La révérence de la série : Différence entre versions
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*Comme il n'est pas douteux que le Prince devait finir la série sain et sauf, il fallait alors bien à un moment placer cette guérison surprenante. Il est ainsi facile de deviner que l’arrêt de la série n’a eu aucune influence sur le scénario de l'épisode « Le meilleur ami » qui été conçu et réalisé sans aucun autre impératif que de rendre sa pleine santé à Actarus. On peut néanmoins toujours envisager que cet évènement ait été prévu pour se situer encore peu plus en amont du final, certains « fillers » ayant peut-être été envisagés, placés entre les épisodes « Le meilleur ami » et « la princesse amoureuse ». | *Comme il n'est pas douteux que le Prince devait finir la série sain et sauf, il fallait alors bien à un moment placer cette guérison surprenante. Il est ainsi facile de deviner que l’arrêt de la série n’a eu aucune influence sur le scénario de l'épisode « Le meilleur ami » qui été conçu et réalisé sans aucun autre impératif que de rendre sa pleine santé à Actarus. On peut néanmoins toujours envisager que cet évènement ait été prévu pour se situer encore peu plus en amont du final, certains « fillers » ayant peut-être été envisagés, placés entre les épisodes « Le meilleur ami » et « la princesse amoureuse ». | ||
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*L’épisode suivant, « [[La princesse amoureuse|La Princesse amoureuse]] », ne semble lui non plus pas avoir été trop impacté. S’il nous apprend beaucoup de choses, son rythme n’est pas du tout élevé, on y prend son temps. Autre indice de son intégrité globale, c’est dans ses derniers instants que nos héros apprennent l’emplacement précis du [[Camp de la Lune Noire]]. C’est une information évidemment essentielle si la grande bataille doit s’y dérouler<ref>Encore que la VO ne fasse que donner une indication générale beaucoup moins précise et intéressante pour une attaque : la base de Véga est sur la Lune. La VF a compris qu'une telle révélation n'en était pas une et ajouter une précision géographique essentielle pour concevoir un plan d'attaque élaboré ayant des chances de réussir : « La base de [[Véga]] est située à l’antipode du cratère de la Tranquillité. »</ref>, même si les séries de robots géants ne voient pas toujours leur dénouement se dérouler au quartier général du grand méchant. Si à ce moment-là, la bifurcation du scénario du dernier épisode avait déjà été décidée, les dialogues auraient été modifiés et les [[Les scénaristes|scénaristes]] auraient fait dire autre chose à Végalia avant d’envoyer les bobines en post-synchro. Si la fin de la série était bien prévue sans un combat sur la Lune, alors cette révélation serait inutile. | *L’épisode suivant, « [[La princesse amoureuse|La Princesse amoureuse]] », ne semble lui non plus pas avoir été trop impacté. S’il nous apprend beaucoup de choses, son rythme n’est pas du tout élevé, on y prend son temps. Autre indice de son intégrité globale, c’est dans ses derniers instants que nos héros apprennent l’emplacement précis du [[Camp de la Lune Noire]]. C’est une information évidemment essentielle si la grande bataille doit s’y dérouler<ref>Encore que la VO ne fasse que donner une indication générale beaucoup moins précise et intéressante pour une attaque : la base de Véga est sur la Lune. La VF a compris qu'une telle révélation n'en était pas une et ajouter une précision géographique essentielle pour concevoir un plan d'attaque élaboré ayant des chances de réussir : « La base de [[Véga]] est située à l’antipode du cratère de la Tranquillité. »</ref>, même si les séries de robots géants ne voient pas toujours leur dénouement se dérouler au quartier général du grand méchant. Si à ce moment-là, la bifurcation du scénario du dernier épisode avait déjà été décidée, les dialogues auraient été modifiés et les [[Les scénaristes|scénaristes]] auraient fait dire autre chose à Végalia avant d’envoyer les bobines en post-synchro. Si la fin de la série était bien prévue sans un combat sur la Lune, alors cette révélation serait inutile. | ||
Version du 4 mai 2026 à 13:11
Sommaire
Avant-propos
- La question de la prolongation ou du raccourcissement de la série a longtemps été débattue suscitant de nombreuses.
