Uchuu no ouja Gurendaizaa

De Wikirak
45 tours sorti le 01/10/1975 : UFO ROBO GRENDIZER (génériques) contenant les génériques de début (face A) et de fin (face B).

Uchū no Ōja Grendizer (宇宙の王者グレンダイザー, littéralement « Le Roi de l’espace Grendizer » ou « Le Souverain de l’univers Grendizer » ; parfois transcrit Uchuu no Ouja Grendizer ou abrégé Uchū no Ōja) est une chanson de clôture de la série d’animation japonaise Goldorak, créée par Gō Nagai.

La chanson est un hymne épique typique des super robot des années 1970 : elle célèbre le combat d'Actarus (Duke Fleed) aux commandes de Goldorak pour protéger la Terre, la paix et l’amour, face aux envahisseurs de Véga. Elle est souvent couplée à au générique d'ouverture Tobe! Grendizer (interprété par le même Isao Sasaki avec le chœur Columbia Yurikago-kai).

Histoire

Sortie en 1975, elle fait partie de la bande originale de la série télévisée diffusée du 5 octobre 1975 au 27 février 1977 sur Fuji TV. Interprétée par Isao Sasaki (佐々木 功) avec le chœur Korogi ’73[1], elle a été composée par Shunsuke Kikuchi sur des paroles de Kōgo Hotomi (ou équipe créative associée à Dynamic Planning).

La chanson dure environ 2 minutes 45 en version complète et est également connue sous le nom anglais « Ruler of Space Grendizer » ou « Space’s Monarch Grendizer ». Sa structure associe classiquement couplets narratifs et refrain héroïque et répétitif.

Bien que principalement associée à la série télévisée (où elle sert de générique de fin), elle est une adaptation de la chanson du film pilote La Guerre des Soucoupes Volantes (Uchū Enban Daisensō, 1975), où les paroles mentionnent Gattaiger (le prototype de Grendizer) au lieu de Grendizer, tout en conservant la même mélodie.

Des réenregistrements modernes par Isao Sasaki (notamment en 2020) et des variantes internationales existent également.

Paroles

Voici les paroles complètes en japonais (version originale série), suivies d’une translittération (romaji) et d’une traduction française[2].

Paroles originales (japonais) : (UFO UFO) 切り裂け 怒りのダブルハーケン たたかえ グレンダイザー もう許せない 果てない暗さの 宇宙空間 今こそ グレンダイザー 光をともせ 地球の緑の 若葉のために ただ一輪の 花のために デュークフリードは 命をかける (グレンダイザー ゴー!) 宇宙の王者 グレンダイザー 力も速さも すごい武器も すべては グレンダイザー 平和の守り 冷たくあざける 悪の大王 負けるな グレンダイザー 宇宙の影に やさしい仲間の 笑顔のために ただひとことの 愛のために デュークフリードは 命を燃やす (グレンダイザー ゴー!) 宇宙の王者 グレンダイザー

Translittération (romaji) : (UFO UFO) Kirisake ikari no Double Haken Tatakae Grendizer, mō yurusenai Hatenai kurasa no uchū kūkan Ima koso Grendizer, hikari o tomose Chikyū no midori no wakaba no tame ni Tada ichi-rin no hana no tame ni Duke Fleed wa inochi o kakeru (Grendizer Gō!) Uchū no ōja Grendizer Chikara mo hayasa mo sugoi buki mo Subete wa Grendizer, heiwa no mamori Tsumetaku azakeru aku no daiō Makeru na Grendizer, uchū no kage ni Yasashii nakama no egao no tame ni Tada hitokoto no ai no tame ni Duke Fleed wa inochi o moyasu (Grendizer Gō!) Uchū no ōja Grendizer

