Roman feuilleton Nosferatu le vampire par Judex6

On parle de tout ce qui n'a pas de rapport direct avec Goldorak
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LVD
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Re: Roman feuilleton Nosferatu le vampire par Judex6

Message par LVD »

Perso j'aime beaucoup (et je trouve niveau longueur que ce n'est ni trop court ni trop long) meme si la fin me laisse un peu mitige. Orlock est desormais quasi-invincible, sans point faible, le futur s'annonce sombre pour le reste de l'humanite... Qu'il change de corps ok, mais il aurait au moins du garder sa vulnerabilite au soleil.
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Judex
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Re: Roman feuilleton Nosferatu le vampire par Judex6

Message par Judex »

Il en a toujours deux :
Si o le balance a la flotte, c'est fini....
Si tout le monde le remarque==== retraite
Et puis, il pense lui qu'il n'a plus aucun point faible.... Cela ne veut pas dire que je lui en trouverais pas de nouveaux...
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Judex
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Re: Roman feuilleton Nosferatu le vampire par Judex6

Message par Judex »

bonne annee a tous...
Deja pour commence rje ne suis pas totalement inactif :
j'ai rajouté des passages au Nosferatu et corrigé le livre d'autant plus.

Cette nouvelle version n'aura pas toutes les explications de l'ancienne : j'ai rajouté suffisamment de choses pour qu'on comprenne mieux ce qui se trame sans devoir tout déballer car tout deballe rpemret certes de comprendre mais gache un peu le suspense...
a part des rajouts et des retraits (les fameuses explications) ou des corrections, rien de nouveau... le probleme est voudrez vous lire cette nouvelle version corrigée ?*
Les actes I a V sont ce qui a le plus de nouveautés ! un prologue et un epilogue ont également été rajoutés...
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Re: Roman feuilleton Nosferatu le vampire par Judex6

Message par LVD »

Ca represente quel volume en plus?
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Re: Roman feuilleton Nosferatu le vampire par Judex6

Message par Judex »

prologue inedit : 1 page

sur l'acte 1, pas grand chose a peu pres une page
l'acte II, je dirais pareil
l'acte III, c'est kif kif parce que ça represente exactement la portion retirée qui expliquait completement ce qui se passait afin que tout le monde comprenne (normalement un effort aurait du être fait pour capter ce qui se passait a bord : il y avait selon moi suffisamment d'indices) ! Les portions rajoutées expliquent sans expliquer ce qui se passe un peu mieux sans expliquer frontalement. Donc j'enleve les "c'est orlok qui" ! je n'aurais jamais du les mettre mais le peu de lecture au momen du post m'avait semblé demander un eclaircissmeent alors que les indices que j'avais semés parlaient d'eux-même !
pareil pour l'acte IV j'ai rajouté un article qui m'a permis d'adapter rune portion du film qui n(avait pas été adaptée jusque là, rajouté des détails qui expliquent sans expliquer ce qui m'a permis de retirer là aussi les grosses explications que je n'aurais jamais du mettre... Il doit y avoir une page ou deu de rajoutées.
l'acte V, j'ai surtout rajouté des passages sur Sievers, sur Knock et la famille Harding : deux pages en gros.
Acte VI ou final : pas retouché
Epilogue inedit ; une demi page


Je n'ai pas encore mis sur le site, je previendrais.... Ju en sais si j'ouvre un nouveau Topic pour laisser celui là, ou si je poste plutôt un pdf pour cette version...

Si vous voulez le retour des explications disant c'est Orlok qui... ce qui n'aurait normalement jamais du se faire, je les remettrai mais il faudra confirmation...

Les ajouts sont surtout là afin d'apporter des éclaircissements et aussi de corriger des erreurs du texte precedent ! D'autres sont là uniuqmenet pour enrichir un peu certains passages et apporter une lumiere sur un personnage precis qui en avait besoin .
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Re: Roman feuilleton Nosferatu le vampire par Judex6

Message par LVD »

Je n'ai pas l'intention de tout relire encore une fois, mais si tu mets ou seulement les ajouts, ou dans le texte mais genre avec une couleur differente pour distinguer, je prends! (enfin au moins prologue et epilogue oui)
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Re: Roman feuilleton Nosferatu le vampire par Judex6

Message par Judex »

LVD a écrit : jeu. janv. 08, 2026 00:45 am Je n'ai pas l'intention de tout relire encore une fois, mais si tu mets ou seulement les ajouts, ou dans le texte mais genre avec une couleur differente pour distinguer, je prends! (enfin au moins prologue et epilogue oui)
En fit j'avais l'intention de tout mettre en pdf qui serait beaucoup plus agreable a lire que sur le forum...
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Re: Roman feuilleton Nosferatu le vampire par Judex6

Message par LVD »

C'est mieux oui.
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Re: Roman feuilleton Nosferatu le vampire par Judex6

Message par oxanto »

Franchement, le projet est super intéressant. Le fait de repartir du script de Galeen, en y intégrant des scènes inédites et en assumant clairement les filiations avec Stoker, Monette ou même Le Fanu, c’est une très bonne base. On sent que tu connais bien l’univers et que ce n’est pas un simple exercice de style.

Pour le côté « lourd » ou « vieux », perso je ne vois pas ça comme un défaut, surtout pour Nosferatu. Le ton victorien, s’il est assumé, colle parfaitement à l’ambiance et au mythe. Et le fait de proposer deux versions est malin : ça te permet d’explorer sans te brider.

Bref, continue, affine au fil des retours, mais ne t’auto-censure pas trop. On sent une vraie démarche, et c’est déjà beaucoup. Curieux de lire la suite.
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Re: Roman feuilleton Nosferatu le vampire par Judex6

Message par Judex »

oxanto a écrit : dim. janv. 25, 2026 11:52 am Franchement, le projet est super intéressant. Le fait de repartir du script de Galeen, en y intégrant des scènes inédites et en assumant clairement les filiations avec Stoker, Monette ou même Le Fanu, c’est une très bonne base. On sent que tu connais bien l’univers et que ce n’est pas un simple exercice de style.

Pour le côté « lourd » ou « vieux », perso je ne vois pas ça comme un défaut, surtout pour Nosferatu. Le ton victorien, s’il est assumé, colle parfaitement à l’ambiance et au mythe. Et le fait de proposer deux versions est malin : ça te permet d’explorer sans te brider.

Bref, continue, affine au fil des retours, mais ne t’auto-censure pas trop. On sent une vraie démarche, et c’est déjà beaucoup. Curieux de lire la suite.
je te remercie.... Je continue de travailler sur le roman en essayant d'améliorer ceci ou cela ! C'est encore faisable même si j'avais cru livrer une version définitive.
J'espère que tu as trouvé plaisir à le lire.
J'essaie de ne pas me censurer : comme tu as du le remarquer je fais appel à de multiples sources et glisse de nombreuses références : aucune n'est purement gratuite.
Orlok devait être réinventé mais révéler aussi sous son vrai jour, présent dans le script d’Henrik Galeen a petites couches, de même pour Sievers...

Tout en finissant de peaufiner le roman, j’essaie de travailler sur une nouvelle version des contes de notre enfance dans un style aussi surprenant. Là aussi, il y aura fidélité et enrichissement. J'espère que vous serez aussi nombreux à lire mon prochain travail.

Si tu reviens ici, ne sois pas mécontent que j'aie mis du temps à te répondre ; je viens assez peu fréquemment ! Je souffre d'une maladie qui se nomme spasme hémifacial et qui déforme mon visage et provoque des douleurs ! Cela s'aggrave par le stress, la concentration et les écrans... Ma vue se brouille aussi ( j'ai cependant écrit Nosferatu malgré tous ces problèmes). Le spasme hémifacial est du à un conflit artère nerf (l’artère se pose sur le nerf facial et ses pulsations ' irritent provoquant d'abord de légers spasmes incontrôlables qui,ensuite, finissent par envahir toute la moitié du visage sur le territoire du nerf touché) : l’œil du côté atteint finit un jour par se fermer et la bouche est tirée vers le haut de ce même c$ôté ! Il donne l'impression d'une paralysie faciale alors qu'ici c'est une situation inversée. Le problème : beaucoup de médecins, surtout aux urgences, donnent le faux diagnostic contrairement à certains spécialistes expérimentés. Donc, je m’excuse d'avoir mis du temps à te répondre.

Je vous remercie tous de la confiance que vous avez mis en moi et j’essaierai d'en être digne.
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Re: Roman feuilleton Nosferatu le vampire par Judex6

Message par Judex »

BONUS FINS ALTERNATIVES ET brouillons

FIN ALERNATIVE DE LA VERSION ROMANCEE:

Au même moment, Bulwer et Hutter, qui avaient fait détour sur détour, arrivèrent enfin à la demeure et, le soleil déjà bien luisant, entrèrent dans la demeure éclairée du jeune homme.
Le démon infernal, que le soleil consumait déjà sans qu’il ne pût rien y faire, les entendit…
Il fallait faire vite !
Cinq secondes plus tard, il chancela, son corps disparaissant comme celui de la simple ombre qu’il était… L’ombre d’un stratège sanglant qui semblait tout prévoir sauf deux imprévus : La sainte qu’il aimait était un piège mortel qu’il n’avait pas calculé dans ses variables assez judicieusement. Ses derniers pions, qui devaient empêcher des gêneurs de l’interrompre, servaient justement d’excuse pour permettre à la divine femme de terminer son œuvre.
Ironiquement, il pensa à saluer la stratégie de la jeune femme : il savait reconnaître les prestations d’artistes talentueux et elle avait délivré une sacrée performance.
Il venait détruire, il fut détruit !
Il venait conquérir, il fut conquis :
Il vampirisait tout, il se fit vampiriser par une simple humaine !
Avant de disparaître définitivement dans l’éternité, avant de s’effacer à jamais du monde réel, le fantôme transparent qu’il devint ne put prononcer qu’une seule phrase, montrant une certaine tristesse quant à sa déception :
— Il manque… la signature… de l’artiste !
Il n’y eut plus qu’un tas de particules fines dans la pièce qui s’effaça aussitôt. Il avait disparu comme l’ombre qu’il était : celle dont personne ne se souviendra car c’est bien connu, les véritables grands hommes ne peuvent gouverner que dans l’ombre sans jamais avoir leurs noms dans les livres d’Histoire et pourtant ce sont eux qui ont façonné le monde.
Le maître du mal, Orlok, Nosferatu le Vampire, avait été vaincu et les forces du bien triomphaient encore avec l’aide de la lumière divine.
Transportée de joie, heureuse d’avoir pu sauver ce qu’il restait de vie dans Wismar, Ellen, les mains jointes pour remercier le Seigneur, n’eut qu’une pensée quand elle vit soudain son mari et Bulwer ouvrir la porte ! Elle l’accueillit les bras ouverts en prononçant le nom chéri.
— Hutter…
Et elle expira quasiment aussitôt, retombant inerte, blanche et d’une certaine odeur de sainteté sur le lit.
Hutter hurla, pleura.
Il vit Bulwer prendre son sac : allait-il la ranimer…
— Sors pendant que je m’occupe d’elle… dit le médecin.
Alors que le soleil brillait sur Wismar, que les rues retrouvaient leur splendeur d’autrefois, qu’enfin le temps redevenait clément, les habitants découvrirent que leurs malades étaient guéris, que les rats et les Tziganes avaient quitté la ville.
Les survivants n’étaient plus que 300.
Ils étaient dans une ville quasi morte mais délivrée du mal qui les rongeait.
Ils étaient heureux et voulaient fêter l’événement de la fin de l’épidémie sous le ciel bleu lumineux d’une paix retrouvée et d’une prospérité qu’ils avaient l’intention de retrouver.
Ils savaient qu’en attirant du monde, en se remettant au travail, avec un meilleur gouvernement que celui qui avait si catastrophiquement géré l’épidémie, ils réussiraient à retrouver leur grandeur d’autrefois.
Hutter vit Bulwer sortir de la chambre après plus d’une demi-heure d’efforts :
- Elle est sauvée, dit-il. J’ai dû opérer une transfusion d’urgence comme je pouvais avec mon sang. Elle en avait trop perdu du sien, fit Bulwer.
- merci, Docteur, vous avez sauvé la seule chose qui compte pour moi dans ma vie, déclara Hutter.
- Ce n’est rien. Vous pouvez aller la rejoindre. Elle est encore faible, mais elle s’en sortira.
Hutter courut aussitôt voir sa femme, heureux. Elle était là, faible, mais souriante.
Il la prit dans ses bras.
- Ne refais plus jamais ça ! Ne m’inquiète plus !
- Il est mort ? demanda-t-elle à Hutter, l’air inquiète.
- Oui, il avait disparu, tué par le soleil, lorsque Bulwer et moi sommes arrivés. I n’a pas pu s’enfuir. Nous l’aurions entendu.
- J’en suis forte heureuse, déclara-t-elle.
Ils s’embrassèrent longuement.
Le soleil baignait dans la chambre ses plus puissants rayons salvateurs.
Les habitants de Wismar eurent bientôt la preuve que Bulwer et Hutter avaient raison et qu’n véritable vampire était parmi eux. Bulwer expliqua le plan d’Orlok. Il raconta aussi, en mentant quelque peu sur Hutter et lui et en se donnant un rôle actif pour être plus crédible auprès du peuple de Wismar, sur la manière dont le monstre avait été vaincu.
Les habitants de Wismar maudirent leur défunt maire, le docteur Sievers, de les avoir menés vers un enfer dont ils allaient avoir du mal à se remettre.
Mais ils s’en remirent.
Et ils firent la fête, heureux d’avoir survécu à un horrible suceur de sang qui les avait manipulés.
C’est ainsi que s’acheva la peste de Wismar en 1838.
Le docteur Bulwer retrouva sa crédibilité et reçut, avec ses amis, tous les honneurs de la ville.
Puis, Hutter, Ellen et lui se rendirent au château maléfique du comte. Ils pénétrèrent durant la journée dans la crypte où reposaient les trois femmes vampires et leur plantèrent un pieu dans le cœur et les décapitèrent. Un vampire né d’Orlok avait les mêmes faiblesses qu’un vampire classique, souvenons-nous-en. Pas comme Orlok, très compliqué à vaincre.
Ils sortirent vite.
Le château maudit s’écroula sans ses créateurs et ses successeurs en vie pour le maintenir en état.
La menace d’Orlok avait disparu entièrement de la surface de la Terre.
Hutter et Ellen vécurent encore longtemps après cela.
Ils eurent des enfants dont le professeur Bulwer fut le parrain.
Et quand ils moururent, l’épopée de Wismar devint en 1922 un film cinéma expressionniste allemand très connu mais qui coupa beaucoup de cette histoire. La fin du film se terminait tragiquement par la mort d’Ellen ce qui était complètement faux.
Ce film se nomme : Nosferatu le Vampire (ou Nosferatu, une symphonie de l’horreur dans son titre original).
Il fut considéré à tort comme une copie déguisée de Dracula et cela lui valut un procès en plagiat qui détruisit presque toutes les copies existantes du film.
Masi il est parvenu jusqu’à nous, a été remonté et même restauré plusieurs fois.
Des compositeurs célèbre sou non lui apportèrent une musique car la sienne était perdue malgré des reconstructions.
Et même si le comte Orlok y est dépeint plus grotesque, comme une force bête de la nature, on n’oublia jamais sa dangerosité.
Il est aujourd’hui un classique étudié, aimé, décortiqué qui a généré des remakes plus ou moins réussis, officiels ou non.



















Idée d’origine avant abandon. Plan de travail.



Acte II (partie coupée) : Hutter s’est barricadé dans sa chambre. Orlok va bientôt partir du château.


