"Replay", court récit.
Posté : lun. août 11, 2014 23:10 pm
Je viens de relire pour la dixième fois un livre extraordinaire, le livre de ma vie. " Replay ", de Ken Grimwood, est une œuvre que pour quelques euros je vous recommande absolument.
La trame de ce livre m'a servi pour bâtir ce récit dont je n'ai pas encore décidé si je le poursuivrai.
-Maintenant, nous allons pouvoir tout recommencer.
Cette phrase de ma sœur me comble de joie. Oui c'est vrai, nous allons pouvoir tout recommencer et les possibilités sont infinies...
Mais alors que Goldorak pénètre dans l'atmosphère de ma jadis verte planète, je sens quelque chose se produire en moi. Mon cœur semble soudain pris dans un étau qui le serre, il s'accélère, de plus en plus vite, de plus en plus fort. Je ne sais pas si je peux prononcer un seul son mais j'entend Phénicia hurler derrière moi.
La sensation de se noyer, non de mourir. Sensation irréelle mais pourtant bien vivace dans les chairs de ma poitrine qui se déchirent dans un tonnerre de souffrance. Je me sens tiré vers l'arrière, arraché à mon corps et la douleur me fuit soudainement.
Puis le processus de la pensée s'arrête et je sombre dans l'abîme...
Au bout d’un temps indéfinissable, une seconde ou peut-être un siècle, je m’éveille à nouveau à la conscience. Tout est noir autour de moi. Je ne respire pas pourtant je n'en souffre pas. C'est normal, quand on est mort, on ne respire plus. Mais alors pourquoi ai-je conscience de ne pas pouvoir respirer, surtout si je n'en ressens pas le manque?
C'est donc ça la mort ? La paix du cœur et du corps dans le néant le plus total? Alors c'est bien.
Dans l'ébène qui m'entoure, je vois soudainement poindre, au loin, une lumière, j'entend soudain un bruit régulier et sourd et je devine le rythme de mon cœur. Des voix parlent dans une langue que je connais car elle est devenue ma langue maternelle, celle avec laquelle je m'exprime et pense.
Le petit point lumineux devient balle et fonce sur moi, me submerge puis m'avale. Je suis désormais au centre du halo de lumière.
Et j'ouvre les yeux.
-Tu te réveilles enfin mon garçon ?
Je baigne dans une lumière crue et artificielle. Je ne distingue pas encore les visages qui m'entourent mais je reconnais la voix de mon père.
Comme une prémonition, je devine où je suis. Au Centre, à l'infirmerie...
-Père, qu'est-ce que je fais ici ?
Son visage m'apparaît désormais, il a l'air beaucoup plus jeune que la dernière fois que je l'ai vu, il y a quelques jours. Il me sourit, comme toujours.
-Père ? Non je ne suis pas ton père, je suis le Professeur Procyon et je t'ai trouvé dans la montagne. Tu es sur Terre, la planète que chez toi on nomme Saphirée. Tu t'es écrasé chez nous avec ton vaisseau, Goldorak c'est ça ?
Les mots pénètrent en moi comme un couteau dans une motte de beurre.
Quelle est cette blague ? quel est ce tour ? Mon esprit cartésien se met immédiatement en quête de réponse. Suis-je en train de rêver ? Suis-je dans le coma? Suis-je fou ?
En tout cas cela ne peut être réel, le voyage dans le temps n'existe pas. Cette chimère, utopie ultime, a été étudiée et démontée par les plus grands scientifiques de ma galaxie. Le temps lui même n'existe pas, il n'est qu'un mot que l'homme a inventé pour désigner une règle sur laquelle il dépose un passé mort, jauge un présent fugace et imagine un futur hypothétique.
Réelle en revanche est la souffrance physique qui envahit mon corps et, même si je ne crois pas à ce qu'impliquent les mots de mon père, elle éveille en moi la possibilité que cela soit vrai.
-Quel jour sommes nous ? Je demande, ahuri.
-Dans notre calendrier, nous sommes le 3 avril 1976 mais je ne sais pas si ça te dit quelques chose.
Le 3 avril 1976... je fixe le plafond et cette date tourne dans ma tête. Je cherche une explication et n'en trouve pas. Je suis pantois, même si quelque chose en moi s'attendait à une telle réponse.
Cette date est le lendemain du jour où je me suis écrasé sur Terre.
