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'''UFO Robot Grendizer''' est un manga japonais dessiné par Gosaku Ōta, d'après l'univers et les personnages créés par Gō Nagai. Il constitue l'une des principales adaptations en bande dessinée de ''UFO Robot Grendizer'', aux côtés notamment des versions dessinées par Gō Nagai et Yū Okazaki pour ''TV Magazine'' et par Eiji Imamichi pour ''TV Land''. La version de Ōta se distingue toutefois des autres par une intrigue largement originale, qui s'éloigne progressivement de la série télévisée et développe une continuité propre au sein de la trilogie ''Mazinger''. | '''UFO Robot Grendizer''' est un manga japonais dessiné par '''Gosaku Ōta''', d'après l'univers et les personnages créés par Gō Nagai. Il constitue l'une des principales adaptations en bande dessinée de ''UFO Robot Grendizer'', aux côtés notamment des versions dessinées par Gō Nagai et Yū Okazaki pour ''TV Magazine'' et par Eiji Imamichi pour ''TV Land''. La version de Ōta se distingue toutefois des autres par une intrigue largement originale, qui s'éloigne progressivement de la série télévisée et développe une continuité propre au sein de la trilogie ''Mazinger''. | ||
Prépubliée au Japon dans le magazine ''Bōken-ō'' d'Akita Shoten d'octobre 1975 à mars 1977, elle est d'abord publiée en recueils incomplets avant de connaître plusieurs rééditions permettant finalement d'en retrouver l'intégralité. En France, elle paraît pour la première fois chez Dynamic Visions entre 1998 et 1999, puis fait l'objet d'une nouvelle édition en quatre volumes chez Black Box en 2015<ref>https://www.bdgest.com/serie-1451-BD-Goldorak-UFO-Robot.html</ref><sup>,</sup><ref>https://www.bdgest.com/serie-1451-BD-Goldorak-UFO-Robot.html</ref>. | Prépubliée au Japon dans le magazine ''Bōken-ō'' d'Akita Shoten d'octobre 1975 à mars 1977, elle est d'abord publiée en recueils incomplets avant de connaître plusieurs rééditions permettant finalement d'en retrouver l'intégralité. En France, elle paraît pour la première fois chez Dynamic Visions entre 1998 et 1999, puis fait l'objet d'une nouvelle édition en quatre volumes chez Black Box en 2015<ref>https://www.bdgest.com/serie-1451-BD-Goldorak-UFO-Robot.html</ref><sup>,</sup><ref>https://www.bdgest.com/serie-1451-BD-Goldorak-UFO-Robot.html</ref>. | ||
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*C'est une œuvre relativement difficile d'accès en raison d'un dessin particulièrement déroutant pour qui ne connait que la série, ce récit est d'une richesse indéniable avec un scénario très travaillé dont le final, détonnant (dans tous les sens du terme), a toutes les chances de surprendre le lecteur. | *C'est une œuvre relativement difficile d'accès en raison d'un dessin particulièrement déroutant pour qui ne connait que la série, ce récit est d'une richesse indéniable avec un scénario très travaillé dont le final, détonnant (dans tous les sens du terme), a toutes les chances de surprendre le lecteur. | ||
*Même si Go Nagai est crédité au scénario, il ne l'a pas écrit. En version japonaise, il peut arriver que "scénariste" veuille aussi dire "créateur original" ou "d'après les personnages créés par...". Nagai a lui-même affirme qu'il n'écrivait que les épisodes qu'il dessinait lui-même (dans le cas de la Mazinger Trilogy dont fait parti Goldorak ce sont donc les épisodes que l'on retrouve dans Weekly Shonen Jump <ref>Pour Mazinger Z version a.</ref> puis dans Terebi Magazine<ref>Pour Mazinger Z version b jusqu'à Goldorak inclus.</ref> et que ses collaborateurs, dessinant d'autres versions dans d'autres magazines, étaient libres d'écrire ce qu'ils voulaient dans leur variante de l'histoire. | *Même si Go Nagai est crédité au scénario, il ne l'a pas écrit. En version japonaise, il peut arriver que "scénariste" veuille aussi dire "créateur original" ou "d'après les personnages créés par...". Nagai a lui-même affirme qu'il n'écrivait que les épisodes qu'il dessinait lui-même (dans le cas de la Mazinger Trilogy dont fait parti Goldorak ce sont donc les épisodes que l'on retrouve dans Weekly Shonen Jump <ref>Pour Mazinger Z version a.</ref> puis dans Terebi Magazine<ref>Pour Mazinger Z version b jusqu'à Goldorak inclus.</ref> et que ses collaborateurs, dessinant d'autres versions dans d'autres magazines, étaient libres d'écrire ce qu'ils voulaient dans leur variante de l'histoire. | ||
