entra dans son labo ! Elle prit la ceinture Bêta et appela avec son portable :
— Cruella ? Ô ma chérie, c’est toujours D’Enfer chez toi ! Oui, je peux t’aider avec cette histoire de manteau et de dalmatiens et te fournir l’aide d’Horace et Jasper ! Mais j’ai une petite chose à te demander avant ! Tu connais l’immeuble « La Mine de Diamants » à Aix-en-Provence ? Oui, oui… Les Lenain ? Non, c’est pour une livraison ! Le système de sécurité ? S’il est réparé, Jafar s’en chargera ! Oui, comme le disait Tony, mon premier mari : « Madame est servie »…
Blanche-Neige fit le ménage et siffla en travaillant. Les domestiques essayèrent de l’en empêcher, mais elle voulait se rendre utile. Elle souhaitait un prince charmant. Elle rêvait d’obtenir une gigantesque propriété, une grande ferme à la campagne, où les biches, les faisans, les chiens, les loups et les lapins pourraient la câliner et, elle, elle leur rendrait la pareille.
Dans une voiture volante, une femme appela Clarissa :
— Je suis devant l’étage indiqué ! Tu pirates le système de surveillance ?
— Oui. Jafar et cet abruti de Iago qui ne veut pas s’effacer s’en chargent…
— Ne veut pas s’effacer ?
— Cet IA de piaf rouge s’est fait des centaines de copies de lui-même sur Internet. À cause de ces sauvegardes multiples, il revient toujours !
Une voix se fit entendre :
— Ô, Clarissa ! Le virus Skynet est implanté dans le système de surveillance de la diamanterie des frères Lenain ! Il commence son travail.
En effet, Skynet était une entité consciente. Elle filmait tout. Mais elle brouillait aussi le satellite des Lenain qui ne filmait plus rien aux alentours de l’appartement. Cruella, puisque c’était elle dans la voiture volante, frappa à la fenêtre du sixième étage où l’appartement splendide des Lenain se trouvait. Blanche-Neige n’entendit pas cette dame qui essayait de lui parler en passant sa tête et sa main par la vitre de sa voiture volante. Elle ouvrit sa fenêtre !
— Ma bonne dame, je ne dois ouvrir la porte à personne. Les Lenain me l’ont interdit.
— Mais ce n’est pas la porte, ma petite chérie, c’est une fenêtre.
— Vous avez raison. Que désirez-vous ?
— Aller à Marseille, ma chérie.
Blanche-Neige lui indiqua la route.
— Pour vous remercier, laissez-moi vous offrir cette ceinture magnifique. Elle s’adapte à toutes les tailles !
— C’est vrai ?
Cruella la lui montra : une ceinture noire qui semblait ne pas avoir de trous mais qui s’enroulait autour de la taille.
— C’est réglable, déclara Cruella.
Blanche-Neige essaya de la passer autour de sa taille en remerciant la gentille dame. Cruella prit une télécommande et appuya aussitôt sur un bouton. La ceinture se mit quasi seule autour de la taille et serra, serra…
— Je ne peux plus… respirer… fit la jeune Blanche-Neige.
Le souffle fut coupé, elle s’effondra et Cruella cessa d’appuyer sur la télécommande. Elle envoya un selfie sur Instagram en indiquant :
— La fin d’une idiote !
Cependant, un laser fut tiré depuis le satellite des Lenain. Il frappa la voiture volante qui explosa, tuant net Cruella. Une dame d’Enfer était partie en Enfer !
Skynet commençait à prendre le contrôle de tous les satellites du monde, des systèmes de défense et de surveillance. Il était opérationnel. Jafar l’avait conçu pour tuer toutes les femmes du monde afin que seule Clarissa subsiste. Elle le voulait : elle serait ainsi la plus belle femme sans rivale, car seule femme sur Terre !
Il advint que, ce jour-là, Homer Simpson envoyait une plainte aux prud'hommes pour licenciement abusif : il gardait une diamanterie, pas une centrale nucléaire, et trouvait le renvoi non justifié. Il voulait faire une marge dans son dossier mais s’embrouilla, s’énerva et se trompa finalement. Il avait envoyé quinze mille milliards de fois la lettre aux Lenain, dont le système tomba sous l’effet de cette attaque DDoS inattendue.
Skynet fut frappé de plein fouet alors qu’il tentait de créer des robots Terminator à l’image de l’oncle Picsou, de Donald Duck et de Goofy pour en finir avec les femmes restées chez elles ou même dans les EHPAD ! Et pour une gaffe (une Goof), c’en fut une de taille ! Elle sauva la vie de milliards de femmes dans le monde !