La nuit arriva. Prisonnier de sa chambre, Hutter entendit derrière sa porte une voix qu’il ne connaissait que trop bien :
[Orlok] : Je sais que vous êtes là, mon ami… Vous m’entendez ! Savez-vous pourquoi je suis un maître du monde Parce que je suis mort et que vous, les vivants, vous êtes ma nourriture. J’ai d’énormes pouvoirs et commande des armées… Ceux que j’ai croisés et sont devenus mes victimes sont mes plus loyaux serviteurs comme votre monsieur Knock.... Ce château est vivant et, sauf pour me nourrir, me retenait prisonnier car je suis tributaire de la Terre de la Mort Noire et je ne peux dormir que là. Il me fallait deux conditions pour quitter ce château infernal : que l’on me procure une demeure où transporter ce que j’y peux pour vivre, ma terre pestilentielle, et un homme qui prendrait ma place comme prisonnier du château, un nouveau « comte Orlok ». De plus vous avez pris la gentillesse de m’inviter chez vous, ce qui fait que je puis tranquillement y entrer maintenant car un vampire ne peut aller dans la demeure qu’il veut sans autorisation de la part d’un habitant de cette demeure. Je peux donc aller m’occuper du cou de madame Hutter.
[Hutter] : Donc lorsque vous me disiez que vous cherchiez le soleil et sa chaleur, vous mentiez ?
[Orlok] : Oh, que non ! Voyez-vous, je cherche vraiment la possibilité de trouver la chaleur et le soleil qui me manquent terriblement et j’ai été heureux d’avoir de la compagnie mais je ne supporte plus ce château. Aujourd’hui, j’en suis délivré et vous en êtes le nouveau prisonnier tandis que j’ai fait le premier pas vers ma liberté. Je n’ai plus qu’à conserver mes pouvoirs mais réussir à trouver le soleil sans succomber. Votre femme va sûrement me permettre d’y parvenir : elle est rayonnante ! De toutes façons, je serais vite à Wismar car, vous le savez ou pas, les morts voyagent vite ! Et ne cherchez pas un serviteur : il n’y en a pas ! C’est le château qui a pourvu à tous vos besoins ! Adieu, monsieur Hutter, ou plutôt, « nouveau comte Orlok » ! Vous serez comme moi bientôt, très bientôt que vous le vouliez ou non !
[Hutter] : Un château ne peut être vivant ni avoir des pouvoirs !
[Orlok] : Lui le peut ! Vous verrez ce dont il est capable dès ce soir !
Le comte cessa de parler. Hutter ne l’entendit plus.
Il regarda par la fenêtre et vit se matérialiser, comme par magie, dans la cour du château, un attelage muni d’une charrette.
Les chevaux noirs ressemblaient à ceux du cocher qui l’avait amené ici.
Alors il comprit : le comte était le cocher.
Le château aurait dit le comte avait sans aucun doute matérialisé ces chevaux pour qu’il aille à sa rencontre — ou pour chasser, dans quelque village lointain, le sang dont il avait besoin pour subsister ?
Cela expliquait aussi pourquoi le visage du comte lui parut semblable à celui du cocher à un moment donné : il était le cocher !
Ainsi, le château était vivant — un être de l’ombre, animé de pouvoirs surnaturels ?
Hutter voulut rejeter cette idée, mais son esprit vacilla.
Ces bêtes étaient apparues de nulle part, comme jaillies d’un cauchemar.
Il devait se rendre à l’évidence : le surnaturel existait.
Et il en était la victime.
Les chevaux du comte hennissaient, piaffant devant une charrette basse et grinçante. Hutter les voyait tels qu’ils étaient : démoniaques, une lueur de feu dans le regard . Et non tel que, fatigué par son voyage et sa marche forcée après le départ de la diligence, il se les étaient imaginés.
Et soudain, il apparut.
Le comte Orlok sortit lentement de l’ombre, portant dans ses bras un lourd cercueil noir.
Il le posa dans la charrette, puis revint en chercher un autre… puis un autre encore.
Sans bruit, sans effort, avec une régularité mécanique… et une vitesse hallucinante et inhumaine.
Hutter se rappelait ce qu’avait dit la vieille femme et ce que venait de lui dire Orlok : car les morts voyagent vite !
Quand la charrette fut pleine, Nosferatu Orlok monta sur le dernier cercueil.
Son corps se dissout dans l’ombre — comme aspiré à l’intérieur du bois.
Les chevaux démoniaques se cabrèrent et partirent au galop.
Le pont-levis se baissa tout seul, et la charrette disparut dans la nuit. Il se relava aussitôt le vampire comme si un être invisible – le château aurait dit Orlok- en avait actionné le mécanisme.
Sur les murs à l’intérieur du château, les portraits anciens luisaient faiblement.
Leurs yeux étaient fixés sur la porte donnant vers la cour, vers la direction par où le comte était sorti du château avant de s’en aller. Pour Wismar. Ils chuchotèrent entre eux des mots inaudibles que personne ne pouvait entendre puisque, excepté Hutter, prisonnier de sa chambre et qui ne pouvaient être témoin de cette scène surréaliste, il ne restait plus aucun être vivant à l’intérieur. Puis, ils se figèrent à nouveau.
Le château avait libéré définitivement son ancien prisonnier et en gardait un nouveau !
Hutter trouva un autre exemplaire du livre des vampires dans sa chambre et le feuilleta rapidement pour trouver une solution à son malheur si elle y était expliquée : tout ce qu’il y trouva était qu’un individu mordu était soit un esclave du vampire s’il n’’était pas tué par ce dernier (après qu’il en eût bu tout le sang) et qu’il ne pouvait qu’obéir aux ordres de son « maître », soit que ce dernier devenait, selon des conditions précises, devenir un nouveau seigneur vampire. Cependant, rien ne signalait la malédiction du château. Elle n’y était pas consignée.

Hutter était désemparé : comment sortir d’ici ? Il regarda sur un coin de la table qui se trouvait dans la pièce et des mets délicieux y apparurent comme par magie. Ainsi c’était ce que le comte voulait dire par : le château avait pourvu à vos besoins ? C’était le château qui avait créé magiquement la nourriture qu’il avait avalée ? Il pouvait faire cela mais pas procurer à Orlok sa sanguine nourriture qu’il devait aller chercher à l’extérieur avant, la chose terminée, d’être rappelé par cet antre maudit ?

Hutter chercha, désespéré, une issue pour sortir de sa prison, n’importe laquelle.
Enfin, il atteignit une fenêtre haute donnant sur le vide.
La montagne s’étendait en contrebas, abrupte et sauvage.
Il se hissa sur l’appui, regarda en bas.
Trop haut. Trop dangereux.
Mais derrière lui, il crut entendre un bruit — un frottement de pas sur la pierre.
Alors, sans réfléchir davantage, il noua les draps du lit, les attacha tant bien que mal à la fenêtre, et se laissa glisser le long du mur.
Des murailles sortirent des mains fantomatiques, spectrales, qui tentaient de l’agripper pour l’empêcher de s’en aller :
[Château] : Mon nouvel enfant, tu ne dois pas t’en aller ! Ta place est ici pour toute l’éternité ! Tu es le nouveau comte Orlok ! Reste avec moi et accepte ta transformation, ton destin… Inutile de tenter de fuir : nul ne peut échapper à son destin !

Hutter sentit les doigts de pierre se refermer sur ses chevilles. Il se débattit. Le tissu cria. Une seconde d’équilibre. Puis tout céda : le tissu se tendit, grinça… puis se rompit.
Hutter tomba lourdement sur les rochers en contrebas.
Le choc fut terrible.
Il perdit connaissance. Il n’entendit pas le château lui dire encore :
[Château] : Je n’ai aucune inquiétude, mon enfant : Tu me reviendras… Tu n’auras pas d’autres choix ! Bélial, ton nouveau père, t’attends…

Epilogues prévus de la fin d’origine (dans laquée Hutter se revalait devenir vampire mais pas Orlok).






Epilogue 1

Quelques jours après la tragédie, Hutter se sentit mal à l’aise. Il avait perdu son soleil, sa vie, son amour et le soleil lui-même lui faisait maintenant terriblement mal.
Une fois même, ce soleil si chaud l’avait brulé et il ne pouvait plus sans se couvrir entièrement et ne laisser voir aucune trace de sa chair. Il portait même des lunettes teintées afin d’éviter que le soleil ne brûlât ses yeux.
Jusqu’à ce que le miroir ne réfléchisse plus son visage, il lui semblait en se regardant dedans que son visage pâlissait, que des dents s’allongeaient, que des griffes (malgré la coupe régulière de ses ongles) poussaient démesurément sur ses doigts. Il lui semblait voir presque, à la différence qu’il avait les cheveux et les traits de Hutter, le sinistre comte Orlok à qui il devait sa ruine.
Les survivants de la peste s’éloignaient de lui, le chassaient même : il était un nouveau pestiféré sans pour autant être le porteur de la maladie.
Il ne pouvait plus trouver refuge que dans l’ombre tout en supportant encore la chaleur de l’automne qui commençait à poindre.
Il venait même à penser que la froideur de l’hiver serait la bienvenue.
Puis, quelques jours encore passèrent, et il sentit l’impérieux besoin de quitter Wismar, de prendre son cheval et de partir au grand galop.
Il sentait qu’il devait impérativement aller ailleurs, dans un endroit qui l’accepterait, au milieu des ombre set du froid où il devait se réfugier.
Il s’habilla, se couvrit tout entier pour protéger sa peau, prit ses verres teintés et son cheval avant de quitter définitivement la ville à brides abattues.
Il mit du temps bien qu’il fit galoper sa monture à grandes vitesse.
Il erra longtemps mais en ligne droites à travers plaines, montagnes, vallées.
Et il arriva enfin à sa destination : un lieu bien connu de lui et dans lequel il n’avait voulu retourner pour rien au monde, un lieu qui, psychiquement l’appelait de loin, était maintenant lié à lui par un lien inconnu des hommes et de Dieu.
Il était revenu au château maudit du comte Orlok, en Transylvanie.
La démoniaque demeure s’anima en le voyant comme si elle avait des yeux sur ses sombres murailles : le pont-levis s’abattit dans un bruit sourd et aigue à la fois, la herse se releva toute seule et il entra.
Sitôt son passage à l’intérieur effectué, la sombre forteresse referma sa gueule sur son nouveau pensionnaire, son nouveau seigneur : toute sortie était devenue impossible.
(CHATEAU) : Te revoilà mon enfant ! Comme je suis heureux de voir que tu as compris que là était ta place ! Te voilà maintenant au but Tu vois : On atteint sa destination tôt ou tard.
Alors, Hutter se rappela les paroles de Bulwer alors qu’il se rendait, ce jour fatidique où la mission d’aller vendre la propriété abandonnée au comte lui fut confiée par Knock. Il ignorait que ces paroles fussent en quelque sortes prophétiques.
La porte de la maléfique demeure seigneuriale s’ouvrit et Hutter entra.
Il passa devant l galerie des portraits et en remarqua un dont les traits étaient familiers. C’était le portrait du comte Orlok, celui qui l’avait accueilli ici à l’époque, celui qui l’avait amené dans les ténèbres.
Les portraits fixaient Hutter et murmuraient.
(CHATEAU) : Cessez de murmurer… Notre nouveau seigneur est l’un des nôtres ! Il doit à présent connaître son destin. Mon enfant, quelles questions as-tu à poser, vas-y, ils t’enseigneront la réponse ! Mieux vaut que ce soit eux que moi…
Hutter, qui s’était dévêtu maintenant que protégé par la nuit et l’obscurité et vivant dans les ombres de la salle, retira ses lunettes teintées et s’approcha du portrait du comte Orlok.

Hutter : Mais je ne comprends pas… Vous êtes vivant dans ce portrait mais… Le soleil vous a pourtant tué !

PORTRAIT D’ORLOK : Mon ami… J’ai crû pouvoir échapper à ma destinée et avoir trouvé une faille qui… était justement le piège final d ce château. Voyez-vous, j’ai été comme vous, moi aussi… J’ai reçu l’ordre de procurer une demeure abandonnée, en face de chez moi, au précédent seigneur de ce château. On m’a fait miroiter aventures et fortune si j’y allais rapidement. Mon prédécesseur était ce que je suis devenu et m’a fait devenir comme lui. Comme moi, et comme vous le saurez plus tard, il avait de grands pouvoirs que la malédiction du château lui a ordonné mais aussi une envie folle de retrouver ce qui lui manquait finalement après des dizaines d’années d’emprisonnement : la chaleur d’un soleil et d’être aimé. Le soleil, astre du jour, et le soleil, être aimé, était ce qu’il désirait.

HUTTER : Vous voulez dire que…

PORTRAIT D’ORLOK : Oui… Le château attire ici des gens comme vous et moi, fait en sorte qu’une lente métamorphose s’accomplisse à travers les mêmes vecteurs ! Une fois mordu par le seigneur du château, l’individu qui se viendra vendre la demeure au comte de cette sombre forteresse (et lui uniquement) deviendra comme celui qui l’a mordu. L’ancien seigneur qui a acquis la masure qu’il souhaitait partira et l’autre prendra sa place car le château l’a prévu et la nature a horreur du vide. L’ancien seigneur fera tout pour échapper à la malédiction mais dès qu’il trouvera ses soleils, il signera sa perte ! Car vous comme moi ne sommes plus qu’ombre et l’ombre se dissolve face à cette lumière chaude qu’il recherche…

CHATEAU : Tu comprends, mon enfant… Un cycle se terminait et un autre a commencé qui sera exactement comme l’ancien ! Tous mes enfants finissent consumés par le soleil et leur esprit revient pour l’éternité, ici, à l’abri, dans l’ombre qu’ils n’auraient jamais dû quitter…

HUTTER : Pourquoi fais-tu cela ?

CHATEAU : Pour me nourrir ! Chaque vie ingérée par mes créatures lui donne une âme immortelle nourrie des autres et quand ils finissent sur mes murs, j’aspire leurs vies… Je me nourris de mes enfants et plus encore, ils m’aident à former une armée.

HUTTER : Une armée ?

CHATEAU : une armée, oui ! Déjà, ils tissent dans le monde extérieur par leurs méfaits des convoitises, des séides obéissants qui leurs sont fidèles et en retour cela veut dire que ces gens sont en fait à MES ORDRES ! Je suis le véritable maître du monde tandis que mes enfants finissent toujours par croire l’être via leurs pouvoirs ! Et puis quand ils font une victime, ils en boivent le sang et la vie, quand ils atteignent le stade final de leur vie et qu’ils ressentent ce manque de soleil et veulent m’échapper, croient m’échapper pour rechercher ce manque, croyant qu’il y a quelqu’un, un amour, qui peut les sauver, ils emmènent avec eux ma terre !

HUTTER : Où veux-tu en venir ?

CHATEAU : Ma terre est une terre remplie des bacilles de la peste ! Les rats qui sont contaminés y pullulent et chaque victime de la peste meure dans l’ombre et chaque mort dans l’ombre renforce mon pouvoir ! Chaque victime du comte du moment et de la peste qu’il emmène avec lui voit son âme transférée ici dans un autre but que son sang…

HUTTER : Quoi ?

CHATEAU : Une guerre se prépare ! Depuis des millénaires, avant même que mon véritable maître, Satan, me fasse apparaître et m’amène lui-même sous l’apparence du premier Nosferatu Orlok mon premier idiot… Car ces gens pensent toujours avoir affaire à un gogo, comme ils disent ! Un fou qui achèterait une fortune sans y regarder à deux fois une véritable épave comme demeure ! Seul mon maître véritable, le premier « Nosferatu » n’est donc pas sur ces portraits et attends paisiblement que l’armée d’âmes soumis à sa solde passe à l’attaque ! Il faut du monde pour lutter contre l’armée divine et l’armée humaine ! Ces gens innocents qui sont victimes du monstre qui habite ici et de la peste voient leur âme souillée par mes créatures et maudites à jamais, projetées dans l’ombre que je suis ! Quelque part dans les tréfonds de mon être, cette armée grandit et même se métamorphose en créature infernale… y compris les « soleils » mortes choisies par chaque comte Orlok ! Ta femme, par exemple, est ici ! Elle est une de mes créatures et maudite à jamais comme chaque habitant mort de la peste à Wismar ou dans les ports dans lesquels l’Empusa s’est arrêté !

Hutter : C’est faux ! Je ne te crois pas !

CHATEAU : Viens voir… Descends dans les tréfonds du château ! Un escalier y mène par la porte que tu vois au fond.

Hutter vit une porte qu’il n’avait jamais remarqué ! Elle était comme sortie de nulle part.
Il se méfiait mais se décida !
Il ouvrit la porte en tournant la poigné et descendit le sombre, ténébreux et tortueux escalier ! Il trouva en dessous une pièce immense… aussi immense que le monde lui-même ! Il y avait des milliards de fantômes ! Certains redevenaient solides et devenaient… des monstres horribles, indéfinissables : zombies, goules, loups garous, dragons, lutins démoniaques, chevaliers sans têtes, tout y pullulait !
Il avait devant lui les créatures de cauchemar qu’il croyait n’être que des contes pour enfants ou idiots avant le début de sa triste aventure. Des êtres de légende, fabriqués par le château, par le démon Bélial lui-même, pour le jour du combat final contre Dieu et les hommes…
Une gigantesque armée de l’ombre, de ténèbres et du mal dont lui-même faisait maintenant parti !
Un fantôme le vit et s’approcha de lui ! Une femme qui était aussi jolie que le soleil et qu’il connaissait bien ! C’était Ellen !

ELLEN : Thomas, qu’est-ce que je fais ici ? Où est-on ? Que se passe-t-il ? Wismar est-elle sauvée du monstre ?
Hutter en put répondre : le fantôme prit corps soudainement et se mua en une créature infernale, démoniaque, dans un grand cri ! La transformation achevée, elle ne put plus prononcer une parole et ne le pourrait plus jamais de toute l’éternité !
CHATEAU : Silence, soldat ! Tu te tais et obéis car telle est ta mission de soldat du mal ! Tu es à moi, à jamais !

Hutter regarda et vit des gens qu’il connaissait au milieu d’autres inconnus et qui devenaient des monstres eux aussi ! Il poussa un cri et voulut s’enfuir du château mais ce dernier l’agrippa via les mains de ses murailles !