*Les scans des version mangas ont été mis en ligne à l'adresse suivante sur le forum<ref>Merci à Goldosan pour le travail de mise en ligne : https://www.mediafire.com/file/znmduzdf7u629dd/GRENDIZER_-_EXTRAITS_BOKEN_OH_-_1975-1976_-_HD_-_Goldosan.zip/file</ref> : https://www.goldorakgo.com/forums/viewtopic.php?t=3684 | |||
==Edition japonaise de 1976== | ==Edition japonaise de 1976== | ||
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==Edition Japonaise de 1999== | ==Edition Japonaise de 1999== | ||
En 1999, Futabasha publie une nouvelle édition dans sa collection ''Action Comics''. Cette version reprend le contenu complet de l'édition Asahi Sonorama mais le redistribue en trois volumes. Les couvertures sont réalisées par Jun'ichi Nakamura, et non par Ōta lui-même, contrairement aux couvertures de l'édition Asahi Sonorama.<ref>https://w.atwiki.jp/aniwotawiki/pages/38873.html</ref>. Les trois volumes paraissent respectivement les 28 juillet, 28 août et 28 septembre 1999<ref>https://www.amazon.co.jp/UFO%E3%83%AD%E3%83%9C-%E3%82%B0%E3%83%AC%E3%83%B3%E3%83%80%E3%82%A4%E3%82%B6%E3%83%BC-1-%E3%82%A2%E3%82%AF%E3%82%B7%E3%83%A7%E3%83%B3%E3%82%B3%E3%83%9F%E3%83%83%E3%82%AF%E3%82%B9-%E6%A1%9C%E5%A4%9A/dp/457593636X</ref>. | |||
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=== Réception graphique === | === Réception graphique === | ||
La réception de la version de Ōta est marquée par un contraste entre son dessin et celui de l'anime. Le public français ayant découvert ''Goldorak'' principalement à travers les designs de Shingo Araki et de Michi Himeno peut être surpris par des personnages aux proportions plus enfantines et par des robots plus expressifs.Des critiques françaises ont ainsi souligné le caractère plus caricatural du dessin et l'irrégularité de certaines cases, tandis que d'autres lecteurs ont considéré cette esthétique comme un élément caractéristique du manga de Ōta<ref>https://www.umac.fr/goldorak-black-box-edition/</ref>.Cette réception doit toutefois être replacée dans le contexte des mangas de robots géants des années 1970. Les adaptations publiées dans les magazines pour enfants ne poursuivent pas nécessairement les mêmes objectifs graphiques que l'animation télévisée et disposent de contraintes de production très différentes. | La réception de la version de Ōta est marquée par un contraste entre son dessin et celui de l'anime. Le public français ayant découvert ''Goldorak'' principalement à travers les designs de Shingo Araki et de Michi Himeno peut être surpris par des personnages aux proportions plus enfantines et par des robots plus expressifs. Des critiques françaises ont ainsi souligné le caractère plus caricatural du dessin et l'irrégularité de certaines cases, tandis que d'autres lecteurs ont considéré cette esthétique comme un élément caractéristique du manga de Ōta<ref>https://www.umac.fr/goldorak-black-box-edition/</ref>. Cette réception doit toutefois être replacée dans le contexte des mangas de robots géants des années 1970. Les adaptations publiées dans les magazines pour enfants ne poursuivent pas nécessairement les mêmes objectifs graphiques que l'animation télévisée et disposent de contraintes de production très différentes. | ||
=== Réception narrative=== | === Réception narrative=== | ||
La réception narrative est généralement plus favorable. Plusieurs rétrospectives consacrées à Ōta insistent sur l'ampleur des différences avec l'anime et sur l'ambition de son scénario, notamment dans sa seconde moitié<ref>https://otakuma.net/archives/2013080103.html</ref>. | La réception narrative est généralement plus favorable. Plusieurs rétrospectives consacrées à Ōta insistent sur l'ampleur des différences avec l'anime et sur l'ambition de son scénario, notamment dans sa seconde moitié<ref>https://otakuma.net/archives/2013080103.html</ref>. | ||
Le manga est particulièrement remarqué pour ses développements originaux : l'intervention de l'Empire Mykène, le rôle de | Le manga est particulièrement remarqué pour ses développements originaux : l'intervention de l'Empire Mykène, le rôle de Sayaka Yumi, les éléments liés aux civilisations anciennes, l'importance de Goldorak en tant que puissance protectrice et la progression vers une catastrophe nucléaire. Ces éléments expliquent que l'œuvre soit parfois considérée rétrospectivement comme davantage qu'une simple adaptation commerciale. Son scénario constitue une interprétation personnelle de l'univers de Nagai, comparable par sa liberté aux précédentes versions de ''Mazinger'' réalisées par Ōta. | ||
