Monsieur Vilak a écrit :Vous souvenez-vous de cette sensation :
Comme (presque) à chaque fois que Goldorak passe, vous êtes devant votre poste de télé et le générique d'ouverture va s'achever dans quelques secondes.
Bref, vous ne savez pas quel épisode vous allez voir.
Dans votre cœur, la surprise et la gourmandise se mêlent dans une sensation indéfinissable.
Oui, tout à fait...
La dernière fois où j'ai ressenti ces sensations, c'était dans le courant de l'année 1982 avec la découverte, pour la toute première fois, des aventures de Goldorak au format couleur.
Dès que le générique d'ouverture s'achevait avec le visage d'Actarus occupant toute la largeur de la télévision et l'éternelle lueur qui scintillait, tel un symbole immuable, dans son œil droit, les premières choses qui me venaient à l'esprit, avant d'entendre la voix solennelle de Michel Gatineau, étaient : "Pourvu que ce soit un épisode prenant" "Vite, j'ai hâte de découvrir le méchant du jour" "A quoi va ressembler l'Antérak ou le Golgoth aujourd'hui ?"
Ces petites appréhensions disparaissaient assez vite car, dans mes lointains souvenirs, il était extrêmement rare que je sois déçu.
Comme tu le soulignes si bien, à cette époque, point de virtuel, pas de profusion d'images à l'infini, aucun moyen de revenir en arrière pour retrouver ces sensations qui nous ont effleuré le temps de 25 minutes.
Que nous restait-il alors comme solution pour extérioriser une émotion dans l'urgence, hormis le dessin et la lecture des épisodes en petit et grand format au rayon presse ?
L'IMAGINAIRE !
Après avoir dégusté un épisode de Goldo, j'ai acquis ce rituel immuable pendant de longues années : tenter de garder le plus longtemps possible ces sensations emmagasinées le temps d'une vingtaine de minutes en mimant du mieux que je pouvais l'épisode que je venais de regarder.
Derrière cette bizarrerie de prime abord, je ressentais un bien-être indéfinissable de pouvoir verbaliser les temps forts de ce que je venais de voir et de reproduire approximativement la posture et les gesticulations des personnages qui donnaient corps à l'aventure.
Innocemment, il m'est arrivé, certaines fois, de mimer quelques épisodes de Goldorak au grand air, dans le jardin familial, sous l’œil effaré d'une bonne voisine qui se demandait ce qui pouvait bien pousser un jeune bambin à se donner la parole à lui-même et à se déhancher dans tous les sens.
Le pire, c'est que 33 ans plus tard, celle-ci s'en rappelle très bien puisque, quand il m'arrive de la recroiser aujourd'hui, elle ne manque jamais de me rappeler qu'elle se souvient très bien de moi à l'époque où je faisais "mes épisodes" (selon ses propres mots).