Préparez une histoire sympa après (et ne regardez pas cette horrible bannière

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La violence des électrochocs et des coups ont fait beaucoup de dégats sur mon corps. Alphgar a consolidé certaines lésions mais j'en garderai des cicatrices. Nous nous sommes séparés. Lukas me conduit hors de la caverne qui m'a protégé durant les 6 dernières heures. Le mage est parti de l'autre côté pour continuer son travail de sauvetage. Il espère pouvoir emmener un maximum de personne dans les profondeurs des grottes qui entourent la ville. De longues cavernes permettent d'atteindre les hautes falaises qui séparent la cité du désert rose. Le plus dur sera ensuite de survivre sans nourriture et sans eau. Il ne veut pas que je m'inquiète mais comment faire ? J'ai été incapable de sauver mon peuple et il me force à fuir.
Lukas m'entraîne dans un dédale de couloirs à l'aide d'une petite torche. Je le suis essayant de ne pas nous ralentir avec ma marche claudiquante.
- Prince, ne trainons pas. Votre évasion a été signalée depuis longtemps maintenant. Les soldats doivent fouiller les environs et ils peuvent trouver l'accès aux souterrains malgré les précautions d'Alphgar.
- Oui - Ma voix est faible, je grimace - Où mène ce couloir ?
- Dans une des nombreuses caves de la Capitale. Je ne savais pas qu'il y avait autant de souterrains naturels.
- Moi non plus. Si j'avais su, nous aurions pu les utiliser au mieux pour protéger la population.
- Il ne sert à rien de supposer maintenant. Allons de l'avant.
- Merci Lukas pour ce que vous faites.
- Ce n'est rien Prince, c'est mon devoir de vous protéger. Attention, nous sommes arrivés là où Alphgar voulait nous faire sortir. Nous devons grimper via un petit conduit. Je passe devant.
Je regarde vers le haut et aperçoit à 1 mètre au dessus de moi une ouverture étroite, à peine plus grande qu'un corps d'homme. Des pitons sont accrochés sur la paroi pour l'escalader. Il fait tellement noir qu'il est impossible de voir la fin même avec la torche. Lukas prend son élan pour atteindre la première attache. Par la force des bras, il se hisse et commence à monter. Je le suis. Mes muscles tirent lorsque j’attrape la première accroche. La douleur au bras droit se réveille. C'est la partie qui a été la plus touchée, d'abord par la blessure reçue quand j'étais avec Pollux, puis par l'onde radioactive d'une bombe quand je me suis dirigé vers le palais et par les tortures que Sogradi s'est plu à accentuer à cet endroit quand il a compris ce point faible. Alphgar a fait un miracle car je ne pensais pas que ce bras fonctionnerait à nouveau. La montée n'en finit pas. Les pitons sont espacés régulièrement et je ne peux que suivre mon instinct pour grimper. Seul le bruit que fait Lukas me guide. J'ai l'impression que cela fait des heures que je suis là, j'épuise mes forces, je ne tiendrais plus longtemps. J'étouffe. C'est étroit et je me cogne réveillant d'autres douleurs. Mais je dois continuer pour la mission qu'Alphgar m'a ordonnée. J'aperçois enfin une lueur et je sens un courant d'air.
- Attention Prince, tenez-vous pendant que j'ouvre et vérifie si tout est calme.
Il n'y a pas un bruit. Lukas disparait un instant. Je m'approche de l'ouverture quand il se penche.
- C'est bon, la voie est libre.
Je me hisse et m'assoie sur le rebord. La sueur coule sur mes tempes que j'essuie avec mon bras.
- Reposons-nous un instant. Venez, nous allons nous mettre derrière les caisses là-bas, dans le cas où quelqu'un viendrait.
Je rampe vers l'endroit qu'il m'indique. Je ferme les yeux. Mon corps n'est que douleur. Je suis ankylosé de partout. Je profite de ces instants de répit pour regarder autour de moi. Les caisses en bois sont humides et sentent le moisi. Elles doivent être là depuis un certain temps et je me demande ce qu'elles peuvent contenir. La pièce est au niveau des fondations d'un bâtiment. Les murs sont en pierres brutes. Une porte en bois d'un mètre de haut est en face de moi.
- Comment va votre bras ? et vos jambes ? Avez-vous mal à la tête ? me demande mon garde du corps.
- J'ai soif et pour les muscles, on verra plus tard. Je crois que la tension me protège de la douleur.
Je me tais un instant.
- Si seulement nous avions des informations sur ce qui se passe dehors.
