Page 6 sur 9

Re: Cauchemar

Posté : mar. févr. 11, 2014 23:03 pm
par euphoria
ça promet en effet beaucoup d'émotions pour la suite..

Re: Cauchemar

Posté : mer. févr. 12, 2014 00:05 am
par Monsieur Vilak
Ah oui passage alléchant! Cette histoire de pardon est très intrigante!

Re: Cauchemar

Posté : mer. févr. 12, 2014 02:24 am
par Gurendaizä
J'adore !!!! :up: ImageImageImage :goldo3:

Re: Cauchemar

Posté : mer. févr. 12, 2014 22:05 pm
par homnorak
Préparez une histoire sympa après (et ne regardez pas cette horrible bannière :satan: )

La violence des électrochocs et des coups ont fait beaucoup de dégats sur mon corps. Alphgar a consolidé certaines lésions mais j'en garderai des cicatrices. Nous nous sommes séparés. Lukas me conduit hors de la caverne qui m'a protégé durant les 6 dernières heures. Le mage est parti de l'autre côté pour continuer son travail de sauvetage. Il espère pouvoir emmener un maximum de personne dans les profondeurs des grottes qui entourent la ville. De longues cavernes permettent d'atteindre les hautes falaises qui séparent la cité du désert rose. Le plus dur sera ensuite de survivre sans nourriture et sans eau. Il ne veut pas que je m'inquiète mais comment faire ? J'ai été incapable de sauver mon peuple et il me force à fuir.
Lukas m'entraîne dans un dédale de couloirs à l'aide d'une petite torche. Je le suis essayant de ne pas nous ralentir avec ma marche claudiquante.

- Prince, ne trainons pas. Votre évasion a été signalée depuis longtemps maintenant. Les soldats doivent fouiller les environs et ils peuvent trouver l'accès aux souterrains malgré les précautions d'Alphgar.
- Oui - Ma voix est faible, je grimace - Où mène ce couloir ?
- Dans une des nombreuses caves de la Capitale. Je ne savais pas qu'il y avait autant de souterrains naturels.
- Moi non plus. Si j'avais su, nous aurions pu les utiliser au mieux pour protéger la population.
- Il ne sert à rien de supposer maintenant. Allons de l'avant.
- Merci Lukas pour ce que vous faites.
- Ce n'est rien Prince, c'est mon devoir de vous protéger. Attention, nous sommes arrivés là où Alphgar voulait nous faire sortir. Nous devons grimper via un petit conduit. Je passe devant.

Je regarde vers le haut et aperçoit à 1 mètre au dessus de moi une ouverture étroite, à peine plus grande qu'un corps d'homme. Des pitons sont accrochés sur la paroi pour l'escalader. Il fait tellement noir qu'il est impossible de voir la fin même avec la torche. Lukas prend son élan pour atteindre la première attache. Par la force des bras, il se hisse et commence à monter. Je le suis. Mes muscles tirent lorsque j’attrape la première accroche. La douleur au bras droit se réveille. C'est la partie qui a été la plus touchée, d'abord par la blessure reçue quand j'étais avec Pollux, puis par l'onde radioactive d'une bombe quand je me suis dirigé vers le palais et par les tortures que Sogradi s'est plu à accentuer à cet endroit quand il a compris ce point faible. Alphgar a fait un miracle car je ne pensais pas que ce bras fonctionnerait à nouveau. La montée n'en finit pas. Les pitons sont espacés régulièrement et je ne peux que suivre mon instinct pour grimper. Seul le bruit que fait Lukas me guide. J'ai l'impression que cela fait des heures que je suis là, j'épuise mes forces, je ne tiendrais plus longtemps. J'étouffe. C'est étroit et je me cogne réveillant d'autres douleurs. Mais je dois continuer pour la mission qu'Alphgar m'a ordonnée. J'aperçois enfin une lueur et je sens un courant d'air.

- Attention Prince, tenez-vous pendant que j'ouvre et vérifie si tout est calme.

Il n'y a pas un bruit. Lukas disparait un instant. Je m'approche de l'ouverture quand il se penche.

- C'est bon, la voie est libre.

Je me hisse et m'assoie sur le rebord. La sueur coule sur mes tempes que j'essuie avec mon bras.

- Reposons-nous un instant. Venez, nous allons nous mettre derrière les caisses là-bas, dans le cas où quelqu'un viendrait.