=== Réception auprès des lecteurs français === | === Réception auprès des lecteurs français === | ||
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== Postérité == | == Postérité == | ||
La version de Gosaku Ōta occupe une place particulière dans l'histoire éditoriale de ''Grendizer''. Elle constitue l'un des exemples les plus marquants de la liberté laissée aux mangakas chargés d'adapter les séries télévisées japonaises des années 1970.Son influence dépasse par ailleurs la seule bande dessinée. Certains éléments développés dans cette version, notamment la dimension quasi divine de Goldorak, les relations anciennes entre Euphor, Véga et la Terre ainsi que certains aspects psychologiques d'Actarus, ont été rapprochés ultérieurement de caractéristiques présentes dans d'autres interprétations de l'univers, notamment ''Grendizer Giga'' et ''Grendizer U''<ref>https://fr.wikipedia.org/wiki/Goldorak_U</ref>. L'œuvre conserve également une importance historique dans la carrière de Ōta : après ''Mazinger Z'' et ''Great Mazinger'', elle représente l'aboutissement de sa propre trilogie de robots géants issue de l'univers de Gō Nagai. Son ''Grendizer'' est ainsi moins une reproduction du dessin animé qu'une conclusion personnelle à un cycle commencé plusieurs années auparavant. | La version de Gosaku Ōta occupe une place particulière dans l'histoire éditoriale de ''Grendizer''. Elle constitue l'un des exemples les plus marquants de la liberté laissée aux mangakas chargés d'adapter les séries télévisées japonaises des années 1970.Son influence dépasse par ailleurs la seule bande dessinée. Certains éléments développés dans cette version, notamment la dimension quasi divine de Goldorak, les relations anciennes entre Euphor, Véga et la Terre ainsi que certains aspects psychologiques d'Actarus, ont été rapprochés ultérieurement de caractéristiques présentes dans d'autres interprétations de l'univers, notamment ''Grendizer Giga'' et ''Grendizer U''<ref>https://fr.wikipedia.org/wiki/Goldorak_U</ref>. L'œuvre conserve également une importance historique dans la carrière de Ōta : après ''Mazinger Z'' et ''Great Mazinger'', elle représente l'aboutissement de sa propre trilogie de robots géants issue de l'univers de Gō Nagai. Son ''Grendizer'' est ainsi moins une reproduction du dessin animé qu'une conclusion personnelle à un cycle commencé plusieurs années auparavant. | ||
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Dernière version du 30 septembre 2026 à 09:25

UFO Robot Grendizer est un manga japonais dessiné par Gosaku Ōta, d'après l'univers et les personnages créés par Gō Nagai. Il constitue l'une des principales adaptations en bande dessinée de UFO Robot Grendizer, aux côtés notamment des versions dessinées par Gō Nagai et Yū Okazaki pour TV Magazine et par Eiji Imamichi pour TV Land. La version de Ōta se distingue toutefois des autres par une intrigue largement originale, qui s'éloigne progressivement de la série télévisée et développe une continuité propre au sein de la trilogie Mazinger.
Prépubliée au Japon dans le magazine Bōken-ō d'Akita Shoten d'octobre 1975 à mars 1977, elle est d'abord publiée en recueils incomplets avant de connaître plusieurs rééditions permettant finalement d'en retrouver l'intégralité. En France, elle paraît pour la première fois chez Dynamic Visions entre 1998 et 1999, puis fait l'objet d'une nouvelle édition en quatre volumes chez Black Box en 2015[1],[2].
La série est souvent remarquée pour son ton plus sombre, son récit fortement remanié, l'importance accordée aux conséquences politiques et écologiques de la guerre ainsi que pour son dénouement très différent de celui de l'anime. Elle constitue également le troisième et dernier volet des adaptations de la trilogie Mazinger réalisées par Ōta.[3].
Avant-propos
- Cette version est parue en périodique dans la presse japonaise, le plus souvent dans le magazine Bouken Oh[4] (traduisible par "Le roi de l'aventure") : Akita Shoten (1976), Asahi Sonorama (1988), Futabasha (1999). Elle a été éditée en tome en librairie (4 tomes ou "Tankoobon").
