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En revanche, pour d'autres robots, dont Mazinger Z et Raydeen, la production n'a jamais vraiment cessé, même s'il ne s'agissait plus de vendre aux masses mais à une niche de passionnés. Des séries "limitées" ont régulièrement paru comme la belle ligne de maquettes de super-robots en 1983. Si on retrouvait les deux héros cités ci-dessus ou Baldios, il n'y avait bien sûr pas de Grendizer.
 
En revanche, pour d'autres robots, dont Mazinger Z et Raydeen, la production n'a jamais vraiment cessé, même s'il ne s'agissait plus de vendre aux masses mais à une niche de passionnés. Des séries "limitées" ont régulièrement paru comme la belle ligne de maquettes de super-robots en 1983. Si on retrouvait les deux héros cités ci-dessus ou Baldios, il n'y avait bien sûr pas de Grendizer.
  
La sortie fin 2017 de '''[http://www.japanfm.fr/article-5181-review-mazinger-z-infinity.html Mazinger Z Infinity]''', film d'animation issu de cette coopération remise au goût du jour entre Tôei et Dynamic, semble indiquer que les relations se sont apaisées et que de nouveaux projets renaissent. Goldorak, plébiscité en Europe comme dans les pays arabes et au Québec, pourrait alors revenir sur nos écrans avant 2020... Reste à savoir sous quelle forme.
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La sortie fin 2017 de '''[http://www.japanfm.fr/article-5181-review-mazinger-z-infinity.html Mazinger Z Infinity]''', film d'animation issu de cette coopération remise au goût du jour entre Tôei et Dynamic, semble indiquer que les relations se sont apaisées et que de nouveaux projets renaissent. Goldorak, plébiscité en Europe comme dans les pays arabes et au Québec, pourrait alors revenir sur nos écrans dans les années qui viennent... Reste à savoir sous quelle forme.
  
  
 
'''[http://www.lepoint.fr/pop-culture/cinema/go-nagai-le-japon-etait-blase-par-goldorak-contrairement-a-la-france-21-06-2017-2137170_2923.php# Une interview récente de Go Nagai]''' (au 13/11/2017)
 
'''[http://www.lepoint.fr/pop-culture/cinema/go-nagai-le-japon-etait-blase-par-goldorak-contrairement-a-la-france-21-06-2017-2137170_2923.php# Une interview récente de Go Nagai]''' (au 13/11/2017)

Version actuelle datée du 30 juin 2020 à 21:34

Avant-propos

En tenant compte de nombreux indices, il existe aujourd’hui la quasi-certitude que la série a été raccourcie suite au découragement de Popy, maitre dans les faits de son destin. Cependant, nous n’en avons pas la preuve et nous tenons à le préciser par honnêteté. Ainsi, ce qui suit tient de l’hypothèse.

A cette époque, les séries sont lancées sans vraiment de durée véritablement fixée, surtout si elles sont créées ex-nihilo et n’adaptent pas une œuvre déjà existante, manga ou roman, en cours ou achevée. C’est leur succès ou leur manque de succès qui fait au final leur taille. Il est donc à peu près certain que nous ne trouverons jamais, à contrario d’autres séries animées, de source nous certifiant un nombre arrêté d’épisodes.

Un choix venu de tout en haut

Dans le cadre des séries de Robots Géants, le sponsor est tout puissant et quand il veut qu’une série s’arrête, elle s’arrête, dans absolument tous les cas.

Nous avons vu avec « Mazinger Z » que l’audience ne compte pas et que s’il le veut, le fabricant de jouet peut forcer l’arrêt d’une série à la très bonne audience uniquement parce que la vente des jouets baisse et qu'il veut commercialiser une nouvelle gamme, ce qui implique un nouveau robot et forcément un nouveau feuilleton. Inversement, si les ventes de jouets satisfont le sponsor,, le dessin animé continuera, même si l’audience est mauvaise comme pour « Daï Uchu Apollon » (1976). L’opinion du diffuseur, la chaine de télévision donc, semble ne pas compter.