Je pose la question qui tourne en moi depuis mon réveil.
- Comment m'avez-vous trouvé ?
Lukas s'assoie près de moi et passe une main dans les cheveux.
- Oh, par chance, je dois dire. Je vous cherchai depuis votre départ de l'armurerie. Avec les premiers tirs, je vous ai perdu de vue. Je vous ai repéré lorsque vous avez rencontré la princesse. Je devais me cacher pour éviter de de me faire repérer par les patrouilles. J'ai dû en intercepter une et je vous ai à nouveau perdu de vue. Quand je suis arrivé au palais, vous étiez écroulé sur votre mère et les soldats vous dégageaient. Ils étaient trop nombreux et mon arme était déchargée. Je les ai suivis au loin pour voir où ils vous emmenaient. Quand j'ai vu qu'ils vous enfermaient au Centre de recherches, j'ai cherché un moyen de vous libérer. Il y avait trop de soldats et le lieu n'était pas sûr. J'ai dû rebrousser chemin. Je ne sais pas comment j'ai fait pour éviter de me faire prendre. C'est un miracle.
Il reprend sa respiration. L'émotion passe dans ses yeux.
- Je ne sais pas combien de temps a passé avant que je ne rencontre Alphgar. Je lui ai expliqué la situation. Il est plein de ressources ce mage, continue Lukas avec un sourire ironique.
Heureusement qu'il est de notre coté. Je ne sais pas comment il a fait mais il a su rapidement dans quelle salle vous étiez emprisonné. Nous sommes passés par les différents souterrains qui relient les bâtiments principaux de la ville. Nous pourrions avoir une vraie ville souterraine. Il a lancé un sort de paralysie pendant que je vous emportais. Il nous a emmené assez loin.
Il s’interrompt et me regarde
- Vous êtes passé près de la mort. S'ils n'avaient pas eu besoin de vous pour Goldorak, vous seriez certainement mort.
- Je le conçois. Je n'ai aucun souvenir de ce que j'ai réellement subi en dehors de la douleur.
Il ne dit rien mais je vois la pitié dans son regard et une autre émotion que je n'arrive pas à définir. Il se lève.
- Nous allons devoir y aller. Prêt ?
- Oui.
Je me redresse péniblement. Lukas a ouvert la porte et se baisse pour sortir. Il me fait signe de le rejoindre quand il est sûr que la voie est libre.
- Restez derrière moi.
Nous pénétrons dans une salle circulaire en terre brute, d'une taille plus petite. Le seul accès disponible est en hauteur, à environ 3m. Des barreaux sont soudés dans les pierres. Lukas grimpe et dégage la planche en bois qui recouvre l'ouverture. Nous pénétrons alors dans le couloir des cachots. De chaque côté, les grilles sont ouvertes, sans prisonnier. Cela faisait longtemps que nous n'enfermions plus personne à cet endroit. Les veghiens n'ont pas dû trouver cet accès, sinon, ils l'auraient peut être déjà pu les utiliser.
- Venez, la voie est libre.
Je suis Lukas vers les escaliers en colimaçon. La montée est pénible. Nous arrivons au 2e sous-sol. Je suis dans un terrain connu. Cet étage sert de stockage général. Deux soldats sont en fraction aux escaliers supérieurs. Nous les assommons et continuons notre chemin.
Le 1 er sous-sol est plus agité. Les pièces qu'il contient sur toute la superficie servent d'ateliers divers et de cuisine. Nous nous cachons dans un cagibi attenant au foyer central. Des cris et des rires résonnent. Je distingue des voix de femmes et d'enfants. Je serre les poings. Je veux m'élancer quand Lukas me retient le bras.
- Non, Prince. Même avec la meilleure volonté, nous ne pouvons rien faire. Nous devons nous concentrer pour récupérer d'autres armes et sortir d'ici.
- Je vais nous conduire à Goldorak par un chemin que je connais. Il faut juste que...
Pour la première fois, je touche ma poitrine. Mon pendentif... où est-il ?
- Oh non, ils me l'ont pris.
Lukas regarde à son tour et pâlit.
- Ce pendentif sert de clé, n'est-ce pas ?
- Oui, tous les codes y sont stockés. En principe, il ne peut dévoiler ce qu'il contient que par moi, il a été sécurisé ainsi.
- Bien, nous avons donc un répit. Ils ne connaissent pas toutes ces propriétés.
- Je ne sais pas ce qu'a pu leur révéler Octavius. Les portes s'ouvrent juste pas apposition du bijou sur l'empreinte prévue à cet effet.
