L'écologie dans Goldorak

De Wikirak

L’écologie dans Goldorak a été abordée dans plusieurs analyses académiques, livres et documentaires. Goldorak est souvent interprété comme une œuvre imprégnée de préoccupations environnementales, pacifistes et anti-nucléaires, en lien avec le contexte post-Hiroshima et les années 1970 au Japon (destruction de la planète Euphor, radiations, défense de la Terre comme écosystème contre l’exploitation destructive de Vega). Ces lectures se sont renforcées avec le temps, notamment en France où la série a eu un impact culturel majeur[1].

La protection de la nature

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  • Dans le Roman Album[2], le producteur de la série Toshio Katsuta pose comme un principe fondamental de la série la protection de la nature : « Avec le recul, cette œuvre apparaît comme l'un des précurseurs de la vague OVNI, mais la fondation dramatique reposait sur des valeurs comme l'humanisme et l'avenir. Il y avait aussi une intention précise : la nature belle est détruite peu à peu — maisons qui poussent, sites touristiques qui prolifèrent — et nous voulions la faire ressortir en contraste absolu avec la science-fiction et le mécanisme. »
  • La protection de la nature est un thème récurrent dans la série, révélé par plusieurs épisodes et mettant essentiellement en scène des oiseaux (moineau, tourterelle, colombes, cygnes...), outre les fleurs. Sans doute faut-il y voir un écho aux "ailes" (appareils) des Aigles qui combattent librement l'ennemi et une allégorie de la Liberté, de l'Autonomie et de l'Engagement. Le mot "ailes" se retrouve dans le titre japonais de l'épisode 37. Le plastron de la tenue de vol d'Actarus présente des ailes et il effectue pour son métamorphos un saut qui évoque l'envol d'un oiseau...
  • La Nature comme source de Bien-être est représentée dans chaque épisode ou presque, par les paysages de montagne et de campagne (notamment les environs du ranch) et les lumières qui les baignent, qui évoquent la sérénité, la paix, et qui contrastent donc fortement avec les "théâtres d'opérations" sur lesquels s'affrontent les Aigles et les forces de Véga.
  • On comprend dès l'épisode 1 que cette nature constitue le socle qui a permis à Actarus de retrouver le goût de vivre en arrivant sur Terre, outre les soins et l'entourage bienveillant dont il a bénéficié et bénéficie tout au long de la série. Elle est présentée comme aide au ressourcement et à la gestion des émotions. Ceux qui en parlent le mieux sont, dans la série, des extraterrestres, comme si les terriens ne voyaient pas/plus cela (les adultes. Mizar y est sensible parce qu'il est encore un enfant et qu'Actarus l'encourage à y rester sensible)... Ces aliens ont en commun d'avoir perdu la nature de leur planète natale.
  • Il n'est pas un hasard que les paysages japonais qui ont inspiré les décors de la série fassent partie d'un parc national. Il n'est pas surprenant non plus de trouver aussi dans la série des allusions (sans équivoque car illustrées) à divers cataclysmes susceptibles d'anéantir la nature et donc l'humanité tout entière (ici tous provoqués par l'ennemi ou pouvant l'être) : explosions nucléaires et retombées radioactives désastreuses (morts, mutations génétiques), fonte des calottes glaciaires et tsunamis dévastateurs...

