À propos de Mylène Farmer :
Monsieur Vilak a écrit : ↑mar. déc. 15, 2020 00:04 am
tout ce qu'elle fait est étudié et programmé pour faire cracher ses fans au bassinet.
C'est un gourou musical, une piscicultrice intensive.
Chaque mot de ses textes est fait pour te prendre au cortex si tu es un peu paumé ou mal dans ta peau.
Ses textes, habillés par une somptueuse musique arrangée en conséquence, ils te rendent heureux car tu te sens compris, tu vois sa souffrance et ça atténue la tienne.
Bon sang, il y a une partie de mon passé que je reconnais dans tes propos et principalement dans la troisième phrase soulignée.
En décembre 1996, j'avais été voir la rousse en concert avec un ami d'enfance à l'occasion de la tournée
Anamorphosée et j'ignore toujours pourquoi, 24 ans après, ce spectacle m'avait autant marqué à l'époque.
C'est clair que l'artiste ne brille guère par son timbre de voix. Par contre, elle sait choisir avec élégance ses tenues de scène et maîtrise à la perfection ses nombreuses chorégraphies.
Pour ce qui est de ce concert, je me souviens de ce moment où, sans prévenir, l'artiste s'est mise à éclater en sanglots en chantant le titre
Rêver. J'entends encore quelques fans hurler à tue-tête
On t'aime... Pleure pas, Mylène.
Sur l'instant, j'avais trouvé cette effusion (spontanée ?) d'une beauté saisissante. Pour clôturer le show, l'actrice entonne
L'amour XXL et s'adresse à la salle, les yeux mouillés par les larmes, en nous lançant
Je vous souhaite beaucoup d'amour à tous.
Le spectacle terminé, je me sentais sur un petit nuage avec le sentiment de ressentir une émotion que je n'avais encore jamais connue en terme d'intensité. Cela ne manqua pas d'échapper à mon pote qui me chambrera d'ailleurs pendant pas mal de temps à propos de ce concert.
Sur le coup, je sentais qu'il fallait que j'épanche un besoin d'amour (quand j'y repense, c'était une sensation étrange, mais je me sentais en réel état d'hypnose)
Je me souviens avoir écrit une longue lettre à la chanteuse pour finalement ne recevoir qu'une photo dédicacée que 3 ans plus tard, en novembre 1999 exactement.
À titre de comparaison, une photo dédicacée de l'album
Non Homologué de Goldman n'avait même pas pris un mois au printemps 1986.
Pour ce qui est de mon engouement passager pour Mylène Farmer, je me souviens m'être inscrit au Mylène Farmer Magazine, en 1997. Un trimestriel qui a la particularité de nous tenir au courant de toutes les nouveautés de l'artiste. J'ignore si cette revue existe toujours aujourd'hui.
Au printemps de cette même année, j'attends impatiemment la sortie de ce concert dans les bacs en VHS. Lorsque celui-ci paraît enfin, je suis aux anges.
Alors que ce spectacle nous propose le passage de l'artiste sur la scène du palais Omnisport de Paris-Bercy, je reste estomaqué lorsque je découvre une nouvelle fois la chanteuse pleurer sur le titre
Rêver.
Je dois donc comprendre que ces sanglots échangés durant cette soirée de 1996 étaient calculés d'avance ? Voilà une question qui m'a longtemps taraudé, mais dont la réponse m'importe bien peu aujourd'hui.
Quelques chansons plus loin, la dame s'adresse au public, en sortant de nouveau les violons
À cet instant, je vis les plus beaux moments de ma vie, je tenais à ce que vous le sachiez.
Et là, effusion d'amour dans la salle. Magnifique, vraiment.
Contrairement à toi, mon retour sur terre aura pris un peu plus d'un an.
Pour le concert de 2013 que tu cites, mon pote, qui était pourtant un fan de la première heure de la rouquine, a jeté définitivement l'éponge cette année-là.
Et pourtant, inexplicablement, la chanteuse a toujours son noyau de fans purs et durs qu'elle continue à endoctriner avec malice.
La Mylène que j'apprécie toujours, c'est bien celle des années 80.
Quel vent de renouveau ce fut que de voir débouler un beau jour une rousse de 28 ans, torturée par un mal de vivre, entonnant des chansons faisant l'apologie du suicide (quand on pense que l'introduction de son premier concert ne proposait rien de mieux qu'une grille renfermant un cimetière), accompagnée d'une sexualité débridée, se déclarant libertine avec une appétence marquée pour la sodomie.
La Mylène qui a su redéfinir les codes du vidéoclip en nous offrant des courts-métrages d'une quinzaine de minutes, le tout avec une élégance classieuse.
C'est peu de dire que cela fut une révolution à l'époque en comparaison de ce que proposait la variété française féminine (Jeanne Mas, Muriel Dacq, Caroline Loeb, Sabine Paturel, Corinne Charby).
Cette Mylène-là occupera toujours une place à part dans ma sensibilité musicale.