les raisons du succes.. suite
Posté : sam. mai 11, 2013 10:35 am
Pour ceux qui se posait la question pourquoi un tel succes de génération j'ai trouvé quelsques éléments interessants ...
extrait de : Télé-junior, avril 1979
http://membres.multimania.fr/goldotriomphe/tvhebdo.htm
[...]
Comment expliquer le succès de Goldorak en France et dans la francophonie canadienne? Évidemment, l'effet surprise, le scénario bien maîtrisé et le design y sont pour beaucoup. Plusieurs critiques négatifs et quelque peu chauvins diront que le dessin animé est de moins bonne qualité du point de vue technique (le déroulement de l'image par seconde étant un peu moindre), mais la qualité du dessin de chaque scène, surtout les choix de couleurs, ainsi que les plans de caméra sont de loins supérieurs et sortent de l'ordinaire pour des petits Occidentaux de la fin des années 1970 désabusés des dessins animés de Walt Disney, d'Astérix et de Tintin (je ne veux pas dénigrer ces deux derniers car je crois qu'ils sont supérieurs en bandes dessinées) et des dizaines de dessins animés sans saveurs ou sans éléments d'aventures. Aussi, la bande sonore et les chansons des génériques sont des éléments à ne pas négliger pour comprendre l'attachement immédiat qu'ont éprouvé des milliers de petites têtes blondes (à l'époque, la mienne l'était aussi!) pour Goldorak. Surtout, les personnages de Goldorak dégagent une véracité et une complexité psychologique surprenantes pour un dessin animé.
Bref, dès sa sortie, la série a fait couler de l'encre à profusion...
[...]
Son histoire-débute au japon, en 1976, dans les ateliers de la Toei Animation, la plus grosse entreprise de. Dessins animés japonais. Celle-ci sort six dessins animés d'une demi-heure par semaine, soit six fois plus que Walt Disney. Pour ce faire, elle utilise une équipe régulière de 200 personnes et 400 pigistes. Les Japonais rêvaient depuis toujours de percer le marché occidental de la bande dessinée. Jamais, jusqu'à ce jour, ils n'y étaient parvenus, le public refusant de s'identifier à des personnages asiatiques. Goldorak est le premier à avoir réussi le tour de force de s'imposer sur la scène européenne.. Il a été conçu par un ordinateur japonais à la suite d'études de marketing sur tout ce qui avait du succès dans la bande dessinée mondiale. Pour faciliter l'exportation, on donna aux personnages de Goldorak un type européen, et la société fonctionne à ur échelle si importante qu'elle put permettre de vendre sa production à des prix particulièrement intéressants.
[...]
Mais Goldorak serait sûrement resté sur les tablettes, malgré tous les avantages financiers qu'elle présentait, si Jacques Canestrier, un méridional, producteur privé pour le compte du cinéma et de la télévision, ne l'avait achetée et imposée presque de force, à Antenne 2, une chaîne de la télévision française. Ce fut un rude travail de persuasion pour deux raisons bien précises: d'une part on jugeait que Goldorak était un dessin animé de qualité très moyenne. Les personnages se contentent d'ouvrir la bouche et les yeux de temps à autre et les images sont presque fixes (6 à 7 images/seconde alors qu'un Walt Disney défile à 20 images/seconde). D'autre part, on lui reprochait son extrême violence. Ce à quoi Canestrier réplique aujourd'hui: « Un dessin statique, animé au moment opportun, suffit à l'enfant. Si la construction dramatique est bien faite, il saura faire appel à son imagination pour recréer le mouvement » Quant à la violence de Goldorak, Canestrier est loin de la reconnaître: "La vraie violence, c'est le western quand des hommes tuent d'autres hommes. Ici, il n'y a jamais de sang qui coule, ce sont des robots qui se détruisent, s'en vont en pièces détachées. Si projeter sa machine à laver le linge contre sa machine à laver est un acte de violence alors, là oui, Goldorak est violent!" Et qu'importe, après tout, puisque les enfants, eux, ont adopté Goldorak et lui ont fait fête. Sans doute ont-ils reconnu, en lui, un héros typique de leur génération qui laisse loin derrière tous les Donald, Tarzan, Batman et compagnie.
