« La conception de la série » : différence entre les versions

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Même s'il n’empêchera pas deux aventures d’accueillir le [[Béliorak]] et ses pilotes, il s'opposera fermement au retour de Sayaka Yumi aux commandes du Fossoirak. Ce sera donc un personnage original, [[Phénicia]], qui existe depuis peu dans le manga et qui est introduite dans le 49e épisode (design de Shingo Araki et de Michi Himeno), qui prendra sa place dans le cockpit de l'aéronef.
Même s'il n’empêchera pas deux aventures d’accueillir le [[Béliorak]] et ses pilotes, il s'opposera fermement au retour de Sayaka Yumi aux commandes du Fossoirak. Ce sera donc un personnage original, [[Phénicia]], qui existe depuis peu dans le manga et qui est introduite dans le 49e épisode (design de Shingo Araki et de Michi Himeno), qui prendra sa place dans le cockpit de l'aéronef.
Cette réaction est sujette à de multiples interrogations car, dans les deux versions du manga qu'il scénarise pendant que la série est diffusée, les références à Mazinger et les apparitions deux deux robots titres seront très nombreuses. Ce qui est sur, c'est qu'elle a déplu à la Toei qui voulait plus d'apparitions des Mazinger et de ses personnages dans la série, afin de booster l'audience.
Cette réaction est sujette à de multiples interrogations car, dans les deux versions du manga qu'il scénarise pendant que la série est diffusée, les références à Mazinger et les apparitions deux deux robots titres seront très nombreuses. Ce qui est sur, c'est qu'elle a déplu à la Toei qui voulait plus d'apparitions des Mazinger et de ses personnages dans la série, afin de booster l'audience.
[[Fichier:Goldojeeg.jpg|left]]
Pour le graphisme du robot [[GOLDORAK]] (Grendizer en VO), l'expérience du mangaka lui permet de savoir que le sponsor de la série, comme d'habitude un fabricant de jouets, refusera une apparence aussi peu flamboyante que celle de Gattaiger. Il travaillera pour cela avec son comparse de Dynamic, Ken Ishikawa.
Visuellement, GOLDORAK sera un mélange de Mazinger Z, Great Mazinger, Raydeen et Jeeg.
Du point de vue plastique, l'un des tout premiers dessins préparatoires (ci-contre), montre une forte influence de Jeeg, un robot géant que l'auteur vient de publier et qui va bientôt être adapté en dessin animé (il débutera le même jour que Goldorak), avec quelques touches de Mazinger au niveau du visage et de la poitrine (voir l'image ci-contre).
Plus tard, un petit nombre d'éléments innovants du concurrent Raydeen (lui même reprenant tous les codes graphiques des Mazinger) seront ajoutés, ce qui sera très frappant lorsque les codes-couleurs des Mazinger viendront habiller GOLDORAK.


La série est mise en chantier à la fin de l'été 1975, pour 3 saisons, avec un budget bien supérieur à ce que l'on accorde habituellement aux séries de robots géants.   
La série est mise en chantier à la fin de l'été 1975, pour 3 saisons, avec un budget bien supérieur à ce que l'on accorde habituellement aux séries de robots géants.   

Version du 27 octobre 2017 à 19:43

Pendant ce temps, Great Mazinger, qui a pris la suite de Mazinger Z depuis un peu moins d’un an, ne rencontre pas le succès escompté auprès du public, un peu parce que c'est une suite dénuée de substance au ton plus léger, un peu parce que Alcor, héros national au Japon à cette époque, n’y apparaît pas. Ses taux d’audience sont jugés insatisfaisants. Le futur pilote de l'OVTerre revient finalement dans les derniers épisodes mais c'est trop tard, les sponsors ont demandé et obtenu l'arrêt de Great Mazinger et la mise en chantier d'une nouvelle série. En outre, la concurrence se fait désormais sentir en matière de robots géants inspirés du style Nagai. La série Raideen, qui présente le premier robot géant transformable en vaisseau, est un grand succès qui surclasse et éclipse Great Mazinger. Les premières tensions se font jour.

Nagai, à qui l'on demande une idée originale, représente un scénario déjà refusé pour remplacer Mazinger Z l'année précédente, mais il se heurte à nouveau à une fin de non-recevoir de la Toei. Ce scénario sortira finalement des années plus tard sous le nom de God Mazinger. N'ayant de rapport que le nom avec son grand succès, cette œuvre montre que l'auteur ne veut plus réutiliser le personnage d'Alcor dans l'immédiat.