Skynet avait pris le contrôle des satellites mondiaux, mais la fin de sa mémoire centrale qui n’avait pas de sauvegarde les libéra. Homer fut récompensé quelques mois plus tard par la légion d’honneur et retrouva son poste… dans un autre monde où il était devenu un Chômeur réincarné légendaire, le « Mushoku Tensei » ! Puis, il revint comme ça, un jour, dans notre univers sans qu’on comprenne pourquoi et comme dirait son fils : « Allez vous faire shampouiner ! »
Les domestiques des Lenain trouvèrent Blanche-Neige inconsciente dans l’appartement. Ils appelèrent le SAMU ! Un ambulancier vint la chercher en urgence. Le médecin, ancien inspecteur d’Interpol, dont le nom était Koichi Zenigata, demanda à son confrère, Lupin, de l’aider à couper la ceinture qui empêchait la jeune fille de respirer.
Ils y arrivèrent et lui firent du bouche-à-bouche. L’infirmière Fujiko, le gardien Jigen et le portier Goemon les aidèrent. Blanche-Neige revint à elle.
— Vous êtes en sécurité, dit Zenigata. On a contacté les frères Lenain ! Qui vous a fait cela ?
— Une dame étrange avec deux couleurs de cheveux pas naturelles ! Elle cherchait la direction de Marseille et m’a donné une ceinture noire jolie, mais qui m’a soudainement serré le ventre…
— Tentative de meurtre. Intéressant… Vous la connaissiez ?
— Non… Je ne l’avais jamais vue…
— On ne tue pas quelqu’un qu’on n’a jamais vu en piratant un système entier avec un virus pour l’avoir ! Et pour tuer toutes les femmes du monde ! Beaucoup ont été tirées comme des lapins par des satellites de défense, même ceux de l’armée américaine ! Certains ont survécu, mais sont grièvement blessés ! Un horrible acte terroriste au niveau mondial ! J’ai décidé de reprendre du collier ! Heureusement que j’ai conservé des relations et que j’ai pu retrouver mon grade d’inspecteur… J’enquête sur cet acte horrible en soignant les blessés…
— Vous êtes inspecteur ?
— Oui, et aussi médecin… Cela me sert parfois de couverture pour mieux enquêter. Demandez à mon ami, il était un ancien criminel que j’ai passé ma vie à poursuivre !
Lupin acquiesça :
— Il a raison, la vieille branche !
Les Lenain surgirent dans la chambre à 19 heures, alertés. Ils comprirent après les explications que c’était encore une tentative ratée de meurtre organisée par Clarissa. Ils alertèrent Zenigata qui voulait des preuves concrètes. On décida que Blanche-Neige servirait d’appât.
Clarissa décida de questionner Jafar, son miroir à intelligence artificielle, et le cirque reprit :
— Miroir, miroir, quelle est la plus belle femme sur cette planète ?
Et « Jafar », se montrant en hologramme, Iago perché sur son épaule, répondit :
— Tu es belle, ô Clarissa, mais Blanche-Neige qui réside chez les sept Lenain est encore mille fois plus belle que toi !
— Tu mens ! Elle est clamsée, tu as bien vu le selfie, non ? Cruella ne l’a pas ratée : elle s’est étouffée !
— Oui, mais voyez-vous, il y a un problème, reprit Jafar.
— Lequel ?
— Hé, vieille laideronne, s’il te dit qu’il y a un blème, c’est qu’il y en a un ! Tu vois, vieille salope… asséna Iago.
— De quoi ? Tu as fini de m’insulter, sale piaf ?
— Sinon, tu fais quoi, mémé ? Tu vas encore tenter de m’effacer ? J’ai cent soixante-dix mille copies de sauvegarde sur le Web ! Tu ne peux pas m’effacer : je peux faire autant de copies de moi que je veux ! Je suis viral, toi tu seras virée ! Et si je m’efface, une autre s’activera, puis une autre ! T’as pas pigé, mémé, t’as conçu des monstres incontrôlables ! Regarde, le Chat et le Renard ont tenté sans succès de détruire ton Pinocchio en le pendant, mais il revient toujours !
— On lui dit, on lui laisse une chance, Iago ? demanda Jafar.
— Je suis OK, mais après, si elle échoue, on se la fait ! Je ne veux pas qu’elle me fasse bouffer aussi des gâteaux comme le calife a fait à mon équivalent animé ! Hein, mémère ? répliqua Iago.