Traduction française : (UFO UFO) Déchire l’espace avec le Double Haken de la colère Combats, Grendizer, on ne peut plus pardonner Dans l’obscurité infinie de l’espace Maintenant, Grendizer, allume la lumière Pour les jeunes feuilles vertes de la Terre Pour une seule fleur Duke Fleed risque sa vie (Grendizer Go !) Le roi de l’espace, Grendizer La force, la vitesse et des armes incroyables Tout cela pour Grendizer, gardien de la paix Le grand roi du mal qui se moque froidement Ne perds pas, Grendizer, dans l’ombre de l’espace Pour les sourires des compagnons bienveillants Pour un seul mot d’amour Duke Fleed brûle sa vie (Grendizer Go !) Le roi de l’espace, Grendizer

Version du film « La Guerre des Soucoupes Volantes »

Flexi-disc 33t 7 pouces : Sonorama Ace Puppy Series Uchuu Enban Daisensou contenant les deux génériques (face A) et un drama (face B).

Ce court-métrage pilote de 30 minutes, sorti en 1975, inspirera la série Goldorak sortie quelques mois plus tard. Il met en scène l’arrivée de Duke Fleed sur Terre à bord de Gattaiger (le robot précurseur de Grendizer).

La chanson Uchū no Ōja y est utilisée[3], mais avec des paroles légèrement modifiées : le nom « Grendizer » est remplacé par « Gattaiger » dans les refrains et couplets correspondants, tandis que le reste du texte reste très proche. Il s’agit de la même mélodie et du même arrangement orchestral de Shunsuke Kikuchi, interprétée par Isao Sasaki. Cette variante figure sur le disque single Columbia SCS-263 (1975), dédié au film. C’est la première version de la chanson, antérieure à la série télévisée. Il y aura aussi une édition en flexi-disc 33 tours 7 pouces : Sonorama Ace Puppy Series Uchuu Enban Daisensou[4] avec les deux génériques (face A) et un drama (face B).

Adaptations internationales

  • En 1978, la musique de Uchū no Ōja a été reprise pour le générique de fin de Goldorak : Va combattre ton ennemi (1978) ; elle est interprétée par Enriqué Fort (Enrique), avec des paroles de Pierre Delanoë sur la musique de Shunsuke Kikuchi. C’est le tout premier générique de fin diffusé en France (en juillet et août 1978). L'orchestration est proche de l’original japonais, mais avec des paroles adaptées. Cette version ne fut jamais commercialisée en 45 tours à l’époque (seulement en diffusion TV).
  • En 1979, sort Le Prince de l’espace, nouvelle version par Jean-Pierre Savelli et Les Goldies. Le texte réécrit par Pierre Delanoë, avec une orchestration plus disco et moderne. Elle fut diffusée à partir en 1979 comme générique de fin alternatif. Cette version figure sur diverses compilations et 45 tours CBS.
  • Une version italienne a été enregistrée par Pippo Noviello (sous le titre Uchuu no Ouja GURENDAIZAA). Elle figure dans des compilations et rediffusions des années 1980-1990, parfois avec des paroles adaptées ou en version karaoké.
  • Aucune adaptation officielle des paroles japonaises en français n’existe, mais des sous-titres fan et des reprises circulent. Des versions italiennes, arabes et espagnoles de la chanson existent, parfois en duo avec Isao Sasaki. Des réenregistrements live, rock, jazz ont également vu le jour, parfois réalisées avec des IA.

Liste récapitulative des éditions principales

  • 1975 : Columbia SCS-263 (Japon) – Uchū Enban Daisensō (version Gattaiger du film pilote[5]). Interprète : Isao Sasaki. Face A/B incluant la variante « Gattaiger ».
  • 1975 : Columbia SCS-270 (Japon) – Single série TV (Tobe! Grendizer / Uchū no Ōja Grendizer). Interprète : Isao Sasaki avec Columbia Yurikago-kai.
  • 1976 : Columbia SCS-307 (Japon) – Version liée au film UFO Robot Grendizer vs. Great Mazinger.
  • 1978 : Diffusion TV française uniquement – Va combattre ton ennemi par Enriqué Fort (pas d’édition disque officielle à l’époque).
  • 1979 : CBS (France) – Le Prince de l’espace par Jean-Pierre Savelli / Les Goldies (45 tours, orchestration disco).
  • Années 1980-2000 : Diverses compilations LP/CD japonaises (King Records, Columbia) et internationales (Italie, Espagne).
  • 2015-2020 : Coffrets Blu-ray/OST (Yamato Video en Italie, Columbia au Japon) incluant les versions télévisées et complètes.
  • 2020 : Réenregistrement par Isao Sasaki lui-même (version anniversaire, disponible sur albums et plateformes de streaming).
  • 2023-2025 : Rééditions vinyles modernes (ex. : compilations « Goldorak The Box Set » ou picture discs en Europe) incluant les versions françaises et japonaises.