- Selon le producteur de la série et réalisateur de nombreux épisodes Toshio Katsuta, la série a a été prolongée : dans un entretien donné en 2004, il affirme en effet que c'est l'amour des fans pour Grendizer qui a contribué à prolonger la série, qui est l'une des trois plus longues des séries animées japonaises de robots géants[1] : « Une diffusion d'un an et demi, c'était long pour l'époque. C'est vrai. Je pense que les lettres de fans envoyées à Fuji TV ont joué. Un fan-club s'est créé dès le début de Grendizer. Une jeune fille, Mlle Watanabe, avait été très choquée par le film Uchū Enban Daisensō. Elle attendait la version télé avec impatience. J'ai discuté avec eux, et j'ai expliqué aux membres du fan-club : "Si vous voulez que ça continue, il faut envoyer des courriers à Fuji TV" (rires). C'était une grosse organisation, je pense que c'est grâce à leurs efforts que la série a duré[2]. » De fait, au total la trilogie fait 222 épisodes, l'univers de Koji Kabuto a bien vécu.
- Si au contraire, la série a été raccourcie, ce ne pourrait être qu'une décision du fabricant de jouets et non de la chaîne qui était satisfaite des audiences de la série : Goldorak est en effet la troisième série japonaise de robots géants, presque à égalité avec les deux séries Mazinger et loin devant les autres y compris des concurrents d'époque comme Jeeg, Getter Robo G ou Raydeen[3]. Ainsi, après un an et demi de bonnes ventes, le marché se sature, on l'a vu avec Mazinger Z, arrêté quand les figurines produites par Popy ont commencé à beaucoup moins s'écouler, tous les enfants l'ayant, après avoir occupé pendant longtemps la première place des ventes de jouets. Dans les faits, Popy reste maitre du destin des séries dont il détient la licence et, même s'il doit composer avec la chaine de télévision, il peut arrêter un feuilleton[4]. Cependant, il n'y a pas de preuve d'un raccourcissement.
- A cette époque, les séries sont lancées sans vraiment de durée véritablement fixée, surtout si elles sont créées ex-nihilo et n’adaptent pas une œuvre déjà existante, manga ou roman, en cours ou achevée. C’est leur succès ou leur manque de succès qui fait au final leur taille. Après des années de recherches, il est maintenant à peu près certain que nous ne trouverons jamais, pour Goldorak, de source nous certifiant un nombre arrêté d’épisodes prévus.
La bataille finale
- L'idée d'une grande bataille finale au Camp de la Lune noire ne verra jamais le jour dans le feuilleton. Pourtant, elle a maintes fois été dessinée sur des posters et des illustrations d'époque et servira de conclusion à deux versions du manga, celle d'Imamishi pour TV-Land et celle d'Okazaki pour TV-Magazine. Tout cela tend à montrer que c'était vraisemblablement l'idée de départ.
- Notons qu'à cette époque, le final de séries originales n’est pas un point dans lequel les studios mettent toutes leurs forces ni expriment tout leur talent, leurs meilleurs éléments travaillant alors sur les séries à débuter. Comme il est beaucoup plus important de démarrer fort avec ce dernier, puisqu’il y a l’objectif commercial d’accrocher le téléspectateur pour faire gagner de l’argent à Popy, que de terminer avec brio une série qui a fait son temps et qui n’apporte pas les revenus espérés par le géant du jouet, on peut supposer que les meilleures éléments de la Tôei ou tout au moins ses efforts passent dans cette phase finale de Goldorak à la série qui doit le remplacer. Offrir un final grandiose au spectateur n’est pas un objectif pour les studios, on le fait si on le peut et si on en a les moyens mais l’important est de lui proposer si possible une conclusion à l’histoire [5]. Il y a donc un doute même si les studios bâclent souvent les fins.