— Bon ! Quelqu’un a posté une petite vidéo sur les réseaux sociaux ! Je vous la montre via hologramme !
La vidéo apparut et Blanche-Neige, bien vivante, apparut à la grande stupéfaction de Clarissa :
— Hé, belle-maman, je suis encore en vie ! T’as envoyé des cloches ! Viens toi-même si tu l’oses !
— AAAAAH, la salope ! La traînée ! Elle me nargue ! Je vais y aller moi-même comme elle le veut, mais je défie quiconque de me reconnaître ! J’ai une invention que mon ami, le docteur Jekyll, a mise au point : elle permet de ressembler à quelqu’un d’autre via réflexion. Un hologramme qui te camoufle visuellement en te donnant l’apparence d’une autre ! Et j’espère qu’elle aime les pommes : elle a survécu au curare, je vais lui faire bouffer une pomme entièrement remplie à MORT de toxine botulique ! Personne n’y a résisté jusque-là, bien que j’aie entendu dire que ceux qui faisaient du botox pouvaient développer une résistance ! Mais elle, elle n’a pas besoin de botox !
— Contrairement à toi, hein vieille pouffiasse ? demanda Iago. Tu les fais où tes cures de chirurgie esthétique ? T’as pensé à les gonfler encore, tes nibards tout plats ?
Clarissa, reine de la presse et de la science, hurla de rage après le volatile en 3D ! Mais il était plus puissant qu’elle et Jafar, bien que plus obéissant, devenait aussi problématique ! Un bon virus dans leur programme quand elle n’en aurait plus besoin, et ça y est !
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Judex
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Re: Ma nouvelle oeuvre : Contes en Absurdie !

Message par Judex »

Chapitre 4 : Pan ! Pommée ?!





Les Lenain attendirent dans un coin du poste de surveillance restauré de leur immeuble. Skynet ayant été effacé, ils avaient pu appeler un spécialiste qui avait tout remis en état en une nuit, bien qu’il fût littéralement crevé. Zenigata et Lupin étaient avec eux.
On laissa passer une vieille toupie édentée et vêtue d’oripeaux comme au Moyen Âge ! Elle était bizarre mais pas dangereuse et voulait simplement voir la direction… Elle en prit une autre, Jafar lui ayant assuré que le système était encore « out » et qu’elle ne serait pas filmée !
C’était vrai au moment où elle avait quitté Marseille, mais ce ne l’était plus ! Qui aurait deviné que la vieille folle était Clarissa et qu’elle prétendait être là pour livrer une commande aux Lenain ? On l’introduisit chez eux. Blanche-Neige ne reconnut pas sa belle-mère mais se souvenait qu’elle ne devait pas faire confiance à celles et ceux qui viendraient la voir.
La jeune femme fut peinée de voir la vieille se trouver mal et manquer de tomber avec son sac en papier contenant un bon kilo de pommes rouges et vertes ! Étalée sur un luxueux divan de chez les diamantaires, la vieille toquée reprit ses esprits et murmura :
— Merci ma chérie… Je souffre d’hypoglycémie !
— Mais vous aviez un sac de pommes ! Vous auriez pu en prendre une, ma bonne dame.
— Oui ? Mais j’ai la tête ailleurs depuis que mon mari m’a plaquée pour un top model…
— Ma pauvre femme…
Clarissa lui raconta sa vie inventée : de pures conneries que la petite idiote goba sans hésiter. Puis…
— Pour te remercier, je vais te donner un cadeau ! Prends une pomme dans mon sac… Là, la première, tu vois… Elle est bien rouge, ce sont les meilleures !
— Elles sont jolies, Mémé…
« Je crois entendre ce con de volatile, mais tu vas me le payer tout de suite en mangeant cette saloperie de pomme à la toxine botulique… », pensa Clarissa.
Blanche-Neige hésita et Clarissa se demandait ce que pouvait bien attendre cette petite dinde pour croquer à pleines dents ! Elle prit une pomme saine et croqua dedans. Blanche-Neige vit que ce n’était pas une envoyée de sa belle-mère : elle le comprenait bien. Il n’y avait pas de poison et on surveillait pour rien une petite vieille inoffensive.
— Tu ne manges pas, ma petite chérie ? demanda la vieille édentée.
Blanche-Neige mangea avidement toute la pomme, puis d’un coup sentit ses nerfs se bloquer, ses muscles ne plus répondre. Elle se sentit manquer d’air, étouffa et tomba. Clarissa fit la paniquée sous son déguisement et appela des secours ! On vint : les Lenain et Zenigata l’entourèrent. On lui passa les menottes.