Goldorak a duré 74 épisodes. C’est beaucoup pour une série de Robots Géants. Surtout si son sponsor en est mécontent. Comme nous l’avons dit, il était pour Popy, qui espérait toujours de voir enfin les ventes de jouet décoller et les stocks baisser, hors de question de retirer la série de l’antenne, jusqu’à un certain point. Mais la réalité a été autre et les espoirs de la société se sont effondrés.


L'impact du raccourcissement sur la bataille finale

L'idée d'une grande bataille finale au Camp de la Lune noire ne verra jamais le jour dans le feuilleton. Pourtant, elle a maintes fois été dessinée sur des posters et des illustrations d'époque et servira de conclusion à deux versions du manga, celle d'Imamishi pour TV-Land et celle d'Okazaki pour TV-Magazine. Tout cela tend à montrer que c'était vraisemblablement l'idée de départ.

Pourtant, à cette époque, le final de séries originales n’est pas un point dans lequel les studios mettent toutes leurs forces ni expriment tout leur talent, leurs meilleurs éléments travaillant alors sur les séries à débuter.

Et en ce début de 1977, le fait que Goldorak soit finalement prévu pour 74, 75 ou même 76 épisodes ne change rien au fait que le feuilleton doive bientôt se finir et que son remplaçant « Danguard Ace » soit déjà en cours de conception.

Comme il est beaucoup plus important de démarrer fort avec ce dernier, puisqu’il y a l’objectif commercial d’accrocher le téléspectateur pour faire gagner de l’argent à Popy, que de terminer avec brio une série qui a fait son temps et qui n’apporte pas les revenus espérés par le géant du jouet, les meilleures éléments de la Tôei passent petit à petit de Goldorak à la série qui doit le remplacer.

Offrir un final grandiose au spectateur n’est absolument pas un objectif pour les studios, on le fait si on le peut et si on en a les moyens mais l’important est de lui proposer si possible une conclusion à l’histoire. On peut faire une analogie avec les sports collectifs où, pour des rencontres sans enjeu, les titulaires les plus précieux brillent souvent par leur absence. Les remplaçants donnent le meilleur d’eux-mêmes, c’est certain, mais ce ne sont que des remplaçants… Il y a donc un doute et, puisque les studios bâclent en général les fins, on peut imaginer que la conclusion de Goldorak a été faite dans les temps impartis, sans urgence et comme elle avait été imaginée autour d’une table.

L’opinion des membres du Wikirak sur ce qui s’est vraiment passé est majoritairement différent et nous allons vous expliquer notre raisonnement.


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Si la décision de raccourcir le feuilleton a bien été prise, nous ne saurons probablement jamais quand ni de quelle ampleur fut cet élagage. Nous ignorerons toujours aussi quelles aventures n’ont pu être modifiées en raison de leur avancement et lesquelles ont pu être profondément refondues, voire, qui sait, abandonnées. Cependant, nous avons quelques indices et pouvons proposer des réponses crédibles à certaines de ces questions…

Selon les sources, et sans doute aussi selon les studios, il faut entre 4 et 8 semaines de sa mise en chantier à sa diffusion, ce qui implique que la réalisation de plusieurs opus se chevauche, les commandes se font d’ailleurs en général par « paquets » de 4 à 6 épisodes. Cela nous permet de nous concentrer sur le quatuor final, l’épisode 70 étant un « filler », un épisode de remplissage n’ayant aucune incidence sur la trame principale de l’histoire. Mais s’il existe, c’est que la décision de raccourcir la série a été prise une fois sa réalisation lancée.


Une guérison miracle

La guérison d'Actarus dans « Le meilleur Ami », bien que sujette à de grandes interrogations, apparait cependant avoir été prévue de longue date, en fait dès qu'il a été décidé de faire de lui un condamné à mort à plus ou moins brève échéance. En effet, si à cette époque on avait déjà vu des héros mourir à la fin de l'histoire, c'était principalement dans des récits historiques et sportifs, bien loin des récits de science-fiction où la figure principale du dessin animé est aussi le premier, voir le seul, défenseur du bien et ne peut être terrassé.