CHATEAU : Pourquoi t’enfuir alors que tu reviendrais inextricablement ici, mon enfant ? Tu es fini comme tous les autres ! Tu ne sortiras que pour te nourrir et envoyer des lettres ! Pour tuer et corrompre ! Jusqu’à ce que tu en aies assez et que tu recherches le soleil pour m’échapper et fatalement me revenir pour toute l’éternité et me nourrir comme le font tous ces portraits sur le mur ! Tes prédécesseurs, mon enfant ! Pour bien faire les choses et faire croire que le soleil peut être vaincu, mon maître a créé en la personne de Vlad l’Empaleur un vampire ultime capable de conserver ses pouvoirs la nuit (plus nombreux encore que ceux alloués au seigneur d’ici) et de résister au soleil ! Les descendants de l’époque où ce vampire était encore humain sont donc très recherchés par mes « comte Orlok » et ces gogos fonctionnent tous pareils… Le futur remplaçant est presque souvent un descendant du comte Dracula lorsqu’il était encore humain… Ainsi lorsqu’il connait son ascendance, chaque « Orlok » pense pouvoir briser mon joug ou qu’un autre, le suivant, y parviendra mais nul ne le peut : Dracula est unique en son genre et le piège parfait en plus des miroitements de richesse pour ignorer ceux qui ignorent tout y compris d’où ils viennent ! C’est pourquoi le cycle ne s’arrêtera que lorsque mon maître l’aura décidé et pas avant, c’est pourquoi tu n’échapperas jamais à la nuit, c’est pourquoi tu finiras comme les autres dans l’enfer de mon antre, à me nourrir !

HUTTER : Je trouverai bien le moyen de casser ta malédiction et de retrouver un jour le soleil et le soleil de ma vie ! Rien ne m’arrêtera ! Il y a toujours un moyen !

CHATEAU : Il n’y en a aucun mais tu dois essayer ! Essayer pour revenir définitivement ici ! Le plan de mon maître est parfaitement huilé et il n’a aucune faille ! Il suffit juste de faire croire, miroiter, la possibilité d’en trouver une ! Tu verras : tu subiras le même sort que les autres ! Tu m’apporteras dans ton règne encore plus de puissance, encore plus d’âmes, encore plus de nourriture quand tu rejoindras tes congénères que j’ai enfanté ! Tu es mon enfant, la semence de Bélial !
Et alors que Hutter fut définitivement englouti par les ombres maudites de l’obscurité et hurlait, le démon Bélial, qui existait sur notre plan terrestre sous la forme du château maudit, se mit à rire d’un rire démoniaque !

Epilogue 2

Journal de Quincy Harker, 18 Février 1938, Londres

Depuis leur aventure avec le comte Dracula, me mère et ses amis m’ont mis en garde ! Je suis en quelque sorte, un descendant du comte… De Vlad l’Empaleur !
Cette ascendance même « honorifique » reste terrifiante ! Pourtant, les vampires ne peuvent enfanter, amis j’ai quelques … prédispositions suite à la morsure qu’a subie ma mère.
Ce comte Dracula n’était pas un vampire comme els autres et fascine encore aujourd’hui : il avait de singuliers pouvoirs dont celui de résister au soleil ! Il pouvait se déplacer librement le jour ce que des vampires normaux ne peuvent pas faire.
Van Helsing dit toujours que certains vampires qui ont peur d soleil envient sa chaleur et désirent la retrouver et que l’on cherche souvent un descendant ou un membre de la famille du comte pour espérer atteindre le soleil un jour… ou forcer le destin à ce qu’un autre vampire comme lui supporte la chaleur tant recherchée.

Je ne crois gère à leurs fadaises et pensent qu’ils sont fous de croire à ces histoires de bonnes femmes ! Ils disent avoir vécu ces aventures mais je refuse de penser autrement que le fait qu’ils sont menteurs et s’inventent des aventures idiotes pour se trouver une gloire qui, en fin de compte, n’a jamais existé !

Ce n’est pas par amitié envers Abraham Van Helsing que j’ai épousé sa fille mais parce que je la trouvais fort attirante : un vrai soleil !
J’ai repris le métier de mon père, Jonathan et je suis agent immobilier. J’ai un drôle de patron, un français, Monsieur Frappé (on porte le nom qu’on peut) : on médit souvent sur lui mais il me paie bien !
Il m’’a même fait la proposition de ma vie ! En face de chez moi, il y a une grande bâtisse abandonnée ! Un original qui doit être complètement frappé (et n’en porte pas le nom) veut y habiter d’après lui ! J’ai eu de l’arent pour partir à sa rencontre et les papiers en main pour qu’il signe les contrats d’acquisition ! Il paiera une vraie fortune m’a-t-on dit ! Il est prêt à payer n’importe quel prix pour ça, même des millions tellement ll est riche ! Moi, les gogos de ce style, ça m’arrange et comme on ne tombe pas sur ça tous les jours, j’ai accepté !
Le type en question habite en Transylvanie et ma mère tressaille à ce nom vu ses « aventures » passées ! Mais moi, je me fiche des légendes locale set je suis bien réaliste : il le faut bien quand on a une famille a entretenir !
Ma femme aussi ne veut pas que j’y aille ! Elle se comporte bizarrement mais on m’a dit que l’aventure, la gloire et la fortune m’attendent ! Cela ne peut se refuser ! Cela ne se doit point !
Je pars aujourd’hui de Londres pour la Transylvanie, dans ce petit coin perdu ou habite mon client, dans une drôle de région dont on me dit qu’elle est le pays des brigands et des fantômes !
Des brigands, je veux bien, il se pourrait ! on a toujours affaire à des bandits sur les routes ! mais les fantômes, cela me fait bien rire !
Mon automobile est dehors.
Je vais prendre le train jusqu’au port de Southampton, puis le Ferry pour atteindre le continent et je verrais si je loue une voiture ou si je prends l’Orient-Express pour me rendre en Europe de l’Est parce que j’aimerais vraiment être passager dans cette ligne prestigieuse.
Je regarde une nouvelle fois le nom de mon imbécile de client qui veut une véritable épave qui risque de s’effondrer à un prix de dingue défiant toute concurrence : un certain… comte Orlok !



Epilogue 3

Journal électronique du professeur Richard Van Helsing, 18 février 6638

Le feu est tombé du ciel, des monstres nombreux, infernaux, conduits par un monstre cornu déambulent sur la planète tuant toute personne sur leur chemin ! Les anges eux-mêmes les affrontent, de magnifiques anges de lumière !
Bien que les monstres s’évaporent, ils reviennent ! Exactement les mêmes monstres !
Mon ordinateur me signale que la source de cette armée provient d’un château isolé quelque part en Transylvanie, dans un pays fantastique, presque une autre dimension ! Est-il possible de le détruire ou est-ce la fin du monde ?
Le chef de cette armée maudite dit agir pour le compte de Satan et de Bélial : il se fait appeler… Le comte Orlok !


Epilogue 4

Dans l’espace, une petite planète.
Elle est encore au stade du Moyen-âge.
Un homme Vient trouver un roi bien humain dans son château. C’est un soldat :
Soldat : Sire, un phénomène inexpliqué s’est produit ! Un château venu du ciel est venu se poser dans les plaines d’Abasur. Les enfants et les femmes disparaissent la nuit dans les villages alentours. Certains parlent d’une créature mystérieuse qui suce le sang des vivants la nuit. On a peur.
Roi Gordon : Qui peut donc rapporter de telles sornettes ? Il n’y a aucune créature de ce genre ! Il n’exoste aucune créature légendaire ou non ! Les monstres, ça n’existe pas !
Soldat : Selon certains, son château serait vivant. Il rit. Ils l’entendent même respirer.
ROI GORDON : Balivernes ! Sait-on au moins si ce lieu existe vraiment ? C’est ‘l’imagination de fous !
Soldat : Il parait que le château extra-terrestre possède un propriétaire, un homme qui se dit être vampire ! Un certain comte Orlok !
ROI GORDON : Que l’on tue ce soldat pour m’avoir fait perdre mon temps avec pareils âneries ! Et apportez-moi ce carnet que mes linguistes ont traduit, celui de ce fou inconnu qui dit qu’'unee armée de montres a détruit sa planète à cause des mêmes délires de château vivant et d’un Orlok § cela me fera passer le temps ! Mes linguistes parlent trop au peuple et cela leur a donné des idées ! Tuez-les aussi, cela leur apprendra à prendre pour vrai des imbécilités ! Il n’existe aucun surnaturel ! Je le prouverai ! J’irai même vendre à ce comte Orlok la propriété qu’il mérite, s’il existe, mais j’en doute fortement !
Et c’est ainsi que le cycle se perpétua pour le château.
Un nouvel Orlok allait naître en remplacement du précédent.
Une nouvelle armée agrandirait ses rangs.
L’armée des démons de l’Enfer ne ferait que s’accroitre !
Une nouvelle apocalypse !
L’armée précédente, elle, gardait jalousement un terrain conquis : une petite planète infernale et cauchemardesque sans humains. La Terre.
Il en fallait bien une nouvelle à conquérir !
Satan n’avait jamais assez d’hommes dans sa guerre contre Dieu.
Le mal était éternel.
Et cyclique !


DOCUMENT FINAL : 1ere fin publiée dans un forum :

Tout allait pour le mieux ! Ou presque…
Hutter semblait confus… Il ne savait plus qui il était ni ce qu’il devait faire. Ses pensées étaient contradictoires comme si quelqu’un d’autre essayait d’imposer sa volonté sur la sienne. Il ignorait s’il devait rire de la situation ou bien en pleurer.
Le soleil semblait le brûler lentement. Il remarqua sa douleur, vit la paume de sa main rougeoyer, et chercha rapidement un petit coin d’ombre permanent dans la maison. Son instinct et une petite voix intérieure, celle qui tentait de prendre le dessus sur lui, lui demandait d’aller se réfugier dans la pénombre afin de sauver ce qu’il pouvait de lui-même, d’assurer sa sécurité avant tout. Il rejoignit rapidement la cave.
Hutter resta là jusqu’à la nuit tombée.
Puis, profitant de l’obscurité, il prit dans les affaires de la maison seulement sa veste, son bonnet, une feuille de papier, deux clous et un marteau.
Puis il hésita à mettre le pied dehors et vit que, finalement, il n’avait plus rien à craindre.
Les gens qui le croisèrent et le virent habillé comme pour un départ furent surpris : il avait changé en une nuit et ressemblait à présent à un homme vieilli avec des mains étranges, squelettiques, comme décharnées. Ils crurent aussi halluciner en lui voyant… des dents de rats !
Hutter s’arrêta devant l’écriteau indiquant la sortie de la ville. Il fit un geste et une nouvelle nuée de corbeaux vint de tous les horizons et se courbèrent devant
lui…
Hutter ne pensait déjà plus comme pensait Hutter. Durant la journée, la voix intérieure avait gagné le conflit entre les deux consciences qui luttait pour la suprématie du cerveau de ce corps.
Il prit une plume, la trempa dans son sang, écrivit sur le papier et cloua la feuille avec le marteau sur l’écriteau. Puis il mit la plume de corbeau sur son bonnet et la plaça sur l’écriteau.
Il siffla et un cheval apparut de nulle part. Il monta dessus.
Il était heureux : il était dans ce nouveau corps, il avait réussi à jouer sa dernière carte…
Cela ouvrait des perspectives fascinantes qu’il ne pouvait mettre en pratique ici : il y avait peu de survivants et il serait démasqué tôt ou tard !
Il n’avait pu prendre la femme, mais il avait réussi à transférer son âme dans celui du mari : il aurait un souvenir de celle qui l’avait vaincu une fois… Il l’en aimait davantage ! Quelle femme elle aurait été si elle avait été à ses côtés.
Il sourit : le plan avait fonctionné à merveille.
Il devait l’appliquer à plus grande échelle.
Hutter hésita, mais il n’était pas ou plus Hutter à présent. Il n’en avait pris que le corps et les souvenirs, l’être entier du jeune homme avait disparu.
Et s’il colonisait le monde entier avec des semblables qu’il créerait ou le détruirait selon le chaos qu’il aimait apporter ? Il hésitait entre les deux choix.
Il avait tout le temps d’y réfléchir et, quoi qu’il eût l’éternité devant lui, il monta sur son cheval démoniaque et partit au grand galop, à une vitesse hallucinante, inhumaine, car « les morts voyagent vite. »
Il devait rentrer chez lui. Trois épouses de charme l’y attendaient depuis quelques mois et maintenant qu’il n’avait plus besoin de sa terre natale pour y reposer, de cercueils (il l’avait ressenti lors de sa « renaissance » dans le corps de Hutter) et que le soleil n’était plus un obstacle, il pouvait y aller par voie terrestre sans crainte de douaniers.
Sous le soleil lumineux de Wismar, là où un écriteau indiquait le nom de l’endroit, il y avait une plume de corbeau sur un bonnet et sur le papier cloué sur le bois était inscrit, rouge du sang du monstre, ce texte :
« Les habitants de Wismar doivent savoir qu’ils ont été les acteurs d’une pièce symphonique magistrale et orchestrée avec talent par le plus grand artiste stratégique et compositeur au monde, le comte Orlok… Le titre de la mélodie jouée lors du spectacle flamboyant était : Nosferatu, une symphonie de l’horreur !
Oui, décidément, il fallait toujours la signature de l’artiste !
Modifié en dernier par Judex le lun. févr. 09, 2026 18:30 pm, modifié 1 fois.
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Re: Roman feuilleton Nosferatu le vampire par Judex6

Message par Judex »

BONUS LE SCENARIO DE HENRIK GALEEN TRADUIT ENTIEREMENT !


NOSFERATU — Acte I
Scénario de Henrik Galeen (1921)
(Traduction littérale et cohérente avec les annotations de F.W. Murnau)

Prologue :
Un livre ancien s'ouvre et révèle une écriture manuscrite :
Intertitre : Compte rendu sur la grande mortalité qui sévit à Wismar en l'an de grâce 1838
La page se tourne :
Intertitre : Il est des mots lugubres comme l'appel d'un oiseau de la mort. Garde-toi de les dire ou ta vie sera peuplée d'ombres et les fantômes qui hanteront tes rêves se nourriront de ton sang.
Une autre page se tourne :
J'ai longtemps réfléchi à la mortalité qui avait frappé ma ville natale.
Voici son histoire : A Wismar vivaient Hutter et sa jeune femme Ellen.
Fondu au noir.
Acte I
Plan d’ouverture – Vue de Wismar. Fondu d’ouverture. Une petite ville ancienne, bâtie dans le style des années 1840. Le soleil brille paisiblement sur les toits pointus et les places bordées d’arbres.
Fondu enchaîné : deux plans successifs. Le premier, pris du clocher d’une église, embrasse la ville entière. Le second, depuis le port, montre la ville de Wismar. (Premier plan : vue de Lübeck – fondu vers le port de Wismar.)