L'énergie propre

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  • Il est souvent question d'énergie nucléaire dans la série, en référence au traumatisme japonais de la deuxième Guerre Mondiale. Toutefois cette source d'énergie n'est dépeinte négativement que concernant l'usage des armes et en l'occurrence uniquement celles de l'ennemi. Stykadès va disparaître à cause d'une politique énergétique clairement désignée comme destructrice.
  • Inversement, le Centre de recherches spatiales est apparemment alimenté exclusivement par le barrage hydroélectrique dans lequel il est intégré. D'une façon générale, ce Centre représente l'aspect "avant-gardiste" d'une dynamique (incarnée par Procyon et les Aigles) favorable à l'Humanité.
  • Au fil des épisodes, on comprend par ailleurs que GOLDORAK est un appareil d'autant plus avant-gardiste qu'il est "propre" : il fonctionne à l'énergie non pas nucléaire mais solaire, ce qui n'est pas sans lui poser des problèmes, que son pilote surmonte grâce au travail d'équipe. Ce choix de l'énergie propre est cohérent avec l'image de Dieu protecteur qu'Actarus entretient du début à la fin pour son appareil. A aucun moment ne sera fait le choix de l'armer avec des technologies nucléaires.
  • Euphor n'est pas associé comme Stykadès à l'exploitation abusive des ressources de la nature, cela suggère fortement que les technologies d'Euphor reposent sur des énergies "propres"[3].
  • Sur ce thème de l'énergie, la série développe une vision cohérente et se montre particulièrement avant-gardiste et évite le travers du dogmatisme.

Travaux sur le sujet

Les travaux existants restent majoritairement académiques ou essayistiques (un ouvrage collectif phare, un livre de développement personnel) plutôt que des thèses de doctorat dédiées. Le documentaire Goldorak Go ! constitue l’apport audiovisuel le plus notable. L’intérêt pour ces angles continue via la nostalgie et les réinterprétations artistiques/culturelles.

Livres et ouvrages académiques

  • Goldorak : L’aventure continue (Presses universitaires François-Rabelais, 2018), dirigé par Sarah Hatchuel et Marie Pruvost-Delaspre.

Cet ouvrage collectif universitaire (premier du genre sur la série) analyse en profondeur le phénomène. Il inclut des chapitres spécifiques comme « Goldorak et le spectre du nucléaire » (Nathalie Ségeral) et des réflexions sur l’imaginaire concentrationnaire et écologique. Les auteurs soulignent que Goldorak est « une épopée écologiste qui touche au mythe », avec la protection de la Terre comme écosystème central, le traumatisme nucléaire omniprésent (champignons atomiques, planète ravagée) et une dimension pacifiste[4]. Goldorak et le spectre du nucléaire est un des thèmes centraux du livre[5].

  • Agir et penser comme Goldorak : courageux, honorable, résilient, écolo, réservé et pacifique de Pascal Tozzi (Éditions de l’Opportun, vers 2022-2023).

Ce livre de développement personnel s’inspire directement de la série pour promouvoir une « Goldorak attitude » incluant explicitement l’écologie. Tozzi, maître de conférences en science politique et fan de la génération Goldorak, propose 21 leçons pour appliquer au quotidien courage, résilience et engagement éco-responsable[6].

Documentaire

Goldorak Go ! (2023), réalisé par Josselin Mahot et Victor Chevet. Ce documentaire (diffusé sur Paramount+, M6, etc.) retrace l’histoire de la série, son succès en France, son impact générationnel et ses thématiques. Il est présenté comme portrait d’un « héros écolo et pacifiste des temps modernes », soulignant la défense de la planète et la sauvegarde du genre humain. Il intègre témoignages et analyses sur ces aspects. D’autres documentaires ou reportages plus généraux sur Goldorak mentionnent indirectement ces dimensions[7] (ex. : nostalgie, influence culturelle, relectures artistiques « écolos » comme Greendizer par Greg Guillemin).

Synthèse

Goldorak n’est pas une série « militante écologiste » au sens moderne et politique du terme, mais elle est riche d’un sous-texte puissant : défense de la Terre contre une puissance exploiteuse et destructrice, trauma nucléaire (post-Hiroshima), nostalgie d’un paradis perdu (Euphor), et appel à la responsabilité collective (« l’avenir du genre humain dans tes mains »). Ces éléments résonnent particulièrement aujourd’hui avec les crises environnementales. En France, où la série a eu un succès bien plus fort qu’au Japon, ces lectures ont été amplifiées par les adaptations VF et les relectures générationnelles (fans devenus universitaires ou auteurs).

Notes