[...]
Actarus se sert de tout un vocabulaire interplanétaire pour dicter ses ordres de combat: des mots comme fulguropoing, météopunch, astérohache, rétrolaser, clavicogyre, etc. Cela vous parait peut-être compliqué, mais les enfants s'y retrouvent de façon admirable et ils connaissent le sens précis de chaque terme, qu'ils utilisent ensuite dans leurs jeux de tous les jours! Ces mots, on les doit à l'imagination combinée de Michel Gatineau et de Jeanne Val, les traducteurs et auteurs de la version française de Goldorak. On raconte qu'ils se seraient joints à Jacques Canestrier et auraient fait ce que l'on appelle dans certains milieux, un "brainstorming": "Nous nous sommes efforcés de retrouver notre naïveté d'enfant et nous avons joué à inventer des mots selon le système des petits papiers. Nous avons, volontairement, rejeté tout ce qui pouvait rappeler les armes effrayantes découvertes aujourd'hui par la technologie militaire. Nous avions tous un point commun: un antimilitarisme forcené. Cela a donné "fulguropoing", pour foudre au poing, "planitrogyre", raccourci de planétaire et autogyre, et ainsi de suite."
[...]
biensur la plupart d'entre nous connaissons la plupart de ces info mais je les donne également pour les nouveaux...
je que je trouve interessant c'est le passage qui explique que malgré le moindre nb d'image par seconde le dessin animé a conquis les enfants de l'époque
en effet je pense que le cerveau crée lui meme les mouvements entre les images et j'irai plus loin en disant meme qu'il laisse l'imaginaire de l'enfant crée selon ses envies ces liens car ce qui importe c'est la trame narrative et les éléments psychologiques et émotionnels de la série... et sur ce point Goldorak est d'une très bonne qualité...
à vous...
extrait de : Télé-junior, avril 1979
http://membres.multimania.fr/goldotriomphe/tvhebdo.htm
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Comment expliquer le succès de Goldorak en France et dans la francophonie canadienne? Évidemment, l'effet surprise, le scénario bien maîtrisé et le design y sont pour beaucoup. Plusieurs critiques négatifs et quelque peu chauvins diront que le dessin animé est de moins bonne qualité du point de vue technique (le déroulement de l'image par seconde étant un peu moindre), mais la qualité du dessin de chaque scène, surtout les choix de couleurs, ainsi que les plans de caméra sont de loins supérieurs et sortent de l'ordinaire pour des petits Occidentaux de la fin des années 1970 désabusés des dessins animés de Walt Disney, d'Astérix et de Tintin (je ne veux pas dénigrer ces deux derniers car je crois qu'ils sont supérieurs en bandes dessinées) et des dizaines de dessins animés sans saveurs ou sans éléments d'aventures. Aussi, la bande sonore et les chansons des génériques sont des éléments à ne pas négliger pour comprendre l'attachement immédiat qu'ont éprouvé des milliers de petites têtes blondes (à l'époque, la mienne l'était aussi!) pour Goldorak. Surtout, les personnages de Goldorak dégagent une véracité et une complexité psychologique surprenantes pour un dessin animé.
Bref, dès sa sortie, la série a fait couler de l'encre à profusion...
