La place de Goldorak dans le monde de Gô Nagai

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En 1975, Goldorak est créé pour un besoin commercial : remplacer Great Mazinger dont les audiences et les ventes de jouets ne sont pas bonnes.

Le respect d’une œuvre, ou plutôt de deux oeuvres existantes, n’est pas pris en compte devant l’impératif de succès dicté par les sponsors, que l’on peut réduire au surpuissant Popy/Bandaï. Leur attitude dans le processus créatif (ordres déguisés en souhait) feront de notre série ce qu’elle est : un UEDS s'étant vu allègrement transformé en une série mettant en vedette une espèce de Mazinger extraterrestre et rentrée aux forceps dans la continuité des deux feuilletons dont elle doit prendre la suite à l’antenne.

Mais alors, de qui Goldorak est-il l'"enfant"?

En 1975, la question ne se pose pas du tout, Goldorak est, pour le meilleur et hélas pour le pire, la suite de Great Mazinger qui elle-même est la suite de Mazinger Z.

Ce sentiment de trilogie sera volontairement ou involontairement entretenu par la Toei, Bandai et Nagai, indépendamment les uns des autres ou en commun, pour des opérations commerciales pendant près de quarante ans comme la Mazinger Bible, un livre de plus de 500 pages (couverture ci-contre).






L'échec de la série au Japon, seul facteur pris en compte, laisse beaucoup de traces chez Popy/bandaï, la Tôei et Dyamic, et ce lien avec les Mazinger, imposé mais accepté par tous, y tient un place indélébile.

Dans l’immense filmographie de ces trois entreprises, Goldorak est un mouton noir. Conçu comme le feuilleton qui devait tout balayer sur son passage, ce qui a impliqué de lourds investissements, il a porté ombrage à tout le monde. Malgré ses énormes qualités, il a laissé un goût amer dans la bouche de ces trois sociétés qui ne peuvent blâmer rien d'autre que leur précipitation, leur avarice ou leur servage.

Nagai, bien que s’étant abondamment servi de ce sentiment de trilogie pour faire de l'argent, n’a jamais vraiment aimé, par l'introduction d'Alcor, faire partager à LEUR Goldorak la même continuité que SES Mazinger et, dans son remake Grendizer Giga de 2015, il a sur le tard éliminé tout lien et a plutôt rapproché ce nouvel univers de celui de Cutey Honey.

Dans son oeuvre-fleuve "Violence Jack", qui s'étale sur près de vingt ans (73-90) et comporte plus de quarante volumes, il fait revenir quasiment tous ses personnages par l’intermédiaire de sosies mais nous n'avons pas trouvé dans cette vitrine le moindre Duke Fleed. Ce n'est que quelques temps après, alors que le personnage semble définitivement banni, que nous assistons à sa réutilisation dans "Mazin Saga", premier d'une longue série de remakes de Mazinger Z. Comme dans ses réapparitions ultérieures, le Prince ne semble ici plus exister que pour sauver Koji au moment où tout semble perdu et une aura de mystère assez inquiétante l'entoure invariablement.

En 2017, le film Mazinger Z, qui est absolument dans la continuité des trois séries, peut aussi bien passer pour un quatrième volet à la saga des Kabuto que prendre la place de Goldorak, dont les aventures sont éludées mais pas exclues, en troisième position. En effet, ce film, se passe dix ans après Great Mazinger donc, probablement, quelques années après Goldorak.

L’avènement de ce long-métrage a causé une césure parmi les fans et, chez eux, chez nous donc, il y a désormais globalement deux opinions:

-Celle où Goldorak est le troisième volet de la saga Mazinger.

-Celle où Goldorak n’est pas le troisième volet de la saga Mazinger, celui-ci étant le film de 2017, notre série constituant alors son propre monde, son propre univers mais partageant une continuité commune par la présence de quelques personnages venant de Mazinger Z et Great Mazinger.

Où que la vérité se trouve, car chaque camps fait preuve d’une intime conviction absolue, cette question n’est somme tout pas bien importante et les échanges restent courtois, contrairement à certains forums où les fans s’écharpent à tout va.

Pour les société concernées, cette question de filiation n'a en revanche aucune importance et c'est l'opportunité commerciale qui fait que, selon le cas, Goldorak est ou n'est pas de la famille des Mazinger.