Le hasard dans Goldorak
- Titios trouve un point faible de Goldorak ? Alcorak était justement prêt à être inauguré ! - Horos découvre que Goldorak est vulnérable sous l'eau ? Pas de panique, les amis, Vénusiak est là ! - Des fourmis géantes cherchent à attaquer le Centre par le sous-sol ? Taratata !!! Fossoirak tombe à pic ! - Un golgoth devient incontrôlable ? Qui se fait dégommer en premier, je vous le demande ? Le précepteur de Phénicia, naturellement ! - Un monstrogoth remonte la rivière en direction du Centre ? Pas grave, Rigel et Mizar étaient justement à la pêche et l'ont repéré ! - Rigel fait une photo en plein blizzard et en plus il chope un monstrogoth au passage ? Comme de bien entendu !
Des exemples comme ceux-là, la série en compte un nombre difficilement calculable.
Ne perdons pas de vue que presque toute la littérature de référence du XIXe siècle repose sur ce principe du recours aux coïncidences, indispensable pour la cohérence d'un scénario. Voici aussi le passage d'un film de Sacha Guitry qui résume bien l'esprit de ce que nous évoquons : Extrait de Assassins et voleurs : Un type surprend un cambrioleur chez lui et s'aperçoit au bout d'une heure que ce cambrioleur était précisément l'homme qu'il avait injustement fait condamner des années plus tôt. Cela donne le dialogue suivant : - Mais alors, si c’était vous, vous me recherchiez donc pour vous venger de moi ? - Pas le moins du monde. C’est une de ces coïncidences inouïes sans lesquelles on ne pourrait faire ni romans, ni pièces de théâtre, ni films.
Certaines coïncidences sont plus crédibles que d'autres et la sensibilité du téléspectateur intervient alors pour faire le tri. Pour Goldorak, nous proposons ce tri-ci, sachant qu'y intervient une part de subjectivité.
1- LES FICELLES SCENARISTIQUES EVIDENTES : ce sont les coïncidences que nous retenons comme desservant la série. Elles relèvent de nécessités commerciales ou du "politiquement correct" et généralement desservent l'intrigue, voire rompent totalement le "pacte" tacite passé entre les scénaristes/producteurs et le téléspectateur. Ce pacte peut être ainsi résumé : la série est sérieuse (et sombre), je la regarde jusqu'au bout en considérant qu'elle l'est du début à la fin. Seul le personnage de Rigel sert à dédramatiser des évènements en utilisant le burlesque, voire le grotesque.
L'exemple le plus éloquent du "pacte rompu" est sans doute celui de l'épisode 71 qui conduit à la guérison "miraculeuse" d'Actarus dans des conditions aussi inattendues qu'incongrues, alors même que depuis l'épisode 30 il est présenté comme un héros condamné par l'une de ses blessures profondes sans que rien n'indique le moindre espoir de rémission. Le téléspectateur se trouve sans doute heureux d'apprendre que son héros ne mourra pas de sa maladie (mort perçue comme peu glorieuse pour un héros). Peut-il en revanche approuver les moyens par lesquels cette guérison s'opère ? Les réponses diffèrent probablement selon l'âge du téléspectateur.
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2- LES "SYNCHRONICITES" : pour simplifier, ce sont les coïncidences que nous retenons comme servant la série. Dans la psychologie analytique développée par le psychiatre suisse Carl Gustav Jung, la synchronicité est l'occurrence simultanée d'au moins deux événements qui ne présentent pas de lien de causalité, mais dont l'association prend un sens pour la personne qui les perçoit. Cette notion s'articule avec d'autres notions de la psychologie jungienne, comme ceux d'archétype et d'inconscient collectif.(Wikipédia).
L'exemple le plus éloquent est peut-être celui-ci bien qu'il ne soit qu'évoqué rapidement dans la série : Le crash de GOLDORAK a proximité du Centre du professeur Procyon lorsqu'Actarus arrive sur Terre. Le téléspectateur ignore la cause du crash à cet endroit précis mais cette localisation fait sens puisqu'elle fait qu'Actarus est sauvé et peut débuter une nouvelle vie et les aventures que l'on connaît.
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