J'ai passé mes premiers cours de conduite sur le tard, en 1998, à l'âge de 26 ans.
Huit ans auparavant, j'étais entouré de personnes qui avaient tous leur permis et qui m'incitaient inexorablement à tenter l'aventure. Seulement, à cette époque, cela ne me disait strictement rien.
La peur de l'inconnu et le simple fait de me projeter au volant d'un véhicule, entouré d'une myriade d'autres voitures, suffisait instantanément à refroidir mes élans.
Curieusement, le déclic s'est produit tout naturellement, au cours de l'été 1998, après avoir eu le béguin pour une nana de mon âge.
À ce moment, je me suis dit :
"Ah oui, ça ne serait peut-être pas si mal d'essayer, au fond". J'avais surtout le sentiment, tout au fond de moi, que ça ferait plus classe.
La première fois où je me suis retrouvé avec un volant entre les mains, maniant à la fois les pédales du véhicule et le levier de vitesse, je n'ai franchement pas trouvé cela désagréable.
La sensation de liberté m'a tout de suite paru évidente et savoureuse. Parallèlement à cela, l'apprentissage du code de la route ne me paraissait pas du tout problématique. Je l'ai eu dès la première fois.
Pour la conduite, c'était autre chose. Tous les aspects techniques (se ranger en bataille, en épi, faire des créneaux) me plaisaient beaucoup, mais s'il y a une chose qui posait réellement problème et que je n'ai jamais réussi à gérer : c'est la conduite des autres.
À chaque cour de conduite, les mêmes reproches fusaient : mauvais équilibre de la distance de sécurité derrière les véhicules, manque d'initiative, pas assez de rythme.
J'avais surtout ce sentiment permanent que l'on me reprochait une sorte d'inexpérience qui, de mon point de vue, ne pouvait logiquement s'acquérir qu'au fil du temps.
Je me souviens que j'avais signé, au départ, un forfait de 30 heures.
Au bout de la troisième (et dernière tentative), j'avais dépassé les 185 heures, tout en sachant, qu'à cette époque, q'une heure de conduite coûtait au bas mot : 165 francs.
En mai 1999, j'ai abandonné l'aventure, sans le moindre regret, en ayant bel et bien conscience, cette fois-ci, que la voiture ça n'était définitivement pas pour moi.
Aujourd'hui, à 44 balais, je vis parfaitement bien sans.
Ceci dit, j'ai la chance de vivre à 45 minutes de mon lieu de travail. Bien qu'ayant le tramway et différentes lignes de bus à côté de mon domicile, je me refuse de les prendre.
Tous les jours, c'est marche à pied et par tous les temps (pluie, neige, verglas et autres intempéries parfois enquiquinantes). Ces 90 minutes de marche quotidiennes quasi-religieuses, j'y tiens dur comme fer et je ne m'en priverai pour rien au monde.
Une bonne paire de baskets suffit à me rendre le plus heureux des hommes !
Pour les quelques semaines de vacances que je m'octroie dans l'année, le train suffit amplement à mon bonheur.
Je ne voyage jamais vers des destinations trop lointaines, donc celui-ci me comble parfaitement.
Et puis, surtout, je me rends compte, jour après jour, que vivre sans voiture, excepté le manque d'autonomie qui peut-être difficilement à vivre pour certaines personnes, c'est tout de même un gain économique non-négligeable sur son train de vie.
Et çà, c'est quelque chose de bigrement appréciable.
Super Shogun a écrit :Le permis est surtout un port d'arme pour certains. Une fois dans leur bagnole, ils changent et d'une façon hallucinante. Toutes leurs frustrations de la vie courante, ils les passent dans leur voiture. Ils vont vite, il faut qu'ils soient les premiers, ils ont tous les droits etc. Leur caisse devient une arme.
C'est bien vrai...
Entre les coups de klaxon à gogo parce que le feu devient vert et que celui qui est devant ne démarre pas sur les chapeaux de roue, les petits joueurs qui passent allègrement au rouge, l'air imperturbable, les têtes à claques qui roulent stoïquement sur un passage piéton alors que le quidam traverse pourtant bien sur les clous, les automobilistes qui font l'effort de s'arrêter mais qui te font sentir que tu les emmerdes en te faisant comprendre d'un geste de la main rageur que tu as intérêt à traverser vite fait, bien fait, cela devient très vite fatiguant.
Je suis complètement d'accord avec toi : la voiture rend dingue !
D'ailleurs, dans la vie de tous les jours, je ne prononce jamais le mot voiture.
J'utilise toujours des termes moins élégants :
bagnoles et surtout
tas de ferrailles, sans doute pour extérioriser une continuelle colère rentrée.