Je rampe vers l'endroit qu'il m'indique. Je ferme les yeux. Mon corps n'est que douleur. Je suis ankylosé de partout. Je profite de ces instants de répit pour regarder autour de moi. Les caisses en bois sont humides et sentent le moisi. Elles doivent être là depuis un certain temps et je me demande ce qu'elles peuvent contenir. La pièce est au niveau des fondations d'un bâtiment. Les murs sont en pierres brutes. Une porte en bois d'un mètre de haut est en face de moi.

- Comment va votre bras ? et vos jambes ? Avez-vous mal à la tête ? me demande mon garde du corps.
- J'ai soif et pour les muscles, on verra plus tard. Je crois que la tension me protège de la douleur.

Je me tais un instant.

- Si seulement nous avions des informations sur ce qui se passe dehors.

Je pose la question qui tourne en moi depuis mon réveil.

- Comment m'avez-vous trouvé ?

Lukas s'assoie près de moi et passe une main dans les cheveux.

- Oh, par chance, je dois dire. Je vous cherchai depuis votre départ de l'armurerie. Avec les premiers tirs, je vous ai perdu de vue. Je vous ai repéré lorsque vous avez rencontré la princesse. Je devais me cacher pour éviter de de me faire repérer par les patrouilles. J'ai dû en intercepter une et je vous ai à nouveau perdu de vue. Quand je suis arrivé au palais, vous étiez écroulé sur votre mère et les soldats vous dégageaient. Ils étaient trop nombreux et mon arme était déchargée. Je les ai suivis au loin pour voir où ils vous emmenaient. Quand j'ai vu qu'ils vous enfermaient au Centre de recherches, j'ai cherché un moyen de vous libérer. Il y avait trop de soldats et le lieu n'était pas sûr. J'ai dû rebrousser chemin. Je ne sais pas comment j'ai fait pour éviter de me faire prendre. C'est un miracle.

Il reprend sa respiration. L'émotion passe dans ses yeux.

- Je ne sais pas combien de temps a passé avant que je ne rencontre Alphgar. Je lui ai expliqué la situation. Il est plein de ressources ce mage, continue Lukas avec un sourire ironique.
Heureusement qu'il est de notre coté. Je ne sais pas comment il a fait mais il a su rapidement dans quelle salle vous étiez emprisonné. Nous sommes passés par les différents souterrains qui relient les bâtiments principaux de la ville. Nous pourrions avoir une vraie ville souterraine. Il a lancé un sort de paralysie pendant que je vous emportais. Il nous a emmené assez loin.

Il s’interrompt et me regarde

- Vous êtes passé près de la mort. S'ils n'avaient pas eu besoin de vous pour Goldorak, vous seriez certainement mort.
- Je le conçois. Je n'ai aucun souvenir de ce que j'ai réellement subi en dehors de la douleur.

Il ne dit rien mais je vois la pitié dans son regard et une autre émotion que je n'arrive pas à définir. Il se lève.
- Nous allons devoir y aller. Prêt ?
- Oui.

Je me redresse péniblement. Lukas a ouvert la porte et se baisse pour sortir. Il me fait signe de le rejoindre quand il est sûr que la voie est libre.

- Restez derrière moi.

Nous pénétrons dans une salle circulaire en terre brute, d'une taille plus petite. Le seul accès disponible est en hauteur, à environ 3m. Des barreaux sont soudés dans les pierres. Lukas grimpe et dégage la planche en bois qui recouvre l'ouverture. Nous pénétrons alors dans le couloir des cachots. De chaque côté, les grilles sont ouvertes, sans prisonnier. Cela faisait longtemps que nous n'enfermions plus personne à cet endroit. Les veghiens n'ont pas dû trouver cet accès, sinon, ils l'auraient peut être déjà pu les utiliser.

- Venez, la voie est libre.

Je suis Lukas vers les escaliers en colimaçon. La montée est pénible. Nous arrivons au 2e sous-sol. Je suis dans un terrain connu. Cet étage sert de stockage général. Deux soldats sont en fraction aux escaliers supérieurs. Nous les assommons et continuons notre chemin.

Le 1 er sous-sol est plus agité. Les pièces qu'il contient sur toute la superficie servent d'ateliers divers et de cuisine. Nous nous cachons dans un cagibi attenant au foyer central. Des cris et des rires résonnent. Je distingue des voix de femmes et d'enfants. Je serre les poings. Je veux m'élancer quand Lukas me retient le bras.

- Non, Prince. Même avec la meilleure volonté, nous ne pouvons rien faire. Nous devons nous concentrer pour récupérer d'autres armes et sortir d'ici.
- Je vais nous conduire à Goldorak par un chemin que je connais. Il faut juste que...

