La genèse

De Wikirak

Pour la Toei Anime Fair du 26 juillet 1975, la Toei Animation écrit, produit et réalise un petit court métrage de SF de 29 minutes, après avoir demandé à Gô Nagai et son studio Dynamic de finaliser le design de la machine phare de l'intrigue. Ce court-métrage, s'appelle Uchu Enban Daï senso (UEDS, La Guerre des Soucoupes volantes).

Toei Animation, qui a été séduite par l'originalité du design de Gô Nagai, peaufinera toutefois préalablement ce design (la soucoupe de combat Gattaiger, ancêtre de Grendizer, et le robot qui se détache de sa soucoupe, ancêtre de Dizer).

Pendant ce temps, Great Mazinger, qui a pris la suite de Mazinger Z depuis un peu moins d’un an, ne rencontre pas le succès escompté auprès du public, un peu parce que c'est une suite dénuée de substance au ton plus léger, un peu parce que Alcor, héros national au Japon à cette époque, n’y apparait pas. Ses taux d’audience sont jugés insatisfaisants. Le futur pilote de l'OVTerre revient finalement dans les derniers épisodes mais c'est trop tard, les sponsors ont demandé et obtenu l'arrêt et la mise en chantier d'une nouvelle série.

Nagaï leur propose un scénario original qui est refusé une deuxième fois et qu'il avait déjà soumis pour remplacer Mazinger Z (il sortira finalement des années plus tard sous le nom de God Mazinger). C'est dans ce cadre qu'il développe le concept des poings-projectiles qui deviendront les fulguropoings.

Les décisionnaires de Toei Animation veulent une série qui se déroule dans l'univers Mazinger, où Alcor est présent dans chaque épisode et qui soit un peu plus original et beaucoup moins primaire. Ils veulent développer la romance introduite dans UEDS.

UEDS sort au cinéma en présentant une trame très originale : le défenseur de notre planète est un extraterrestre qui s'y est réfugié après avoir fui ceux qui nous attaquent aujourd'hui. Le film a un très beau succès critique et Toei décide d'en faire une série, en y mettant des moyens conséquents.

Cette fois, Gô Nagai prend les devants et "impose" d'emblée son design de la machine de la série et ses couleurs, qui reprennent celles des Mazinger. Il travaillera pour cela avec son comparse de Dynamic, Ken Ishikawa.

Graphiquement, GOLDORAK sera un mélange de Mazinger Z, Great Mazinger et Jeeg, un robot géant que l'auteur vient de publier et qui va bientôt être adapté en dessin animé (il débutera le même jour que Goldorak).

Nagaï n’est pas emballé par l’idée de réutiliser Alcor dans ce nouveau monde qu’il a créé et d'inclure celui-ci dans la continuité Mazinger. Mais pour des motifs financiers, il ne peut se permettre de refuser. Si on inclut Koji, autant inclure sa comparse Sayaka ? Non, ce fut Phénicia qui officiera à sa place dans Goldorak (design de Shingo Araki et de Michi Himeno, au temps du studio Jaguar).

La série est mise en chantier à la fin de l'été 1975 avec un budget bien supérieur à ce que l'on accorde habituellement aux séries de robots géants. La qualité de l'animation, pour l'époque et pour un dessin animé télévisé, sera si grande qu'elle restera sans égal pendant plusieurs années. Sa durée n'est pas arrêtée mais on part sur la base de trois saisons, soit 78 épisodes dans le système japonais.

Les producteurs s'attendent à un grand succès et de nombreuses licences pour la commercialisation de produits dérivés sont délivrées et divers objets se trouvent en court de conception avant même le premier épisode. Ces espoirs seront déçus par de médiocres taux d'audience (par rapport à ceux espérés) et des stocks d'invendus pour les produits dérivés jugés inacceptables.


L'ouvrage Gô Nagai, Mangaka de légende de Jérôme WICKY, paru en juillet 2017 aux éditions Fantask, nous livre une belle épopée de l'auteur de GOLDORAK et de précieux détails qui concernent la genèse de la série et des mangas (notamment pages 125 à 136).

Lien : http://www.goldorakgo.com/forums/viewtopic.php?f=17&t=4975