- Début de 1977, le fait que la série soit prévue pour 74, 75 ou même 76 épisodes ne change rien au fait que le feuilleton doive bientôt se finir et que son remplaçant « Danguard Ace » soit déjà en cours de conception. On peut imaginer que la conclusion de Goldorak a été faite dans les temps impartis, sans urgence et comme elle avait été imaginée autour d’une table. Si la décision de raccourcir le feuilleton a bien été prise, ou s'il a été décide au contraire de la prolonger, et quelle fut l'ampleur de cette modification, nous l'ignorons.
- Selon les sources, il faut entre 4 et 8 semaines de la mise en chantier d'un épisode à sa diffusion, ce qui implique que la réalisation de plusieurs opus se chevauche, les commandes se font d’ailleurs en général par « paquets » de 4 à 6 épisodes. Cela nous permet de nous concentrer sur le quatuor final, l’épisode 70 étant un « filler », un épisode de remplissage n’ayant aucune incidence sur la trame principale de l’histoire.
La guérison d'Actarus et l'arc final
- La guérison d'Actarus dans « Le meilleur ami », bien que sujette à de grandes interrogations, apparaît cependant avoir été prévue de longue date, en fait dès qu'il a été décidé de faire de lui un condamné à mort à plus ou moins brève échéance. En effet, si à cette époque on avait déjà vu des héros mourir à la fin de l'histoire, c'était principalement dans des récits historiques et sportifs, bien loin des récits de science-fiction où la figure principale du dessin animé est aussi le premier, voir le seul, défenseur du bien et ne peut être terrassé.
- Si bien sûr on peut voir dans cette blessure, qui entraîne le héros lentement vers la mort, le désir d'ajouter de la tension dramatique à l'histoire, elle répond avant tout à un besoin, une attente plus générale : en affaiblissant Actarus, on entrouvre une brèche à l’idolâtré Koji (Alcor) et on peut le faire monter en puissance aux côtés du héros. Le Double Spazer (Alcorak), puisque le retour d'un Mazinger est impensable, est donc créé pour lui et il se retrouve alors vraiment au front, partageant ainsi les mêmes risques et remportant les mêmes victoires que son "frère de l'espace". Ce retour au premier plan du fils Kabuto ne changera pas à l'audience (toujours très bonne néanmoins) et la courbe des ventes des produits dérivés, ce qui semble être le objectif de cette tournure de scénario.
- Au premier abord, cette guérison miraculeuse semble venir de nulle part, pourtant, tout « Le meilleur ami » n’est construit qu’autour d’elle, pour elle, et les évènements s’enchainent en toute logique pour nous y amener. Elle semble aussi arriver en toute fin d’épopée de façon logique : si Goldorak et les Aigles détruisent Véga mais que le prince d'Euphor, la victoire n'est pas totale. La guérison est un préalable nécessaire à une victoire complète. Elle ne peut intervenir si on souhaite conserver la dimension dramatique qu'elle introduit dans la série, que peu avant la destruction des Forces de Véga.
- Comme il n'est pas douteux que le Prince devait finir la série sain et sauf, il fallait alors bien à un moment placer cette guérison surprenante. Il est ainsi facile de deviner que l’arrêt de la série n’a eu aucune influence sur le scénario de l'épisode « Le meilleur ami » qui été conçu et réalisé sans aucun autre impératif que de rendre sa pleine santé à Actarus. On peut néanmoins toujours envisager que cet évènement ait été prévu pour se situer encore peu plus en amont du final, certains « fillers » ayant peut-être été envisagés, placés entre les épisodes « Le meilleur ami » et « la princesse amoureuse ».
L'empire de Véga s'écroule
- L’épisode suivant, « La Princesse amoureuse », ne semble lui non plus pas avoir été trop impacté. S’il nous apprend beaucoup de choses, son rythme n’est pas du tout élevé, on y prend son temps. Autre indice de son intégrité globale, c’est dans ses derniers instants que nos héros apprennent l’emplacement précis du Camp de la Lune Noire. C’est une information évidemment essentielle si la grande bataille doit s’y dérouler[6], même si les séries de robots géants ne voient pas toujours leur dénouement se dérouler au quartier général du grand méchant. Si à ce moment-là, la bifurcation du scénario du dernier épisode avait déjà été décidée, les dialogues auraient été modifiés et les scénaristes auraient fait dire autre chose à Végalia avant d’envoyer les bobines en post-synchro. Si la fin de la série était bien prévue sans un combat sur la Lune, alors cette révélation serait inutile.