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Son histoire-débute au japon, en 1976, dans les ateliers de la Toei Animation, la plus grosse entreprise de. Dessins animés japonais. Celle-ci sort six dessins animés d'une demi-heure par semaine, soit six fois plus que Walt Disney. Pour ce faire, elle utilise une équipe régulière de 200 personnes et 400 pigistes. Les Japonais rêvaient depuis toujours de percer le marché occidental de la bande dessinée. Jamais, jusqu'à ce jour, ils n'y étaient parvenus, le public refusant de s'identifier à des personnages asiatiques. Goldorak est le premier à avoir réussi le tour de force de s'imposer sur la scène européenne.. Il a été conçu par un ordinateur japonais à la suite d'études de marketing sur tout ce qui avait du succès dans la bande dessinée mondiale. Pour faciliter l'exportation, on donna aux personnages de Goldorak un type européen, et la société fonctionne à ur échelle si importante qu'elle put permettre de vendre sa production à des prix particulièrement intéressants.
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Mais Goldorak serait sûrement resté sur les tablettes, malgré tous les avantages financiers qu'elle présentait, si Jacques Canestrier, un méridional, producteur privé pour le compte du cinéma et de la télévision, ne l'avait achetée et imposée presque de force, à Antenne 2, une chaîne de la télévision française. Ce fut un rude travail de persuasion pour deux raisons bien précises: d'une part on jugeait que Goldorak était un dessin animé de qualité très moyenne. Les personnages se contentent d'ouvrir la bouche et les yeux de temps à autre et les images sont presque fixes (6 à 7 images/seconde alors qu'un Walt Disney défile à 20 images/seconde). D'autre part, on lui reprochait son extrême violence. Ce à quoi Canestrier réplique aujourd'hui: « Un dessin statique, animé au moment opportun, suffit à l'enfant. Si la construction dramatique est bien faite, il saura faire appel à son imagination pour recréer le mouvement » Quant à la violence de Goldorak, Canestrier est loin de la reconnaître: "La vraie violence, c'est le western quand des hommes tuent d'autres hommes. Ici, il n'y a jamais de sang qui coule, ce sont des robots qui se détruisent, s'en vont en pièces détachées. Si projeter sa machine à laver le linge contre sa machine à laver est un acte de violence alors, là oui, Goldorak est violent!" Et qu'importe, après tout, puisque les enfants, eux, ont adopté Goldorak et lui ont fait fête. Sans doute ont-ils reconnu, en lui, un héros typique de leur génération qui laisse loin derrière tous les Donald, Tarzan, Batman et compagnie.
[...]
Actarus se sert de tout un vocabulaire interplanétaire pour dicter ses ordres de combat: des mots comme fulguropoing, météopunch, astérohache, rétrolaser, clavicogyre, etc. Cela vous parait peut-être compliqué, mais les enfants s'y retrouvent de façon admirable et ils connaissent le sens précis de chaque terme, qu'ils utilisent ensuite dans leurs jeux de tous les jours! Ces mots, on les doit à l'imagination combinée de Michel Gatineau et de Jeanne Val, les traducteurs et auteurs de la version française de Goldorak. On raconte qu'ils se seraient joints à Jacques Canestrier et auraient fait ce que l'on appelle dans certains milieux, un "brainstorming": "Nous nous sommes efforcés de retrouver notre naïveté d'enfant et nous avons joué à inventer des mots selon le système des petits papiers. Nous avons, volontairement, rejeté tout ce qui pouvait rappeler les armes effrayantes découvertes aujourd'hui par la technologie militaire. Nous avions tous un point commun: un antimilitarisme forcené. Cela a donné "fulguropoing", pour foudre au poing, "planitrogyre", raccourci de planétaire et autogyre, et ainsi de suite."
[...]
biensur la plupart d'entre nous connaissons la plupart de ces info mais je les donne également pour les nouveaux...
je que je trouve interessant c'est le passage qui explique que malgré le moindre nb d'image par seconde le dessin animé a conquis les enfants de l'époque
en effet je pense que le cerveau crée lui meme les mouvements entre les images et j'irai plus loin en disant meme qu'il laisse l'imaginaire de l'enfant crée selon ses envies ces liens car ce qui importe c'est la trame narrative et les éléments psychologiques et émotionnels de la série... et sur ce point Goldorak est d'une très bonne qualité...
à vous...
