J'ai eu le Cyberlab, le Cosmolem, le professeur Simon, la figurine de Flam et le bendable de Flam. Le professeur Simon était incroyable comme jouet, il m'a beaucoup marqué. Vu
ici.
Le Professeur Simon Wright Popy
Ah le professeur Simon ! Quel jouet ! Et une première pour moi puisque je me le suis payé tout seul comme un grand. Mon premier gros achat. Je devais avoir 8/9 ans. Les premières fois sont toujours émouvantes. On ne le dirait pas mais les gamins ont souvent beaucoup de fric chez eux. Forcément, ils n’ont aucune facture ni bouffe à payer et ne peuvent pas sortir d’eux-mêmes pour s’acheter ce qu’ils veulent. Alors, la moindre pièce est gardée, précieusement, comme un trésor de pirate. Ils les conservent dans un petit porte-monnaie naze ou tout simplement une enveloppe de papier qu’ils planquent dans leur chambre, dans un meuble ou sous leur lit.
Un jour, un mercredi matin, je me rappelle très bien, j’avais décidé de dépenser « mes sous à moi ». J’avais une centaine de francs, ce qui représentait une fortune pour mes yeux d’enfant. J’étais le roi du pétrole et j’allais flamber ça dans une orgie frénétique de jouets. Quel pied ! Donc, j’embarquais mes thunes avec moi et direction, avec ma mère, la librairie la plus proche, où je savais que je trouverais ce que je voulais. Je repartis avec le Professeur Simon, ce bocal à formol ambulant, personnage pourtant secondaire mais que j’adorais dans la série Capitaine Flam pour son côté « anatomique », ainsi que la figurine du fameux capitaine (voir plus bas).
En revenant de ces achats, nous fîmes quelques courses avec ma mère, dont un passage chez un épicier arabe où nous avions l’habitude d’aller. Les supermarchés n’avaient pas encore envahi tout le coin. C’était le temps des commerces de proximité. Ça revient à la mode dans les quartiers bobos…
En me voyant jouer avec mon cerveau volant, que j’avais NATURELLEMENT déballé à peine sorti de la librairie, l’épicier me dit, avec un fort accent méditerranéen :
- Ah mais j’y connais ça, un d’mes fils l’a ! Faut mett’ di piles dirrièr’ !
« Qu’est-ce qu’il raconte encore ce crépu ? » me suis-je sans doute dit sous ma coupe au bol. Et il insistait auprès de ma mère :
- Faut mett’ di piles, sinon, ça march’ pas !
Et là, il m’arracha mon professeur Simon de mes petites mains tremblantes et ouvrit le compartiment arrière du jouet ! En véritable camelot, il nous montra, effectivement, deux logements vides à combler à l’aide d’éléments de batterie. « Mais pour quoi faire les piles ? Pour le faire voler ? » pensai-je.
- Non, ça clignote !
...répondit-il verbalement à ma pensée. Les épiciers arabes lisent dans les pensées… Et de suite, superbe et sûr de lui devant son premier coup de maître, il fila dans un des rayons de son épicerie de 2m², prit un paquet de quatre piles type AAA classiques, l’ouvrit, en introduisit deux dans le jouet, puis il referma le clapet. Problème, il avait beau avoir vu son p’tit Mouloud jouer avec, il ne savait pas comment déclencher le système électrique. Il se mit donc à la recherche d’un bouton caché, mais rien. Il commençait à devenir nerveux, soucieux de perdre son avantage précédemment acquis. C’est là que j’intervins afin de laver mon honneur.
- Peut-être qu’il faut tourner les « loupes » sur les côtés ?
dis-je innocemment. Il tourna la première mais cela ne fit rien. Je lui repris mon jouet de ses grosses mains (c’était à moi ! Payé avec mes sous à moi ! Non mais !) et je tournai l’autre « loupe ». Et la lumière fut ! Le cerveau du professeur Simon clignotait. C’était beau. Tout le monde était heureux, l’épicier aussi. Tellement qu’il nous fît payer le paquet de piles. 20 balles ! Enfoiré…
Un superbe jouet, gros, solide, chiadé. Bon, les couleurs n’étaient pas les mêmes mais ça ne jurait pas de trop cette fois. Lui aussi eut droit à son bain et même ensuite, il continuait de clignoter ! Incroyable !