Si bien sûr on peut voir dans cette blessure, qui entraine le héros lentement vers la mort, le désir d'ajouter de la tension dramatique à l'histoire, elle répond avant tout à un besoin, une attente : En affaiblissant Actarus, on entrouvre une brèche à l’idolâtré Koji/Alcor et on peut le faire monter en puissance aux côtés du héros. Le Double Spacer, puisque le retour d'un Mazinger est impensable, est donc créé pour lui et il se retrouve alors vraiment au front, partageant ainsi les mêmes risques et remportant les mêmes victoires que son "frère de l'espace". Hélas, ce retour au premier plan du fils Kabuto ne profitera pas à l'audience (toujours très bonne néanmoins) et ne redressera pas la courbe des ventes des produits dérivés, ce qui est le véritable objectif de cette tournure de scénario.


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Au premier abord, cette guérison miraculeuse semble venir de nulle part, pourtant, tout « Le meilleur ami » n’est construit qu’autour d’elle, pour elle, et les évènements s’enchainent en toute logique pour nous y amener. Elle semble aussi arriver en toute fin d’épopée mais si l’idée de départ était bien de faire un peu plus de 74 épisodes, alors non, cet évènement n’arrive pas trop tard dans le feuilleton.

D’ailleurs il est fort possible que cet évènement ait même pu se situer encore peu plus en amont du final, certains « fillers » ayant peut-être été envisagés, placés entre les épisodes « Le meilleur ami » et « la princesse amoureuse », ou encore entre ce dernier et l’Arc Final, dont la longueur initialement prévue n’est pas déterminée mais se trouvait en tout cas être supérieure aux deux épisodes que nous avons eus.

Comme il ne fait absolument aucun doute que le Prince devait finir la série sain et sauf, il fallait alors bien à un moment placer cette guérison surprenante. Il est ainsi facile de deviner que l’arrêt prématuré de la série n’a eu aucune influence sur le scénario et que « Le meilleur ami » a bien été conçu et réalisé sans aucun autre impératif que de rendre sa pleine santé à Actarus. Il est juste, peut-être, arrivé plus tôt que prévu.


Un empire qui s'écroule

L’épisode suivant, « La princesse amoureuse », ne semble lui non plus pas avoir été trop impacté. S’il nous apprend beaucoup de choses, son rythme n’est pas du tout élevé, on y prend son temps. Autre indice de son intégrité globale, c’est dans ses derniers instants que nos héros apprennent l’emplacement précis du Camp de la Lune Noire. C’est une information évidemment essentielle si la grande bataille doit s’y dérouler, conformément au code des séries de robots géants qui jusqu’ici voient toujours leur dénouement se dérouler au quartier général du grand méchant. Si à ce moment-là, la bifurcation du scénario du dernier épisode avait déjà été décidée, les dialogues auraient été modifiés et les scénaristes auraient fait dire autre chose à Végalia avant d’envoyer les bobines en post-synchro. Aussi si la fin de la série était bien prévue sans un combat sur la Lune, alors cette révélation ne pourrait pas exister.

Très tôt dans le récit, nous avons également appris, alors que rien ne le laisse penser tout au long de la série, que l'empire de Véga chancelle et que des rebellions sur les planètes conquises existent et se retrouvent victorieuses. Cela a-t-il été fait, après ses problèmes d’énergie qui durent déjà depuis plus de trente épisodes, pour affaiblir encore plus Véga et simplifier l’ultime affrontement ? On peut le penser car le combat final, où qu’il se passe, ne peux pas mettre en scène les Aigles contre tout un empire. Si Véga se retrouve esseulé et acculé, le rapport de force en sera bien plus crédible et il fallait de toute façon une raison à Végalia pour venir se réfugier sur la Lune. En ce sens, affaiblir Véga n’est pas choquant, il n’y a rien d’étrange à relever, tout est logique et nous rapproche tranquillement vers l’affrontement ultime sur la Lune.

Cette aventure informe également Actarus de la renaissance d'Euphor en tant que planète propice à la vie, ce qui montre que son départ, conclusion assez proche de UEDS, dans lequel le jeune homme quitte la Terre pour d'autres raisons, était sans doute lui aussi prévu de longue date. Le thème du héros étranger repartant dans sa mère-patrie une fois la paix rétablie sur sa terre d'adoption est d'une utilisation fréquente, Spectreman, encore une fois, en est un bon exemple.