Scène 2–3 : Ellen
Fondu d’ouverture — Extérieur, fenêtre d’une maison. Des fleurs ornent les caisses en bois vertes. Sur le rebord, un chaton joue dans le soleil du matin. D’un mouvement gracieux, il essaie d’attraper une balle suspendue à un fil. La balle se déplace vers l’intérieur. Le chat saute après elle.
Scène suivante – Intérieur, chambre d’Ellen. Petite cuisine claire et bien tenue. Le soleil du matin projette l’ombre des croisillons de la fenêtre sur le sol. Ellen, assise près de la fenêtre, tire le fil de la balle que poursuit le chat. Puis elle prend le petit animal dans ses bras, le caresse et s’assied sur le rebord, baignée de lumière. Elle joue encore, son peignoir frémissant dans la brise. Ses grands yeux d’enfant rient doucement.
Scène 4a : Hutter
Petite chambre mansardée, pauvre mais soignée : un lit, une chaise ancienne. Hutter se tient devant le miroir, ajustant sa veste. Il s’interrompt, écoute un instant, jette un œil par la fenêtre latérale. Un sourire éclaire son visage. Il finit de s’habiller et sort.
Extérieur – petit jardin de fleurs. Hutter apparaît, un couteau de jardinier à la main. Heureux, il coupe quelques œillets et en fait un bouquet.
Scène 5 : Le petit déjeuner
Ellen, qui jouait encore avec le chat, entend Hutter arriver et bondit. Elle s’affaire aussitôt aux casseroles avec une gravité enfantine.
Plan sur la porte : Hutter entre, riant aux éclats. Il cache le bouquet dans son dos et rit encore. Ellen se retourne, un peu honteuse : le petit déjeuner n’est pas prêt. Il s’approche, regarde dans la casserole vide, la retourne avec un air faussement réprobateur.
Intertitre : Ellen !
Elle boude, puis tente de l’amadouer. Mais il sort sa montre : il est tard, il doit partir. Elle l’appelle à nouveau : il revient. Elle avoue qu’il n’y a plus d’argent pour les courses. Il sort sa bourse, la montre vide, soupire. Ils échangent un regard triste.
Hutter s’en va le cœur lourd. Ellen, seule, prend un petit panier de pommes de terre — tout ce qui reste. Elle commence à les éplucher. Une pomme de terre tombe, le chat la fait rouler et joue avec.
Fondu enchaîné. Hutter revient sur ses pas : ils se précipitent l’un vers l’autre. Ellen se jette dans ses bras. Il lui tend le bouquet, rayonnant. Elle le prend, émue puis soudain triste, caressant les tiges.
Intertitre : — Pourquoi les as-tu tuées… les si belles fleurs ?
Hutter reste interdit, puis s’excuse et l’embrasse. Elle lui pardonne. Ils s’étreignent. Fondu au noir.
Scène 5a : Le professeur Bulwer
Fondu d’ouverture – Rue bordée de jardins (Lauenburg)
Intertitre : Le professeur Bulwer
Le professeur Bulwer marche d’un pas énergique mais tranquille, savourant la matinée et le soleil. Sa canne frappe le sol à chaque pas. Soudain, il se retourne : quelqu’un vient derrière lui en toute hâte — Hutter ! Il le saisit par la manche.
Hutter le salue, souriant. Bulwer rit, plonge son regard dans le sien et dit :
Intertitre : Pourquoi tant de hâte, mon jeune ami ? On atteint toujours son but, tôt ou tard. Personne n'échappe à son destin
Hutter ne comprend pas le sens de ces mots. Il doit se dépêcher pour aller au bureau. Il salue encore et se dégage en riant. Bulwer le regarde s’éloigner, puis reprend tranquillement son pas régulier.
Scène 6 – Le bureau de Knock
Intertitre : Il y avait un certain Knock, marchand de biens. Toutes sortes de bruits couraient sur lui. Mais il payait bien ses gens.
Fondu d’ouverture. Un bureau poussiéreux et exigu. Une faible lumière tombe à travers les minuscules vitres couvertes de stores dans cette pièce étrange, décorée de fragments de vieux meubles démodés.
Knock se tient debout derrière un haut pupitre. On l’appelle agent immobilier.
Gros plan : sa silhouette maigre et voûtée, ses cheveux gris, son visage buriné et ridé. Autour de sa bouche tressaille le tic disgracieux de l’épileptique.
Dans ses yeux brûle une flamme sombre. Il lit une lettre.
Gros plan sur la lettre : sur un papier orné, en marge, de vignettes grotesques, s’étalent des signes complexes et totalement illisibles.
Plan moyen : Knock semble pourtant en comprendre le sens. Un sourire d’intelligence déforme sa bouche hideuse. Puis il se retourne et ouvre la porte.
Scène 7 – L’appel de Hutter
Petite pièce attenante au bureau. Très étroite, sombre, totalement privée de soleil.
Hutter, penché sur des dossiers, travaille à son bureau. Knock, depuis la porte, l’appelle d’une voix perçante. Un autre employé est présent.
Scène 8 – La proposition
Knock et Hutter entrent dans le bureau. Knock montre la lettre d’un geste mystérieux et déclare :
Intertitre : Sa Grâce le comte Orlok, Seigneur de Transylvanie, souhaite acheter une belle maison dans notre petite ville.
Gros plan : le visage démoniaque de Knock, les yeux grands ouverts.
Intertitre : Vous pourriez gagner une jolie somme… Mais cela demandera des efforts… quelques gouttes de sueur… et peut-être un peu de sang.
Gros plan : sur le visage de Hutter, où la joie et une étrange appréhension se disputent la place. La joie finit par l’emporter.
Plan large : Knock sort d’un vieux placard un atlas couvert de poussière et l’ouvre. Son doigt glisse sur une carte.
Gros plan : le trajet de Wismar jusqu’à la Transylvanie.
Plan large : — La Transylvanie ? s’étonne Hutter, les yeux soudain brillants à l’idée du voyage.
Mais Knock ne répond pas ; il lit la dernière page de la lettre, couverte des mêmes signes étranges.
Il semble aussi la comprendre. Se tournant vers Hutter, déjà rêveur, il déclare :
Intertitre : Il désire une belle maison… mais déserte… abandonnée…
Knock se fige un instant, songeur, puis une idée lui vient. Il claudique jusqu’à la fenêtre.
Scène 9 – La maison déserte
Vue à travers la fenêtre : Une maison abandonnée. Façade délabrée, fenêtres noires et creuses. Aucune trace de vie. Des ombres s’y projettent. Plein jour.
Scène 10 – L’offre
Knock revient vers Hutter et dit :
Intertitre : Cette maison… juste en face de la vôtre. Proposez-lui celle-là !
Hutter reste un instant surpris, puis acquiesce. Knock l’exhorte à partir sans tarder, lui remet de l’argent et des papiers, et le pousse vers la porte.
Intertitre : "Mettez-vous en route, mon jeune ami, et faites bon voyage au pays des fantômes."
Fondu au noir.
Scène 11 – Ellen attend
Intérieur, maison de Hutter. Ellen est assise près de la fenêtre. Elle aperçoit Hutter dans la rue et lui fait signe joyeusement. Son visage s’éclaire.
Elle court vers la porte. Hutter entre, ému, heureux, et la serre dans ses bras.
Il lui annonce la grande nouvelle :
Intertitre : Je pars en voyage, bien loin d’ici… vers un pays de montagnes, où vivent encore les bandits… et les fantômes.
Ellen sursaute. Une ombre passe sur son front. Elle voudrait le retenir, mais il ne l’écoute pas. Déjà il fait ses bagages et s’apprête à partir.
Fondu au noir.
Scène 12 – Le départ
Intérieur, la mansarde. Fondu d’ouverture
Hutter prépare sa valise. Ellen apparaît à la porte, en larmes. Elle le supplie : Ne pars pas ! J’ai peur pour toi !
Mais il écarte doucement ses craintes. Lorsqu’il a fini de ranger ses affaires, il se lève. Voyant qu’il est décidé, Ellen recule, résignée, les yeux pleins de peur.
Il la serre une dernière fois dans ses bras, puis quitte la pièce avec elle. Fondu au noir.
Scène 13 – Les adieux
Parc du domaine Harding
Intertitre : Hutter laissa la jeune femme soucieuse sous la protection de son ami, le riche armateur Harding, et de la sœur de celui-ci.
Hutter, prêt pour le voyage, prend congé de son ami Harding et de la sœur de celui-ci, Anny. Ellen, en pleurs, est soutenue par Anny.
Gros plan : Les deux hommes se serrent les mains. Hutter dit à Harding :
Intertitre : Je te confie Ellen. Prends soin d’elle.
Harding promet de la protéger : elle pourra vivre ici, elle ne sera jamais seule.
Plan large : Hutter salue Anny, puis Ellen. Un dernier baiser d’adieu. Mais Ellen, comme frappée d’un pressentiment, murmure :
Intertitre : Adieu… Il n’y a plus d’échappatoire.
Tous restent interdits. Hutter s’arrache à cette scène, salue une dernière fois et disparaît dans le parc. Ellen demeure, le regard vide, fixant le lointain.
Fondu au noir.
Scène 14 — Le départ
Sur une place ensoleillée, près d’une fontaine, circulent quelques passants à l’air robuste. Attaché à la margelle, un cheval sellé attend seul.
Hutter arrive, monte à cheval, jette un dernier regard en arrière — et s’élance au galop.
Fondu au noir.
Scène 15 — Les Carpates
Intertitre : Les montagnes des Carpates.
Des montagnes sauvages et rocheuses, découpées par la lumière rasante.
Contre-jour. Puis, le soir tombe.
Fondu au noir.
Scène 16 — Devant l’auberge des Carpates
Intertitre : Après avoir parcouru bien des routes poussiéreuses, le jeune Hutter aperçut enfin les cimes des Carpates. Les chevaux de la diligence qu’il avait prise fatiguaient.
Une grande diligence tirée par quatre chevaux arrive dans la cour d’une auberge et s’arrête.
L’aubergiste, un petit vieillard juif, sort précipitamment et salue la voiture.
Hutter saute le premier, regarde autour de lui. Les autres passagers descendent : des Huzules à la longue chevelure noire, vêtus à l’identique, presque fantomatiques. Ils entrent silencieusement dans la maison.
L’aubergiste fait signe à Hutter d’approcher.
Pendant ce temps, on dételle les chevaux. La nuit tombe.
Scène 17 — À l’intérieur de l’auberge
Une vaste salle enfumée, dominée par un grand poêle de faïence.
Une lampe suspendue éclaire la pièce d’une lumière crue.
Les voyageurs se tiennent au fond. Hutter, entré le dernier, s’assoit à l’avant, observe, puis se montre soudain jovial.
Il frappe sur la table :
Intertitre : Vite, mon repas ! Il faut que je parte pour le château du comte Orlok !
La vieille servante recule, horrifiée. Les passagers, soudain figés, le fixent avec effroi.
Plan sur le comptoir : l’aubergiste bossu dresse l’oreille.
Plan large : Hutter, un peu gêné, hausse les épaules, prend son verre et le vide d’un trait.
Scène 18 — Dehors, derrière l’auberge
Une pente herbeuse s’incline vers la vallée. La brume monte dans la nuit.
Les chevaux, au pâturage, relèvent brusquement la tête, pris de panique, puis s’enfuient en galopant dans le brouillard.
Scène 19 — L’avertissement
À l’intérieur. Les passagers, vus de dos, sont rassemblés près d’une fenêtre, scrutant dehors avec inquiétude. La vieille servante hésite à s’approcher, puis se signe.
Hutter reste seul, perplexe. Il s’avance, veut demander la raison de ce trouble. La servante s’approche, tremblante, et lui chuchote à l’oreille :
Intertitre : Vous ne devez pas partir ce soir… Les loups rôdent dans les bois. Il y a aussi le loup-garou.
Hutter comprend et accepte de rester.
Fondu au noir. (bruits d’hyène, chevaux affolés)
Scène 20 — La chambre de Hutter
Une petite chambre blanchie à la chaux, aux angles aigus. La servante entre, tenant une chandelle. Elle la pose sans un mot et sort, le regard plein d’inquiétude.
Hutter, seul, s’approche de la fenêtre, l’ouvre et regarde la nuit sans étoiles.
Scène 22 — Les hurlements
Dans la grande salle, les passagers sans Hutter écoutent, pétrifiés. Au-dehors, on entend les hurlements terrifiants des loups. Ils se signent tous avec effroi.
Scène 23 — Le livre des Vampires
Dans la petite chambre, Hutter, transi, ferme la fenêtre. Il n’a plus sommeil.
Il marche de long en large, puis s’arrête devant une étagère.
Il tire un livre au hasard, revient à la lumière de la chandelle, s’assoit sur le lit et lit la couverture :
Gros plan : VAMPIRE
Il tourne la page.
Intertitre : Les Vampire, Esprits malfaisants à l'âme damnée. LE NOSFERATU. Des péchés sanglants des hommes naîtra une créature venue réclamer vengeance, une malédiction que les pères lèguent à leurs enfants et aux enfants de leurs enfants. Quiconque désire le sang sans raison tombe sous son pouvoir — le pouvoir du vampire, le Nosferatu.
Gros plan sur le texte suivant : Il ne tire sa force que de la terre natale où il a grandi.
Il tourne la page : Nosferatu se nourrit de sang humain. Il vit terré dans des caveaux et des cercueils, dans la terre maudite des cimetières de pestiférés.
Hutter secoue la tête, perplexe. Il bâille, éteint la chandelle et s’endort. Fondu au noir.
Scène 24 — Le matin
La lumière du soleil inonde la petite chambre. Hutter s’éveille, encore engourdi. Il aperçoit le livre, le lit à nouveau :
Gros plan : VAMPIRE
Il crache à terre, méprisant ces sornettes, et jette le livre dans un coin. Puis il ouvre la fenêtre, respire profondément.
Scène 25 — Dehors, le matin
Dans la clairière ensoleillée, les palefreniers rassemblent les chevaux au bruit des fouets et des cris.
Scène 26 — La toilette
Hutter se détend, sourit, se lave à grandes eaux. Il retrouve sa bonne humeur.
Scène 27 — La cour
La vieille servante jette du grain aux poules et aux moineaux. Le soleil éclaire la scène paisible.
Scène 28 — Le départ
C’est l’agitation du matin : on attelle les chevaux, les passagers montent dans la diligence. Ils sont moins uniformes que la veille : on distingue enfin leurs visages. Les paysans et les enfants curieux se pressent autour.
L’aubergiste retient le cocher : il manque un passager. Hutter apparaît à la fenêtre, à demi vêtu, et fait signe qu’il descend.
Il surgit par la porte, valise en main, et grimpe sur le siège avant. La voiture s’ébranle.
Les enfants agitent les bras, la vieille servante se signe :
Intertitre : Que Dieu protège les voyageurs et les garde des esprits malins.
Plan rapproché : Hutter rit bruyamment. Fondu au noir.
Scène 30 — La montée
Dans les montagnes : la diligence grimpe lentement le long d’un sentier escarpé. Le paysage est sauvage, baigné de soleil couchant.
Scène 31 — Sur la route
Hutter, impatient, pousse le cocher de son parapluie :
Intertitre : Plus vite ! Le soleil baisse !
Le soleil descend. Deux vieilles femmes, au visage identique, regardent le précipice. Leur immobilité a quelque chose de spectral.
Scène 33 — Le carrefour
Intertitre : Au carrefour.
Une madone sculptée projette son ombre sur la route. À genoux, une vieille femme prie. Le fiacre approche péniblement. Elle se dresse, affolée, pour les avertir.
La voiture s’arrête, un cocher descend :
Intertitre : Payez ce que vous voulez ! Nous n'irons pas plus loin
Hutter descend.
Les passagers gesticulent pour l’empêcher de prendre le chemin de gauche.
Il leur fait un signe d’adieu et part d’un pas résolu.
Intertitre : N'y allez pas ! Cet endroit est sinistre !
Plan : il passe devant la madone.
Scène 34 — Le château d’Orlok
Vue à travers les rochers : au loin, le château fantastique du comte Orlok, baigné de lumière du soir. Une route abrupte monte vers le ciel. Quelque chose surgit et descend à une vitesse surnaturelle — une voiture ? un fantôme ? Elle disparaît aussitôt derrière une butte.
Scène 35 — Retour au carrefour
Le cocher, terrifié, fouette les chevaux. La vieille femme a disparu, comme engloutie. Hutter regarde la diligence s’éloigner. Il est seul désormais. Il se ressaisit et s’engage sur la route de gauche.
Il traverse un petit pont qui enjambe un canal.
Intertitre : Dès qu'Hutter eut franchi le pont, ses craintes, qu'il m'avait confiées, ne tardèrent pas à se matérialiser.
Fondu au noir.
Scène 36 — La forêt des Carpates
Fondu d’ouverture.
La forêt primitive projette de longues ombres. Hutter avance, puis s’arrête : quelque chose approche. Une voiture noire surgit, sans bruit, comme tirée par des forces invisibles.
Pas de roues visibles. Deux chevaux noirs — ou des griffons ? — couverts d’un drap funèbre. De leurs bouches s’échappent des nuées blanches.
Le cocher est drapé de noir, le visage livide, les yeux fixes. Il lève son fouet et fait un geste d’invitation… ou d’ordre.
Hutter hésite, glacé. Mais ces yeux le dominent : pas à pas, comme tiré par des fils invisibles, il s’avance et monte dans la voiture. D’un coup, elle fait demi-tour et disparaît à toute allure.
Scène 37 — La forêt enchantée
Une forêt féérique, silencieuse. Un grand corbeau, noir, immobile, écoute.
Il se penche, observe la route. La voiture surgit et passe en trombe. Un jeune homme — Hutter — y est cramponné, livide. Le corbeau le suit du regard, d’un air moqueur.
Scène 38 — Le ravin
Un chemin désert, un saule tordu, un pont de pierre sur un gouffre. La voiture passe encore, comme une ombre. Le vieil arbre semble la regarder passer — son écorce se tord presque en un sourire.
Scène 39 — Le château du comte Orlok
Sous une arche obscure, la silhouette de la voiture glisse dans la cour du château, inondée de clair de lune. Elle s’arrête devant le porche.
Hutter, presque évanoui, descend. La voiture tourne sur elle-même comme emportée par un tourbillon et disparaît.
Hutter se retrouve seul devant le grand portail clos.
Soudain, très lentement, les deux battants s’ouvrent. Là, tout au fond du corridor, un homme se tient immobile, une chandelle à la main. Son visage est d’une blancheur de craie. Il attend.
Hutter hésite, voudrait reculer. Trop tard. Il monte les marches, franchit le seuil, avance vers l’inconnu.
Derrière lui, le portail se referme.
Fin de l’Acte I.
Acte II
Scène 40 — Le hall
Au centre du grand hall se tenait Orlok, tenant une chandelle dans sa main osseuse. Les murs étaient plongés dans l’obscurité, et de cette obscurité émergeait le dos de Hutter. Face à lui, une silhouette immobile — une créature pâle et spectrale, aux yeux creux et à la bouche mince. Était-ce le maître du château lui-même ?
Gros plan : le visage se contracta en une grimace polie, découvrant de fines dents pointues, semblables à celles d’un rat.
Ils se tenaient désormais face à face. Ce ne pouvait être qu’Orlok, car il n’y avait rien de servile dans le geste avec lequel il saisit le bagage de son invité.
Intertitre : Vous m’avez fait attendre. Il est presque minuit. Les serviteurs dorment…
Les doigts crispés de Hutter se détendirent. Orlok, tenant le sac, se retourna. Il leva la chandelle et marcha devant, invitant silencieusement Hutter à le suivre.
Scène 41 — Galerie des ancêtres
Un long couloir bordé de portraits anciens. Sur l’un d’eux, un ancêtre du comte, figé depuis des siècles, repose les yeux clos. Mais alors que deux silhouettes passent — Orlok et Hutter — les paupières du portrait semblent remuer. Les yeux du mort s’ouvrent et suivent lentement les visiteurs qui longent le mur couvert d’effigies.
Scène 42 — La salle à manger
Une salle immense, d’une architecture Renaissance. Au centre, une table massive ; au fond, une cheminée encadrée de deux armures noires et muettes.
Peut-être appartenaient-elles jadis aux chevaliers du lieu ? Une fissure court le long du mur — ou peut-être une lance oubliée ? Tout respire la décrépitude et le silence des siècles.
Hutter remarque que le comte l’observe, attendant. Vite, il lui remet les plans de la maison abandonnée et la lettre de Knock. Orlok les prend avec un sourire et l’invite à s’asseoir : le repas est prêt.
Le comte déplie les papiers et les examine.
Gros plan : Au verso de la lettre, un fouillis de chiffres, de lettres lisibles et d’autres indéchiffrables. Le chiffre sacré sept y revient plusieurs fois, mêlé à des signes cabalistiques. Les doigts décharnés d’Orlok serrent le papier comme des griffes.
Hutter, fasciné malgré lui, fixe la scène, les yeux écarquillés. Au-dessus du bord de la lettre, les yeux du comte apparaissent : il regarde Hutter comme un serpent hypnotisant sa proie.
Hutter, mal à l’aise, tente de manger. Il porte un morceau à sa bouche, mais s’arrête, incapable d’avaler.
Plan large : Le halo de lumière éclaire les deux silhouettes attablées.
Gros plan : Une horloge ancienne. Le marteau frappe douze coups. Minuit.
Hutter, figé, lâche son couteau et sa fourchette. La lame effleure sa main et la blesse ; une goutte de sang perle.
Aussitôt, le comte bondit avec une vivacité surnaturelle. Il empêche Hutter d’essuyer la plaie.
Intertitre : Vous vous êtes fait mal… Le couteau pourrait être empoisonné…
Il faut nettoyer le sang. Votre précieux sang…
Les lèvres du comte se posent sur la blessure, hâtives, avides. Hutter, terrifié, retire brusquement sa main et recule jusqu’à la cheminée.
Orlok se redresse, retrouvant une contenance polie.
Intertitre : Restons encore un peu éveillés… Voulez-vous me tenir un peu compagnie, très cher ? Il reste du temps jusqu'au lever du soleil… Le jour est loin…et le soleil me trouve toujours dehors. Et le jour, mon bon, je dors du plus profond sommeil
Sa voix est courtoise, presque triste. Hutter, troublé, ne parvient pas à refuser. Il s’effondre dans un grand fauteuil. Le comte s’assoit en face de lui.
Scène 43 — Le lendemain matin
Intertitre : L'aube dissipa les ombres de la nuit.
Hutter s’éveille dans le même fauteuil, près de la cheminée. Il a du mal à se souvenir des événements de la nuit. Le siège d’en face semble vide, mais baigné d’une étrange lumière.
Son regard glisse vers la fenêtre. La lumière du matin y pénètre à travers les vitres étroites. Tout paraît banal : un vieux mur, un peu de poussière.
Hutter baille. Il aperçoit la coupure à sa main, puis touche son cou. Deux petites douleurs. Il tire un miroir de son sac et regarde.
Gros plan : Deux marques rouges, rapprochées.
Il hausse les épaules : sans doute des moustiques. Il referme le miroir, mais son regard est attiré par la table. Les mets du repas sont intacts, disposés comme une nature morte. Soudain affamé, il se jette sur la nourriture.
Scène 44 — La terrasse en ruine
Toujours en mangeant, Hutter sort sur la terrasse décrépite, baignée de soleil. Rasséréné, il prend papier et crayon et commence une lettre.
Gros plan : « Ma bien-aimée, ma seule… »
Une mouche tourne autour de son visage. Il l’attrape, agacé, puis reprend :
Texte de la lettre : « Ne sois pas triste de me savoir au loin. Les moustiques ici sont infernaux. Deux m’ont piqué au cou, presque au même endroit. On dort mal dans ce château désolé, mais ne te tracasse pas. »
Il continue à écrire, insouciant.
Scène 45 — Le messager
Un cavalier approche à travers la forêt. Il s’arrête souvent, jetant des regards craintifs vers le château. Hutter l’attend près du porche, lui tend la lettre. Le cavalier la prend sans descendre, fait demi-tour aussitôt, et s’éloigne à toute allure.
Scène 46 — Le portrait
Intertitre : La nuit, une lumière spectrale semblait animer le château.
Dans la salle à manger, Orlok, assis près de la cheminée, étudie des plans.
Hutter se tient derrière lui. Le comte semble plus attentif au jeune homme qu’aux papiers. Soudain, un petit portrait tombe du sac de Hutter.
Il veut le ramasser, mais Orlok le saisit avant lui.
Gros plan : un portrait miniature d’Ellen. Orlok le contemple longuement, ses yeux s’élargissent, sa bouche se resserre.
Intertitre : Quel beau cou a votre femme…
Hutter pâlit. Une peur nouvelle s’éveille : non plus pour lui, mais pour Ellen.
Il tend la main pour reprendre la miniature. Ses doigts effleurent le corps glacé du comte. Celui-ci se redresse, raide et majestueux.
Intertitre : J’achète la maison, la belle demeure abandonnée, juste en face de la vôtre. Nous serons voisins…
Il signe le contrat d’un geste rapide et le lui rend. Hutter s’incline, mal à l’aise, et quitte la salle. Le comte le suit du regard, un sourire démoniaque aux lèvres. Ses mains ont pris la forme de griffes.