Pour la première fois, je touche ma poitrine. Mon pendentif... où est-il ?
- Oh non, ils me l'ont pris.

Lukas regarde à son tour et pâlit.
- Ce pendentif sert de clé, n'est-ce pas ?
- Oui, tous les codes y sont stockés. En principe, il ne peut dévoiler ce qu'il contient que par moi, il a été sécurisé ainsi.
- Bien, nous avons donc un répit. Ils ne connaissent pas toutes ces propriétés.
- Je ne sais pas ce qu'a pu leur révéler Octavius. Les portes s'ouvrent juste pas apposition du bijou sur l'empreinte prévue à cet effet.
- Pouvons-nous envisager d'accéder quand même au hangar par cet endroit ?

Je secoue la tête.

- Non. Vous m'avez dit qu'Alphgar nous avait conduit à la caverne par des souterrains reliant les bâtiments. Pourquoi ne pas refaire ce chemin ?

Le garde parait gêné.

- Eh bien, il faisait presque noir et je vous portais. Je ne suis pas sûr de retrouver le chemin. Celui qu'on a pris était facile à trouver, il suffisait de suivre le mur droit. Mais Alphgar ne m'a donné aucune indication pour revenir sur l'autre chemin.

Je réfléchis. Je porte encore mon vêtement d’apparat, complètement en lambeaux. je lance la métamorphose pour me vêtir d'un simple caleçon noir et d'une tunique beige, vêtement des employés du palais. Lukas a ses habits de garde. Je n'ai pas la possibilité de le changer.
- Allez vous vêtir avec l'uniforme d'un des soldats que nous avons assommés. Je vais jouer le rôle du prisonnier que vous emmenez chez le général. J'ai des informations importantes à communiquer sur la cachette de Duke Fleed.

Lukas me regarde.

- Prince, c'est dangereux.
- Moins que si nous restons ainsi.
- Mais...
- Faites ce que je vous demande, je lui réponds d'une voix sèche.

Il acquiesce et me laisse 10 mn. Laissé à ma solitude, si on peut dire, mon esprit est torturé par les cris que j'entends. Je ne peux qu'imaginer ce que ces femmes subissent. Je frémis, serre les poings et me ramasse. Je ne peux pas laisser faire ces monstruosités. Un instant, j'oublie ma mission. La colère et la haine que j'ai gardé au fond de moi depuis ma libération envahissent mon corps. Mes muscles se tendent. Je vais bondir en avant quand Lukas me rattrape et me sert contre lui.

- J'arrive à temps. Duke, calmez-vous. Calmez-vous.

Sa voix est assourdie par la cagoule qui enveloppe son visage. Il me chuchote à l'oreille des paroles réconfortantes, remplies de promesse sur ce que je pourrais faire pour me venger lorsque j'aurais Goldorak en main. J'arrive à me calmer avec peine. Il en profite pour me faire lever. Pour assurer la réussite du plan, il me lie les mains. Je tente de me dégager. Je ne veux pas d'entraves.

- C'est nécessaire. Calmez-vous. Les liens sont lâches, vous pouvez les retirer facilement. En attendant, suivez-moi.

Il pointe son arme dans mon dos. J'ai un doute. Lukas est-il mon sauveur ? Ou va-t-il me livrer ? Il est convaincant dans son rôle. Je bande mes muscles à l'affût du danger mais aussi de l'homme derrière moi. En un instant, j'ai perdu confiance. Je dois me libérer. Lukas sent que quelque chose ne va plus. Il déplace son arme et me chuchote tout bas pour me convaincre qu'il est toujours de mon coté. Mon coeur bât la chamade. Tout se mélange. Les cris me rappellent les derniers instants de ma mère, l'appel désespéré de ma soeur qui veut me retenir. Je dois me contrôler. Il faut sortir d'ici. Je répète un mot en boucle "Goldorak, Goldorak".