- C'est une œuvre relativement difficile d'accès en raison d'un dessin particulièrement déroutant pour qui ne connait que la série, ce récit est d'une richesse indéniable avec un scénario très travaillé dont le final, détonnant (dans tous les sens du terme), a toutes les chances de surprendre le lecteur.
- Même si Go Nagai est crédité au scénario, il ne l'a pas écrit. En version japonaise, il peut arriver que "scénariste" veuille aussi dire "créateur original" ou "d'après les personnages créés par...". Nagai a lui-même affirme qu'il n'écrivait que les épisodes qu'il dessinait lui-même (dans le cas de la Mazinger Trilogy dont fait parti Goldorak ce sont donc les épisodes que l'on retrouve dans Weekly Shonen Jump [5] puis dans Terebi Magazine[6] et que ses collaborateurs, dessinant d'autres versions dans d'autres magazines, étaient libres d'écrire ce qu'ils voulaient dans leur variante de l'histoire.
- Les scans des version mangas ont été mis en ligne à l'adresse suivante sur le forum[7] : https://www.goldorakgo.com/forums/viewtopic.php?t=3684
Edition japonaise de 1976
Prépublication
La version de Gosaku Ōta est prépubliée dans Bōken-ō, magazine d'Akita Shoten, d'octobre 1975 à mars 1977. La publication est menée parallèlement à la diffusion de la série animée, qui commence au Japon le 5 octobre 1975 et s'achève le 27 février 1977[8]. Œuvre destinée à l'origine à la presse pour la jeunesse, elle bénéficie d'une grande liberté narrative. Cette situation est caractéristique des adaptations de séries de robots géants de la période : plusieurs auteurs peuvent publier simultanément leur propre version d'une même propriété, chaque magazine développant sa propre continuité.
Première édition en recueils
Une première édition en volumes reliés paraît chez Akita Shoten pendant la période de publication originale. Elle reste cependant incomplète : seuls trois volumes sont publiés, en mai 1976, août 1976 et février 1977. La partie finale du récit, comprenant notamment son dénouement, n'est alors pas recueillie sous cette forme[9]. Cette situation rend pendant plusieurs années la fin du manga difficilement accessible sous forme de livre. Les derniers chapitres doivent notamment être recherchés dans les exemplaires du magazine Bōken-ō. La série s'étant achevée en même temps que la parution de ce tome 3, l'éditeur n'a sans doute pas jugé bon de commercialiser peu après le dernier quart de l'épopée. De chiffres de ventes peuvent également peut-être justifier ce choix :
Edition japonaise de 1988
En 1988, Asahi Sonorama publie une nouvelle édition dans sa collection Sun Wide Comics. Cette édition constitue la première publication en recueils permettant de retrouver l'histoire jusqu'à son terme.Elle paraît en deux volumes. Une difficulté particulière tient cependant à l'état des matériaux disponibles : une partie des planches originales correspondant aux chapitres auparavant non recueillis avait été perdue. Certains passages sont donc reconstitués à partir des publications en magazine, avec notamment des reproductions ou des travaux de reprise graphique[10].
Edition Japonaise de 1999
En 1999, Futabasha publie une nouvelle édition dans sa collection Action Comics. Cette version reprend le contenu complet de l'édition Asahi Sonorama mais le redistribue en trois volumes. Les couvertures sont réalisées par Jun'ichi Nakamura, et non par Ōta lui-même, contrairement aux couvertures de l'édition Asahi Sonorama.[11]. Les trois volumes paraissent respectivement les 28 juillet, 28 août et 28 septembre 1999[12].
Edition francaise
En France, le manga a fait l'objet de deux parutions différentes : la première édition est publiée entre octobre 1998 et septembre 1999 par Dynamic Visions tandis que la seconde, également en quatre volumes, est éditée en 2015[13] par les éditions BlackBox dans leur collection "Go Nagai".
Edition francaise Dynamic Visions
La première publication française de la version de Ōta est assurée par Dynamic Visions à partir d'octobre 1998. Contrairement aux éditions japonaises alors disponibles, l'éditeur français choisit de publier l'œuvre en quatre volumes de grand format[14].
Le premier volume paraît le 1er octobre 1998. Les volumes suivants sont publiés en 1999, le quatrième étant daté du 1er septembre 1999[15].
Cette édition utilise les noms français popularisés par la diffusion télévisée de Goldorak. Elle contribue ainsi à faire découvrir en France une version du récit très différente de celle que le public français associait alors au dessin animé.Les couvertures françaises sont réalisées par Jun'ichi Nakamura[16].