- Très tôt dans le récit, nous avons également appris, alors que rien ne le laisse penser tout au long de la série, que l'empire de Véga chancelle et que des rebellions sur les planètes conquises existent et se retrouvent victorieuses. Après les problèmes d’énergie de Véga qui durent déjà depuis plus de trente épisodes, la révolte intervenue sur la planète Ruby, affaiblit encore plus Véga et simplifie l’ultime affrontement. Le combat final, où qu’il se passe, ne peut pas mettre en scène les Aigles contre tout un empire. Si Véga se retrouve esseulé et acculé, le rapport de force en sera bien plus crédible et il fallait de toute façon une raison à Végalia pour venir se réfugier sur la Lune : la révolte de la planète qu'elle gouverne au nom de son père en est une bonne. En ce sens, affaiblir Véga est logique, il n’y a rien d’étrange à relever, tout est logique et nous rapproche tranquillement vers l’affrontement ultime sur la Lune.
- L'épisode 72 informe également Actarus de la renaissance d'Euphor en tant que planète propice à la vie, ce qui montre que son départ, conclusion assez proche de UEDS, dans lequel le jeune homme quitte la Terre pour d'autres raisons, était sans doute lui aussi prévu de longue date. Le thème du héros étranger repartant dans sa mère-patrie une fois la paix rétablie sur sa terre d'adoption est d'une utilisation fréquente, Spectreman en est un autre exemple.
- La mort rapide d’Horos a pu hypothétiquement être mise en relation avec une éventuelle accélération de la série. Toutefois, vu le scénario de l’épisode, sa responsabilité dans la mort de Végalia est énorme et nous le voyons mal se présenter peu après devant le Grand Stratéguerre sans en subir les conséquences. Sa mort, de la main du très aimé Koji, qui pour nous français n’est que le petit frère Alcor, semble donc survenir de manière adéquate. Si Végalia meurt, surtout vu la façon dont elle périt, alors Horos doit donc mourir au même moment.
- Végalia participe au combat sur la Lune dans un des mangas. Cependant, l’épisode suivant nous montrera que l’attaque du Camp de la Lune Noire est toujours d’actualité et qu’il tient quand même compte du décès de la jeune extraterrestre. On peut donc raisonnablement penser que la mort de la fille de Véga était bien prévue pour intervenir au moment où elle se produit finalement.
- L'épisode présente des "trous" qui auraient pu être comblés par des éléments complémentaires. Tout d’abord, la première attaque de Horos n'a pas de conclusion claire. On ne sait pas ce qui se passe vraiment, chacun retournant dans sa base comme si de rien était après quelques brefs échanges de tirs. Ensuite, après le message de Végalia, Actarus quitte la salle de commande en courant, comme pour une sortie avec Goldorak, mais, dans la scène suivante, on le montre en train de se vêtir au sortir du lit. Il est difficile d'interpréter ces passages.
- Végalia devait premièrement piloter un Golgoth, « Queen-Panther » en VO, ; si la machine n’a pas dépassé le cadre des dessins préparatoires, c'est peut-être qu'il n'y avait pas assez de temps pour un développement de l’action. Cela étant, cela s’est déjà vu dans l’épisode avec Aphélie, dont la machine est aussi un Golgoth d’après ces mêmes ébauches. Interrogé sur le sujet, le réalisateur de « La princesse amoureuse » déclara avoir voulu développer les relations au détriment de l'action, d’où certains choix. Ce parti pris de ne pas centrer certains épisodes sur les combats a été assumé de façon générale par le réalisateur Toshio Katsuta au nom de ses équipes[7].
Un final sans bataille sur le Camp de la Lune noire
Tout est désormais en place pour « l’Arc Final ».