Pendant le combat intérieur que je mène, nous sommes arrêtés à plusieurs reprises. Lukas explique la situation et demande où se trouve les responsables. Vega et ses généraux sont au Centre. Ils ont réussi à franchir la porte du hangar de Goldorak. Enfin, nous sortons. Je manque de m'écrouler. La chaleur est intense, le ciel rouge vif est agrémenté ça et là d'ombres noires qui se déplacent, la fumée est épaisse et noire. Tout est en feu. L'odeur est insupportable : une odeur de mort qui envahit nos narines nous étouffe presque. Je voudrais mettre ma main sur mon nez mais je ne peux pas. Mes yeux découvrent un charnier. Des corps, par dizaines sont entassés. J'ai des haut le coeur. Lukas tient mon bras, il donne une légère pression et me fait signe de continuer. Je détourne mon regard. J'ai honte. Je n'ai pu rien faire pour éviter cela. Nous sommes maintenant devant le Centre. Le plus dur est à venir. Plusieurs ennemis connaissent mon visage. Nous nous cachons pour repérer les mouvements des troupes. Nous n'avons pas réfléchi à un autre plan. Je me ressaisis. Le résultat de cette mission est importante. La planète est sacrifiée. Je ne peux plus rien faire pour elle pour l'instant.

Re: Cauchemar

Posté : jeu. févr. 13, 2014 00:20 am
par euphoria
quel récit magnifique, je visualisais en même temps que je lisais, on s'y croirait!!
encore, encore..... :D

Re: Cauchemar

Posté : jeu. févr. 13, 2014 01:33 am
par Gurendaizä
Terrible cette sensation de ne pouvoir rien faire pour sauver son peuple, alors qu'il le désirerait tant ! :( :( :(

Pourvu qu'il puisse retrouver rapidement Goldorak ! :goldonav: :goldo3:

Re: Cauchemar

Posté : jeu. févr. 13, 2014 10:30 am
par Monsieur Vilak
J'ai lu avec impatience pour la suite. Merci, c'est encore une fois très bon.

Re: Cauchemar

Posté : ven. févr. 14, 2014 10:23 am
par homnorak
Voici une petite suite plus légère.
Sur Terre - 7
Des bruits de pas me réveillèrent. Je soulevai ma tête et me rendis compte que j'étais dans la caverne sous le Centre. J'étais allongé sur le sol, recroquevillé sur le côté. Je me redressai, la tête embrouillée par le souvenir qui m'avait assailli.
Goldorak avait maintenant les yeux éteints. J'avais dû rêver la lumière et l'énergie que j'avais ressenties. Pourtant, tout était clair dans mon esprit. Tout ce que j'avais vécu sur Euphor m'était revenu pendant cet inconscience.

- Actarus ! Actarus ! Où es-tu ?

Mon père apparut à la porte et se précipita vers moi quand il me vit.

- Oh, Actarus ! Que s'est-il passé ? Cela fait plus de deux heures que je te cherche.
- Je me rappelle de tout, père, lui répondis-je. C'est horrible, horrible.

Je baissai la tête pour ne pas lui montrer les larmes qui coulaient sur mes joues. Il m'étreignit les épaules puis me colla à lui. J'éclatai soudain en sanglots.
- Pleure, fils. Libère-toi.
- J'ai essayé, tentai-je de lui expliquer. Je te jure que j'ai essayé de les combattre. Mais ils étaient trop forts, trop nombreux. Je ne peux pas le supporter. Pourquoi ? Pourquoi suis-je le seul survivant ?
- Qui te dit que tu es le seul ?

Procyon me caressa les cheveux. Il ne me demanda rien mais je le savais curieux de savoir ce que j'avais vécu. Je n'étais pas encore capable de lui en parler. Sa voix douce et ses gestes de réconfort me calmèrent.

- Je te cherchais parce que je voulais te montrer quelque chose de particulier. Je ne sais pas si tu as déjà vu cela.
- Qu'est-ce que c'est ?
- Viens...

Nous nous levâmes et nous prîmes l'ascenseur pour remonter dans le Centre. Mon père se dirigea vers son bureau dont les fenêtres donnaient sur le barrage et les bois. Le jour s'était enfin levé. Je découvris un paysage blanc. Complètement blanc. C'était impressionnant. Même le ciel avait cette couleur. Je distinguais encore un peu de vert sur les arbres ainsi que les troncs mais en me penchant, je vis que ma moto était ensevelie.
- C'est... - je cherchai les mots -... étonnant. Je n'avais encore jamais vu cela. Qu'est-ce que c'est ?
- De la neige. La pluie se transforme en flocons blancs lorsque les températures sont basses. L'hiver est une des saisons qui divisent l'année. C'est la période la plus froide qui dure au moins quatre mois. Tu veux aller dehors ?

Je le regardai, un sourire aux lèvres.

- Oui, j'aimerais bien tester.
- Va t'habiller chaudement alors. Nous irons au ranch après.