Version francaise BlackBox
En 2015, Black Box réédite la série dans sa collection consacrée aux œuvres de Gō Nagai. L'édition reprend le récit en quatre volumes, avec une présentation plus compacte que celle de Dynamic Visions et de nouvelles couvertures[17].
Les quatre volumes sont publiés le 20 mai 2015. Le premier compte 201 pages, le deuxième 200, le troisième 219 et le quatrième 230 pages[18].
Cette réédition bénéficie également d'une nouvelle traduction et réemploie les noms français de la série animée, notamment Actarus, Alcor, Vénusia et Professeur Procyon. Elle paraît parallèlement à la publication par Black Box d'autres versions de Grendizer, notamment le manga de Gō Nagai, ce qui permet au lecteur français de comparer plusieurs continuités jusque-là difficiles d'accès[19].

Les deux éditions françaises comportant des différences de pagination, les lignes suivantes concernent uniquement la version Blackbox de 2015.
TOME 1
CHAPITRE 1 ÔTA : Goldorak rentre en scène
CHAPITRE 2 ÔTA : A l'assaut des Forces de Véga
CHAPITRE 3 ÔTA : La douleur d'Actarus
CHAPITRE 4 ÔTA : Déchaîne ta colère, Goldorak
TOME 2
CHAPITRE 5 ÔTA : Le mystérieux empire des Ténèbres
CHAPITRE 6 ÔTA : L'opération Ténèbres
Chapitre hors série Gosaku Ôta : Le Dragosaure
TOME 3
CHAPITRE 7 ÔTA : L'invasion de la Terre
CHAPITRE 8 ÔTA : Le plan d'invasion d'Horos
CHAPITRE 9 ÔTA : Phénicia, la princesse d'Euphor
TOME 4
CHAPITRE 10 ÔTA : L'armée de Véga fait route vers la Terre
CHAPITRE 11 ÔTA : La mystérieuse statue sous-marine
CHAPITRE 12 ÔTA : Tant qu'il y a de la vie
Histoire
Une continuité distincte
Le manga reprend le point de départ général de UFO Robot Grendizer. Actarus, prince de la planète Euphor, fuit la destruction de son monde et arrive sur Terre à bord de Goldorak, un robot géant dont les origines sont liées à la civilisation euphorienne. Recueilli par le Professeur Procyon, il prend l'identité de Daisuke et s'installe au ranch du Bouleau blanc, tout en dissimulant son identité et l'existence de Goldorak. L'arrivée des forces de Véga réactive progressivement les souvenirs d'Actarus et le contraint à reprendre le combat. Il est épaulé par Alcor, déjà associé à l'univers de Mazinger, tandis que le conflit terrestre devient progressivement le prolongement d'une guerre interplanétaire plus ancienne[20].
Contrairement à la version télévisée, le manga de Ōta ne cherche cependant pas à reproduire l'enchaînement des épisodes de l'anime. Les épisodes servent plutôt de point de départ à une nouvelle histoire dans laquelle les personnages, les alliances et les enjeux évoluent selon une logique indépendante. La série utilise ainsi certains éléments de la continuité Mazinger, notamment l'Empire de Mykène, pour construire une histoire plus vaste que le simple affrontement entre Goldorak et les forces de Véga[21].
Les souvenirs d'Actarus et la guerre contre Véga
L'un des traits caractéristiques de cette version est l'importance accordée au passé d'Actarus. Le héros n'est pas seulement présenté comme un pilote extraterrestre réfugié sur Terre : les événements qui ont conduit à la destruction d'Euphor constituent un traumatisme qui ressurgit progressivement.
Cette approche permet à Ōta d'introduire une dimension plus tragique dans le personnage. Les combats contre les forces de Véga deviennent liés aux souvenirs du massacre d'Euphor et à la nécessité, pour Actarus, de comprendre son propre passé.Le manga développe parallèlement plusieurs personnages secondaires et introduit des éléments absents de la continuité principale de l'anime. Sayaka Yumi, issue de Mazinger Z, y occupe notamment une place beaucoup plus importante que dans la série télévisée. La présence de personnages et de concepts hérités de Mazinger Z et de Great Mazinger contribue ainsi à faire de cette version une véritable continuation de la trilogie de Ōta plutôt qu'une simple transposition de l'anime[22].