- Pouvons-nous envisager d'accéder quand même au hangar par cet endroit ?
Je secoue la tête.
- Non. Vous m'avez dit qu'Alphgar nous avait conduit à la caverne par des souterrains reliant les bâtiments. Pourquoi ne pas refaire ce chemin ?
Le garde parait gêné.
- Eh bien, il faisait presque noir et je vous portais. Je ne suis pas sûr de retrouver le chemin. Celui qu'on a pris était facile à trouver, il suffisait de suivre le mur droit. Mais Alphgar ne m'a donné aucune indication pour revenir sur l'autre chemin.
Je réfléchis. Je porte encore mon vêtement d’apparat, complètement en lambeaux. je lance la métamorphose pour me vêtir d'un simple caleçon noir et d'une tunique beige, vêtement des employés du palais. Lukas a ses habits de garde. Je n'ai pas la possibilité de le changer.
- Allez vous vêtir avec l'uniforme d'un des soldats que nous avons assommés. Je vais jouer le rôle du prisonnier que vous emmenez chez le général. J'ai des informations importantes à communiquer sur la cachette de Duke Fleed.
Lukas me regarde.
- Prince, c'est dangereux.
- Moins que si nous restons ainsi.
- Mais...
- Faites ce que je vous demande, je lui réponds d'une voix sèche.
Il acquiesce et me laisse 10 mn. Laissé à ma solitude, si on peut dire, mon esprit est torturé par les cris que j'entends. Je ne peux qu'imaginer ce que ces femmes subissent. Je frémis, serre les poings et me ramasse. Je ne peux pas laisser faire ces monstruosités. Un instant, j'oublie ma mission. La colère et la haine que j'ai gardé au fond de moi depuis ma libération envahissent mon corps. Mes muscles se tendent. Je vais bondir en avant quand Lukas me rattrape et me sert contre lui.
- J'arrive à temps. Duke, calmez-vous. Calmez-vous.
Sa voix est assourdie par la cagoule qui enveloppe son visage. Il me chuchote à l'oreille des paroles réconfortantes, remplies de promesse sur ce que je pourrais faire pour me venger lorsque j'aurais Goldorak en main. J'arrive à me calmer avec peine. Il en profite pour me faire lever. Pour assurer la réussite du plan, il me lie les mains. Je tente de me dégager. Je ne veux pas d'entraves.
- C'est nécessaire. Calmez-vous. Les liens sont lâches, vous pouvez les retirer facilement. En attendant, suivez-moi.
Il pointe son arme dans mon dos. J'ai un doute. Lukas est-il mon sauveur ? Ou va-t-il me livrer ? Il est convaincant dans son rôle. Je bande mes muscles à l'affût du danger mais aussi de l'homme derrière moi. En un instant, j'ai perdu confiance. Je dois me libérer. Lukas sent que quelque chose ne va plus. Il déplace son arme et me chuchote tout bas pour me convaincre qu'il est toujours de mon coté. Mon coeur bât la chamade. Tout se mélange. Les cris me rappellent les derniers instants de ma mère, l'appel désespéré de ma soeur qui veut me retenir. Je dois me contrôler. Il faut sortir d'ici. Je répète un mot en boucle "Goldorak, Goldorak".
Pendant le combat intérieur que je mène, nous sommes arrêtés à plusieurs reprises. Lukas explique la situation et demande où se trouve les responsables. Vega et ses généraux sont au Centre. Ils ont réussi à franchir la porte du hangar de Goldorak. Enfin, nous sortons. Je manque de m'écrouler. La chaleur est intense, le ciel rouge vif est agrémenté ça et là d'ombres noires qui se déplacent, la fumée est épaisse et noire. Tout est en feu. L'odeur est insupportable : une odeur de mort qui envahit nos narines nous étouffe presque. Je voudrais mettre ma main sur mon nez mais je ne peux pas. Mes yeux découvrent un charnier. Des corps, par dizaines sont entassés. J'ai des haut le coeur. Lukas tient mon bras, il donne une légère pression et me fait signe de continuer. Je détourne mon regard. J'ai honte. Je n'ai pu rien faire pour éviter cela. Nous sommes maintenant devant le Centre. Le plus dur est à venir. Plusieurs ennemis connaissent mon visage. Nous nous cachons pour repérer les mouvements des troupes. Nous n'avons pas réfléchi à un autre plan. Je me ressaisis. Le résultat de cette mission est importante. La planète est sacrifiée. Je ne peux plus rien faire pour elle pour l'instant.