Je retournai dans ma chambre. Avant de prendre la grosse veste que mon père m'avait achetée quelques semaines auparavant, je m'assis sur le lit pour souffler un peu. Le regard vide, je pensais à ce que j'avais vécu à la caverne. Le contact visuel avec le robot avait libéré quelque chose, comme un chemin que je pouvais entreprendre pour finaliser ma guérison. Je mis un pull, bien que je ne pensais pas que j'aurais froid, la parka et les grosses bottes qui l'accompagnaient. Mon père m'attendait devant le garage. La jeep avait été recouverte de sa toile. Avant de franchir la porte, j'examinai cette neige que je voyais pour la première fois. Je me penchai pour la toucher : elle était glaciale et fondait lorsque je la prenais entre mes doigts. Quand je fis un pas dehors, je sentis mon pied s'enfoncer. La sensation était agréable, spéciale mais agréable. Un sourire aux lèvres, je m'assis près de mon père.

- Allez en route. Je suis sûr que Vénusia et Mizar t'attendent pour faire une bagarre.
- Je vais devoir m'occuper des chevaux avant. Comment réagissent-ils avec cette matière et cette température ?
- Tu demanderas à Riguel, s'il n'est pas perché sur son mirador.

Vénusia nous invita pour boire un café. c Elle me rejoignit avec la boisson et curieuse me demanda ce que je regardais avec autant d'attention.

- La neige. Le ranch est magnifique avec cette couleur particulière, blanche avec des tons jaunâtres.
- On dirait que tu vois la neige pour la première fois.
- Qui te dit que ce n'est pas le cas ?

Je ne voulais pas lui montrer qu'en effet, c'était la première fois que je côtoyais la neige.
- Là où je vivais, les hivers étaient doux et nous avions très peu de pluie. Je ne me rappelle pas d'avoir vu ce phénomène.

Je terminai ma tasse et me levai.
- Excuse-moi, je vais m'occuper des chevaux.

Je fis un signe à mon père avant de sortir. L'air glacial me prit par surprise. Ma respiration se coinça dans la gorge. Reprenant mon souffle, je me dirigeai vers l'écurie. Les chevaux m'accueillirent en hennissant. L'odeur du lieu, la chaleur des chevaux réunis me soulagèrent. Je me mis au travail sans arrière pensée pendant trois heures. Mizar vint me chercher pour le repas. Mon père était retourné au Centre. Comme toujours, les plats que Vénusia avait préparés étaient délicieux.

- Actarus, tu as déjà fait un bonhomme de neige ? me demanda Mizar.
- Non, dans mon pays natal, il n'y en avait pas.
- Ça te dit d'en faire un cet après-midi ? Tu as fini avec les chevaux ?
- Oui, je veux bien. Tu me montreras.

C'est ainsi que nous nous retrouvâmes dehors, emmitouflés dans nos vêtements d'hiver. Le soleil commençait à faire son apparition. Ses rayons réchauffaient nos visages. Mizar m'indiqua ce que je devais faire pour créer la plus grosse boule pour faire le corps. Elle n'était pas tout à fait ronde mais il s'en contenta, se moquant de ma maladresse. Au bout d'une heure, nous avions un bonhomme habillé d'une carotte en guise de nez, deux cailloux pour les yeux et une brindille pour la bouche. Riguel nous rejoignit avec son appareil photo. Il nous demanda de nous positionner près de notre sculpture, Vénusia d'un côté, moi derrière Mizar de l'autre côté. Il était hors de question que sa fille soit proche de moi. Je souris en voyant le regard exaspéré de la demoiselle. Riguel en profita pour appuyer sur le déclencheur.

Après ce fut la débandade. Mizar commença à lancer des boules de neige à Vénusia. Je rigolai de son étonnement. Du coup, je ne vis pas ce qu'elle préparait jusqu'à ce que je reçoive moi aussi un jet glacial. J'enlevai la neige de mon visage quand j'en reçus une autre de son frère. Décidément, ils m'en voulaient tous les deux alors que je n'étais pas responsable du premier lancer. A mon tour, je préparai de petites boules que je lançai sur mes agresseurs. Je n'avais jamais pratiqué ce jeu mais je le trouvais excellent pour la détente jusqu'à épuisement. J'attrapai ensuite Mizar et nous roulâmes dans la neige, imitant une bagarre. Nous rigolions aux éclats.

- Eh bien, mes enfants. Je vois que c'est la fête. Je suis content, Actarus, de te voir si joyeux.