Episode 73 « Pour l'amour de la Terre »
- Lors des premières minutes du pénultième épisode 73, la discussion au Centre où est abordé l’avancement de la construction du Cosmorak, indispensable à la grande bataille sur la Lune, montre qu’il est toujours question d’attaquer la base de Véga et nos héros semblent d’ailleurs en pleins préparatifs.
- Le reste de l’épisode laisse la part belle aux moments calmes et bucoliques au ranch de Rigel et les Aigles admirent le nouveau vaisseau en construction. Dans une scène où les dialogues japonais sont beaucoup plus explicites quant à leurs intentions, on les écoute s’imaginant déjà attaquer avec ce nouvel appareil le Camp de la Lune Noire. Là non plus on ne se presse pas et le combat contre Minas débute seulement trois minutes avant le générique de fin, ce qui montre que dans la tête de l’équipe de production le temps ne semble pas du tout à l’urgence. A la limite, un esprit déductif pourra se dire que les épisodes « à suivre » sont rares dans Goldorak et que le prochain est donc logiquement le dernier, mais rien de plus.
Episode 74 « Ce n'est qu'un au revoir »
- L'épisode 74 présente, après son panneau titre, dix première minutes grandioses, avec en introduction trente secondes de reprise des derniers instants de l’épisode précédent. Jusqu’au milieu de l’épisode, la narration semble garder le même rythme, avec longs dialogues et comme d’habitude, nous suivons le chronophage périple d’Actarus dans le Centre pour rejoindre Goldorak, périple qui a pourtant été omis dans certains épisodes lorsque les secondes étaient précieuses.
- Cependant, nous remarquons dans cette première partie, la VO se montrant encore plus explicite, certains dialogues qui ne sont là que pour pointer la très grande faiblesse des moyens militaires de Véga :
- Après sa défaite contre Actarus, Minas se dispute avec Minos et il en ressort qu’il n’y a plus que la soucoupe amirale du couple, la soucoupe impériale, et une flottille de navettes à la disposition des Véghiens et que le prochain affrontement avec Goldorak ne pourra donc être que le dernier[8].
- Dans cet échange, il est aussi question de rebâtir un nouvel royaume de Véga, ce qui implique que, à 3 000 années–lumière de la Terre, les rebellions à avoir chassé le tyran de leurs terres sont nombreuses et qu’il ne reste plus grand-chose de l’empire du Grand Stratéguerre.
- Un dialogue ultérieur entre Minas et ce dernier confirme tout cela, le despote ayant même décidé une attaque générale.
- Minos éliminé, tout s’accélère : le Grand Stratéguerre, désespéré et au faîte de sa haine, fait sauter le Camp de la Lune Noire et part à l'assaut de la Terre avec ce qui lui reste de troupes, qu’il espère galvaniser avec cette destruction[9].
- La scène suivante montre le départ des Aigles à bord du Cosmorak et nous sommes vingt secondes après l'explosion du Camp de la Lune Noire que la VO fait dire à Alcor : « Maintenant, nous pouvons détruire leur base[10]. »
- Au moment où Véga se retrouve seul face à Goldorak et au Cosmorak, au lieu de devenir un fuyard, il devient un va-t-en-guerre jusqu’au-boutiste prêt pour la victoire ou pour la mort.
- Le Cosmorak est simplifié dans son fonctionnement par rapport aux dessins préparatoires mais il demeure indispensable pour aller dans l'espace puisque les vaisseaux de la patrouille des Aigles ne peuvent aller dans l'Espace.
- Le destin du Grand Stratéguerre est alors scellé dans une logique un peu restrictive : il meurt, sa garde rapprochée aussi, mais la victoire n'est pas totale car, loin dans l'espace, son empire n'a pas très probablement pas été totalement anéanti. Cette conclusion est un peu similaire à la fin de Great Mazinger, où le chef des méchants n'est pas éliminé mais où tout le reste de son clan est annihilé.