La mort d’Horos, et encore une fois nous ne faisons que supputer, est peut-être le seul élément qui puisse éventuellement être attribué au raccourcissement de la série, car si on passe de X épisodes à seulement deux pour conclure, il vaut mieux éliminer quelque vilain dès maintenant puisque l’on en a l’occasion. Toutefois, vu le scénario de l’épisode, sa responsabilité dans la mort de Végalia est énorme et nous le voyons mal se présenter peu après devant le Grand Stratéguerre sans en subir les conséquences. Sa mort, de la main de l’idolâtré Koji, qui pour nous français n’est que le petit frère Alcor, semble donc survenir de manière adéquate, nous n’en percevons tout simplement pas la commodité. Si Végalia meurt, surtout vu la façon dont elle périt, alors Horos doit donc mourir au même moment.

Le décès de Végalia justement, est un peu plus difficile à juger, car elle participe au combat sur la Lune dans une des versions du manga. Cependant, l’épisode suivant nous montrera que l’attaque du Camp de la Lune Noire est toujours d’actualité et qu’il tient quand même compte du décès de la jeune extraterrestre. On peut donc raisonnablement penser que la mort de la fille de Véga était bien prévue pour intervenir au moment où elle se produit finalement.

Cependant, un œil éclairé remarquera plusieurs bizarreries dans cet épisode : Tout d’abord, la première attaque de Horos n'a pas vraiment de conclusion... On ne sait pas ce qui se passe vraiment, chacun semblant retourner dans son coin comme si de rien était après quelques échange de tirs. Ensuite, après le message de Végalia, Actarus quitte la salle de commande en courant, comme pour une sortie avec GOLDORAK, mais, dans la scène suivante, on le montre en train de se vêtir au sortir du lit. Ces deux sentiments de « trous » dans le récit peuvent être assujettis à bien des suppositions que nous ne ferons pas. Nous savons aussi que Végalia devait premièrement piloter un Golgoth, « Queen-Panther » en VO, et que si la machine n’a pas dépassé le cadre des dessins préparatoires, c'est qu'il n'y avait pas assez de temps pour un développement de l’action. Cela s’est déjà vu dans l’épisode avec Aphélie, dont la machine est aussi un Golgoth d’après ces même croquis.

Interrogé sur le sujet, le réalisateur de « La princesse amoureuse » déclara avoir voulu développer les relations au détriment de l'action, d’où certains choix.

Un final sans apothéose

Tout est désormais en place pour « l’Arc Final », comme on a l’habitude de dénommer la dernière bataille qui, autre code des séries de Robots Géants, se déroule sur deux épisodes au minimum et se conclue dans l’antre même du Grand Méchant.

Lors des premières minutes de « Pour l’amour de la Terre », la discussion au Centre où est abordé l’avancement de la construction du Cosmorak, indispensable à la grande bataille sur la Lune, montre qu’il est toujours question d’attaquer la base de Véga et nos héros semblent d’ailleurs en pleins préparatifs.

Le reste de l’épisode laisse la part belle aux moments calmes et bucoliques au ranch de Rigel et les Aigles rêvassent devant le nouveau vaisseau en construction. Dans une scène où les dialogues japonais sont beaucoup plus explicites quant à leurs intentions, on les écoute s’imaginant déjà attaquer avec ce nouvel appareil le Camp de la Lune Noire,. Là non plus on ne se presse pas et le combat contre Minas débute seulement trois minutes avant le générique de fin, ce qui montre que dans la tête de l’équipe de production le temps ne semble pas du tout à l’urgence. Pendant que les crédits s’affichent, rien ne peut laisser penser que nous sommes à vingt-deux minutes et quarante-deux secondes de la fin de l’aventure. A la limite, un esprit déductif pourra se dire que les épisodes « à suivre » sont rares dans Goldorak et que le prochain est donc logiquement le dernier, mais rien de plus.

« Ce n’est qu’un au revoir » présente, après son panneau titre, dix première minutes grandioses. Toutefois, nous aurons eu auparavant trente secondes de reprise des derniers instants de l’épisode précédent. Elles sont un peu inutiles dans le sens où nous voyons Actarus affronter Minas, sans aucun récitatif qui les justifierait mieux.