Mais que se passe-t-il donc?
Je tente de me lever et c'est seulement maintenant que je prend conscience de ma piètre condition physique. J'ai tellement été blessé dans ma vie que je sais immédiatement ce dont je souffre, de multiples fractures en tous points du corps. Je retombe sur mon lit tel un mannequin désarticulé.
Et je m'endors...
Il fait nuit lorsque je me réveille.
Je suis toujours à l'infirmerie du Centre, l'horloge au mur m'indique qu'il est tout juste minuit passé.
Malgré l'énorme souffrance que mon corps meurtri m'impose, je me lève et quitte ma chambre. Aucun des systèmes de sécurité qui existeront, ou ont existé c'est selon, n'est présent et je peux à peu près aller où je veux, dans la limite de ma douleur bien sur. C'est bien le Centre tel qu'il était pendant mes premiers temps.
De retour dans mon lit, je tourne et retourne pendant de longues heures toutes les possibilités que je puisse envisager, de la plus raisonnable à la plus folle.
Je veux comprendre tout en sachant que je ne comprendrais pas.
Mais si ce que je vis est réel, ce que mes cinq sens semblent affirmer, alors je suis revenu près de quatre ans en arrière, comme par magie. Et si tout se passe comme dans ma précédente vie, je vais à nouveau vivre en paix pendant deux ans puis endurer une longue guerre pour défendre ma Terre contre les assauts de Véga.
Le soleil pointe à l'horizon au moment où le sommeil reprend possession de moi.
Cette vérité que mes souffrances confirment m'effraie, me terrorise presque. Mais je l'admet.
Tout recommence, sans raison, sans logique et c'est reparti pour un tour.
Pour ceux qui communiquent avec moi, je joue le jeu. Nous ne nous connaissons pas et nous nous voyons pour la première fois.
Mais je suis toujours l'Actarus de cette vie précédente qui ne fut pas, tout au moins pour moi, un rêve.
Mais tout ne recommence pas vraiment car je suis plus fort que dans ce passé qui n'existe visiblement plus que dans mon souvenir. Je n'ai pas les problèmes psychiatriques qui furent les miens lors de ma première arrivée. Et je sais où je vais ! Je dois immédiatement me mettre au travail et préparer la défense de la Terre.
La première grande conversation entre le professeur et moi a lieu une poignée de jours plus tard, alors que mon corps régénéré ne présente plus que quelques contusions. Je fais semblant et feins d'ignorer toutes les informations qu'il me donne et que je sais pourtant par cœur. Le Great Mazinger lutte contre Mykène, Véga va sûrement sous peu attaquer, il faut cacher Goldorak qui repose toujours dans les montagnes.
Je regarde l'homme avec tristesse car je l'aime comme un fils aime son père alors que je ne suis qu'un étranger pour lui.
En face de lui, je n'aspire qu'à une chose, gagner son amour pour qu'il redevienne mon père. A un moment ce sentiment que je ressens pour lui est le plus fort et je me jette sans ses bras, pleurant à chaude larmes. Forcement, il se méprend sur la cause de mon tourment et me parle de ce passé qui me traumatise et que je dois surmonter alors que je n'attend en fait que l'expression de l'amour paternel qu'il devrait avoir pour moi.
Il me faut réaliser que désormais je ne côtoierai que des étrangers. Vénusia, dont je suis amoureux, ainsi qu’Alcor et Mizar, qui sont mes frères, ne m'ont jamais vu. Lorsque je les rencontrerai, ma connaissance du futur va-t-elle me faire commettre des faux-pas qui changeront leur sentiments pour moi?
Et les autres issus de mon passé et qui reviendront dans ma vie?
Ma petite sœur doit vivre dans un bois pas très loin avec notre professeur, Aphélie doit croupir dans un prison véghienne à l'autre bout de la galaxie, se faisant modeler pour le piège que l'on va me tendre. Pollux, avec l’énergie du désespoir, lutte encore en vain contre l'invasion véghienne. Végalia, elle, doit papillonner de bel officier en gouverneur.
Le futur qui m'attend n'a rien de charmant. Je me dois de tout mettre en ordre pour ce jour de juillet 1978 où Hydargos lancera sur nous Giru-Giru, avec le cerveau de Nadir à l'intérieur, et déclenchera la plus grande guerre que la Terre ait connue.
