L'ours polaire
L’épisode 63 de Goldorak (UFO Robot Grendizer), intitulé en version originale « Kirika, la jeune fille disparue dans la neige » (Yuki ni kieta shōjo Kirika, 雪に消えた少女キリカ), porte en version française le titre « L’ours polaire ».
Diffusé pour la première fois au Japon le 12 décembre 1976 sur Fuji TV[1], il a été programmé en France dans le cadre de la diffusion historique de la série sur Antenne 2 à partir de 1978, dans l’émission Récré A2. Son audience a été de 24,3%[2].
Il n'est pas considéré comme un épisode clé mais est souvent cité du fait de sa beauté formelle et de son intensité émotionnelle. Il constitue l’un des chapitres les plus dramatiques et émotionnels de la dernière partie de la série.
Fiche technique
- Scénario : Mitsuru MAJIMA
- Direction animation : Shingo ARAKI
- Direction technique : Tomoharu KATSUMATA
- Direction artistique : Iwamitsu ITÔ
Résumé
Le commandant Alizée (Kirika en version originale), une brillante scientifique des Forces de Véga, travaille sur un projet révolutionnaire initié avec son frère aîné Zéphyr (Zephyr). Ensemble, ils ont développé un rayon cryogénique capable de congeler instantanément n’importe quelle matière grâce à un liquide glaciateur. Leur rêve initial était pacifiste : refroidir des planètes en fusion pour les rendre habitables et offrir à leur peuple une nouvelle Terre sans avoir à conquérir d’autres mondes par la guerre. Dans un flashback émouvant, on découvre que Zéphyr, gravement malade, a fait promettre à sa sœur de poursuivre leurs recherches après sa mort. Alizée, profondément attachée à son frère et marquée par sa disparition, est une jeune femme idéaliste, ambitieuse et déterminée, mais aussi fragile et tourmentée.
Sous la pression du Grand Stratéguerre, elle accepte à contrecœur d’utiliser son invention à des fins militaires. Elle se rend sur Terre à bord d’une soucoupe laboratoire pour tester son arme et, surtout, congeler Goldorak afin de le ramener sur Véga. Ses expériences provoquent des chutes de neige anormales et gèlent instantanément un village entier. Alerté par ces phénomènes météorologiques inexplicables, le Centre envoie Actarus, Alcor et Phénicia sur place.
Phénicia joue un rôle particulièrement actif et courageux dans cet épisode : elle désobéit aux ordres pour rejoindre Actarus au sol, participe directement à la traque d’Alizée dans la tempête de neige, et contribue de manière décisive à sa capture en repérant ses illusions et en l’attaquant au laser. C’est elle qui permet de neutraliser la véritable Alizée au milieu de ses doubles.
Capturée et emmenée au Centre, Alizée révèle sa personnalité complexe : une scientifique de génie rongée par le deuil, oscillant entre loyauté envers son frère, idéal pacifiste et obéissance forcée à Véga. L’épisode culmine avec une confrontation tragique impliquant Golgoth 63[3], où Alizée, dans un état de délire émotionnel, tente d’accomplir sa mission tout en cherchant une forme de rédemption ou de retrouvailles avec son frère dans la mort.
Particularités
- Cet épisode se distingue par son atmosphère hivernale poétique et son focus sur un antagoniste féminin nuancé plutôt que sur un simple combat robotique même si le combat est particulièrement intense. Il explore avec sensibilité les thèmes du deuil, de la manipulation et du détournement des idéaux scientifiques à des fins guerrières. La relation frère-sœur est au cœur du récit : en version originale, Kirika apparaît comme une scientifique sûre d’elle et ambitieuse ; en version française, Alizée est rendue plus fragile, hésitante et presque obsessionnelle dans son attachement à Zéphyr, ce qui lui confère une dimension tragique de personnalité limite plus marquée. Phénicia y gagne en assurance et autorité, passant d’un rôle secondaire à une actrice déterminante dans l’action et l’enquête.
- L'épisode s'achève avec la chanson Chīsana ai no uta - (Petite chanson d'Amour) -, chantée par Mitsuko HORIE, déjà entendue dans l'épisode 44. L'image d'une fleur accompagne cette chanson.
Textes de l'épisode (VF/VO)
- Le texte de l'épisode est disponible :
- Sur le Wikirak, ici : Texte 63 ;
- Sur le site de Florence[4], là : Texte de l'épisode 63.
- Le doublage japonais met en avant la détermination et l’ambition de Kirika, tandis que la version française accentue sa fragilité émotionnelle et le côté « évaporé » d'Alizée lorsqu’elle évoque son frère. Ces choix de traduction et d’interprétation rendent Alizée plus trouble et lui confère une personnalité limite en VF. De plus, le doublage introduit une promesse peu crédible dans la bouche de Véga : il promet à Alizée qu'elle retrouvera son frère si elle obéit, laissant entendre qu'il peut ressusciter les morts.
Notes
- ↑ https://fr.wikipedia.org/wiki/Saison_3_de_Goldorak#cite_note-ann_date-1
- ↑ http://www.animemorial.net/en/episodes/185-UFO-Robot-Grendizer
- ↑ Le Bega-jū Zume Zume.
- ↑ Merci à Florence, qui a accompli ce travail et dont l'effort original peut être trouvé ici : https://lesdecouvertesdeflo.wordpress.com/goldorak/textes-des-episodes/