Jusqu’au milieu de l’épisode, la narration semble garder le même rythme, il y a de longs dialogues et, comme d’habitude, nous suivons le chronophage périple d’Actarus dans le Centre pour rejoindre GOLDORAK, périple qui a pourtant été omis dans certains épisodes lorsque les secondes étaient précieuses.

Cependant, nous remarquons dans cette première partie, et encore une fois la VO se montre beaucoup plus explicite, certains dialogues qui ne sont là que pour pointer la très grande faiblesse des moyens militaires de Véga : -Après sa défaite contre Actarus, Minas se dispute avec Minos et il en ressort qu’il n’y a plus que la soucoupe amirale du couple, la soucoupe impériale, et une flottille de navettes à la disposition des véghiens et que le prochain affrontement avec GOLDORAK ne pourra donc être que le dernier. -Dans cet échange, il est aussi question de rebâtir un nouvel royaume de Véga, ce qui implique que, à 3.000 années–lumière d’ici, les rebellions à avoir chassé le tyran de leurs terres sont nombreuses et qu’il ne reste plus grand-chose de l’empire du Grand Stratéguerre. -Un dialogue ultérieur entre Minas et ce dernier confirme tout cela, le despote ayant même décidé une attaque générale. Tout cela ne transpire pas visuellement à l’écran et, l’enregistrement des voix se faisant en dernier, ces dialogues ont très bien pu être (re)fait pour nous préparer à la bataille telle que nous la découvrirons plus loin : déséquilibrée et rapide.

Ainsi, dès Minos abattu, tout s’emballe furieusement, comme si soudainement on avait imposé aux scénaristes de rentrer sur ce qui reste de l’épisode ce qui aurait dû s’étaler sur plus d’un épisode, voire deux.

Le Grand Stratéguerre, désespéré, fait sauter Le Camp de la Lune Noire et part à l'assaut de la Terre avec ce qui lui reste de troupes, qu’il espère galvaniser avec cette destruction. Comme il faut en finir, et vite, cette scène d’une trentaine de secondes présente l’avantage de supprimer les longues minutes de la bataille sur notre satellite tout en faisant disparaitre la base de Véga.

Nous en venons alors directement au moment où le tyran se retrouve seul face aux Aigles ce qui, dans l’histoire originale, se produit alors que Véga tente de s’enfuir pour sauver sa vie. Au lieu d’être un fuyard, il est maintenant plus un va-t-en-guerre jusqu’au-boutiste mais l’enchainement de ce dernier affrontement mène toujours à sa mort.

La présence du Cosmorak, très simplifié dans son fonctionnement par rapport aux dessins préparatoires, est donc dans les faits inutile, alors qu’on le qualifie d’indispensable depuis l’épisode précédent, ce qui montre bien que le scénario original a été modifié dans l'urgence la plus absolue. D’autres scènes de cet Arc Final, dont nous n’entendrons jamais parler, passent aussi sans doute à la trappe.

Le destin du Grand Stratéguerre est alors scellé dans une logique un peu restrictive : Il est mort, sa garde rapprochée aussi, mais la victoire n'est pas totale car, loin dans l'espace, son empire n'a pas (encore) été totalement anéanti. Cette conclusion est un peu le pendant négatif de Great Mazinger, où le chef des méchants n'est pas éliminé mais où tout le reste de son clan est annihilé.

Après ce «combat final », il ne reste alors même plus assez de temps pour se réjouir et goûter à la paix retrouvée et on passe directement à la scène où Actarus et Phénicia font leurs adieux. Malgré les larmes versées par les protagonistes, le résultat est glacial et les mots de la jeune fille, prononcés peu après à l’approche d’Euphor dans les ultimes secondes de la série, ont les accents d’une fin de non-recevoir, malgré la très belle musique de fond, joyeuse et apaisante.