Scène 47 — La chambre de Hutter
Une chandelle brûle. Hutter, debout au milieu de la petite chambre, paraît étourdi. Il décide de partir le lendemain. Il embrasse le portrait d’Ellen et commence à se dévêtir. Alors il découvre dans sa poche un livre : celui de l’auberge ! La vieille servante y a glissé ce volume mystérieux.
Il l’ouvre machinalement.
Gros plan — le livre : Chapitre II. Nosferatu boit le sang de ses victimes pour prolonger sa pitoyable vie. Prenez garde que son ombre démoniaque ne tourmente vos rêves. La nuit est l’élément du vampire. Il voit dans les ténèbres, et c’est un don précieux dans un monde où la moitié du temps appartient à la nuit. Mais nous, les humains, restons aveugles et sans défense.
Hutter referme brusquement le livre. Une pensée horrible lui traverse l’esprit. Son front brûle de fièvre. Est-ce le livre, ces murs, ou le souvenir du comte qui le fait frémir ? Ces griffes, ces dents de rat… Était-ce un rêve ? Pris de panique, il bondit vers la porte, puis s’y approche lentement, à pas feutrés.
Scène 48 (4 mètres)
Salle à manger. Vue depuis la porte, le long de la salle. Près de la cheminée, Orlok — non, ce n’est pas Orlok, mais un vampire gigantesque, immobile, un observateur sombre dans la nuit.
Plan moyen rapproché : Il regarde Hutter avec un regard fixe.
Scène 49 (6 mètres)
La petite chambre. Plan de la porte : Hutter se soutient contre l’encadrement. Une terrible réalisation lui traverse l’esprit. Ferme la porte, ferme-la vite ! Mais il n’y a pas de verrou. Pas de serrure. Il regarde autour de lui, place une lourde chaise en chêne contre la porte. Peut-il s’échapper ?
Plan moyen rapproché : Il se précipite vers la fenêtre et l’ouvre brusquement.
Scène 50 (3 mètres)
Forêt de Tegeler. Nuit. Sous-bois. Une meute de loups, levant la tête, hurle à la lune.
Scène 51 (8 mètres)
La petite chambre.
Plan large : Hutter tombe à genoux près du lit. Il se cramponne aux couvertures et fixe la porte derrière laquelle la terreur l’attend. Que se passe-t-il ?
Plan moyen rapproché : Par un mouvement invisible, la porte s’ouvre brusquement à moitié.
Plan large : Hutter, terrifié, se couvre les yeux avec ses bras, tirant sur les couvertures pour se protéger. Il ne doit pas regarder. Il ne doit pas voir ! Fondu au noir.
Scène 52 (6 mètres)
La même nuit. Chambre d'Ellen chez les Harding. Elle se réveille soudainement. Elle a rêvé, comme si elle avait vu une vision… Une prémonition de danger. Elle se lève, se dirige vers la fenêtre et sort sur le balcon.
Scène 53 (6 mètres)
Le bureau de Harding. Nuit. Harding est assis à son bureau. Il entend un bruit et se précipite à l’extérieur.
Scène 54
Chambre d'Ellen. Plan moyen rapproché de la porte : Ellen, perchée sur le bord du balcon. Harding, se précipitant vers le balcon, entre dans la chambre et découvre que le lit est vide. Il crie :
Intertitre : Ellen !
Il aperçoit la somnambule au moment où, réveillée par ses cris, elle perd l’équilibre et tombe. Il court vers elle et la prend dans ses bras. Il la porte jusqu’au lit. Un serviteur, alerté par le bruit, apparaît dans l’embrasure de la porte.
Serviteur : Un médecin !
Harding (cri) : Un médecin !
Le serviteur disparaît.
Scène 55 (6 mètres)
Fondu enchaîné. La petite chambre du château.
Plan large : Hutter est allongé dans le lit, tendu, replié sur lui-même. Lentement, Nosferatu s’avance vers lui. Irrésistible, il se penche sur le pauvre homme, terrifié et sans défense, et plante ses crocs dans sa gorge.
Fondu au noir.

Scène 56 (7 mètres)
Fondu enchaîné. Chambre d'Ellen. Plan large : Ellen crie :
Intertitre : Hutter !!!
Plan large : Ellen, dans son lit, en délire. Anny, agenouillée à ses côtés, un médecin, le professeur Sievers, prend son pouls. Harding. Ellen tremble comme un oiseau blessé. Elle se recroqueville, se jette dans un coin du lit.
Scène 57 (8 mètres)
La petite chambre du château. Plan moyen rapproché : Nosferatu tourne la tête. Il écoute attentivement, comme s’il pouvait sentir — entendre — les cris terrifiés au loin.
Plan large : Nosferatu s’éloigne du lit de Hutter. Il se dissout dans l’air ! Il quitte la pièce.
Scène 58 (8 mètres)
Chambre d'Ellen. Ellen se calme lentement. Sa terreur se transforme en apathie. Elle respire faiblement.
Plan moyen rapproché : Elle se laisse retomber dans ses oreillers, épuisée.
Le professeur Sievers, notant la régularité du pouls, dit à Harding :
Intertitre : Congestion sanguine normale… Causée par une position inconfortable pendant le sommeil…
Il prend un air académique. Sa barbe tremble d’enthousiasme.
Intertitre : Le médecin attribuait les angoisses d'Ellen à une maladie inconnue. Mais je sais que votre âme a répondu à l'appel de l'oiseau de la mort. Nosferatu dépliait ses ailes.
Fondu au noir.


Scène 59 (3 mètres)
Poczamok. Derrière un pignon pointu du château, le soleil se lève lentement. Fondu au noir.
Scène 60 (7 mètres)
Fondu enchaîné. La petite chambre du château. La lumière de l’aube pénètre par la fenêtre, semblant se déplacer le long du mur jusqu’au visage de Hutter, à moitié évanoui, à moitié endormi. Soudain, il se réveille. Il se lève précipitamment, se saisit de sa gorge. Il bondit hors du lit, les poings serrés, se précipite vers la porte. Prudemment, il l’ouvre et regarde à l’extérieur.
Scène 61 (6 mètres)
Salle à manger. En journée. La salle est vide. Hutter, pâle et aux yeux cernés, titube. Il regarde autour de lui, rien. Secouant la tête, les poings serrés, avec une détermination sauvage, il se traîne en avant.
Intertitre : Hutter cherchait à comprendre l'épouvante de ses nuits.
Scène 62 (6 mètres)
Galerie des portraits et escalier. Hutter se traîne difficilement. Il descend quelques marches, puis trouve une porte. Il l’ouvre.
Scène 62a
Galerie en arc courbe. Hutter ouvre une porte après l’autre.
Scène 63 (15 mètres)
Voûte. Vide et sombre. Au centre de l’obscurité, un cercueil noir.
Hutter ouvre la porte, entre, puis recule soudainement. Il fixe sans comprendre. La peur le saisit. Mais il doit s’assurer. Tremblant, il soulève le couvercle du cercueil.
Il recule d’horreur, abandonne le couvercle et se réfugie dans le coin le plus sombre. À l’intérieur du cercueil, il a vu, noir et long, le corps sans vie de Nosferatu. Paniqué, Hutter faillit s’évanouir. Puis il s’élance hors de la pièce.
Fondu au noir.
Scène 64 (3 mètres)
Poczamok, Vratna Pass, Tatra. Fondu enchaîné. Coucher du soleil.
Entre une ligne de troncs d’arbres bizarres, le soir approche, comme un fantôme…

Scène 65 (6 mètres)
Fondu enchaîné. Niche à l’intérieur du château. La petite chambre du château. Hutter est accroupi au sol. Son corps est tordu par la peur. Ses cheveux se dressent sur sa tête, ses yeux sont écarquillés. Soudain, il se redresse et écoute. Entend-il un bruit dans ce lieu désert ? Cela pourrait-il signifier sa salvation ? Avec difficulté, il traîne son corps affaibli vers la fenêtre.
Scène 66 (3 mètres)
Cadre de la fenêtre (plan extérieur). Poczamok, les murs du château vus de l’extérieur. Hutter regarde par la fenêtre. Il refuse de croire ce qu’il voit. La barre d’une fenêtre.
Scène 67 (12 mètres)
Poczamok. Un chariot à faible essieu, avec deux chevaux fantastiques.
Et maintenant : est-ce une ombre ? Un fantôme ? Nosferatu. Il va et vient, va et vient. Du chariot au château, et vice versa. Il transporte des caisses. Des boîtes noires, semblables à des cercueils. Il les empile, boîte après boîte, formant une gigantesque pyramide. Tout cela se passe à une vitesse surnaturelle.
Scène 68 (3 mètres)
Poczamok, une partie du mur du château. Hutter, figé, les yeux vitreux, regarde le fantôme en mouvement.
Scène 69 (6 mètres)
Cour du château. Le chariot est maintenant chargé. Soudain, le fantôme saute sur la boîte du sommet et disparaît à l’intérieur. Instantanément, les chevaux se mettent à courir à une vitesse fulgurante. Les grandes portes se ferment derrière eux avec un grand bruit.
Scène 70 (8 mètres)
La petite chambre du château. Hutter recule précipitamment de la fenêtre.
Intertitre : Ellen !
Nosferatu est en route. Ellen est en danger. Il doit se dépêcher. Sauver Ellen. Ellen ! Ellen ! Soudain, il commence à arracher les tapisseries et à déchirer les couvertures du lit. Il les déchire pour en faire de longues bandes et les nouer ensemble pour en faire une corde. Fondu au noir.
Scène 71 (10 mètres)
Poczamok, le gouffre. Hutter pend du haut de la fenêtre du château, accroché à une corde. Mais la corde est trop courte. Sous lui, l’abîme s’ouvre encore. Et pourtant, il prend le risque du saut, qu’il soit vivant ou mort.
Plan moyen rapproché : Il se jette dans le vide. Hutter est allongé au fond de l’abîme, entre les arbres et les rochers, se tordant de douleur, fiévreux. Il essaie de se relever, mais la douleur le saisit à nouveau. Puis il perd connaissance.
Scène 72 (10 mètres)
Fondu enchaîné. Au bord de la rivière Pruth, Waag. La rivière coule majestueusement à travers la vaste plaine. Le paysage est baigné de soleil.
Tout semble paisible. Puis une grande barque apparaît autour d’un virage et glisse lentement dans le champ de vision. Les rameurs, avec des perches longues, la poussent avec un grand effort. À l’arrière, une pile de boîtes noires, semblables à des cercueils. Empilées en pyramide. Une vision étrange.
Inlassablement, les rameurs continuent de ramer. La barque s’approche, inexorable, comme une condamnation.
Intertitre : Les bateliers ne savaient pas quel terrible fardeau ils descendaient dans la vallée.
Fondu au noir.
Fin de l’Acte II.
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Judex
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Re: Roman feuilleton Nosferatu le vampire par Judex6

Message par Judex »