L'Empire Mykène et les nouvelles alliances
Le manga réintroduit également l'Empire Mykène, adversaire de Great Mazinger. Cet élément est particulièrement significatif puisque, dans la continuité de Ōta, les événements des précédents mangas de la trilogie ne sont pas simplement oubliés avec le changement de série. Les rapports entre les différents adversaires deviennent ainsi plus complexes. L'ennemi de la veille peut temporairement devenir un allié face à une menace supérieure, tandis que les anciennes rivalités continuent de peser sur les personnages. Cette logique contribue à donner au récit une dimension de guerre totale qui dépasse le schéma répétitif « un monstre de Véga contre Goldorak » caractéristique d'une partie de la série télévisée[23].
La civilisation ancienne et le dieu protecteur
Dans sa seconde moitié, le récit introduit des éléments mythologiques et archéologiques autour de Goldorak. Le robot n'est plus uniquement une machine de guerre extrêmement avancée : son existence est associée à une civilisation ancienne et à une fonction de protection dépassant les conflits contemporains.Le personnage de Rāga, présenté comme une ancienne puissance protectrice, ainsi que les références à une civilisation antérieure à celles d'Euphor et de Véga, contribuent à transformer progressivement le manga en récit de science-fiction mythologique. L'origine et la fonction de Goldorak deviennent alors des éléments centraux de l'intrigue[24].
Une escalade vers la guerre nucléaire
L'une des différences les plus importantes avec l'anime apparaît dans le traitement du conflit terrestre. La guerre menée par Véga ne reste pas limitée aux affrontements entre extraterrestres et défenseurs de la Terre : elle contribue à provoquer une confrontation entre les puissances humaines elles-mêmes. Le récit évolue ainsi vers une guerre nucléaire. La destruction de l'environnement et les conséquences des radiations deviennent des thèmes essentiels de la dernière partie du manga. La guerre extraterrestre se transforme donc en catastrophe globale, dont les responsabilités ne peuvent plus être attribuées au seul camp de Véga[25].
Le dénouement
Le dénouement constitue l'un des éléments les plus éloignés de la série animée. La Terre est ravagée par les conséquences de la guerre et des radiations, tandis que les espoirs d'une victoire classique et d'un retour à la normale disparaissent.Goldorak est gravement endommagé et Actarus et Phénicia survivent dans des conditions qui laissent envisager une possible renaissance future. Le récit ne s'achève donc pas sur une restauration de l'ordre comparable à celle de la série télévisée, mais sur une vision beaucoup plus pessimiste de l'avenir de l'humanité[26].
Ce choix prolonge une tendance déjà présente dans la version de Ōta de Great Mazinger, dont la conclusion avait elle aussi rompu avec le ton plus conventionnel de l'animation. Dans la trilogie dessinée par Ōta, le progrès technologique et les robots géants ne constituent donc pas nécessairement des garanties de salut : ils peuvent également devenir des instruments d'une catastrophe à l'échelle planétaire.[27].
Gosaku Ōta
Biographie
Gosaku Ōta, de son vrai nom Jun'ichi Ōta, naît le 16 mars 1948 à Kaminoyama, dans la préfecture de Yamagata. Il commence sa carrière comme assistant de Shōtarō Ishinomori, avant de débuter dans le manga pour jeunes filles sous le pseudonyme de Jun'ichirō Yamagami. Il travaille notamment dans cet univers éditorial avant de se tourner vers le manga pour garçons.[28].
Il rejoint ensuite l'entourage professionnel de Gō Nagai et participe à de nombreuses adaptations en manga de productions liées à Dynamic Pro. Il travaille notamment sur Mazinger Z, Great Mazinger, Getter Robo, Getter Robo G, Steel Jeeg et UFO Robot Grendizer. Il développe également ses propres œuvres, dont Tsuri Baka Taishō, consacré à sa passion pour la pêche et devenu son œuvre originale la plus connue.[29]Ōta meurt le 12 décembre 2022 à l'âge de 74 ans, après avoir contracté une pneumonie à la suite d'une infection par le SARS-CoV-2[30].
Style graphique et narratif
Le style de Ōta contraste fortement avec celui de Shingo Araki et de l'équipe de Toei Animation qui ont fixé l'apparence visuelle devenue emblématique de la série télévisée. Ses personnages sont plus trapus, plus expressifs et davantage caricaturaux. Les proportions peuvent être volontairement déformées et certains robots possèdent des expressions presque anthropomorphes.
Cette caractéristique explique en partie le décalage ressenti par les lecteurs français habitués à l'apparence télévisuelle de Goldorak. La réception française du manga a souvent opposé son dessin jugé enfantin ou irrégulier à une intrigue considérée comme beaucoup plus ambitieuse[31]. Cette apparente simplicité graphique ne signifie cependant pas que le récit soit lui-même simpliste. Ōta privilégie au contraire une narration fortement dramatique, marquée par la violence, les retournements de situation, les traumatismes, les conflits politiques et les conséquences à long terme de la guerre.