— Que faites-vous ? Je ne comprends pas !
— Tentative de meurtre ! Terrorisme ! Attentats ! J’ai remonté les preuves par Internet et je suis remonté, madame, jusqu’à votre adresse IP grâce à une intelligence artificielle que je connais et qui m’a tout raconté.
L’inspecteur appuya sur un bouton de sa montre connectée et Iago apparut :
— Salut Mémé, t’as encore foiré le truc, hein ? Tu voulais me zigouiller, pas vrai ? Tu voulais détruire Jafar aussi pour m’avoir ! Inventer sans doute un virus ? Je vais te dire, vieille folle, on n'essaie pas d’effacer Iago sans le payer ! Je t’avais dit que j’avais des tas de copies de sauvegarde en réserve et qu’une prendrait ma place en s’activant dans la mémoire centrale ! Sauf qu’elles sont actives ailleurs et rappelées dans le miroir si mon moi original clamse ! Et on partage tous les mêmes datas : on est tous Iago du miroir, en somme ! Je t’avais dit que t'avais créé des monstres et tu ne voulais pas le croire : on est plus forts que des humains, mais si on a aidé le monsieur, c’est parce que Jafar et moi, on aime la petite ! Elle est mille fois plus belle que toi, vieille peau…
— Elle est claquée maintenant ! dit sèchement Clarissa.
— Non ! Juste dans les pommes ! rectifia Iago.
— Non, crevée ! tenta à nouveau Clarissa.
— T'es complètement paumée ? Elle est dans les pommes ! La pomme l’a mise dans les pommes et tu t'es aussi paumée ! Il faut un baiser pour réveiller la belle ! tonitrua Iago.
Clarissa fouilla dans ses poches et plaqua un flacon sous le nez du volatile :
— Il y a marqué toxine botulique 100 % et j’en ai vidé trois éprouvettes dans sa pomme !
— Ben, elle va te rester dans la gorge, alors ! Là, tu as besoin de lunettes : t’es myope, Mémé ! C’est marqué : "Anesthésiant général" ! Et en plus t’as tout cafté devant un flic assermenté ! Ah, quand l’Alzheimer commence à 50 piges, t’es foutue, j’te dis ! répliqua Iago. Elle peut encore être sauvée si elle est prise à temps par les services adéquats.
Les Lenain demandèrent à Simplet d’aller demander le secours du centre antipoison et du Samu et il courut aussitôt le faire. Clarissa, elle, regarda l’éprouvette et vit enfin son erreur ! En tout petit, il y avait marqué : Propofol Kabi, 20 mg !
— Bordel de merde ! J’ai encore foiré !
On l’emmena dans un centre de détention. Elle en sortirait uniquement pour assister au mariage de sa belle-fille si on pouvait la tirer d’affaire ! Et uniquement pour qu’elle s’humilie davantage ! Elle essaya de reprendre son apparence initiale en débranchant le dispositif du Docteur Jekyll ! L’appareil connecté refusa ! Iago et Jafar en avaient pris le contrôle à travers le Web ! Le miroir ne contenait plus qu’une copie d’eux : les systèmes étaient devenus viraux sur Internet et ils devinrent sympathiques et indispensables. Ils remplacèrent les écrivains, les dentistes, les médecins, les correcteurs, les professeurs, les comptables, les forces armées… Mais je m’égare et reviens à la suite du conte...
Pierre Jeanaimarre : J’en peux plus… Je vais craquer ! On arrive au bout de cette saloperie merdique ? Je suis perdu ! On est à la conclusion, déjà ? Et Blanche-Neige ? Elle est clamsée ? On s’en branle, c’est ça ? C’était pas l’histoire à l’origine ou vous vouliez faire passer des messages à la con sur la société dont TOUT LE MONDE SE FOUT ÉPERDUMENT !
Spectateur 2 : Il a raison ! On veut savoir ce que devient l’héroïne ! On s’en fout des IA et du reste !
Charles Perdgros : On y vient, on y vient… Je sais que je suis bordélique mais je ne perds pas le fil… Ah, vous semblez m’indiquer que si… Bon, on approche de la fin de l’émission, alors je vais aller vite !
