Histoire de l'arrivée de la série en France

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Préambule :

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Au moment où nous rédigeons ces informations, nous disposons d'un faible nombre de "preuves matérielles" (contrats, lettres, etc.) permettant de corroborer les informations données plus bas, nous disposons essentiellement d'ouvrages accessibles à tous (et ne contenant pas de preuves non plus), d'articles de presse divers et de témoignages sérieux (voir Remerciements).

Nous voulons mettre en évidence les rôles complémentaires des uns et des autres, donc nous faisons volontairement abstraction des polémiques qui entourent cette histoire et qui la ternissent inutilement. Nous voulons aussi montrer que l'arrivée de la série en France est une histoire complexe, faite de "hasards", de convictions personnelles, de sensibilités différentes, d'affinités et réseaux d'influence... qui en font une véritable épopée !

Chaque acteur commercial de cette histoire, en constatant l'immense succès de la série auprès des enfants que nous étions, a naturellement cherché à orienter l'histoire en sa faveur et avec les moyens dont il disposait. Nous ne jugeons pas cela, nous aurions sans doute fait pareil à leur place.

Nous laissons aux chercheurs-auteurs actuels et futurs le soin de faire la lumière sur l'histoire et de préciser les mérites des uns et des autres, avec des documents inédits à ce jour.


Représentant de Tōei Dōga en France : la société Marubeni, entreprise d'import-export de produits divers, représentée par son vice-président Takao Matsumoto et son assistant Bruno-René HUCHEZ. C'est elle qui importe des séries (on ignore lesquelles) à Paris à partir de 1976, voire avant cela.

Découvreur des séries à robots de Tōei Animation : Jacques WILLEMONT, en août 1976 à Tokyo. Il découvre une rediffusion de Mazinger Z et demande à en intégrer un extrait dans son film "Un homme pas millions" (NHK) et à vendre la série en Europe à son retour en France. Bruno René HUCHEZ est à l'époque salarié de la société Marubeni, il gère un premier contrat liant Marubeni (pour Tōei) à la société ADITEC des époux WILLEMONT. Jacques WILLEMONT frappe le premier à la porte d'Antenne 2 où il dit avoir rencontré Patrice Laffont. Il se rend au Mifed n°35 de Milan du 16 au 23 avril 1977, pour tenter de vendre ses films et "les séries Mazinger".

Découvreur de Grendizer en France : Gérard CALVET, réalisateur et producteur d'émissions pour la jeunesse à Antenne 2 et son supérieur Guy MAXENCE, directeur des programmes Jeunesse, en avril 1977 via le MIPTV de Cannes. Guy MAXENCE, Françoise RAYMOND et Gérard CALVET visionnent les séries à Paris chez Marubeni ensuite et choisissent Grendizer et Candy parmi d'autres.

Acheteur de Grendizer (52 épisodes) : Antenne2 via Armand JAMMOT. L'achat est validé en juin 77. Grendizer est alors destinée à être diffusée dans l'émission réalisée par Gérard CALVET et Guy LOPEZ, "Dorothée et ses amis" (précurseur de RécréA2), après doublage qui débute rapidement. 52 épisodes valent pour l'année 78 complète. Le contrat est conclu auprès de la société Pictural Films de Jacques Canestrier (qui existe depuis 1976), détentrice des droits avec son associée IDD que Bruno René HUCHEZ crée en 1977 (il quitte Marubeni, dont Tōei se désolidarise suite à une sombre affaire). Tōei aurait demandé à IDD/IDN de convenir d'une telle coopération avec Pictural Films, qui, contrairement à IDD de M. Huchez, maîtrise le domaine de la distribution et du merchandising : Jacques CANESTRIER a un passé à l'ORTF et il bénéficie du soutien des japonais, comme autrefois ADITEC ayant dû cesser ses activités.

Distributeur de la série à partir de l'été 1977 : Jacques CANESTRIER, gérant de Pictural Films. Il bénéficie d'une clause de vente aux pays européens comme l'Italie, en plus des pays francophones. La distribution inclut doublage et merchandising. Nous ignorons tout des termes du contrat qui lie IDD à Pictural Films. Antenne 2 achètera à Jacques CANESTRIER les 22 derniers épisodes en 1979. J. CANESTRIER participe au MIFED de Milan à l'automne 1977 et au MIPTV de Cannes au printemps 1978. Il fait procéder au doublage de la série dès 1977. Un remaniement managérial se produit fin 77 à Antenne 2 et l'équipe Jeunesse est modifiée ; l'Unité Jeunesse&Famille d'Antenne 2 naît en 1978. Jacqueline JOUBERT, qui dirige désormais cette unité, découvre Goldorak dans ses cartons. J. Canestrier devra batailler 6 mois auprès d'elle pour que Goldorak, dont les droit et l'adaptation ont été payés (opération blanche pour Pictural Films), soit diffusé afin que Pictural Films puisse encaisser des recettes (de merchandising uniquement).

Responsable de la diffusion à Antenne2 : Jacqueline JOUBERT, responsable de la toute nouvelle Unité Jeunesse & Famille (jusqu'en 1988). Elle a succédé à Guy Maxence fin 1977 ou début 1978, au moment du changement d'organigramme de la chaîne. Elle est salariée de l'ORTF depuis 1972 ; en février 1974 elle réorganise les programmes pour enfants et de 1975 à 1977 elle dirige l'Unité Variétés d'Antenne2. A son arrivée, elle modifie l'agenda de diffusion prévu par son prédécesseur. Anecdote - Jacqueline JOUBERT en 1978: Jacques (Canestrier), je suis affolée, je découvre une horreur qui s’appelle Goldorak. Candy, ça pourrait passer à la rigueur. (...) Mais quelle horreur ! Moi en charge des programmes Jeunesse, jamais je ne passerai Goldorak à l'antenne !

Doublage de la série : Société INTERFILMS, dirigée par Jean-Pierre STEIMER son PDG. 52 épisodes en 1977-78, puis 22 épisodes en 1979. Financé par Pictural Films. Directeur de plateau de doublage : Michel GATINEAU, associé à Jane VAL. Voir aussi L'équipe de doublage.

Acheteur des 22 derniers épisodes : Maurice ULRICH, PDG d'Antenne 2. La totalité des 74 épisodes est alors diffusée en 1979 et début 1980. Le 1er décembre 1977 Ulrich était devenu le nouveau président d'Antenne2 en remplacement de Marcel Julian. Il a quitté cette fonction en juin 1981.



Voir aussi :

le site de Jacques WILLEMONT

Une interview de Jacques CANESTRIER

Le livre de Bruno René HUCHEZ (Huber CHONZU) publié à compte d'auteur, d'abord intitulé Le Nebari puis paru sous le titre de Il était une fois... GOLDORAK.

Les ouvrages de référence

Les programmes Jeunesse en 1978