Les sources d'inspiration de la série

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Série de robots géants typique du milieu des années 70, Goldorak suit à la perfection les codes du genre qui lui ont donné ses lettres de noblesse.

Rappel sur la source d'inspiration "Mazinger Z"

Mazinger Z est couramment présenté comme LE PREMIER robot géant piloté de l'intérieur, un concept créé par Gô Nagai. Si l'on regarde de près, il existe déjà, dans les années 60 en dessins animés américains, et probablement antérieurement sous forme de BD américaines (témoignage de Jacques CANESTRIER), des aventures impliquant des robots géants pilotés de l'intérieur. Un exemple ici à 9min21 : Robin Fusée, USA, 1967.

Nous le voyons également au Japon dans les séries live et animées de ces mêmes années 60. Mais dans ces cas là, il s'agit d'antagonistes du héros et qui presque toujours ne survivent pas à l'épisode où ils apparaissent. La véritable trouvaille de Nagai, c'est de faire du robot piloté l'engin phare de la série, la machine salvatrice sur laquelle reposent tous les espoirs du monde. C'est tout simple, mais c'est lui qui y a pensé le premier, pour le succès que l'on connait.

Ci-dessous l'un des tous premiers dessins préparatoires, alors que la machine s’appelle encore Energer Z. Le Pilder est alors encore une simple motocyclette qui atteint le sommet du crâne par une rampe dorsale (que l'on peut encore deviner une fois repliée entre les jambes du robot). Le succès du manga (signé Shotaro Ishinomori) et de la série télévisée Kamen Rider en 1971 incite cependant Gô Nagai à effectuer quelques modifications : la moto disparaît pour être remplacée par un appareil autonome de type VTOL (à décollage vertical) et le robot lui-même est retravaillé : Energer Z devient alors Mazinger Z.

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L'exploitation d'idées antérieures

Go Nagai dit lui-même que ses créations se font par accumulation d'autres, ce qui est le cas de la plupart, pour ne pas dire la totalité, des créateurs.

Autre apport à un concept en réalité existant : Les références typiquement asiatiques comme le Kiai remis au gout du jour par les catcheurs de l'archipel, ce cri en provenance des "tripes", poussé par les combattants au moment du lancement de leurs attaques ou gestes techniques et qui est repris pour servir d'accompagnement au déclenchement des armes des robots.

Devenu un "code" des séries d'action, Tôei reprend logiquement ce concept dans UEDS et on le retrouvera naturellement dans UFO Robo Grendizer.

Autre "code" des séries d'action, le feuilleton, du point de vue de la narration, s'articule autour du "méchant de la semaine". Un soldat de l'armée adverse arrive avec un plan pour détruire notre héros et, au terme d'un combat de robots, il est vaincu. Les épisodes qui font vraiment avancer l'histoire sont rares. Ce mode narratif est très répandu depuis longtemps sur tous les points de la planète, que ce soit dans les séries policières ou d'action, il est donc difficile d'en définir l'origine, tant il fait partie des ficelles du métier.

La métamorphose de Duke Fleed est un grand moment repris d'autres séries d'action japonaises comme Kamen Rider, Spectreman et Gatchaman (La Bataille des planètes). On la retrouve également dans des comics américain publiés par Marvel lors de la décennie précédente (Hulk, Thor, la Torche Humaine des 4 Fantastiques notamment). Le mangaka s'en est servi auparavant pour Devilman puis Cherry Miel (Cutey Honey).

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On trouve également des correspondances entre Goldorak et d'autres séries antérieures où le héros est un extraterrestre vivant sur Terre sous une autre identité que la sienne comme Spectreman et Babiru Ni Sei. Ce dernier feuilleton est inédit en France mais les premiers animefans de l'hexagone ont connu son OAV de 1992 via l'import sous le nom de "Babel II" . L'italie en revanche, comme l'immense majorité du catalogue du studio des années 70, a diffusé la série originelle sous le titre de Babil Junior.


Gô Nagai est né sous l'occupation américaine et la première partie de sa vie a été marquée par ces séries occidentales dont la télévision l'a abreuvé.