Acte III,
Scène 73
Titre : Un hôpital à Budapest
Salle d’hôpital — une longue rangée de lits blancs. Au premier plan, Hutter, couvert de bandages… les yeux clos.
Le docteur s’approche de lui. Il l’examine, interroge l’infirmière. Elle lui raconte le cas :
Intertitre : Il a été amené hier par des Huzules, qui ont dit qu’il était tombé d’une montagne. Il a encore de la fièvre…
Alors que le docteur poursuit son examen, Hutter se réveille, ouvre les yeux.
On voit encore dans son regard fiévreux la peur qui ne l’a pas quitté. L’infirmière accourt pour le retenir. Mais Hutter recule jusqu’au bout du lit, rampant, les mains tendues pour se défendre.
Soudain, son regard se vide. Il retombe, inanimé. Ses lèvres murmurent quelque chose…
Le docteur se penche pour entendre ce qu’il dit.
Hutter (murmurant pour lui-même)
Intertitre : « Des Cercueils … — — — »
Plan rapproché moyen : le docteur et l’infirmière échangent un regard, sans comprendre. Fondu au noir.
Scène 74 — 18 mètres
Titre : Le port de Varna
Quai. Prêt à l’embarquement, parmi d’autres cargaisons, s’empilent des cercueils noirs. Des agents des douanes examinent l’étiquetage et les documents. Ils s’approchent des caisses. L’un d’eux fouille dans les papiers et remet les connaissements à son supérieur.
Gros plan : Ordre d’expédition. Cargaison mixte, de Varna à Wismar
Contenu : terre de jardinage à usage expérimental.
L’inspecteur sourit d’un air incrédule. Il ordonne une fouille. Des docker pieds nus traînent une des caisses, très lourde, en jurant. L’inspecteur donne l’ordre — on ouvre le couvercle avec peine. Il y a de la terre à l’intérieur ! L’inspecteur ordonne : videz ! Les ouvriers s’exécutent. Du sable et de la terre tombent. Satisfait, l’inspecteur passe à la pile suivante.
Mais, dans la terre, quelque chose bouge violemment… quelque chose de vivant… saute dehors… des animaux affreux… des rats !
L’un des ouvriers, s’accroupissant pour ramasser la terre répandue, donne un coup violent. Un des animaux, sonné par le coup, mord-il son pied ?
Plan large : La grosse grue à palan soulève une des caisses et la lâche dans la coque du voilier amarré au quai. Sur le tableau arrière, sous la figure de proue baroque, on distingue un nom : EMPUSA.
Gros plan : le capitaine parle à son second :
Intertitre : Le navire doit prendre la mer cette nuit même
Le second salue et s’en va.
Gros plan sur les cercueils chargés à bord, il y a un papier collé dessus.
Intertitre : Chargement de l'Empusa Destination : Wismar. La cargaison est accueillie à bord. On avait chargé sur l'Empusa des cercueils remplis de terre. Nosferatu était en route. Le danger s'approchait de Wismar. Le professeur Bulwer, qui étudiait les secrets de la nature, m'en avait parlé.
Scène 75 — 12 mètres
Titre : Le professeur Bulwer, paracelsien, expose à ses élèves la nature des plantes carnivores dans son Institut. Les secrets de la nature se révélaient à des yeux horrifiés.
Plan rapproché moyen : Le professeur Bulwer, entouré de quelques étudiants — gens tranquilles et simples. Ils écoutent son exposé. Il désigne avec insistance une plante à la forme étrange.
Gros plan : Une fleur dont les pétales s’allongent comme des tentacules. Immobile. Un insecte, attiré par le parfum, s’approche et se pose sur le calice coloré. En un éclair, les tentacules se referment et l’emprisonnent. L’insecte lutte en vain ; la fleur l’attire dans son cœur.
Plan moyen-rapproché : Bulwer, pointant la fleur, parle lentement :
Intertitre : Vous voyez ? Exactement comme un vampire !
Scène 76 : Asile Psychiatrique — 6 mètres
Intertitre : Il semble que l'approche du malfaisant Nosferatu avait une emprise sur Knock, le marchand de biens.
Le Dr Sievers s’éloigne de son bureau parce qu’un gardien y est entré et semble alarmé
INTERTITRE : Le patient qu’on nous as amené hier fait une crise.
Le Dr Sievers suit le gardien qui lui montre le chemin
Scène 77 — 12 mètres
Titre : Cellule d’aliéné
Sievers et l’aide s’arrêtent au seuil ; leurs yeux s’efforcent d’embrasser la demi-obscurité. Là, dans l’ombre d’un coin, quelque chose bouge lentement. Un homme se redresse. Comme une panthère prête à bondir, sa férocité contenue, il se dresse. Son visage entre dans la lumière. Son regard brûlant et délirant fixe Sievers. On le reconnaît enfin… c’est Knock !
Soudain, d’un bond, il est à la fenêtre. Sievers est surpris ; il murmure un ordre à l’assistant qui se prépare à apporter la camisole de force. Mais l’attaque attendue ne vient pas. Knock reste à la fenêtre, remuant les bras comme pour attraper des mouches qu’il porte à sa bouche — nourriture répugnante. Le visage du fou se tord en un rire qui évoque un éclair lointain. Ses lèvres murmurent :
Titre (Knock, murmure) : « Le sang, c’est la vie ! Le sang, c’est la vie ! »
Puis, brusquement, le maniaque se jette sur Sievers avec toute sa force. Sievers peine à se défendre. L’assistant arrive vite et enfile la camisole sur l’homme enragé. Fondu au noir.
Scène 78 — 8 mètres
Intertitre : L’institut
Bulwer, toujours calme et pédagogue, se tient avec ses étudiants devant un aquarium.
Gros plan : Sur une pierre dans l’eau, un petit polype. Il déploie ses tentacules, saisit un poisson et l’attire vers sa bouche. Il est presque transparent, sans couleur, d’une consistance gélatineuse.
Intertitre : « Et celui-ci… un polype à tentacules… transparent… presque incorporel… presque un fantôme… »
Scène 79 — 8 mètres
Intertitre : Cellule de l’aliéné
Gros plan : Knock, couché sur le sol, entravé dans sa camisole, geint misérablement. Son visage se tourne vers le plafond. Ses yeux tristes aperçoivent quelque chose là-haut. Ses lèvres murmurent :
Intertitre : « Des araignées… ! »
Gros plan : Une toile, et l’araignée vivante qui y suce le sang d’un insecte prisonnier.
Plan moyen : Knock, en extase, contemple la scène. Sievers reste immobile, ne comprend pas, puis, brusquement, donne un ordre et quitte la cellule.
Fondu.
Scène 80 — 4 mètres
Intertitre : Le cimetière de Wismar. Ellen se promenait souvent dans la solitude des dunes. Sa tristesse s'envolait vers son bien-aimé, tandis que ses yeux scrutaient les vagues et l'horizon.
Vue depuis la jetée, vers la côte. Au premier plan, la mer houleuse. Plus loin, sur la falaise abrupte, le cimetière de Wismar.
Plan rapproché : L’après-midi. Devant les tombes, une rangée de bancs. Des promeneurs vont et viennent, regardant la mer, d’autres sont assis et contemplent le large.
Plan moyen rapproché : Un banc un peu à l’écart. Ellen y est assise, rêveuse, le regard perdu vers un lointain pays par-delà la mer. Son visage exprime une inquiétude douce — le pressentiment du danger qui pèse sur son mari. Peu à peu, ses paupières se ferment ; des larmes perlent.
Scène 81 — 4 mètres
Titre : Le parc de Harding — Jeu de croquet
Dans le parc de Wismar. Harding, jeune et sportif, frappe le volant. Anny, en robe claire, rit, le rattrape, le relance. La balle vole d’un joueur à l’autre. Un instant de gaieté lumineuse — la santé et la jeunesse en mouvement.
Scène 82 — 6 mètres
Aux grilles du parc. Le facteur, un vieil homme, fouille dans sa sacoche en cuir. Il en tire une lettre qu’il tend avec solennité au vieux serviteur de Harding, tout aussi ridé que lui. Avant de repartir, le facteur désigne le timbre, levant les sourcils :
— Celle-ci vient de loin… très loin…
Les deux anciens se penchent sur la lettre, intrigués. Puis le serviteur la prend et s’en va.
Scène 83 — 6 mètres
Dans le parc. Le vieux domestique approche. Harding et Anny interrompent leur jeu. Anny saisit la lettre, lit l’adresse et s’exclame joyeusement :
— C’est pour Ellen !
Elle court vers son frère.
— Allons vite la lui porter ! dit-elle.
Harding acquiesce. Ils remettent leurs raquettes au serviteur et sortent ensemble du parc.
Scène 84 — 3 mètres
Titre : Le cimetière de Wismar.
Plan moyen : Ellen est assise seule sur un banc, face à la mer. Ses yeux fixent l’horizon, perdus dans un rêve anxieux. Ses mains jointes tremblent.
Le vent fait flotter un pan de sa robe claire, semblable à un voile.
Un silence profond entoure le lieu. Les croix du cimetière se dressent au-dessus des falaises, et la houle gronde en contrebas, comme une respiration lente. Ellen ferme les yeux : des larmes roulent sur ses joues.
Fondu.
Scène 85 — 3 mètres
Titre : Les rives de Helgoland.
Vue lointaine de la mer. Des bancs de sable s’étirent entre les rochers battus par les vagues. Les eaux bouillonnent, blanchies d’écume. Un ciel lourd pèse sur la ligne d’horizon. (Transition symbolique : l’océan, lien invisible entre l’amour d’Ellen et la menace qui s’approche.)
Scène 86 — 12 mètres
Lieu : Le cimetière de Wismar.
Harding et Anny s’approchent, gravissant le sentier. Ils aperçoivent Ellen, toujours immobile, le regard tourné vers la mer. Ils s’avancent, souriants, pour rompre sa solitude.
Anny : Devine ce que nous t’apportons !
Elle agite la lettre devant elle, toute joyeuse. Ellen tressaille, saisit la lettre avec empressement, ses doigts tremblants déchirent presque l’enveloppe.
Ellen, émue : Je n’y arrive pas… lis pour moi !
Anny s’empresse d’ouvrir le pli.
— Tu verras, il va bien, dit-elle. Il t’écrit des nouvelles heureuses !
Elle parcourt le papier des yeux, puis éclate de rire, soulagée :
— Je te l’avais dit ! Tout va bien !
Elle tend la lettre à Ellen. Mais à mesure qu’Ellen lit, son visage se fige.
Une inquiétude profonde, presque douloureuse, se dessine dans ses traits.
Gros plan : La lettre de Hutter. « Ma bien-aimée, ma seule…Ne sois pas triste de me savoir au loin. Les moustiques sont de véritables fléaux. Deux m’ont piqué au cou, presque au même endroit, de chaque côté… On dort mal dans ce château désolé, mais ne te tracasse pas. »
Plan normal : Ellen chancelle, son visage se crispe de douleur — comme si ces mots eux-mêmes lui brûlaient la peau. Harding et Anny échangent un regard inquiet : ils ne comprennent pas.
Fondu lent.
Scène 87 — 8 mètres
Titre : Galaz – Le port, la nuit.
Plan général : Le port de Galaz, enveloppé dans une brume épaisse. Au quai, le voilier « Empusa » est à l’ancre, immobile, silhouette noire contre la lumière tremblée des lampes à huile. Aucun marin sur le pont. Pas un bruit, sinon le clapotis du fleuve contre la coque.
Un souffle passe. Un léger mouvement, imperceptible d’abord, anime la passerelle : quelque chose descend lentement vers la terre.
Gros plan : Sur le bois humide du quai, une marée grouillante se répand :
— des rats. Des centaines de rats. Leur course glisse entre les caisses et les cordages. Ils s’égaillent dans l’ombre des ruelles, fuyant la lumière.
Plan large : Les dockers absents, les portes closes. La peste voyage — silencieuse, invisible, déjà en marche.
Fondu au noir.
Scène 88 — 10 mètres
Lieu : Hôpital de Budapest.
Hutter est debout, encore faible, les traits tirés. Il fixe la fenêtre avec un air résolu. La lumière grise de l’aube éclaire le lit vide qu’il vient de quitter.
L’infirmière s’avance, alarmée :
« Monsieur, vous ne pouvez pas sortir ! Vous devez rester encore quelques jours ! »
Mais Hutter ne répond pas. Il rassemble ses affaires, vacillant, et la repousse doucement.
Intertitre : « Non, je dois partir…Je dois rentrer chez moi… par le plus court chemin… Le plus vite possible ! »
L’infirmière lève les bras, désespérée. Il la remercie d’un signe, puis sort précipitamment. Dans le couloir, il chancelle, mais son regard brûle d’une volonté farouche.
Fondu.
Scène 89 — 12 mètres
Titre : Constantinople – Le port, la nuit.
Plan large : Sous un ciel bas, les chiens errants hurlent parmi les gravats.
Leurs cris montent jusqu’au firmament, lugubres, déchirants.
Les ruelles suintent de boue et de fièvre. Dans un coin du port, l’« Empusa » se balance au gré du vent. Sa proue se détache dans la lueur blafarde de la lune.
Un plan plus serré révèle un mouvement : De la cale, de petites ombres s’écoulent — rats… encore des rats… un, deux, dix, puis une multitude sans fin.
Ils se dispersent sur les quais, escaladent les tonneaux, et filent dans les rues, porteurs du mal et de la nuit.
Fondu au noir.
Scène 90 — 8 mètres
Titre : Dans la plaine hongroise. Station de poste dans la Puszta. Une diligence arrive à vive allure. Le cocher fouette ses chevaux épuisés pour les pousser à un dernier effort.
À peine la voiture s’arrête-t-elle que Hutter saute à terre. Il appelle, fébrile :
— Plus vite ! Il me faut des chevaux frais !
Les palefreniers accourent. Hutter les aide lui-même à dételer les bêtes hors d’haleine, tandis qu’on amène d’autres chevaux. Le voyageur s’impatiente :
— Hâtez-vous ! Le temps presse !
Les harnais sont bouclés à la hâte. Le cocher sonne du cor. Quelques voyageurs en retard surgissent et grimpent dans la voiture. Hutter est le dernier à monter.
La lourde diligence repart dans un fracas de sabots et de roues, soulevant la poussière du chemin, disparaissant bientôt dans l’étendue sans route de la plaine.
Fondu au noir.
Scène 91 — (métrage non précisé, estimé 6-7 m)
Port de Constantinople. Plan général. Sous la brise fraîche, le navire Empusa se dégage lentement de la forêt de mâts du port et gagne le large.
Scène 92 — 15 mètres
La cellule de l’asile. Dans un état de torpeur, Knock est assis sur sa couchette. Le gardien, tenant un balai, s’apprête à quitter la pièce.
Soudain, Knock lève les yeux. Son regard rusé suit chacun des gestes du gardien avec une concentration diabolique. Il a remarqué quelque chose : un journal dépasse de la poche de l’homme.
Silencieusement, il se lève, s’approche à pas de loup, et dérobe le journal sans que le gardien s’en aperçoive. Celui-ci sort, ferme la porte.
Aussitôt seul, Knock déplie fébrilement le papier, le visage tremblant d’excitation. Ses yeux avides parcourent les colonnes. Soudain, il s’arrête net : il a trouvé ce qu’il cherchait.
Gros plan sur le journal : PESTE. En Transylvanie et dans les ports de la mer Noire — Varna et Galaz — une épidémie de peste s’est déclarée.
Les jeunes femmes, surtout, en sont victimes en grand nombre.
Toutes présentent les mêmes marques étranges au cou, dont l’origine demeure un mystère pour les médecins. Les Dardanelles ont été fermées à tout navire suspecté de transporter le mal. On estime impossible que l’épidémie atteigne l’Europe de l’Ouest.
Plan moyen : Le visage de Knock se tord dans un rictus de triomphe. Ses yeux flambent d’une joie démoniaque. Il se redresse, tend les bras vers le ciel, comme s’il saluait l’ombre de son maître.
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Scène 93 — 8 mètres
Titre : Mer libre. La Méditerranée. Vue d’ensemble : L’Empusa glisse sur les flots, baigné par la lumière du soir.
Fondu enchaîné — plan rapproché moyen sur le pont. Le second monte précipitamment l’escalier de la dunette et traverse le pont, courant vers la cabine du capitaine.
Scène 94 — 8 mètres
Dans la cabine du capitaine. Le capitaine de l’Empusa est penché sur ses cartes marines, notant des observations dans le journal de bord. Le second entre précipitamment, l’air bouleversé.
Intertitre : En bas, un matelot est tombé malade. Il délire et parle dans la fièvre.
Le capitaine lève la tête, alarmé. Sans perdre un instant, il saisit sa lampe tempête et suit le second vers la cale.
Scène 95 — 12 mètres
Sous le pont. À l’arrière-plan, l’obscurité du navire : les cercueils sont là, empilés parmi les caisses. À travers la porte ouverte, on distingue vaguement leurs silhouettes noires.
Au premier plan, la cabine des marins : un homme est couché dans un hamac, tremblant, les yeux fiévreux. Le capitaine et le second s’approchent. Le malade les fixe d’un regard halluciné. Chaque bruit le fait sursauter.
Plan vers la cale : Une ombre bouge à peine perceptiblement… le couvercle d’un cercueil se soulève d’un souffle invisible.
Plan rapproché sur le capitaine : Plus irrité qu’inquiet, il grogne d’un ton bourru :
— Bois un coup, ça te remettra d’aplomb !
Le second sort une bouteille, la décapsule, et en tend le goulot au malade.
L’odeur de l’alcool semble le ranimer. Il avale une gorgée tremblante.
Le capitaine lui ordonne de dormir et sort avec le second.
Resté seul, le matelot écoute… Soudain, son regard s’arrête net sur la porte de la cale. Un frisson le parcourt. Il se redresse lentement, pétrifié.
Panoramique vers la porte : Là, dans le cadre sombre, se dresse Nosferatu, silhouette terrifiante et silencieuse. Il avance… Le matelot ouvre la bouche pour crier, mais aucun son ne sort.
Fondu au noir.
Scène 96 — 10 mètres
Les landes sauvages de la Lüneburger Heide.
Un cavalier fend la plaine au galop. De loin, il n’est qu’un point mouvant, une ombre dans le vent. Il se rapproche : c’est Hutter.
Son cheval trébuche. Il met pied à terre, inspecte le sabot blessé. D’un geste de désespoir, il relâche la bête, puis reprend les rênes.
Il avance, tirant le cheval boiteux derrière lui. Son visage est tiré, son regard brûlant d’une détermination fiévreuse. Il doit rentrer — à tout prix.
Intertitre : Malgré sa faiblesse, Hutter surmonta les difficultés du voyage.
Scène 97 — 12 mètres
Titre : Le golfe de Gascogne. Sur le pont de l’Empusa.
Intertitre : Le premier marin atteint de cette maladie entraîna tout l'équipage avec lui, dans la tombe noire des vagues. Le soir, le capitaine et son second immergèrent leur dernier camarade.
Le soir. Dans la lumière mourante, le capitaine et le second glissent un corps enveloppé dans une toile par-dessus bord. C’était le dernier marin.
Le corps disparaît dans la mer, suspendu par des cordages avant de sombrer.
Les deux survivants demeurent un instant immobiles, face au silence de la mort.
Soudain, le second se redresse, les yeux fous. Il semble avoir pris une décision.
Il arrache le tissu couvrant son visage, saisit une hache et crie :
Intertitre : — Je descends là-dessous ! Si je ne reviens pas dans dix minutes…
Sans finir sa phrase, il s’élance vers l’écoutille.
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Scène 98 — 12 mètres
Sous le pont. Les cercueils noirs. Le second s’avance, la hache levée. Il abat un premier coup : le couvercle éclate.
De la terre, rien que de la terre. Mais sous la poussière, un grouillement… des rats !
Ils se répandent autour de lui. Il sent leurs corps visqueux courir sur ses bottes, grimper le long de ses jambes.
Horrifié, il frappe un autre cercueil. Même chose : des rats, toujours des rats ! Il chancelle, piétinant dans une marée grouillante.
Gros plan : Son visage convulsé. Il lève la hache une dernière fois.
Mais un cri lui meurt dans la gorge. Son bras tombe. Ses cheveux se dressent.
Dans le fond, la silhouette du vampire surgit, raide et muette, se redressant lentement hors de son cercueil.
Le second, fou de terreur, s’enfuit vers le pont. Nosferatu avance, impassible, implacable.
Scène 99 — 8 mètres
Sur le pont.
Le capitaine tient la barre. Tout à coup, l’écoutille s’ouvre : le second surgit, méconnaissable — les cheveux blanchis, le visage tordu, les yeux révulsés.
Il titube, tourne en rond comme un homme ivre de folie, pousse un cri, trébuche et passe par-dessus bord.
Le capitaine regarde, glacé d’horreur. Désormais, il est seul.
Calmement, il prend une corde, s’attache au gouvernail, ferme les yeux un instant. Puis il attend.
Dans la nuit, L’Empusa poursuit sa route, abandonné au vent et au mal.
Intertitre : Le navire de la mort avait un nouveau capitaine.
Fondu au noir.
FIN DE L’ACTE III
Acte IV
Scène 100 – 5 mètres – Heligoland
Fondu d’ouverture. Une falaise au bord de la côte, la nuit, la mer rugit.
La tempête hurle. Une vague gigantesque s’avance, se brise, l’eau éclabousse haut dans les airs. Voilure en mouvement.
Scène 101 – 5 mètres
La chambre d’Anny. Nuit. Anny dort. La tempête pousse contre les fenêtres, les ouvre. Le rideau gonfle et claque dans le vent. Anny se réveille, confuse, terrifiée, elle saute du lit. Elle tente de fermer la fenêtre, mais ne peut s’y résoudre. Le vent la repousse… elle recule. Elle s’enfuit hors de la pièce.
Vagues – Ellen – Anny se réveille – Carrosse – Ellen avance – Vagues –
Carrosse, Hutter – Anny se réveille – Vagues – Ellen, Anny – Bateau.
Scène 102 – 3 mètres
Chambre d’Ellen chez les Harding. La tempête s’engouffre par la fenêtre ouverte. Le lit est vide… Anny entre. Elle comprend aussitôt ce qui s’est passé, et se précipite dehors.
Scène 103 – 4 mètres
Toit du manoir des Harding. Ellen, ses vêtements battus par le vent, ses cheveux flottant comme un drapeau, se tient dans la tempête. Elle tend les bras en signe de défense. Une silhouette blanche contre le ciel noir de la nuit.
Scène 104 – manquante
Scène 105 – 6 mètres – Contre-jour – Mer du Nord
En haute mer. La tempête fait rage, d’énormes vagues déferlent. Au loin, un voilier, L’Empusa, toutes voiles dehors,
court à sa perte. Trucage.
Intertitre : Le souffle mortuaire de Nosferatu gonflait les voiles du navire vers son but.
(Les scènes 106 et 107 sont manquantes.)
Scène 108 – 6 mètres
Vue sur la ville, de nuit. La tempête secoue les arbres. Un bateau à voile avance vers son objectif.
Scène 109 – manquante
Scène 110 – 12 mètres – Wismar
Mer. La tempête fait rage violemment. Le banc de sable menace.
L’l’Empusa, le navire fatal, s’approche encore, toujours à toute vitesse.
Vue depuis la mer vers le port. Des voiliers entrent toutes voiles dehors.
Contre-jour (Wismar). Trucage.
Ellen sort de la chambre – Essieu brisé – Ellen traverse le jardin –
Le navire se dirige vers son but – Knock 1 – Le navire entre dans le port –
Hutter court dans la rue – Knock – Le navire dans le port – Nosferatu apparaît –
Hutter court dans la rue – Nosferatu passe la porte avec son cercueil –
Porte, Hutter – Évasion de Knock – Nosferatu place ou rue – Chambre.
Scène 111 – 4 mètres
Toit-terrasse du manoir des Harding. Ellen dans les bras d’Anny. Ses cheveux volent dans le vent. Ellen tend les mains vers la mer, comme pour se défendre.
Intertitre : Je dois rentrer chez moi. Je dois le rejoindre. Il arrive.
Scène 112 – Cimetière
Vue sur la mer. Au premier plan, les croix. À l’arrière, le banc de sable et les falaises. Au loin, des gens accourent pour secourir les naufragés. Le banc de sable. Le navire s’y fracasse… se renverse sur le flanc.
Vue à travers une arche : le voilier passe. Wismar.


