Traumatisme : Différence entre versions
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| − | Selon l'universitaire [http://manoa.hawaii.edu/llea/french/faculty/nathalie-segeral/ ''Nathalie Ségeral''] (maître de conférences à l'Université d'Hawaï, intervenante au colloque "GOLDORAK, 40 ans après" de mars 2016), Goldorak fait écho de plusieurs façons aux récits autobiographiques et autofictionnels de survivants de génocides ( | + | Selon l'universitaire [http://manoa.hawaii.edu/llea/french/faculty/nathalie-segeral/ ''Nathalie Ségeral''] (maître de conférences à l'Université d'Hawaï, intervenante au colloque "GOLDORAK, 40 ans après" de mars 2016), Goldorak fait écho de plusieurs façons aux récits autobiographiques et autofictionnels de survivants de génocides (Shoah, Rwanda, actes terroristes divers). |
Elle dépeint Euphor, Aphélie et Actarus comme symboles multidirectionnels des traumatismes historiques de la seconde moitié du 20ème siècle. | Elle dépeint Euphor, Aphélie et Actarus comme symboles multidirectionnels des traumatismes historiques de la seconde moitié du 20ème siècle. | ||
Version du 18 août 2017 à 09:19
Le passé traumatisant d'Actarus fait, dans la série, régulièrement l'objet de mises en scènes, par flashbacks d'images fixes ou mobiles ou encore par cauchemars, sauf dans l'épisode 25 Les amoureux d'Euphor qui le montre en train de vivre l'une des conséquences de son traumatisme et à la fin du même épisode, une perte supplémentaire qui l'alimente (la perte de son amie Aphélie).
Selon l'universitaire Nathalie Ségeral (maître de conférences à l'Université d'Hawaï, intervenante au colloque "GOLDORAK, 40 ans après" de mars 2016), Goldorak fait écho de plusieurs façons aux récits autobiographiques et autofictionnels de survivants de génocides (Shoah, Rwanda, actes terroristes divers).
Elle dépeint Euphor, Aphélie et Actarus comme symboles multidirectionnels des traumatismes historiques de la seconde moitié du 20ème siècle.
Le contexte dans lequel a été créé Goldorak étant par ailleurs celui de la Guerre Froide et, avant cela, des bombardements atomiques sur Hiroshima et Nagasaki.
La série est arrivée en Occident à un moment charnière de la culture de la mémoire (avènement du Devoir de mémoire et de la Commémoration dans les années 60-70).
Le traumatisme génocidaire est abordé explicitement dans la série. Beaucoup de termes de la VF employés par les "méchants" sont des termes empruntés à la Solution Finale. Le récit que fait Aphélie dans l'épisode 25 Les amoureux d'Euphor présente des similitudes troublantes avec les récits de survivants de camps de concentration et des anciens résistants et avec ceux des victimes de régimes totalitaires.
Dans l'épisode 25 en particulier et dans d'autres de façon plus discrète, Actarus est montré comme souffrant d'un syndrome de stress post-traumatique et d'un syndrome du survivant, très présents aussi dans les récits de victimes de génocides.
Actarus pourrait être une simple victime passive mais il choisit de dépasser ce stade et de devenir acteur de sa vie douloureuse (idem pour sa sœur Phénicia) : la mission qu'il se donne sur Terre est d'empêcher coût que coûte que ne se reproduise sur Terre le génocide qui a anéanti Euphor. Il s'agit d'une démarche dynamique associée à la résilience.
Tous ces éléments font de Goldorak, pour les chercheurs, une série véritablement avant-gardiste. En outre la série donne au téléspectateur de quoi y projeter éventuellement sa propre histoire et aux enfants de quoi emmagasiner des éléments permettant de réfléchir plus tard à la façon de surmonter un traumatisme, quel qu'il soit.