- Après ce « combat final », il ne reste alors même plus assez de temps pour se réjouir et goûter à la paix retrouvée et on passe directement à la scène où Actarus et Phénicia font leurs adieux. Malgré les larmes versées par les protagonistes, le résultat peut sembler glacial et les mots de la jeune fille, prononcés peu après à l’approche d’Euphor dans les ultimes secondes de la série, ont les accents d’une fin de non-recevoir, malgré la très belle musique de fond, joyeuse et apaisante.
- Ainsi, au moment où le générique de fin démarre, dix minutes et vingt secondes se sont écoulées depuis la mort de Minos et nous avons assisté à :
- La destruction du Camp de la Lune Noire,
- le départ de Véga vers la Terre,
- l'annonce de Procyon que Véga approche,
- le départ du Cosmorak pour rejoindre Goldorak,
- le combat final où Véga trouve la mort,
- la scène des adieux,
- le voyage de 3 000 années-lumière jusqu'à Euphor.
Cela va très vite et peut laisser penser à une accélération de l'épisode final[11].
Notre conclusion
Nous sommes convaincus que, la première fois qu'il a été décidé de combien d'épisodes la série serait composée, ce nombre a été fixé à 78. Alors que nous attaquions la dernière dizaine de ces épisodes, Popy, assistant à une érosion naturelle des ventes de ses produits dérivés, a fait baisser ce nombre, sans doute à 75, et « Danguard Ace » a été mis en production immédiatement.
Nous pensons que l’ordre impératif de clore la série avec l’épisode 74 a été donné alors que, vu leur état d’avancement, il était impossible d’altérer de manière satisfaisante les deux précédents. Nous pensons que cette décision est arrivée parce que l’équipe travaillant sur « Danguard Ace » pouvait livrer une première aventure pour la semaine suivant la diffusion de cet épisode 74 et que, bien évidemment, les jouets représentant ce nouveau héro seraient prêt eux aussi à envahir les rayons des magasins dans les jours qui suivent.
Popy a-t-il donné cet ordre, la Tôei a-t-elle fait ce choix seule, pour faire plaisir au fabricant qui s’impatiente ? Nous ne le saurons pas, mais nous restons convaincus qu’au départ, il devait y avoir au moins un 75ème épisode de Goldorak et que ce qui se passe dans les dix dernières minutes de « Ce n’est qu’un au revoir » devait, sans les coupes, rentrer dans trente minutes minimum...
Le temps de faire les comptes
Seuls les producteurs, pressés d'en finir avec Goldorak, se satisferont de ce final, avec un arrière goût de victoire totale qui n'en est pas une.
L'aventure est terminée...
Financièrement, le grand gagnant de cette aventure est Gô Nagai, qui a fait sa modeste part tout en étant payé (les conséquences de la vente de Grendizer à l'étranger sont un autre sujet). De plus, conséquence des négociations ayant eu lieu lors de La conception de la série, l'histoire, avec tous les personnages, lieux et machines y apparaissant, est légalement considérée comme son œuvre et est donc sa propriété. En effet, nos échanges récents avec le Japon nous ont prouvé que le mangaka peut faire absolument tout ce qu'il veut avec cet univers et que la Tôei doit obtenir son accord pour toute opération commerciale qu'elle lance sur la série. La rareté des apparitions ultérieures du Prince et de son robot n'est donc due qu'à la volonté de Nagai puisqu'il est libre de l'adapter en dessin animé avec tout autre studio d'animation.
La station de télévision Fuji TV, qui a diffusé une série aux taux d'audience très satisfaisants pour un dessin animé de science-fiction, est aussi dans le camps des vainqueurs.
La situation de Popy est sujette à caution. L'éventuelle surproduction évoquée a pu lui laisser une multitude de figurines invendues. Il reste cependant possible que cette rumeur n'ait aucun fondement t que Goldorak reste une bonne affaire pour le fabricant. Il existe pourtant ds invendus, mais dans quel nombre, qui arriveront en Europe quad la série y sera diffusée en 1978.
La Tôei, elle, payée à la minute, n'a pas beaucoup souffert mais comme son produit final fut une mauvaise affaire pour le fabriquant de jouets, cela a dû lui être reproché et mettre à mal sa fierté et peut-être de futurs contrats.