Dans les tous premiers rangs de ses influences, nous pouvons placer la série "Thunderbirds" ("Les sentinelles de l'air" en France) qui lui inspirera toute sa thématique de base secrète.

En effet, il est très difficile de ne pas voir les similitudes entre les entrailles du repaire de la Sécurité Internationale (International Rescue en version originale) et celles du Centre de Procyon (et, avant elle, les bases des professeurs Yumi, Kabuto, puis Saotomé). Cette thématique sera souvent reprise dans les séries de robots géants ultérieures à Mazinger Z.

Nous trouvons également dans cette série de marionnettes quelques exemples d'assemblages entre deux vaisseaux dont Leiji Matsumoto s'inspirera lui aussi.

La touche "Dynamic"

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Lorsque le lien avec Mazinger Z est décidé, les codes graphiques vont naturellement se rapprocher de cet univers et cela va bien sur toucher les personnages, l'exemple le plus frappant en étant Rigel. Si sa première morphologie, dans UEDS, est plutôt grande et maigre, dans la série il va adopter une apparence issue du panthéon du mangaka. En effet, le père de Vénusia, tel que nous le voyons dans Goldorak, reprend graphiquement l’apparence d'une figure que l'on voit dans bon nombre d’œuvres passées de Nagai, sous des noms différents mais toujours avec un rôle comique similaire de père de famille, comme le Danbei Hayami de Cherry Miel.

Goldorak est une série co-produite par la Tôei et Dynamic Planning autour du scénario original de UEDS. Ces deux sociétés ont déjà réalisé au moins quatre séries de robots géants depuis 1972, elles sont donc rodées mais doivent répondre à un rythme de production intense, ce qui, hélas, se traduira par le recyclage d'idées antérieures, issues principalement de ces univers : Devilman, Mazinger Z/Great Mazinger et Getter Robot/Getter Robot G.


Si, dans l'ensemble, Goldorak prend plutôt "le meilleur de chacun", son manque d'originalité narrative, sur le long terme, sera très voyant pour le téléspectateur japonais.

Enfin, le concept développé pour créer la série Getter Robo est également exploité pour Goldorak : le "Getta robot" est composé de modules pilotés (et transformables), qui s'assemblent. Tôei s'en inspire pour créer la soucoupe porteuse de Gattaiger, idée que l'on retrouve dans Goldorak. Cet assemblage des trois modules peut-être vu dans les premières secondes du générique d'ouverture de la série de 1974 :

Générique d'ouverture de la série 'Getter Robo", 1974

Il deviendra vite un code fréquemment utilisé des feuilletons mettant en scène des robots géants, que ce soit dans l'animation (les géant d'aciers de Gaiking, Voltron et tous les autres), dans le Sentaï (Bio robot de Bioman) ou la série de marionnettes (Grand Dan de Bomber X).

Clins d'oeil dans la série

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Sur l'image à gauche, tirée de l'épisode 44, on peut observer parmi les masques, celui qui représente la tête de Getter Robo. Sur l'image à droite, tirée de l'épisode 50, on peut reconnaître dans ce caméo, de gauche à droite, (?), Yumiko et le jeune héros extraterrestre Koichi/Babil (Babiru Ni Sei), le détective Seiji Hayami (Cherry Miel) et Hayato Jin (Getter Robo).






L'apparence d'Actarus en civil

Nous ne pouvons affirmer que le graphisme du personnage ait été inspiré par ces artistes, nous n'avons d'ailleurs absolument aucune bribe d'indice qui pourrait aller dans ce sens. Il y a juste à chaque fois une ressemblance extrêmement frappante sur laquelle nous pouvons honnêtement nous interroger :


Gilles Marchal, vidéoclip musical français de 1970. L'artiste est né en 1944 et décédé en 2013.
	
Eric Charden, prestation télévisée de 1970. L'artiste est né en 1942 et décédé en 2012.


Yuzo Yamashita, couverture de disque de 1972. L'artiste est né en 1953.