
On comprend mieux pourquoi c'est avant tout le monde arabe qui a poussé à une nouvelle série sur notre grand cornu!
Extrait d'un article de Micromania sur GU ici :
https://www.micromania.fr/fanzone/goldo ... recit.html
Longue de 74 épisodes, la série a rencontré un certain succès au Japon et en France. Mais c’est surtout dans le monde arabe qu’elle bat des records de popularité. Créée en 1975 par Gō Nagai, elle débarque à la télé libanaise en 1980. À l'époque, il s’agissait d’une des seules productions doublées à 100% en arabe. Les enfants ont donc pu découvrir les aventures de Daisuke (actarus en VF) et de Grendizer (Goldorak). L’espace, des robots géants… Tout ça est tout nouveau pour la jeunesse arabe qui regarde la télé. Peu de temps après, l’anime arrive sur Kuwait TV et Saudi Channel 1. Pour les plus jeunes, sachez qu’on parle d’un temps où la télévision par satellite, internet ou le streaming n’étaient pas de la partie. La TV était donc une des formes de divertissement les plus répandues. Très rapidement, Goldorak trouve son public.
D’après un des doubleurs de la série, ce succès est dû à deux choses : la qualité de la production, mais aussi la situation géopolitique un tantinet complexe dans la région durant cette période. Pour être plus précis, à ce moment, de nombreux territoires palestiniens étaient occupés par Israël, et la guerre civile faisait rage au Liban. Racha El-Saadaoui explique par exemple à Arab News que : « C’était une manière de s’échapper d’une enfance horrible avec l’insécurité de la guerre. »
Le mangaka à l’origine de Grendizer, Gō Nagai, est plutôt d’accord avec ces idées : « Je pense que c’est une question de timing. Dans la longue histoire du Japon, on a aussi connu de nombreuses guerres, donc les gens ont gardé ces souvenirs ancrés très profondément, et ça s’est probablement ressenti dans mes œuvres. » Il n’oublie toutefois pas d’envoyer un petit message dédié à ce public fidèle (et probablement inespéré) : « J’espère que vous continuerez à apprécier mon travail dans le futur. Je sais que certaines personnes vivent des moments difficiles, dans des environnements très différents et qu’il faut s’efforcer d’aller de l’avant. Mais je sais qu’ils se sentent libres et heureux lorsqu’ils regardent un anime en s’immergeant dans des mondes fantastiques. »
Même après la diffusion du dernier épisode, le phénomène ne s’est pas arrêté. Entre les rediffusions, l’arrivée de la TV par satellite et les copies pirates (c’est pas bien), l’anime n’a jamais réellement disparu. Si bien qu’aujourd’hui, il est encore très connu. En 2019, lors d’un événement à Riyad, une statue de 33 mètres de Goldorak avait été érigée, engendrant une queue géante pour faire sa photo avec le robot éponyme.
Personnellement, je découvre que Goldorak est passé en Algérie en 1982, lorsque ma mère pied-noir nous y emmène passer un mois pour nous montrer là où elle est née.
Outre d'y découvrir le racisme, puisque des gamins de cinq/dix ans nous jettent des pierres dans la rue en nous traitant de "sales français", nous faisons de belles rencontres, Maman retrouve une amie d'enfance arabe qui, maintenant épouse d'un ancien chef Fellagha et à cette époque homme politique d'influence, nous reçoit dans son château à Mostaganem.
Ses enfants me parlent en français et connaissent Goldorak, mais ils l'appellent "Goldorak", alors qu'en Algérie, c'est "Grendizer", ce que j'ignore.
Quelques jours plus tard, dans un magasin d'Alger, nous achetons des taquins Goldorak où il est également inscrit "Goldorak" et non "Grendizer"
C'est finalement en 1994 au plus tôt, lorsque sur minitel je fais la connaissance d'un arabe vivant la moitié de l'année à Paris, et qui lors de nos échanges me procurera les 43 premiers épisodes de Goldorak en arabe, que j'apprends que c'est "Grendizer" là-bas aussi.