Monsieur Vilak a écrit : ↑sam. nov. 16, 2019 10:49 am
Désolé mais ce personnage me laisse froid.
Son retournement à la fin de l'épisode fait trop artificiel du genre "mais je suis un vilain, allez je me flingue!".
Pourquoi "désolé"
Il y a au moins deux façons de recevoir un épisode de Goldorak (et toutes fictions), la première consiste à prendre ce qui est montré et la deuxième, grâce à la magie et le talent des artistes, le dessin, la musique, le doublage, la mise en scène, on peut voir plus que ce qu'on nous donne à voir.
Donc, plus précisément, Cyrus.
Déjà, je le trouve subliment beau. Il est masculin, mais aussi féminin, par ses cheveux ou la finesse des traits du visage, jusqu'aux yeux maquillés comme ceux de Phénicia. Je dois avoir un faible pour les cheveux verts. Aphélie, Cyd De Mizar, Shun ou même Polaris dans les X-Men.
Je suis en totale empathie avec lui et l'idée de penser à sa vie brisée et marquée par la tragédie. On sait ce qui arrive aux habitants d'Euphor. Sa famille a du être exterminée. Il est arraché à l'enfance pour finir enrôlé dans les armées de Vega, déshumanisé et rendu insensible pour espérer survivre dans cette univers. Il est solitaire et coupé des autres, il est brillant puisque Horos l'a repéré.
Humilié par sa condition, soucieux de prouver sa valeur, il fait preuve d'arrogance de dureté, de sauvagerie. Pourtant, face à Horos, il n'est qu'un adolescent qui ne fait pas le poids.
Ce qui est très bien rendu, c'est le changement de ton entre l'avant et l'après l'ouverture du cockpit du Fossoirak. Un petit basculement de la musique et le voile se déchire. Phénicia et lui se reconnaissent instantanément, comme si le temps passé n'avait pas de prise sur leur lien. On comprend son âge, le même que celui de Phénicia, son statut sur Euphor, la gémellité que lui et elle ressentait et qui se retrouve dans leur vêtements similaires, les explosions qui les séparent. Tout ça revient comme un flash violent par ce que c'est déjà trop tard.
C'est un épisode calqué sur le 25, avec Phénicia comme centre d'intérêt. C'est pour moi le plus triste de tous parce qu'on se dit qu'il devrait bien finir mais qu'on sait que ce ne sera pas le cas. Il n'y a pas de Happy End dans Goldorak et si Aphélie est morte pour permettre à Actarus de vaincre Véga, Cyrus meurt par ce qu'il a été irrémédiablement abimé par la guerre et la violence.
Je l'ai immédiatement trouvé "bouleversant" , autant que peut l'être un épisode de Goldorak. En tout cas, sur moi, ça a fonctionné à plein, et pour la première fois. La deuxième sera pour l'épisode suivant et la troisième pour "La princesse amoureuse". A ce moment, je n'avais encore jamais vu "les Amoureux d'Euphor" qui de toute façon, ne me transporte pas autant, Actarus n'étant pas à la hauteur.
La fin de Goldorak est particulièrement pénible pour Phénicia, qui n'a jamais la chance de conserver quoi que ce soit de ce qu'elle aime.
Le dessin du 68 est sublime, et la musique aussi. Le doublage est extraordinaire, surtout le dialogue Alcor Phénicia et Cyrus Phénicia.
Les incohérences ou les questions passent après. On sait bien que l'info ne circule pas dans l'Empire, si Vegalia ne sait pas qu'Actarus et vivant, si les gosses du commando croient à des balivernes, Cyrus peut ne rien savoir de la réalité de patrouille des Aigles.
La version française fait l'impasse sur les vacances que prend Riguel sur l'ile de Hokkaido.