Nous nous redressâmes, couverts de neige de la tête aux pieds.

- Rebonjour, Père. Vénusia et Mizar m'ont montré la construction d'un bonhomme. Ne le trouvez-vous pas joli ?
- Un vrai gardien de l'hiver. Il est un peu bancal, non ?
- On ne peut pas dire qu'Actarus soit très doué, taquina Mizar.

Je fis mine de l'attraper.

- Que diriez-vous d'une tasse de thé et de petits gâteaux que j'ai faits ce matin ? demanda Vénusia.

Nous lui montrâmes notre enthousiasme par un grand cri et courûmes jusqu'à la maison. Je laissai Mizar prendre de la distance et fus rejoint par mon père.

- Comment vas-tu, fils ?
- Heureux. Cela faisait longtemps que je n'avais pas ri ainsi. Je me suis retrouvé comme autrefois quand je courrais dans le parc avec mes amis.

L'évocation soudaine de Pollux et d'Aphélie me pinça le coeur mais je tus cette émotion. Je n'allais pas détruire la détente de cette journée à cause du passé. A partir de ce jour, je décidai aussi de dormir au ranch. Je voulais profiter de l'atmosphère familiale des Riguel qui me considéraient comme un membre à part entière de la famille. Il était temps que j'en jouisse. Je vis le soulagement de mon père lorsque je lui en fis l'annonce. J'étais conscient de son inquiétude en privilégiant ma solitude. Il pouvait maintenant se rassurer. En acceptant de vivre au ranch, je passais un autre cap, celui de la sociabilisation qui m'aiderait aussi à diminuer mes angoisses.

Re: Cauchemar

Posté : ven. févr. 14, 2014 16:43 pm
par euphoria
j'ai beaucoup aimé!!

Re: Cauchemar

Posté : sam. févr. 15, 2014 01:55 am
par Gurendaizä
Bravo ! :D :goldo3:

Re: Cauchemar

Posté : mar. févr. 18, 2014 13:51 pm
par homnorak
voici la première partie du chapitre 8


Sur Terre – 8


Le travail au ranch était réduit du fait de l'hiver. Le matin, je m'occupais des chevaux et des box puis, après le repas du midi, je retournais au Centre et discutais avec mon père des améliorations que je comptais apporter à Goldorak. Depuis la libération de mes souvenirs, je recommençais à m’intéresser à la recherche scientifique et décidais de donner au robot la puissance qui lui avait manqué lors de notre fuite d'Euphor. La Terre n'était pas encore parvenue à l'évolution technologique de la plupart des planètes de ma galaxie mais l'ingéniosité de ses chercheurs permettait de comprendre rapidement les subtilités de ma machine. Ils furent étonnés et enchantés par le matériau GREN. Ils souhaitaient pouvoir l'utiliser pour d'autres machines spatiales mais je n'étais pas prêt à donner la formule de cette invention.

Alors qu'elle s'affairait à ranger la cuisine, Vénusia me confina au salon avec un thé et un journal. Elle refusait que je m'implique et je n'avais pas encore réussi à trouver la parade pour l'aider. Je lisais donc tranquillement en sirotant la boisson lorsqu'un article me tétanisa. La tasse que je tenais s'échappa de ma main, éclaboussant mon habit, la table et se fracassa sur le sol. Vénusia se précipita près de moi, affolée

- Actarus ! Que se passe-t-il ? me demanda-t-elle.

Je fus incapable de lui répondre. Mon regard fixait une photo représentant deux robots pour l'inauguration d'un musée. Ils ressemblaient un peu à Goldorak bien que plus petits et moins puissants dans le concept. Elle jeta un œil sur le journal.

- Oh ! ça y est ! ils ont décidé d'exposer ces robots au public. J'aimerais tellement aller visiter ce musée. Mais Actarus, qu'y a-t-il ? On dirait que tu as vu un fantôme ?

Elle posa sa main sur mon bras.

- Actarus ?
- Ah, je t'y prends à toucher un garçon ! Veux-tu t'éloigner d'Actarus ?

Son père surgit devant nous, gesticulant dans tous les sens. Par réflexe, je me reculai. Je savais que j'agissais bizarrement, mais je ne pouvais rien expliquer. Les émotions qui ressortaient étaient trop fortes.

- Excusez-moi, je dois voir mon père.

Je sortis de la maison, le journal chiffonné dans la main.

Arrivé au Centre, je me précipitai dans le bureau de mon père. Il me regarda, étonné par mon arrivée fracassante. Il s'empressa de me rejoindre.