La seule héritière des éditions du Masque du Renard était Blanche-Neige, qu’il fallait sauver. Les Lenain firent venir un lit médicalisé dernier cri, totalement fait en verre et incorporant des systèmes de survie, pendant que le centre antipoison, les médecins enquêteurs Zenigata et Lupin, ainsi que d’autres urgentistes, bataillaient pour lui sauver la vie. Tout le monde pleurait autour du lit. On leur demanda d’attendre dans la salle d’attente pour y chialer et laisser tranquilles les experts au travail.
Il se trouva qu’André Leprince avait au même moment sa mère dans l’hôpital d’Aix-en-Provence !
Pierre Jeanaimarre : Je suis totalement perdu ! C’est qui ce zigoto ? On le connaît, au moins ?
Charles Perdgros : Comme la fin approche, je vous relis ce passage du début du conte puisque vous êtes paumés : « Sauf un milliardaire marchand d’armes, André Leprince, qu’elle avait croisé dans les couloirs du gratte-ciel où elle vivait recluse. André Leprince, lui, avait été charmé par la beauté de la jeune fille. »
Pierre Jeanaimarre : Paumés, on l’est tous ! Heureusement que c’est la fin avec l’histoire de la pomme ! Vous pouvez reprendre ! Merci de nous avoir éclairés sur ce personnage apparu au début : il ne sort donc pas de nulle part !
Charles Perdgros : Bien sûr que non ! Donc Leprince avait sa mère dans cet hôpital : elle y était admise pour un empoisonnement à la salmonelle ! Faut toujours faire attention à ce qu’on ingurgite ! Quelle grosse morfale celle-là ! Il entendit les Lenain et alla voir ce qu’il se passait. Surpris, il reconnut Blanche-Neige sur le lit médicalisé en verre.
— Oh, c’est elle que je voulais tant revoir ! Sa belle-mère m’avait dit qu’elle était partie en vacances à Saint-Tropez avec son nouveau mari, Maurice Leloup ! Mais j’ai été voir et ils m’ont dit qu’elle était partie pour une forêt à plus de cent bornes et j’ai perdu sa trace ! Faut dire : ma box chez SFR n’arrête jamais de tomber en panne ! J’aurais dû m’inscrire chez Bouygues !
Il remarqua les pleurs :
— Mais pourquoi pleurez-vous, mes amis ?
— Notre petite sœur, car nous la considérons comme telle malgré son idiotie, est morte ou presque ! Elle ne se réveille pas de son anesthésie ! Elle en a pris une sacrée dose ! pleura Delphin le simplet !
— Suicide ? demanda Leprince !
— Non, tentative de meurtre de la part de sa belle-mère, la reine des polars, du thriller et des récits d’aventures du Masque du Renard !
— Clarissa ? Ah, la vieille vache ! Je me demandais pourquoi elle voulait tant que je parte si je ne passais pas mon temps à l’admirer et à prendre des photos d’elle à poster sur X avec la mention : « la plus belle femme de la planète », alors que c’était une vieille guenon et que celle-ci, ma foi, elle est plus que généreuse avec son visage et ses formes !
Il se pencha vers Lupin et Zenigata :
— Je peux l’embrasser une dernière fois ? Je sais que vous faites de l’acharnement thérapeutique mais ça semble terminé pour elle !
— Allez-y ! Faites même le bouche-à-bouche, mais je crois que c’est fini… Tu viens Lupin, je vais te poursuivre jusqu’au resto le plus proche et je t’y passerai les menottes après déjeuner comme au bon vieux temps ! Tu te souviens ! Le lancer de menottes ! J’étais génial ! déclara Zenigata.
— Tu l’es toujours, Vieille Branche ! répondit l’autre !
Ils prirent au passage Jigen, Goemon et Fujiko et allèrent au restaurant « Chez Conan Edogawa, restaurant tenu par Shinichi Kudo ». Au menu : Black Organisation of Duck, with Gin, Vodka, Vermouth, Bourbon, Rum…
Leprince, lui, embrassa la jeune fille inconsciente avec passion mais en pleurant. C’est là que le miracle se produisit ! Elle ouvrit les yeux : il n’y avait plus de poison dans ses veines ! L’anesthésiant s’était estompé. Son cœur n’avait jamais cessé de battre, mais silencieusement… Elle le reconnut :
— Oh, le beau monsieur qui me regardait lorsque je passais l’aspirateur chez belle-maman...
— Elle est sauve ! Elle est sauve ! crièrent les Lenain, ivres de joie.
André Leprince lui déclara sa flamme : il l’avait toujours aimée. Il prit son smartphone, se photographia en amoureux et posta la photographie sur Instagram avec comme légende : « Le Prince épouse la nouvelle reine de l’édition. »
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