Scène 113 – 4 mètres
Cellule du fou. Plan large : Knock, seul. Il tire une chaise vers la fenêtre. Il y grimpe. Plan rapproché : Knock s’agrippe aux barreaux, tentant de regarder dehors. Le vent qui souffle fait se dresser ses cheveux d’une façon inquiétante.
Intertitre : Le Maître arrive…
Scène 113a – 10 mètres
Le navire échoué. Mort et déserté. Une corde pend du pont. Elle se balance dans le vent. Plan rapproché : une infinité de rats descendent le long de la corde oscillante. Plan du pont : la trappe. Elle s’ouvre lentement. NOSFERATU en sort,
portant le dernier cercueil. Il reste immobile, l’image même de la mort.
Puis il avance lentement.
1. Navire ancré dans le port. Fondu enchaîné.
2. Trappe du navire avec un bout de pont.
Trucage :
3. La toile glisse de la trappe.
4. Le couvercle se soulève.
5. Les rats se ruent sur le pont.
6. Nosferatu, le cercueil dans les bras, en sort.
Scène 114 – 8 mètres – Lauenburg ou Travemünde
Centre de la ville. Les arbres sont secoués par la tempête. Une voiture arrive au galop, s’arrête brusquement. Plan rapproché : Hutter saute de la voiture.
Un essieu est brisé. Le cocher semble désemparé. Hutter ne peut attendre. Il quitte la voiture et s’élance.
Scène 115 – 5 mètres
Sous un porche avec vue sur le port. Nosferatu entre dans la ville.

Scène 116 – 6 mètres
Le toit du manoir des Harding. La chambre d’Ellen chez les Harding. Ellen et Anny. Ellen se détache soudain, transportée comme par une vision heureuse ; elle lève les bras et s’écrie :
Intertitre : Je dois aller vers lui. Il arrive !!
Elle s’enfuit et disparaît. Anny se tord les mains de désespoir.
Scène 117 – 4 mètres
Les arbres secoués par la tempête. Une silhouette blanche sort de la maison.
C’est Ellen. Elle court à travers le parc.
Scène 118 – peut-être rue de Lüneberg
Volets clos. Nosferatu s’avance.
Scène 118a
Hutter court dans la rue.
Scène 119 – 8 mètres
Cellule du fou. Plan large : Knock, s’éloignant du mur de la fenêtre. Plan rapproché : le fou tend l’oreille aux bruits extérieurs, comme s’il recevait un signal d’un autre monde… triomphant, il murmure pour lui-même :
Intertitre : Le maître est proche… le maître est proche… !
Plan large : soudain, il écoute avec attention. Il rampe jusqu’à la porte. Là, il attend, plein d’espoir… La porte s’ouvre. L’infirmier apparaît. Il regarde autour de la pièce, ne remarquant pas que Knock est derrière lui. Knock se glisse silencieusement dans son dos. Pris de peur, l’infirmier se retourne. Knock bondit à sa gorge comme un vampire. L’infirmier s’effondre. Le fou reste à sa gorge un instant, puis le relâche et s’échappe.


Scène 120 – 5 mètres
Devant la maison des Hutter. Hutter arrive en courant. Il regarde : aucune lumière. Il est sur le point d’entrer quand quelqu’un l’appelle. Il se retourne : Ellen ! Ils tombent dans les bras l’un de l’autre.
Scène 121 – Place avec fontaine – 5 mètres
Nosferatu, un cercueil sous le bras, se tient au centre de la place. Il regarde autour de lui pour s’orienter. Puis il reprend sa marche.
Scène 122 – 4 mètres (2x)
Salon des Hutter – Salon d’Ellen. Une lampe éclaire la pièce. Hutter et Ellen sont assis sur le canapé. Le bonheur des retrouvailles est trop grand : submergé par l’émotion, il s’affaisse sur son bras.
Scène 123 – 4 mètres
Devant la maison des Hutter. Nosferatu regarde vers le haut.
Scène 124 – 6 mètres – Fondu d’ouverture
Hutter et Ellen, sur le canapé. Il se redresse, plongeant son regard dans le sien.
Intertitre : Dieu soit loué… tu es saine et sauve… maintenant tout va bien.
Elle ne le comprend pas. Mais la joie d’être ensemble est plus forte que tout.
Et la pièce est lumineuse.
Scène 125 – 10 mètres
Rue devant la maison des Hutter. Personne dans la rue. Mais au milieu se tient Nosferatu, caché par la nuit, portant son cercueil. Lentement, il tourne la tête et regarde vers la maison des Hutter.
Plan de la maison : une lumière amicale brille à la fenêtre. La maison abandonnée : vide ! Portant le cercueil, Nosferatu apparaît dans le champ.
Plan rapproché : Nosferatu tourne encore la tête. Il regarde de l’autre côté. La maison déserte est là. Il s’y dirige, marchant lentement. Puis il entre dans la maison.
Intertitre : Je m'interrogeai longtemps sur ces cercueils remplis de terre que Nosferatu avait emportés. Les vampires devaient reposer dans cette terre damnée pour conserver leurs pouvoirs diaboliques
Fondu au noir.
Scène 126 – 12 mètres
Sur le navire échoué. Le capitaine, mort, effondré, est attaché à la barre. Au premier plan, plusieurs hommes, dont Harding, montent sur le pont. Ils sont épouvantés par l’horrible spectacle.
Gros plan : le capitaine mort. Attaché à la barre dans l’exercice de son devoir ! Une main sur la barre, l’autre tenant un crucifix, pressée contre sa poitrine dans l’agonie. Sa tête retombe en arrière, le visage déformé. Deux marques rouges sur son cou…
Gros plan : Harding. Il ne parvient pas à comprendre l’horreur.
Scène 127 – 6 mètres – Banc de sable, port
Le navire échoué est en vue. C’est la nuit.
Plan large : dans le vent soufflant, des silhouettes nocturnes : les habitants.
Plan rapproché : un homme descend le long de la coque inclinée à l’aide d’une corde.
Plan moyen : à la lueur d’une torche ! le capitaine du port et quelques vieux hommes, ayant l’air de pêcheurs. Le grimpeur s’approche et fait son rapport.
Intertitre : Tout a été examiné… Pas une âme vivante à bord.
Le capitaine reçoit le rapport… prend des notes.


Scène 128 – 10 mètres [insérée ci-dessous]
À bord du navire. Nuit. Plan large : arrière du navire avec la barre. Des hommes soulèvent le capitaine mort et emportent le corps.
Cabine du capitaine : Harding, seul, trouve un livre près d’un mât fixé à la barre. À la lueur d’une lanterne, il lit :
Gros plan : une page du livre.
Varna – 12 juillet
Équipage : moi-même, le capitaine, un second, un timonier, Un quartier-Maître, un mousse et cinq matelots. Départ : pour les Dardanelles.
Plan normal : Harding secoue la tête, perplexe. Sur le pont, il sort de la cabine avec le livre en main.
Fondu au noir.
Scène 129 – 15 mètres
Fondu d’ouverture. Jour. Bâtiment de l’autorité portuaire.
Une grande salle. Sur les murs, plusieurs figures de proue ; des maquettes de navires suspendues au plafond. Le capitaine mort repose en chapelle ardente.
Plan rapproché : le Dr Sievers l’examine. Il remarque les marques sur son cou. Sievers se tourne vers Harding. Lui non plus ne comprend pas ce cas.
Pourtant, il parle sans cesse.
Harding s’approche et lui montre le journal de bord. Tous deux lisent :
Gros plan : le journal. Une page :
Deuxième jour : 13 juillet. Un marin est tombé malade d’une fièvre. Cap : Sud, Sud-Ouest. Vent : Nord-Est
Troisième jour : 14 juillet. L’état du matelot empire. La fièvre le fait délirer.
Le second parle étrangement. Il dit qu’il y a un passager inconnu sous le pont. Cap : Sud-Est. Vent : Nord-Est. Force : 3,6.
Dixième jour : 22 juillet. Rats dans la cale. Danger de peste.
Plan normal : Harding lit à voix haute. À présent, Sievers comprend enfin.
Il pointe le livre du doigt, tremblant de la barbe, et s’écrie :Danger de peste ! C’est cela ! Danger de peste !
Intertitre : Danger de peste ! Rentrez chez vous ! Fermez toutes vos portes et fenêtres ! Barricadez-vous !
Pris de peur, les spectateurs reculent. Les femmes portent les bouts de leurs foulards à la bouche. Pris de panique, la foule quitte la salle.
Fondu au noir.
Scène 130 – 15 mètres
Fondu d’ouverture. Une place déserte. Personne. Au centre, le tambour de ville avec son grand tambour.
Plan rapproché : le tambour bat un roulement puissant. Fenêtre close : le battant s’ouvre, la tête d’une femme apparaît : complètement amaigrie, joues creuses, longs cheveux épars. La maladie l’a frappée aussi. Sur son cou, les marques fatales.
Le tambour a sorti un papier et le lit à haute voix : Avis à la population. La peste est dans la ville. Tous les citoyens sont informés que l’honorable magistrat de cette ville interdit le déplacement des suspects de peste vers les hôpitaux, afin d’empêcher la propagation du fléau dans les rues. Ne quittez pas vos maisons. Signé : le Bourgmestre
Le tambour a fini de lire et s’en va.
Fin de l’Acte IV
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Judex
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Re: Roman feuilleton Nosferatu le vampire par Judex6

Message par Judex »