- Actarus, que se passe-t-il ?
- Père !

Je ne trouvais pas les mots pour exprimer mon angoisse. A la place, je lui tendis l'article.

- Oh, tu viens de découvrir les deux robots qui ont aidé à combattre un ennemi terrien. Cela s'est passé au Nord du Japon. Nous avons été très peu touché, ici. Le premier robot, Mazinger Z a été créé par le professeur Kabuto, un vieux dingue qui a passé la fin de sa vie dans un atelier à la recherche d'une matière presque indestructible. Un peu comme le GREN mais d'une puissance plus faible. Nous avons été attaqués par un fou, le Dr Hell, qui souhaitait prendre le contrôle du Japon puis de la Terre à l'aide de machines.

A ses mots, je me redressai, la tension qui avait envahi mes muscles s'intensifia, mes poings se serrèrent et chiffonnèrent le papier. Ma curiosité l'emporta.

- Que s'est-il passé ?
- Le robot a été légué au petit fils de Kabuto qui a combattu ces monstres avec vaillance bien qu'avec beaucoup d'impétuosité. Hélas, un autre ennemi plus puissant eut raison de lui à terme.
- Ce garçon est mort ?
- Non, il fut sauvé par un autre robot. Celui-ci.

Il me montra sur la photo le deuxième robot, plus sophistiqué.

- Great Mazinger, continua-t-il. Il a été conçu par le père de jeune Kabuto mais celui-ci le découvrit tardivement. En effet, le professeur Yumi, qui l'avait recueilli et avec qui je suis en contact, l'avait envoyé à l'université pour qu'il apprenne la technologie et le pilotage. Quand Kôji revint, lui qui se pensait orphelin fit la connaissance de ce père mais pour peu de temps. C'est une histoire assez tragique. A la suite de cela, Kôji est parti aux USA et a fait différents stages à la NASA qui est un organisme américain pour l'étude spatiale. Il a décidé de se faire appeler Alcor.
- Que s'est-il passé avec ce Great Mazingren ?
- Mazinger. Il y a eu aussi une autre guerre avec des monstres plus particuliers, tantôt machines, tantôt démons.
- Ça existe aussi ici alors ? Même la Terre si paisible connaît la guerre, la mort, la destruction.

Mon père posa sa main sur la mienne pour me rassurer.

- Oui, je ne peux pas te cacher que la Terre n'est pas aussi paisible que tu sembles le croire. Le Japon a participé à une guerre mondiale, il y a 30 ans. Elle a subi de nombreuses pertes dont deux villes importantes qui ont été détruites par une nouvelle arme inventée par des scientifiques. Un peu comme le lasernium qui a détruit Euphor sur une plus grande échelle.

Je secouai la tête, un peu déçu d'entendre cela.

- Et maintenant ?
- Suite à cela, la constitution japonaise a interdit le maintien d'une armée et le lancement d'opérations militaires en dehors de ses frontières. Le Japon reste cependant une puissance mondiale dans l'armement bactériologique et technologique. Kabuto et Yumi firent partie de l'élite scientifique pour la conception de prototype comme ces robots.
- Avec ces deux robots, vous avez pu vaincre ce Dr Hell ?
- Oui, non sans mal mais la bravoure des pilotes a été un excellent moteur.
- Tu crois qu'il pourrait y avoir encore une guerre sur Terre ?
- Je ne sais pas.

Procyon resta muet un instant.

- Père, je ne connaîtrais jamais la paix, n'est-ce pas ?

Il me regarda, soucieux.

- Je ne connais pas l'avenir, mon fils.
- Sache que je ne ferai pas la même erreur que sur Euphor. Cette fois, je me battrai avec ma machine. Que les ennemis viennent de l'espace ou sous Terre, je serai là pour défendre la Terre qui m'a recueillie et qui ressemble tant à ma planète disparue.
Je m'étais presque levé en disant cela, une main fermée posée sur mon cœur. Ce serment me fit du bien Je sortis du bureau et me dirigeai alors vers les ateliers.

***

Re: Cauchemar

Posté : mar. févr. 18, 2014 14:15 pm
par Monsieur Vilak
Absolument delicieux! Ce que tu viens de nous livrer m'a énormément touché.
Quand à la pirouette Mazingren/Mazinger, elle prouve ta grande inspiration et tout ton talent.