Les décisionnaires de Toei Animation, sans doute bien aiguillés par Bandaï et voulant continuer de surfer sur le succès de Mazinger, veulent une histoire qui se déroule dans le même univers pour qu'Alcor, dont l'absence est pour eux le principal échec de Great Mazinger, puisse être présent dans chaque épisode. Pour présenter une trame originale et beaucoup moins primaire que cette dernière série, ils souhaitent y développer la romance introduite dans UEDS qui a eu un très beau succès critique et dont l'histoire est vraiment originale.

Bien évidemment, la présence d'Alcor les oblige à obtenir l'accord de Gô Nagai, son créateur, et donc de négocier avec lui.

Nagaï n’est vraiment pas emballé par l’idée de réutiliser Alcor dans ce nouveau monde, ni d'inclure celui-ci dans la continuité des Mazinger. Mais pour des motifs financiers, il conclut un accord et accède au "souhait" de Tôei.

Pour autoriser l'utilisation de ce personnage, il obtient, entre autre, un droit de regard sur le scénario, la conception du robot titre (dont il a peut-être déjà été chargé auparavant. Nous l'ignorons, mais ce serait logique) et la propriété de tous les personnages, nouveaux ou anciens, qui y apparaitront, y compris Actarus, qui n'est sans doute pas à l'origine sa création dans UEDS.

Même si personne ne lui a vraiment forcé la main, Nagai semble contrarié d'avoir accepté l'introduction d'Alcor et désire limiter les références directes aux deux premiers volets de la trilogie. Même s'il n’empêchera pas deux aventures d’accueillir le Béliorak et ses pilotes, il s'opposera fermement au retour de Sayaka Yumi aux commandes du Fossoirak. Ce sera donc un personnage original, Phénicia, qui existe depuis peu dans le manga et qui est introduite dans le 49e épisode (design de Shingo Araki et de Michi Himeno), qui prendra sa place dans le cockpit de l'aéronef. Cette réaction est sujette à de multiples interrogations car, dans les deux versions du manga qu'il scénarise pendant que la série est diffusée, les références à Mazinger et les apparitions deux deux robots titres seront très nombreuses. Ce qui est sur, c'est qu'elle a déplu à la Toei qui voulait plus d'apparitions des Mazinger et de ses personnages dans la série, afin de booster l'audience.

La série est mise en chantier à la fin de l'été 1975, pour 3 saisons, avec un budget bien supérieur à ce que l'on accorde habituellement aux séries de robots géants.

La qualité de l'animation, pour l'époque et pour un dessin animé télévisé, sera si grande qu'elle restera sans égal pendant plusieurs années. Les producteurs s'attendent à un grand succès et de nombreuses licences pour la commercialisation de produits dérivés sont délivrées, une incroyable quantité et variété d'objets se trouvant déjà en court de conception avant même le premier épisode. Ces espoirs seront déçus par de médiocres taux d'audience (par rapport à ceux espérés) et des stocks d'invendus pour les produits dérivés jugés inacceptables.

Financièrement, les gagnants de cette aventure sont Nagai, qui n'a pas fait grand chose tout en étant payé, et la station de télévision Fuji TV, qui a diffusé une série aux taux d'audience tout à fait corrects pour ses standards. Le perdant est Popy/bandaï, le sponsor, qui au final s'est retrouvé avec des stocks monstrueux de jouets que personne ne voulait acheter (ceux-ci, trois ans plus tard, viendront combler de bonheur les petits français et italiens). La Toei, elle, payée à la minute, n'a pas beaucoup souffert mais comme son produit final n'a pas enrichi Bandai, cela a du lui être reproché et mettre à mal sa fierté.

Les petites vexations datant de UEDS étant encore toutes fraiches, l'échec de la série transforme ces ressentiments en brouille, c'est donc la fin de l'histoire d'amour entre Dynamic, la société de Go Nagai, et Toei animation et la situation va vite tourner au vinaigre. En effet, pendant des années, les deux compagnies se feront des coups bas qui se termineront parfois devant les tribunaux, avant de finalement se décider à retravailler ensemble.



Interview des auteurs et sa traduction française sur le forum


L'ouvrage Gô Nagai, Mangaka de légende de Jérôme WICKY, paru en juillet 2017 aux éditions Fantask, nous livre une belle épopée de l'auteur de GOLDORAK et de précieux détails qui concernent la genèse de la série et des mangas (notamment pages 125 à 136).