Des coups bas
Les vexations entre Dynamic et Tôei Animation datant de l'arrêt de Mazinger Z et des multiples refus de God Mazinger étant encore toutes fraiches, les relations se tendent.
Le premier coup est porté dès 1976, alors que Grendizer n'en est qu'à son premier tiers. Gô Nagai n'est crédité par la Tôei pour sa participation que pour les quatre premiers épisodes de la série Gaiking, qui débute en avril. Au delà, son nom passe à la trappe. La déception issue de Grendizer aurait-elle écorné l'image du mangaka auprès du studio ? Est-ce une vengeance ? C'est bien possible au vu de l'introduction forcée d'Alcor dans la série dont ni l'un, ni l'autre, ne sont pourtant responsables. Go Nagai, par son droit de regard sur le scénario et son aura auprès des marchands de jouets, a-t-il alors empêché la Tôei d'emmener la série là où elle le voulait et a t-il tenté de la narguer ?
Malgré cela, la fracture met un peu de temps à se faire, ce qui permet aux deux parties de finaliser un ou deux projets anecdotiques en cours.
Puis les premières grosses colères éclatent et c'est la fin de la coopération entre les deux studios. La situation va vite tourner au vinaigre. En effet, pendant des années, les deux compagnies se feront des coups bas qui se termineront parfois devant les tribunaux, avant de finalement se décider à retravailler ensemble, très longtemps après.
Immédiatement, la Tôei va revoir sa façon de traiter les "scénarios maison", afin que ce soit toujours la compagnie qui soit créditée et non un auteur extérieur appelé à la rescousse sur un projet en cours et à qui il faudra plus tard laisser la paternité légale de l’œuvre.
Pour Grendizer, ce désenchantement va jusqu'au ressentiment entre certains acteurs qui se rejettent la faute (les erreurs commises plus tard par les détenteurs de la licence à l'étranger n'arrangeront pas les choses). Mais personne n'a osé dire à Popy qu'elle a surproduit, ce qu'elle sait, bien sûr. Les profits engendrés par le marché européen lui rendront sans doute le sourire à la fin de l'année suivante : les volumes de vente en France et en Italie atteignant des chiffres extravagants. Mais pour l'instant, elle ne peut que se l'avouer, cette affaire est ratée et la série est à oublier!
La fin d'un univers
Tous ces comportements ont empêché par la suite toute réalisation d'une nouvelle série ou bien d'un long-métrage remodelant le feuilleton, ce qui aurait sans doute permis d'écouler quelques jouets.
En effet, nous avons de nombreux exemples où des œuvres ayant premièrement connu l'échec sont devenues populaires par un remake au cinéma ou une suite quelques années plus tard, Yamato et Gundam étant les deux exemples les plus frappants.
Nous pensons que les différentes parties, devant le succès immédiat de Mazinger Z, se sont mises d'accord sur la possibilité de créer des suites ultérieures, mais il nous est impossible d'en connaitre le nombre, si toutefois il fut un jour fixé. Cette optimiste prudence aurait simplifié la création de Great Mazinger et Ufo Robo Grendizer tout en faisant taire les voix discordantes. Abondant dans ce sens, de récentes découvertes nous laissent deviner qu'au moins un quatrième volet fut un temps envisagé. Grendizer et Duke Fleed devaient-ils être de la partie? Nous l'ignorons totalement pour l'instant. La brouille entre la Tôei et Dynamic, d'un coté, et le découragement de Popy pour qui cet univers a vécu, d'un autre, feront que les trois sociétés en resteront là. En tout cas, ce quatrième volet, Go Nagaï l'a débuté en manga et l'a nommé Garla, sans toutefois faire le moindre lien scénaristique avec les Mazinger (voir l'image ci-dessous) mais l'a abandonné avant sa conclusion.

La nostalgie au secours de Goldorak
Il aura fallu attendre près de vingt ans pour voir Bandai sortir à nouveau des jouets à l'effigie de GOLDORAK, suite à l'émergence des Otakus, que la compagnie voit grossièrement comme des acheteurs compulsifs, et de la vague nostalgique des salary-men désormais trentenaires mais surtout grâce à l'extraordinaire succès des jeux vidéo "Super Robot Taisen".