Re: Cauchemar

Posté : mar. févr. 18, 2014 14:17 pm
par homnorak
:oops: Merci

J'ai pris ton idée de faire un lien avec la période MZ, comme ça j'annonce déjà la venue d'Alcor (et aussi le changement de nom par la meme occasion ;) )

Re: Cauchemar

Posté : mar. févr. 18, 2014 22:18 pm
par euphoria
c'est vraiment une très bonne idée, j'ai bien aimé ce prélude à la série que l'on connait..

Re: Cauchemar

Posté : mer. févr. 19, 2014 14:55 pm
par homnorak
Voici la suite du chapitre 8. Un clin d'oeil au chapitre 5 d'Hikaru "Il était une fois parmi les étoiles" (sur un autre forum mais par respect de son travail, je me dois de le citer)

Chapitre 8 suite


Je n'avais pas encore revu Goldorak mais je devais avancer dans mes recherches. J'avais réussi à récupérer les données de mon pendentif sur un ordinateur du Centre et imprimé les plans de la soucoupe et du robot en plusieurs exemplaires. Procyon m'avait attribué l'aide de Cochir, un jeune homme svelte d'une dizaine d'années plus vieux que moi. Il portait des lunettes fines, était aussi grand que moi et surtout il était spécialisé dans la programmation et les ordinateurs ce qui m'aidaient énormément pour comprendre la technologie archaïque. Parfois, j'en venais à regretter la grande Bibliothèque d'Euphor et le Centre EuPal, qui étaient des mines d'or de savoir.

Nous travaillions déjà depuis deux heures lorsque je sentis une présence dans le couloir. L'effluve fruité du jasmin et de l'orchidée, ma fleur préférée m'indiqua l'identité de la personne. Je fis signe à Cochir de changer de sujet et de mon côté, j'attendis qu'elle fasse le premier pas. Il est rare que Vénusia s'aventure ici. Elle devait donc avoir une bonne raison. Toutefois, elle fit demi-tour sans s'annoncer. Un peu déçu de ne pas avoir eu d'interruption, je repris mon explication sur les commandes vocales. Cependant, j'avais un peu perdu le fil, je décidai donc d'en arrêter là pour aujourd'hui. Je rejoignis mon père dans la salle de contrôle.

- Tout va bien ?
- Oui, rien à signaler. Nous procédons à nos études habituelles. Dans deux jours, nous recevrons une nouvelle antenne-radar. Tu seras là ?
- Oui, ça ne devrait pas poser de problème, lui répondis-je. Dis-moi...

Il m'interrompit avant que je continue.

- Vénusia est venue me voir tantôt.
- Oui, je sais. Je l'ai sentie en bas.
- Oh, elle t'a donc parlé ?
- Non, elle est repartie discrètement. Sais-tu ce qu'elle voulait ?
- Elle aimerait t'intégrer un peu plus à la famille et souhaiterait connaître ta date de naissance pour faire une fête.
- Ma date de naissance ? répétai-je. Hum, je vais avoir du mal avec notre calendrier annuel plus long que sur Terre. Même nos mois ne sont pas équivalents.
- Tu peux y réfléchir ? me demanda mon père. Cela lui ferait plaisir. D'ailleurs, à ce propos, j'ai l'impression qu'elle commence à ressentir des sentiments plus profonds pour toi.
- Comment cela ?
- Eh bien, elle est jeune et entre dans un âge où elle commence à s'intéresser aux garçons. Tu as une physionomie et une prestance qui feraient battre le cœur de n'importe quelle jeune fille.

Je rougis et baissai la tête, gêné.

- Je ne sais pas quoi dire. Je ne recherche pas ces sentiments-là. Enfin, pas maintenant. J'ai encore le souvenir de...

Je m'interrompis. Je ne voulais pas parler d'Aphélie. Non, c'était mon jardin secret. Vénusia était mon amie. Je ne ressentais pas pour elle, les émotions que j'avais eu avec ma cousine. Je voulais la protéger comme une petite soeur et je n'arrivais pas à la voir autrement même si, quand nous étions ensemble, j'étais à l'aise, plus sûr de moi. Avec Aphélie, je voulais souvent la toucher. Avec Vénusia, je voulais parler. Mais je ne le pouvais pas et cela me fendait le cœur de devoir lui mentir.

- Allez file, reprit mon père. Ce n'est certainement qu'une amourette d'adolescente, elle peut changer de sentiment en rencontrant d'autres garçons.
- Tu nous rejoins ce soir, pour le repas ?
- Non. Le ciel est particulier ce soir et j'aimerais analyser les étoiles.