Pour nous préparer à tout cela, deux longues années me laisseront assez de temps mais d'abord, il me faut redevenir Actarus Procyon.
La trame de ce livre m'a servi pour bâtir ce récit dont je n'ai pas encore décidé si je le poursuivrai.
-Maintenant, nous allons pouvoir tout recommencer.
Cette phrase de ma sœur me comble de joie. Oui c'est vrai, nous allons pouvoir tout recommencer et les possibilités sont infinies...
Mais alors que Goldorak pénètre dans l'atmosphère de ma jadis verte planète, je sens quelque chose se produire en moi. Mon cœur semble soudain pris dans un étau qui le serre, il s'accélère, de plus en plus vite, de plus en plus fort. Je ne sais pas si je peux prononcer un seul son mais j'entend Phénicia hurler derrière moi.
La sensation de se noyer, non de mourir. Sensation irréelle mais pourtant bien vivace dans les chairs de ma poitrine qui se déchirent dans un tonnerre de souffrance. Je me sens tiré vers l'arrière, arraché à mon corps et la douleur me fuit soudainement.
Puis le processus de la pensée s'arrête et je sombre dans l'abîme...
Au bout d’un temps indéfinissable, une seconde ou peut-être un siècle, je m’éveille à nouveau à la conscience. Tout est noir autour de moi. Je ne respire pas pourtant je n'en souffre pas. C'est normal, quand on est mort, on ne respire plus. Mais alors pourquoi ai-je conscience de ne pas pouvoir respirer, surtout si je n'en ressens pas le manque?
C'est donc ça la mort ? La paix du cœur et du corps dans le néant le plus total? Alors c'est bien.
Dans l'ébène qui m'entoure, je vois soudainement poindre, au loin, une lumière, j'entend soudain un bruit régulier et sourd et je devine le rythme de mon cœur. Des voix parlent dans une langue que je connais car elle est devenue ma langue maternelle, celle avec laquelle je m'exprime et pense.
Le petit point lumineux devient balle et fonce sur moi, me submerge puis m'avale. Je suis désormais au centre du halo de lumière.
Et j'ouvre les yeux.
-Tu te réveilles enfin mon garçon ?
Je baigne dans une lumière crue et artificielle. Je ne distingue pas encore les visages qui m'entourent mais je reconnais la voix de mon père.
Comme une prémonition, je devine où je suis. Au Centre, à l'infirmerie...
-Père, qu'est-ce que je fais ici ?
Son visage m'apparaît désormais, il a l'air beaucoup plus jeune que la dernière fois que je l'ai vu, il y a quelques jours. Il me sourit, comme toujours.
-Père ? Non je ne suis pas ton père, je suis le Professeur Procyon et je t'ai trouvé dans la montagne. Tu es sur Terre, la planète que chez toi on nomme Saphirée. Tu t'es écrasé chez nous avec ton vaisseau, Goldorak c'est ça ?
Les mots pénètrent en moi comme un couteau dans une motte de beurre.
Quelle est cette blague ? quel est ce tour ? Mon esprit cartésien se met immédiatement en quête de réponse. Suis-je en train de rêver ? Suis-je dans le coma? Suis-je fou ?
En tout cas cela ne peut être réel, le voyage dans le temps n'existe pas. Cette chimère, utopie ultime, a été étudiée et démontée par les plus grands scientifiques de ma galaxie. Le temps lui même n'existe pas, il n'est qu'un mot que l'homme a inventé pour désigner une règle sur laquelle il dépose un passé mort, jauge un présent fugace et imagine un futur hypothétique.
Réelle en revanche est la souffrance physique qui envahit mon corps et, même si je ne crois pas à ce qu'impliquent les mots de mon père, elle éveille en moi la possibilité que cela soit vrai.
-Quel jour sommes nous ? Je demande, ahuri.
-Dans notre calendrier, nous sommes le 3 avril 1976 mais je ne sais pas si ça te dit quelques chose.
Le 3 avril 1976... je fixe le plafond et cette date tourne dans ma tête. Je cherche une explication et n'en trouve pas. Je suis pantois, même si quelque chose en moi s'attendait à une telle réponse.
Cette date est le lendemain du jour où je me suis écrasé sur Terre.
Mais que se passe-t-il donc?