En revanche, pour d'autres robots, dont Mazinger Z et Raydeen, la production n'a jamais vraiment cessé, même s'il ne s'agissait plus de vendre aux masses mais à une niche de passionnés. Des séries "limitées" ont régulièrement paru comme la belle ligne de maquettes de super-robots en 1983. Si on retrouvait les deux héros cités ci-dessus ou Baldios, il n'y avait bien sûr pas de Grendizer.
La sortie fin 2017 de Mazinger Z Infinity, film d'animation issu de cette coopération remise au goût du jour entre Tôei et Dynamic, semble indiquer que les relations se sont apaisées et que de nouveaux projets renaissent. Goldorak, plébiscité en Europe comme dans les pays arabes et au Québec, pourrait alors revenir sur nos écrans dans les années qui viennent... Reste à savoir sous quelle forme.
Une interview récente de Go Nagai (au 13/11/2017)
Notes
- ↑ Seuls Mazinger Z avec 92 épisodes et Fang of the Sun Dougram avec 75 épisodes font mieux.
- ↑ Livret de la Box 2, coffret DVD UFO ROBOT GRENDIZER, entretien date du 26/03/2004.
- ↑ Aucune autre série de robot géant n'a fait mieux que celles de la trilogie Mazinger, voir les chiffres suivants : Danguard Ace 17,5% ; Raideen 9.5% ; Steel Jeeg 6% ; Getter Robo 7,6% ; God Sigma ~5,6 % ; Daltanius : 5,9% ; Golion : 6,5% ; Ideon : entre 5% et 10% ; Zambot 3 : entre 8% et 10%.
- ↑ Inversement, si les ventes de jouets satisfont le sponsor, le dessin animé continuera, même si l’audience est mauvaise comme pour « Daï Uchu Apollon » (1976) ou "Macross" (1982)
- ↑ On peut faire une analogie avec les sports collectifs où, pour des rencontres sans enjeu, les titulaires les plus précieux brillent souvent par leur absence. Les remplaçants donnent le meilleur d’eux-mêmes, c’est certain, mais ce ne sont que des remplaçants…
- ↑ Encore que la VO ne fasse que donner une indication générale beaucoup moins précise et intéressante pour une attaque : la base de Véga est sur la Lune. La VF a compris qu'une telle révélation n'en était pas une et ajouter une précision géographique essentielle pour concevoir un plan d'attaque élaboré ayant des chances de réussir : « La base de Véga est située à l’antipode du cratère de la Tranquillité. »
- ↑ A un journaliste qui l'interroge sur cet aspect, il répond dans un entretien du 26/03/2004 publié dans le livret de la box 2 du coffret DVD UFO ROBOT GRENDIZER à propos de l'épisode 25 : « Depuis l'époque de Getter G environ, on avait envie de faire ce genre de chose — Katsumata et moi on en parlait souvent. Bessho allait peut-être tiquer, Bandai allait peut-être nous engueuler — mais on voulait absolument faire au moins un épisode hors-série par trimestre. Parce qu'on avait envie de montrer que l'animation, ce n'est pas uniquement pour les petits. »
- ↑ Tout cela ne transpire pas visuellement à l’écran et, l’enregistrement des voix se faisant en dernier, ces dialogues ont très bien pu être (re)faits pour nous préparer à la bataille telle que nous la découvrirons plus loin : déséquilibrée et rapide.
- ↑ Cette scène d’une trentaine de secondes présente l’avantage de supprimer les minutes de la bataille sur notre satellite tout en faisant disparaitre la base de Véga même si la bataille sur la Lune n'aurait pas été forcément beaucoup plus longues.
- ↑ Alcor n'est pas censé savoir que la base n'existe plus, mais dans le monde du dessin animé, une information qui n'est pas censée être secrète est tacitement instantanément connue de tous. Il est donc possible que le final ait été modifié.
- ↑ Même si la fin semble mieux travaillée et moins rapide que celle d'autres séries comparables.