
1/ Les portraits
« Ceux qui ont fait vivre l'épopée »
Producteur — Katsuta Toshio
Avec le recul, cette œuvre apparaît comme l'un des précurseurs de la vague OVNI, mais la fondation dramatique reposait sur des valeurs comme l'humanisme et l'avenir. Il y avait aussi une intention précise : la nature belle est détruite peu à peu — maisons qui poussent, sites touristiques qui prolifèrent — et nous voulions la faire ressortir en contraste absolu avec la science-fiction et le mécanisme.
Grendizer a été une série d'une popularité remarquable, et j'entends encore souvent son nom aujourd'hui. Le retour de Kōji Kabuto en particulier suscite des réactions très partagées, pour et contre à parts égales. Je l'ai dit lors de la table ronde : je voulais le faire revenir, j'ai voulu ce retour — mais une fois pris, ce choix m'a causé bien des tourments.
Et puis Gren est souvent cité, souvent analysé pour sa force motrice qu'est l'amour — dans son sens le plus large. Qu'il devienne un objet de réflexion pour les gens — il n'y a pas de plus grande joie pour moi.
Scénariste — Fujikawa Keisuke
Cette série est en quelque sorte l'œuvre de synthèse et d'accomplissement qui, après Mazinger Z et Great Mazinger, a hérité des fondations posées par Nagai-san tout en tirant les leçons des insuffisances passées.
Le thème lui aussi s'est inversé par rapport aux œuvres précédentes. Fini les combats au sol — on a porté l'action vers l'espace. L'idée était de préserver la verdure terrestre, d'orienter le récit vers la paix.
Tout le monde a déjà dû parler de Daisuke et de Kōji, alors permettez-moi de mentionner quelque chose d'un peu différent. Moi, parmi les personnages, celui que je préfère, c'est Dan Bē. Si je puis me permettre cette liberté : je pensais que le véritable antagoniste de Daisuke Umon, c'était lui. Et Boss Borot, que j'aime aussi beaucoup, m'a inspiré en secret ce souhait — que Dan Bē grandisse à son image.
Scénariste — Uehara Shōzō
Grendizer est une œuvre à laquelle j'ai participé dès le premier épisode — j'ai donc travaillé à la création d'un héros entièrement nouveau, depuis la genèse même du projet, et c'est ce qui la rend si chère à mes yeux.
La série précédente, Mazinger Z, campait un jeune homme dans la droite ligne du mâle japonais. Avec Grendizer, j'ai voulu tenter quelque chose de différent : un jeune homme flamboyant en apparence, mais foncièrement solitaire — un étranger parmi les hommes de cette Terre qui l'a recueilli. C'était une construction assez singulière pour l'époque.
Mais je dois m'en faire la critique : c'est un peu l'histoire de Musashi et Kojirō. Daisuke, que j'avais conçu comme un personnage d'ombre, s'est laissé entraîner dans le sillage de Kōji, personnage de lumière. Le yin a été absorbé par le yang.
Et puis — travailler en animation m'amène toujours à me demander ce qu'on ferait en prise de vue réelle. Mais ce n'est pas parce que c'est du dessin qu'on peut tout se permettre. Il reste encore beaucoup de chemin à faire.
Directeur de l'animation — Komatsubara Kazuo
Après Devilman, Getter Robo et Getter Robo G, j'avais mes habitudes avec l'univers de Nagai-san — ce qui rendait le travail plus fluide. Le character design partait de ses bases, mais on m'a laissé une belle marge de liberté, et c'est ce qui en a fait un travail plaisant.
Une seule contrainte ferme : conserver les cernes sous les yeux de Duke Freed. C'était voulu pour marquer son étrangeté d'extraterrestre — et j'estime que ça rendait mieux que de simplement lui changer la couleur des yeux.
Pour la version cinéma, le format large m'a donné du fil à retordre pour les compositions. Et la durée des séquences, bien plus longue qu'à la télévision, était éprouvante — on s'était tellement habitués au rythme des coupures publicitaires...
Quoi qu'il en soit, on avait alors un peu plus de souffle qu'aujourd'hui, et je m'y suis donné corps et âme. Quand j'entends encore parler de cette série, ça me fait toujours chaud au cœur.
Directeur de l'animation — Araki Shingo
Le personnage principal que j'ai créé, c'est Maria, la sœur de Duke Freed. Je crois être parvenu à l'animer telle que je l'imaginais : spontanée, attachante, pleine de vie.
En repensant à la série dans son ensemble, je crois que les personnages invités, épisode après épisode, lui ont apporté une fraîcheur et une densité réelles. Parmi mes préférés : Keane dans Maria dans la tempête de neige, et Kirika dans Kirika, la fille disparue sous la neige.
Les séries de robots sont fondées avant tout sur le spectaculaire — mais notre ambition était d'y tisser quelque chose de plus humain : l'amour fraternel, l'amitié, la passion amoureuse, tout ce qui touche le cœur. Quant aux personnages, toute l'équipe s'est appliquée à les rendre beaux, soignés, et à leur faire jouer une partition aussi expressive que possible.