Je tente de me lever et c'est seulement maintenant que je prend conscience de ma piètre condition physique. J'ai tellement été blessé dans ma vie que je sais immédiatement ce dont je souffre, de multiples fractures en tous points du corps. Je retombe sur mon lit tel un mannequin désarticulé.
Et je m'endors...
Il fait nuit lorsque je me réveille.
Je suis toujours à l'infirmerie du Centre, l'horloge au mur m'indique qu'il est tout juste minuit passé.
Malgré l'énorme souffrance que mon corps meurtri m'impose, je me lève et quitte ma chambre. Aucun des systèmes de sécurité qui existeront, ou ont existé c'est selon, n'est présent et je peux à peu près aller où je veux, dans la limite de ma douleur bien sur. C'est bien le Centre tel qu'il était pendant mes premiers temps.
De retour dans mon lit, je tourne et retourne pendant de longues heures toutes les possibilités que je puisse envisager, de la plus raisonnable à la plus folle.
Je veux comprendre tout en sachant que je ne comprendrais pas.
Mais si ce que je vis est réel, ce que mes cinq sens semblent affirmer, alors je suis revenu près de quatre ans en arrière, comme par magie. Et si tout se passe comme dans ma précédente vie, je vais à nouveau vivre en paix pendant deux ans puis endurer une longue guerre pour défendre ma Terre contre les assauts de Véga.
Le soleil pointe à l'horizon au moment où le sommeil reprend possession de moi.
Cette vérité que mes souffrances confirment m'effraie, me terrorise presque. Mais je l'admet.
Tout recommence, sans raison, sans logique et c'est reparti pour un tour.
Pour ceux qui communiquent avec moi, je joue le jeu. Nous ne nous connaissons pas et nous nous voyons pour la première fois.
Mais je suis toujours l'Actarus de cette vie précédente qui ne fut pas, tout au moins pour moi, un rêve.
Mais tout ne recommence pas vraiment car je suis plus fort que dans ce passé qui n'existe visiblement plus que dans mon souvenir. Je n'ai pas les problèmes psychiatriques qui furent les miens lors de ma première arrivée. Et je sais où je vais ! Je dois immédiatement me mettre au travail et préparer la défense de la Terre.
La première grande conversation entre le professeur et moi a lieu une poignée de jours plus tard, alors que mon corps régénéré ne présente plus que quelques contusions. Je fais semblant et feins d'ignorer toutes les informations qu'il me donne et que je sais pourtant par cœur. Le Great Mazinger lutte contre Mykène, Véga va sûrement sous peu attaquer, il faut cacher Goldorak qui repose toujours dans les montagnes.
Je regarde l'homme avec tristesse car je l'aime comme un fils aime son père alors que je ne suis qu'un étranger pour lui.
En face de lui, je n'aspire qu'à une chose, gagner son amour pour qu'il redevienne mon père. A un moment ce sentiment que je ressens pour lui est le plus fort et je me jette sans ses bras, pleurant à chaude larmes. Forcement, il se méprend sur la cause de mon tourment et me parle de ce passé qui me traumatise et que je dois surmonter alors que je n'attend en fait que l'expression de l'amour paternel qu'il devrait avoir pour moi.
Il me faut réaliser que désormais je ne côtoierai que des étrangers. Vénusia, dont je suis amoureux, ainsi qu’Alcor et Mizar, qui sont mes frères, ne m'ont jamais vu. Lorsque je les rencontrerai, ma connaissance du futur va-t-elle me faire commettre des faux-pas qui changeront leur sentiments pour moi?
Et les autres issus de mon passé et qui reviendront dans ma vie?
Ma petite sœur doit vivre dans un bois pas très loin avec notre professeur, Aphélie doit croupir dans un prison véghienne à l'autre bout de la galaxie, se faisant modeler pour le piège que l'on va me tendre. Pollux, avec l’énergie du désespoir, lutte encore en vain contre l'invasion véghienne. Végalia, elle, doit papillonner de bel officier en gouverneur.
Le futur qui m'attend n'a rien de charmant. Je me dois de tout mettre en ordre pour ce jour de juillet 1978 où Hydargos lancera sur nous Giru-Giru, avec le cerveau de Nadir à l'intérieur, et déclenchera la plus grande guerre que la Terre ait connue.
Pour nous préparer à tout cela, deux longues années me laisseront assez de temps mais d'abord, il me faut redevenir Actarus Procyon.