ACTE V
Scène 131 – 15 mètres
Fondu d’ouverture. Un tournant de rue. Un homme sort d’une maison. Il referme la porte derrière lui, puis, rapidement et avec précaution, il trace une croix blanche à la craie sur le battant. Ensuite, il s’éloigne.
Panoramique. La maison voisine : l’homme frappe fortement à la porte.
Une tête apparaît à une fenêtre du haut — il y a encore des vivants ici.
L’homme poursuit sa route.
Panoramique. La première maison d’une petite rue latérale. Un cercueil est transporté dehors. Les porteurs ont des bandages blancs sur la bouche. L’homme s’approche et marque d’une croix cette maison aussi. Puis il continue sa sinistre besogne.
Scène 132 – 15 mètres
Intertitre : Hutter supplia Ellen d'abandonner le livre qui l'effrayait tant. Mais elle ne put résister à l'étrange tentation.
Une bougie ombrée brille sur la table, près d’un fauteuil.
La chambre d’Ellen. Gros plan : la couverture d’un livre. L’inscription : « VAMPIRE » – Voir chapitre I.
Fondu enchaîné : Ellen est assise près de la fenêtre, le livre sur les genoux.
Elle lit encore, luttant contre sa répugnance. Apparaît le Chapitre II.
Intertitre : Nosferatu boit le sang de ses victimes pour poursuivre sa pitoyable vie. Prenez garde que son ombre démoniaque ne tourmente vos rêves. SEULE UNE FEMME CHASTE QUI AFFRONTERA SANS PEUR LE VAMPIRE
JUSQU’AU PREMIER CRI DU COQ POURRA LE DÉTRUIRE DANS LA LUMIÈRE DE L’AUBE.
Moyen plan : Ellen médite sur ce qu’elle vient de lire. Hutter entre, agité, presque hostile. Il arrache le livre d’entre ses mains. Ellen se lève, le regarde droit dans les yeux, se tourne vers la fenêtre et désigne la maison abandonnée d’en face.
Comparaison de costumes : Ellen porte une robe noire et un châle.
Hutter, un gilet noir et une veste assortie.
Plan général : Ellen à la fenêtre. Hutter s’approche depuis la porte. Plan rapproché : soudain, elle saisit son bras, montre la fenêtre et s’écrie, haletante :
ELLEN : « Là ! »
Son corps est tendu comme un arc, vibrant d’émotion.
Scène 133 – 3 mètres
La maison abandonnée, vue à travers le cadre de la fenêtre d’Ellen.
Fondu immédiat vers : la fenêtre. Gros plan : une vitre divisée en quatre carreaux rectangulaires. Derrière la lumière, une ombre : collée contre la vitre, on distingue une forme noire à quatre « pattes ». Un instant passe avant que l’on reconnaisse les doigts d’Orlok, agrippés au cadre. Au centre, son visage cireux, souriant avec ses dents de rat.
Scène 134 – 8 mètres (2 fois)
La chambre d’Ellen. Ellen s’agrippe frénétiquement à la main d’Hutter. Elle tremble, respire difficilement. Elle renverse la tête vers lui :
INTERTITRE : « C’est ainsi que je le vois… chaque soir ! »
Elle penche la tête en arrière, apaisée. Elle sait désormais tout ce qu’il y a à savoir, et cette connaissance lui apporte la paix. Hutter, lui, n’en est pas encore là : son calme l’inquiète. Il suit du regard la silhouette d’Ellen qui s’éloigne, puis porte son poing désespéré à son visage.
Fondu au noir.
Scène 135 – 6 mètres
Devant la maison des Hutter. Le soir tombe. L’allumeur de réverbères descend la rue assombrie, allume les lampes une à une, puis s’éloigne.
(Lumière persistante.)
Intertitre : La peur régnait sur toute la ville. Qui était encore sain ? Qui était malade ?
Scène 136 – 10 mètres
Fondu d’ouverture.
La chambre d’Anny. Plan général : Anny est recroquevillée sur un canapé, penchée sur Harding qui tient ses mains et tente de calmer la jeune femme secouée de tremblements. Elle s’effondre, épuisée. Il se redresse, prend une décision :
INTERTITRE : « Je vais chercher le docteur Sievers ! »
Il sort précipitamment.
Moyen plan : Anny, presque évanouie de peur, reprend connaissance. Elle ouvre les yeux, soulève la tête. Personne autour d’elle. Est-elle seule ? Quelque chose bouge dans un coin… un battement contre la fenêtre ?
Gros plan : la fenêtre, voilée d’un rideau. Derrière, l’ombre d’une chauve-souris géante… Elle grandit, grandit encore — ce n’est plus une chauve-souris.
Un vampire ! Nosferatu ?!
Moyen plan : Anny se plaque contre le mur. Elle hurle, tire la sonnette, puis, affolée, s’enfuit au fond de la pièce.
Scène 137
La chambre d’Anny. Plan général : nuit. Des domestiques accourent dans la direction de la chambre.
137a – La cloche résonne.
137b – Chambre d’un domestique. Un serviteur dort profondément, ne l’entend pas, se retourne dans son sommeil.
Scène 138 – 3 mètres
La chambre d’Anny.
Anny, collée au mur, voit les servantes se précipiter. Elle montre la fenêtre :
ANNY : « Là ! »
Les femmes, terrorisées, s’agglutinent comme un troupeau d’oies affolées. Anny court vers elles, mais, paniquées, elles croient sentir sur leurs bras les griffes du vampire ! Elles crient, fuient dans toutes les directions. La porte claque. Anny frappe en vain, puis, à bout de nerfs, attrape une nappe et s’en couvre la tête et le cou. Elle s’effondre.
Fondu au noir.
Scène 139 – 3 mètres
Fondu d’ouverture. La chambre d’Ellen, de jour. Ellen, debout à la fenêtre, regarde au dehors, immobile. Pétrifiée de chagrin, elle contemple la misère quotidienne.
Scène 140 – 8 mètres
Rue devant la maison des Hutter. La rue monte légèrement. Au loin, une procession funèbre traverse le cadre : un cercueil après l’autre, portés par les survivants. Près de la maison, un homme exténué se traîne avec une canne. Il aperçoit la procession, lève les mains au ciel dans un geste de désespoir.
Scène 141 – Fenêtre d’Ellen.
Ellen, au bord de l’évanouissement, se détourne. Elle ne supporte plus ce spectacle de souffrance. Elle s’affaisse dans un fauteuil et enfouit sa tête dans ses mains.
Gros plan : le livre, ouvert. Gros plan : une page : SEULE UNE FEMME CHASTE QUI AFFRONTERA SANS PEUR LE VAMPIRE JUSQU’AU PREMIER CRI DU COQ POURRA LE DÉTRUIRE DANS LA LUMIÈRE DE L’AUBE.
Gros plan : Ellen lève lentement la tête, le regard vide et illuminé. Elle comprend. Elle ferme les yeux.
Fondu au noir.
Scène 142 – 3 mètres
Fondu d’ouverture. Devant la demeure des Harding. Plan rapproché : le perron. Harding — vieilli, brisé — sort. Il ferme la porte, s’appuie contre le chambranle. Sa main trace une croix noire sur le bois… puis retombe. Ses yeux creux refusent de regarder l’emblème. Il s’éloigne, le regard vide.
Fondu au noir.
Scène 143 – 7 mètres
Intertitre : La ville épouvantée cherchait une victime : Ce fut Knock.
Fondu d’ouverture. Devant la maison abandonnée (rue). Un groupe d’hommes faméliques, au regard fanatique, est rassemblé. Une femme échevelée les harangue. Les poings se lèvent.
INTERTITRE : « On l’a vu ! » « Il s’est enfui de la maison ! » « Il a étranglé le gardien ! »
Scène 144 – 8 mètres
Près du puits sur la place du marché. Deux vieilles femmes sont assises au bord du puits. La mort ne leur fait plus peur : chaque jour de plus est déjà un cadeau.
Gros plan : elles se penchent l’une vers l’autre, chuchotent, la tête tremblante.
INTERTITRE : « Dans la maison abandonnée… » « C’est là qu’il se cache. »
« Il l’a étranglé. Le vampire ! »
Moyen plan : plus loin, des gens affolés courent, criant dans tous les sens.
Les deux vieilles se retournent, gesticulent avec colère, brandissant leurs poings osseux. Harding passe derrière elles : il a tout entendu.
Gros plan : il éclate d’un rire amer et moqueur. Plan large : il s’éloigne.
Scène 144a – 10 mètres
Rue vue d’en haut. Une foule converge de toutes parts, puis se regroupe en une seule direction.
Gros plan : à un coin de rue, un homme montre quelque chose du doigt. Les gens se précipitent vers lui, lèvent les yeux, agitent leurs bras. Des pierres volent.
Scène 145 : Le pignon d’une maison. Une silhouette est accroupie sur le toit.

Scène 146
Moyen plan : c’est Knock. Il regarde en bas avec un rictus, tire la langue.
Une pierre siffle près de lui. Il se redresse brusquement et s’échappe par les tuiles.
Scène 147 – 8 mètres
La chambre d’Ellen. Ellen, assise dans un vieux fauteuil, brode un coussin à la manière de 1840. L’inscription se dessine : JE T’AIME
Elle pose son ouvrage, lasse, s’abandonne à une rêverie. Puis elle rallume la lampe. Gros plan : Ellen reprend son travail avec détermination, bien décidée à le terminer.
Scène 148 – Soir – 4 mètres
Arrière de la maison abandonnée. La rue est vide. Knock saute d’un mur et s’enfuit. Au loin, des hommes apparaissent : ils l’ont vu ! Ils crient et se lancent à sa poursuite.
Scène 149 – 8 mètres : Prairies hors de la ville. Ciel immense. Au loin, des silhouettes courent — des ombres découpées sur l’horizon. Knock en tête, ses poursuivants derrière, loin encore.
Scène 150 – 3 mètres
Les champs. Le soir tombe, la brume s’étend. Les épis se balancent. Soudain, une tête surgit entre les blés, puis un dos osseux. La tête tourne lentement : c’est Knock.
Scène 151 – 3 mètres
Chemin entre les champs. La lumière baisse encore. Les hommes approchent, s’arrêtent, perdent la trace. Soudain, l’un d’eux crie :
UN HOMME : « Là ! »
Tous se tournent d’un même mouvement et reprennent la chasse.

Scène 152 – 10 mètres
Champ de blé. Au loin, une forme recourbée, des cheveux épars. Est-ce Knock ? Il ne semble ni entendre ni voir ceux qui le poursuivent. Les hommes accourent, brandissant bâtons et poings.
Moyen plan : Un épouvantail — un manteau noir pendu à un bâton, des lambeaux de paille. Les hommes, furieux, s’en prennent à lui, puis s’arrêtent :
« Là ! Regardez ! »
Plan large : à cent pas, une tête apparaît, puis une silhouette humaine :
Knock ! La poursuite reprend.
Fondu au noir.
Scène 153 – 3 mètres
Titre : « Nuit. » Maison abandonnée. Moyen plan : Nosferatu à la fenêtre.
Fondu enchaîné.
Scène 154 – 8 mètres (×2)
Chambre d’Ellen. Moyen plan : Ellen s’éveille. Elle se redresse, écoute, comme si une voix l’appelait. Elle se lève, marche lentement, guidée par des fils invisibles.
Plan général : Elle s’approche de la fenêtre. Au premier plan, Hutter dort dans un fauteuil, épuisé. Moyen plan : Ellen s’agrippe au rebord. Son regard s’illumine : elle a vu !
Scène 155 – 3 mètres
Maison abandonnée. Nosferatu à la fenêtre. Il lève lentement les bras, comme en prière.
Scène 156 : Chambre d’Ellen. Moyen plan : Ellen chancelle près de la fenêtre.
Secouée de terreur, elle lutte contre elle-même. Deux fois ses mains se lèvent pour ouvrir les volets, deux fois elles retombent. Enfin, dans un sursaut de résolution, elle se redresse et, d’un geste brusque, ouvre la fenêtre toute grande.
Scène 157 – 4 mètres
Maison abandonnée. Moyen plan : La fenêtre. Nosferatu s’en écarte, se retourne, disparaît dans l’ombre.
Scène 158 – 4 mètres
Chambre d’Ellen. Gros plan : Ellen tremble, partagée entre peur et attente.
Scène 159
Maison abandonnée. Moyen plan : Les lourdes portes closes. Soudain, elles s’ouvrent d’elles-mêmes. Nosferatu apparaît, silhouette d’ombre.
Scène 160 – 12 mètres (×2)
Chambre d’Ellen. Moyen plan : Ellen se cache le visage entre ses mains, saisie de terreur. Plan large : La fenêtre, Ellen devant. Elle veut appeler au secours, Mais sa voix meurt dans sa gorge. Elle chancelle, s’avance vers Hutter, s’arrête, indécise. Puis elle le secoue : il s’éveille en sursaut. Hutter la prend dans ses bras et la porte jusqu’au sofa. Elle le supplie, les mains levées comme en prière :
INTERTITRE : « Bulwer … Va chercher le docteur Bulwer ! »
Elle le conjure de partir. Il prend ses mains ; elle l’embrasse sur le front. Alors Hutter se précipite hors de la pièce.
Scène 161 – 3 mètres
Devant la maison des Hutter. Un sentier bordé de fleurs. Hutter surgit, en chemise et pantalon, sans chapeau ni veste, courant dans la nuit.
Scène 162 – 5 mètres
Chambre d’Ellen. Plan général : Ellen regarde encore dans la direction où Hutter a disparu. Puis elle s’avance lentement vers la fenêtre.

Scène 163
Maison abandonnée. Plan large : Nosferatu marche, franchit le cadre, s’évanouit dans l’obscurité. La maison paraît plus déserte que jamais.
Scène 164
Devant la maison des Hutter. La rue est vide. Nosferatu s’approche, s’arrête : il lève la tête, prêt à bondir. Puis il entre.
Scène 165
Chambre d’Ellen. Ellen se retourne brusquement ; elle tremble, devinant l’horreur qui vient. Et le voilà — Nosferatu, lent, tendu comme une bête de proie. Elle recule pas à pas ; lui avance du même pas. Sa main cherche son cœur, son souffle se brise.
Scène 166 – 6 mètres
Laboratoire du Dr Bulwer. (Transformé en salon de nuit.) Les bassins à poissons sont là, un grand télescope près de la fenêtre, mille curiosités scientifiques, globes et fioles. Une lampe brûle. Bulwer, en robe de chambre et bonnet de nuit, dort dans un fauteuil. Des cages d’oiseaux et d’animaux entourent la pièce. Hutter entre en trombe, le secoue, le supplie de venir. Bulwer se réveille, se lève, commence à s’habiller à la hâte.
Scène 167
Devant l’hôtel de ville. Une foule se rassemble. On annonce : Knock a été capturé. D’autres accourent encore de toutes parts.
(scène abrégée ou omise dans certaines copies)
Scène 168 – 5 mètres
Bureau de l’hôtel de ville. Sievers surgit, hors d’haleine, accompagné d’un homme porteur d’une nouvelle. D’une autre porte, on amène Knock, tremblant, pris de panique. Il recule, tente de fuir. La scène s’interrompt sur sa terreur muette.
Scène 169 – 4 mètres
Chambre d’Ellen. Nuit. Ellen dans son lit ; au-dessus d’elle, la forme du vampire, les doigts agrippant ses bras. Ses yeux s’écarquillent, voilés d’effroi.
Mais soudain, elle semble entendre quelque chose…
Scène 170
Extérieur. Un coq saute sur une barrière, gonfle son cou, bat des ailes et annonce le matin.
Scène 171 – 6 mètres
Hôtel de ville — cellule des fous. Knock, retenu par deux hommes, lutte en hurlant :
INTERTITRE : « Le Maître ! Le Maître ! »
Il se débat, affolé.
Scène 172
Chambre d’Ellen. Nosferatu relève la tête. Il semble ivre de plaisir. Les yeux d’Ellen s’emplissent d’une peur sacrée. Elle comprend qu’elle doit le retenir, qu’il ne doit pas partir avant l’aube. Elle passe ses bras autour de lui. Il ne résiste plus, se penche sur elle à nouveau.
(passage souvent omis ou écourté dans les copies connues)
Scène 173 – 3 mètres
Extérieur. Le soleil se lève sur la petite ville.
Scène 174
Chambre d’Ellen. Dernier frisson d’attente. Un rayon glisse sur le mur, au-dessus du lit. Ses yeux s’éclairent d’espoir : c’est le jour ! Elle tend la main vers la lumière — elle avance lentement, descend sur elle.

Scène 175 – 5 mètres
Rue bordée de jardins. Les longues ombres du matin. Personne. Puis apparaissent Hutter et Bulwer, pressant le pas, tournant à l’angle d’une rue.
Scène 176 – 8 mètres
Chambre d’Ellen. Le lit est baigné de soleil. Ellen, le regard brûlant d’attente, lève les yeux vers Nosferatu. D’un coup, la créature tressaille. Elle regarde autour d’elle, saisit son cœur. La tension bestiale se relâche : il chancelle, s’agenouille, le visage tordu vers le soleil. Il s’effrite dans la lumière, comme de la cendre.
Scène 177 – 5 mètres
Hôtel de ville — cellule de Knock. La lumière du matin passe entre les barreaux. Knock, enfermé dans sa camisole, murmure :
INTERTITRE : « Le Maître… le Maître… est mort. »
Sa tête s’affaisse sur sa poitrine.
Scène 178 – 8 mètres
Chambre d’Ellen. Nosferatu, à genoux, soutient son corps d’une main, l’autre levée vers le soleil qui l’anéantit. Ses doigts, son bras, se dissolvent dans la lumière. Son torse se désagrège, consumé. Ellen lève les mains, triomphante, et crie :
INTERTITRE : « Hutter ! »
Scène 179 – 4 mètres
Devant la maison des Hutter. Vue depuis le seuil : Hutter et Bulwer accourent. Ils pénètrent dans la maison.
Scène 180 – 8 mètres
Chambre d’Ellen. Ellen, étendue sur le lit, tend la main vers Hutter. Il s’agenouille près d’elle, saisit sa main ; elle serre faiblement, puis la laisse retomber. Sa tête s’incline, sans vie. Bulwer, debout près de la fenêtre, les mains croisées dans le dos, regarde dehors.
Intertitre : Au même instant, comme par miracle, les morts cessèrent et, dans les rayons victorieux du soleil matinal, on vit disparaître l'ombre de l'oiseau de la mort.
Plan Final du film (Murnau)
Le château du comte Orlok en Transylvanie. Il n’en reste plus que des ruines.
Il est mort avec son maître et toute vie y a cessé.
TITRE FINAL :
FIN
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Judex
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Enregistré le : mer. avr. 01, 2015 15:13 pm

Re: Roman feuilleton Nosferatu le vampire par Judex6

Message par Judex »

Oubliez le PF : le roman est maintenant complet avec tout le travail fourni, des documents sur mon travail et mes idées premières.

Le roman comporte maintenant de nombreuses nouvelles scènes.

Je finis de poster les contes en absurdi sans corriger malgré les multiples défauts ! je ne peux plus rein faire d'autre !
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