Son travail sur la trilogie Mazinger se caractérise ainsi par une tendance à pousser les prémisses des séries animées vers leurs conséquences extrêmes. Les affrontements entre robots deviennent progressivement des conflits militaires, puis des crises politiques et finalement des catastrophes civilisationnelles.
Différences avec les autres mangas de Grendizer
Plusieurs mangas de UFO Robot Grendizer ont été publiés parallèlement à la diffusion de l'anime, dans différents magazines et selon des continuités distinctes. La version de Ōta est celle qui prend le plus nettement ses distances avec le déroulement de la série télévisée[32].
La version de Ōta est également particulière par son rapport avec les autres mangas de la trilogie. Alors que certaines adaptations de Grendizer peuvent être lues indépendamment, celle-ci constitue l'aboutissement du travail de Ōta sur Mazinger Z et Great Mazinger. Les événements et les personnages des précédents mangas nourrissent donc directement son récit[33].
L'une des conséquences est que le manga présente une conception de l'univers plus cohérente à l'échelle de la trilogie de Ōta que ne le laisse supposer la seule comparaison avec l'anime. Le passage de Great Mazinger à Grendizer est notamment utilisé pour prolonger les thèmes de la guerre, de la destruction et de la responsabilité humaine.
Rapport avec la série télévisée
Le manga et l'anime sont produits pendant la même période, mais ils constituent des continuités distinctes. La version de Ōta n'est donc pas une adaptation exhaustive des 74 épisodes de la série télévisée.Certaines idées passent néanmoins d'une version à l'autre. Le cas le plus notable est celui de l'histoire consacrée à Aphélie, correspondant à l'épisode 25 de l'anime, « L'amour fleurit dans le ciel ». Cet épisode reprend un récit créé initialement dans le manga de Ōta. Le passage constitue ainsi un exemple rare d'influence directe d'un manga dérivé vers la production animée elle-même[34]. Le rapport entre les deux œuvres est donc réciproque : le manga s'appuie sur les personnages et concepts conçus pour l'univers de Grendizer, mais certaines de ses idées sont à leur tour reprises ou adaptées par la série télévisée.
Réception
Réception graphique
La réception de la version de Ōta est marquée par un contraste entre son dessin et celui de l'anime. Le public français ayant découvert Goldorak principalement à travers les designs de Shingo Araki et de Michi Himeno peut être surpris par des personnages aux proportions plus enfantines et par des robots plus expressifs. Des critiques françaises ont ainsi souligné le caractère plus caricatural du dessin et l'irrégularité de certaines cases, tandis que d'autres lecteurs ont considéré cette esthétique comme un élément caractéristique du manga de Ōta[35]. Cette réception doit toutefois être replacée dans le contexte des mangas de robots géants des années 1970. Les adaptations publiées dans les magazines pour enfants ne poursuivent pas nécessairement les mêmes objectifs graphiques que l'animation télévisée et disposent de contraintes de production très différentes.
Réception narrative
La réception narrative est généralement plus favorable. Plusieurs rétrospectives consacrées à Ōta insistent sur l'ampleur des différences avec l'anime et sur l'ambition de son scénario, notamment dans sa seconde moitié[36].
Le manga est particulièrement remarqué pour ses développements originaux : l'intervention de l'Empire Mykène, le rôle de Sayaka Yumi, les éléments liés aux civilisations anciennes, l'importance de Goldorak en tant que puissance protectrice et la progression vers une catastrophe nucléaire. Ces éléments expliquent que l'œuvre soit parfois considérée rétrospectivement comme davantage qu'une simple adaptation commerciale. Son scénario constitue une interprétation personnelle de l'univers de Nagai, comparable par sa liberté aux précédentes versions de Mazinger réalisées par Ōta.
Réception auprès des lecteurs français
En France, la réception est longtemps restée liée à la comparaison avec l'anime. Les lecteurs recherchant une transposition fidèle des épisodes télévisés peuvent être déconcertés par les changements de personnages, de ton et de continuité. À l'inverse, les lecteurs intéressés par les différentes versions de Grendizer ont souvent souligné l'intérêt de cette continuité parallèle.Les discussions consacrées à l'édition Black Box témoignent ainsi de deux réactions récurrentes : une réserve à l'égard du dessin, jugé très éloigné de l'image télévisuelle, et une appréciation plus positive de la construction narrative et de l'originalité de l'intrigue[37]. La réception contemporaine demeure donc contrastée, mais le manga bénéficie d'un intérêt particulier auprès des amateurs de l'histoire éditoriale de Grendizer et de la production de Dynamic Pro.