Ainsi, au moment où le générique de fin démarre, dix minutes et vingt secondes se sont écoulées depuis la mort de Minos et nous avons assisté à : -La destruction du Camp de la Lune Noire -le départ de Véga vers la Terre -l'annonce de Procyon que Véga approche -le départ du Cosmorak pour rejoindre GOLDORAK -le combat final où Véga trouve la mort -la réfrigérante scène des adieux -le voyage de 3.000 années-lumière jusqu'à Euphor.

Cela va beaucoup trop vite, tout semble compressé, il s'est passé quelque chose pour en arriver là… Nous remarquons que le scénariste est la même personne pour ce double épisode final. Il y a donc un problème de découpage et d’équilibre entre les deux parties de cette histoire.

Notre conclusion

La série devait comporter au moins 75 épisodes, au plus 78. Ce nombre inconnu de nous n’a été arrêté que tardivement et « Danguard Ace » a été mis en production immédiatement. Nous pensons que l’ordre impératif de clore la série avec l’épisode 74 a été donné alors que, vu leur état d’avancement, il était impossible d’altérer les deux précédents.

Nous pensons que cette décision est arrivée parce que l’équipe travaillant sur « Danguard Ace » pouvait livrer une première aventure pour la semaine suivant la diffusion de cet épisode 74 et que, bien évidemment, les jouets représentant ce nouveau héro seraient prêt eux aussi à envahir les rayons à ce moment-là.

Popy a-t-il donné cet ordre, la Tôei a-t-elle fait ce choix seule, pour faire plaisir au fabricant qui s’impatiente ? Nous ne le saurons pas, mais nous restons convaincus qu’au départ, il devait y avoir au moins un 75ème épisode de Goldorak et que ce qui se passe dans les dix dernières minutes de « Ce n’est qu’un au revoir » devait, sans les coupes, rentrer dans trente minutes minimum...


Le temps de faire les comptes

Seuls les producteurs, pressés d'en finir avec Goldorak, se satisferont de ce final, avec un arrière goût de victoire totale qui n'en est pas une.

L'aventure est terminée...

Financièrement, le grand gagnant de cette aventure est Gô Nagai, qui a fait sa modeste part tout en étant payé (les conséquences de la vente de Grendizer à l'étranger sont un autre sujet). De plus, conséquence des négociations ayant eu lieu lors de La conception de la série, l'histoire, avec tous les personnages, lieux et machines y apparaissant, est légalement considérée comme son œuvre et est donc sa propriété. En effet, nos échanges récents avec le Japon nous ont prouvé que le mangaka peut faire absolument tout ce qu'il veut avec cet univers et que la Tôei doit obtenir son accord pour toute opération commerciale qu'elle lance sur la série. La rareté des apparitions ultérieures du Prince et de son robot n'est donc due qu'à la volonté de Nagai puisqu'il est libre de l'adapter en dessin animé avec tout autre studio d'animation.

La station de télévision Fuji TV, qui a diffusé une série aux taux d'audience très satisfaisants pour un dessin animé de science-fiction, est aussi dans le camps des vainqueurs.

Le perdant est Popy, le sponsor et principal financier du feuilleton, qui se retrouve avec une multitude de figurines invendues.

La Tôei, elle, payée à la minute, n'a pas beaucoup souffert mais comme son produit final fut une mauvaise affaire pour le fabriquant de jouets, cela a dû lui être reproché et mettre à mal sa fierté et peut-être de futurs contrats.


Des coups bas

Les vexations entre Dynamic et Tôei Animation datant de l'arrêt de Mazinger Z et de la création de UEDS étant encore toutes fraiches, les relations se tendent.

Le premier coup est porté dès 1976, alors que Grendizer n'en est qu'à son premier tiers. Gô Nagai n'est crédité par la Tôei pour sa participation que pour les quatre premiers épisodes de la série Gaiking, qui débute en avril. Au delà, son nom passe à la trappe. La déception issue de Grendizer aurait-elle écorné l'image du mangaka auprès du studio ? Est-ce une vengeance ? C'est bien possible au vu de L'échec commercial au Japon dont ni l'un, ni l'autre, ne sont pourtant responsables et qui de plus n'est même pas vraiment un échec. Go Nagai, par son droit de regard sur le scénario et son aura auprès des marchands de jouets, a-t-il alors empêché la Tôei d'emmener la série là où elle le voulait et a t-il tenté de la narguer ?