Réception

La chanson reste un classique des séries de super robot des années 1970, saluée pour son orchestration dynamique (cuivres, chœurs héroïques) et son message. Isao Sasaki l’a reprise en concert tout au long de sa carrière. Elle figure sur de nombreux albums de compilations. Sa popularité perdure dans les rétrospectives Toei, les jeux vidéo et les hommages modernes. « Uchū no Ōja Grendizer » incarne parfaitement l’esprit des combats épiques de l’Âge d’or des robots géants : un appel à la résistance, à la protection de la vie et à l’espoir.

Vidéos

Version studio intégrale

Version générique de fin

Superposition des deux générique du film et de la série

Exemple de reprise

Analyse musicale

D'après Hervé de La Haye[6], cette chanson présente des analogies avec celle du générique d'ouverture : – même longueur (42 mesures) et même tempo, rapide (150 à la noire), – quelques mesures d'introduction et un couplet, en mineur, – un refrain dans la tonalité majeure homonyme, – une conclusion fracassante.

Selon ce compositeur : « Les deux chansons sont exécutées par un effectif important qui rassemble la plupart des pupitres que l'on entendra dans la musique de la série elle-même : cordes, cuivres, percussions, basse, batterie, guitares. Dans les grandes lignes, l'écriture est toute simple, résolument tonale, et repose essentiellement sur la mélodie. Mais l'orchestration est redoutable : cuivres et percussions se chargent de donner au chant un contrepoint façon fanfare, ce qui souligne les accents guerriers du texte. Alors que la mélodie chantée s'appuie principalement sur les temps forts, les cuivres jouent des rythmes brisés, façon jazz, avec force syncopes et croches décalées. (...) Hormis que l'on est en tonalité de si (et non en fa), dans sa structure, ce générique de fin ressemble considérablement à son alter-ego. Introduction puis couplet en si mineur donc, même tempo (noire à 150), mélodie qui s'appuie sur les temps forts, avec les cuivres en contrepoint, sur des rythmes décalés. La musique appuie les accents dramatiques du texte qui évoque la « fureur » (ou la rage) et « l'obscurité infinie ». Il suffit d'un mot (« lumière ») pour renverser la couleur et passer immédiatement en tonalité de si majeur, pour le refrain qui évoque les « jeunes pousses », les « fleurs », accompagné par une polyphonie de voix d'hommes… jusqu'à une fin brève, avec un très léger ritenuto qui conduit à l'accord final (si majeur). (...) Un détail pittoresque parmi d'autres : comme pour affirmer assez vite que tous les coups sont permis, l'orchestrateur assume les accents déplacés avec un énorme coup de timbale venu presque n'importe où (un si, qui tombe un demi-temps après la basse qui pose la même note). »

Notes

  1. Koorogi '73 (こおろぎ'73, Kōrogi Nanajū-san) était un groupe japonais de chœurs surtout connu pour ses contributions à la série Super Robot ainsi qu’aux séries Super Sentai et Kamen Rider de Toei. Le groupe a été dissous après 1990.
  2. Adaptée des sources officielles et traductions de fans ; aucune version officielle française des paroles japonaises n’existe.
  3. Comme générique et en insertion dans le film.
  4. https://vgmdb.net/album/88356
  5. https://vgmdb.net/album/74805 45 tours sorti le 25/071975, Uchuu Enban Daisensou. Contient les génériques de début (face A) et de fin (face B).
  6. https://hervedelahaye.blogspot.com/2021/04/les-generiques-de-goldorak-1-et-2.html