Postérité
La version de Gosaku Ōta occupe une place particulière dans l'histoire éditoriale de Grendizer. Elle constitue l'un des exemples les plus marquants de la liberté laissée aux mangakas chargés d'adapter les séries télévisées japonaises des années 1970.Son influence dépasse par ailleurs la seule bande dessinée. Certains éléments développés dans cette version, notamment la dimension quasi divine de Goldorak, les relations anciennes entre Euphor, Véga et la Terre ainsi que certains aspects psychologiques d'Actarus, ont été rapprochés ultérieurement de caractéristiques présentes dans d'autres interprétations de l'univers, notamment Grendizer Giga et Grendizer U[38]. L'œuvre conserve également une importance historique dans la carrière de Ōta : après Mazinger Z et Great Mazinger, elle représente l'aboutissement de sa propre trilogie de robots géants issue de l'univers de Gō Nagai. Son Grendizer est ainsi moins une reproduction du dessin animé qu'une conclusion personnelle à un cycle commencé plusieurs années auparavant.
Notes
- ↑ https://www.bdgest.com/serie-1451-BD-Goldorak-UFO-Robot.html
- ↑ https://www.bdgest.com/serie-1451-BD-Goldorak-UFO-Robot.html
- ↑ https://w.atwiki.jp/aniwotawiki/pages/38873.html
- ↑ Transcrit aussi Boken Oh.
- ↑ Pour Mazinger Z version a.
- ↑ Pour Mazinger Z version b jusqu'à Goldorak inclus.
- ↑ Merci à Goldosan pour le travail de mise en ligne : https://www.mediafire.com/file/znmduzdf7u629dd/GRENDIZER_-_EXTRAITS_BOKEN_OH_-_1975-1976_-_HD_-_Goldosan.zip/file
- ↑ https://ja.wikipedia.org/wiki/UFO%E3%83%AD%E3%83%9C_%E3%82%B0%E3%83%AC%E3%83%B3%E3%83%80%E3%82%A4%E3%82%B6%E3%83%BC
- ↑ https://w.atwiki.jp/aniwotawiki/pages/38873.html
- ↑ https://w.atwiki.jp/aniwotawiki/pages/38873.html
- ↑ https://w.atwiki.jp/aniwotawiki/pages/38873.html
- ↑ https://www.amazon.co.jp/UFO%E3%83%AD%E3%83%9C-%E3%82%B0%E3%83%AC%E3%83%B3%E3%83%80%E3%82%A4%E3%82%B6%E3%83%BC-1-%E3%82%A2%E3%82%AF%E3%82%B7%E3%83%A7%E3%83%B3%E3%82%B3%E3%83%9F%E3%83%83%E3%82%AF%E3%82%B9-%E6%A1%9C%E5%A4%9A/dp/457593636X
- ↑ En même temps que la version Nagai.
- ↑ https://www.bdgest.com/serie-1451-BD-Goldorak-UFO-Robot.html
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- ↑ https://www.bdgest.com/serie-1451-BD-Goldorak-UFO-Robot.html
- ↑ https://www.bdgest.com/serie-1451-BD-Goldorak-UFO-Robot.html
- ↑ https://www.bdgest.com/serie-1451-BD-Goldorak-UFO-Robot.html
- ↑ https://www.senscritique.com/bd/goldorak/critique/333843111
- ↑ https://www.senscritique.com/bd/goldorak/critique/333843111
- ↑ https://otakuma.net/archives/2013080103.html
- ↑ https://www.manga-news.com/index.php/auteur/Gosaku-Ota
- ↑ https://w.atwiki.jp/aniwotawiki/pages/38873.html
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- ↑ https://magmix.jp/post/274810
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- ↑ https://www.manga-news.com/index.php/actu/Deces-du-mangaka-Gosaku-Ota
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- ↑ https://www.umac.fr/goldorak-black-box-edition/
- ↑ https://fr.wikipedia.org/wiki/Goldorak
- ↑ https://w.atwiki.jp/aniwotawiki/pages/38873.html
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- ↑ https://www.umac.fr/goldorak-black-box-edition/
- ↑ https://otakuma.net/archives/2013080103.html
- ↑ https://www.goldorakgo.com/forums/viewtopic.php?t=3684
- ↑ https://fr.wikipedia.org/wiki/Goldorak_U