Malgré cela, la fracture met un peu de temps à se faire, ce qui permet aux deux parties de finaliser un ou deux projets anecdotiques en cours.

Puis les premières grosses colères éclatent et c'est la fin de la coopération entre les deux studios. La situation va vite tourner au vinaigre. En effet, pendant des années, les deux compagnies se feront des coups bas qui se termineront parfois devant les tribunaux, avant de finalement se décider à retravailler ensemble, très longtemps après.

Immédiatement, la Tôei va revoir sa façon de traiter les "scénarios maison", afin que ce soit toujours la compagnie qui soit créditée et non un auteur extérieur appelé à la rescousse sur un projet en cours.

Pour Grendizer, ce désenchantement va jusqu'au ressentiment entre certains acteurs qui se rejettent la faute (les erreurs commises plus tard par les détenteurs de la licence à l'étranger n'arrangeront pas les choses). Mais personne n'a osé dire à Popy qu'elle a surproduit, ce qu'elle sait, bien sûr. Les profits engendrés par le marché européen lui rendront sans doute le sourire à la fin de l'année suivante : les volumes de vente en France et en Italie atteignant des chiffres extravagants. Mais pour l'instant, elle ne peut que se l'avouer, cette affaire est ratée et la série est à oublier!


La fin d'un univers

Tous ces comportements ont empêché par la suite toute réalisation d'une nouvelle série ou bien d'un long-métrage remodelant le feuilleton, ce qui aurait sans doute permis d'écouler quelques jouets.

En effet, nous avons de nombreux exemples où des œuvres ayant premièrement connu l'échec sont devenues populaires par un remake au cinéma ou une suite quelques années plus tard, Yamato et Gundam étant les deux exemples les plus frappants.

Nous pensons que les différentes parties, devant le succès immédiat de Mazinger Z, se sont mises d'accord sur la possibilité de créer des suites ultérieures, mais il nous est impossible d'en connaitre le nombre, si toutefois il fut un jour fixé. Cette optimiste prudence aurait simplifié la création de Great Mazinger et Ufo Robo Grendizer tout en faisant taire les voix discordantes. Abondant dans ce sens, de récentes découvertes nous laissent deviner qu'au moins un quatrième volet fut un temps envisagé. Grendizer et Duke Fleed devaient-ils être de la partie? Nous l'ignorons totalement pour l'instant. La brouille entre la Tôei et Dynamic, d'un coté, et le découragement de Popy pour qui cet univers a vécu, d'un autre, feront que les trois sociétés en resteront là. En tout cas, ce quatrième volet, Go Nagaï l'a débuté en manga et l'a nommé Garla, sans toutefois faire le moindre lien scénaristique avec les Mazinger (voir l'image ci-dessous) mais l'a abandonné avant sa conclusion.

Garla.jpg


La nostalgie au secours de Goldorak

Il aura fallu attendre près de vingt ans pour voir Bandai sortir à nouveau des jouets à l'effigie de GOLDORAK, suite à l'émergence des Otakus, que la compagnie voit grossièrement comme des acheteurs compulsifs, et de la vague nostalgique des salary-men désormais trentenaires mais surtout grâce à l'extraordinaire succès des jeux vidéo "Super Robot Taisen".

En revanche, pour d'autres robots, dont Mazinger Z et Raydeen, la production n'a jamais vraiment cessé, même s'il ne s'agissait plus de vendre aux masses mais à une niche de passionnés. Des séries "limitées" ont régulièrement paru comme la belle ligne de maquettes de super-robots en 1983. Si on retrouvait les deux héros cités ci-dessus ou Baldios, il n'y avait bien sûr pas de Grendizer.

La sortie fin 2017 de Mazinger Z Infinity, film d'animation issu de cette coopération remise au goût du jour entre Tôei et Dynamic, semble indiquer que les relations se sont apaisées et que de nouveaux projets renaissent. Goldorak, plébiscité en Europe comme dans les pays arabes et au Québec, pourrait alors revenir sur nos écrans dans les années qui viennent... Reste à savoir sous quelle forme.


Une interview récente de Go Nagai (au 13/11/2017)