Re: UFO ROBO GRENDIZER, la diffusion de Goldorak au Japon
Posté : lun. mars 23, 2026 01:11 am
Thank you!
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le site de la Lune Rouge
https://www.goldorakgo.com:443/forums/
Enbanju n. 6 is Furu Furu, but not the one we see in episode 16 designed by Yoshinobu Aohachi.

Intéressant, merci. C'est fort possible mais la baisse d'audience entre les épisodes 42 et 52 correspond largement aux vacances d'été 1976.Zuril a écrit : ↑sam. mai 02, 2026 15:41 pm Mazinger Bible
Changement du character design en cours de série
Il convient ici d’évoquer brièvement les évolutions entourant l’œuvre au moment de sa diffusion. Lors de sa première diffusion, la série a enregistré un taux d’audience de 24,3 % (note 9). Par la suite, elle s’est maintenue dans la tranche des 20 %. Cependant, à partir de l’épisode 34, l’audience est tombée dans les 10 %, avant de remonter à nouveau au-dessus des 20 % à partir de l’épisode 54, dessinant ainsi une courbe assez étrange. Cela semble s’expliquer par une transformation du public.
Très intéressant, merci. Ce que ce passage appelle la "deuxième moitié" de la série dans laquelle "Araki prend le relais de Komatsubara comme directeur de l'animation" correspond en gros à ce que nous appelons en France la saison 3 (Araki succède à Komatsubara à partir de l'épisode 49, soit tout près des épisodes 52-53).Zuril a écrit : ↑sam. mai 02, 2026 15:27 pm Vous voulez les sources japonaises? C'est interessant. J'ai déjà mis le roman Album de 78.
Voici le passage sur Goldorak du Mazinger Z Daizenshū de 1987. p156-157
Une nouvelle série de robots spatiaux : Grendizer prend son envol vers le monde
Bien que sa production ait débuté après une période de préparation très courte comparée à celle de son prédécesseur Great Mazinger, le niveau de qualité du premier épisode de Grendizer (Goldorak) fut exceptionnellement élevé. Ce chapitre inaugural témoigna de l’énergie considérable que le studio Toei injectait dans ce projet, ainsi que du talent de Kazuo Komatsubara, alors directeur de l’animation. Le public répondit présent avec un taux d’audience impressionnant de 24,3 %, signe que le concept des « robots-OVNI » avait frappé les esprits.
Un autre facteur déterminant de cet intérêt fut le retour de Kôji Kabuto (Alcor) en tant que personnage régulier, dans un rôle de soutien similaire à celui de Boss auparavant. Faire du héros de l'immense succès Mazinger Z un second rôle était un pari audacieux, mais les créateurs ont réussi à exploiter sa popularité sans dénaturer l’univers propre de Grendizer. Pour les écoliers de l’époque, Kabuto restait un héros — et la série fut perçue comme la réunion de deux grands héros.
D’un côté, l’œuvre affichait une image de puissance portée par ses robots et ses deux héros ; de l’autre, elle explorait les relations humaines avec une sensibilité presque « féminine », cherchant constamment à inventer un nouveau langage pour l’animation. Cette dualité devint progressivement la marque de fabrique de la série. Il est fascinant de constater que Grendizer a été conçu avec la volonté délibérée de s’émanciper du simple récit d’action robotique. Ainsi, le cadre de la vie quotidienne, la description des personnages secondaires et leurs interactions avec le protagoniste y occupent une place bien plus centrale que dans les deux séries précédentes.
L’accent est mis sur la psychologie de Daisuke (Actarus). Son cœur est habité par la mélancolie de l’exilé et, par extension, par un amour profond pour la Terre. Le destin, qui le condamne à traverser les combats contre l’armée de Véga, le contraint paradoxalement à refouler ses propres désirs.
Dans cet équilibre entre action et drame humain, les antagonistes bénéficient eux aussi d’un éclairage inédit, notamment à travers les « Commandants ». Qu’ils soient natifs de Véga ou issus de planètes colonisées, leurs destins tragiques (mis en scène dans les épisodes 9, 15, 25 ou 29) constituent des récits intimes qui soulignent, par contraste, la puissance écrasante de l’empire de Véga. (À noter que l’épisode 25 est une adaptation télévisée par Katsumata Katsuharu du manga de Gosaku Ota).
En revanche, les Bêtes-soucoupes, qui auraient dû être les adversaires principaux, souffrent d'un manque de personnalité — peut-être dû à la contrainte de se transformer systématiquement en soucoupe, sans variation de forme selon leur fonction, avec des noms répétitifs peu mémorables. Leur manque de présence affaiblit les affrontements avec Grendizer et contribue à déplacer l'intérêt de la série vers les personnages humains. À partir de l'épisode 52, les Bêtes-Vega prennent leur relève, sans que cela constitue toutefois une véritable relance.
Ainsi, que ce soit voulu ou non, à mesure que le drame humain s'intensifiait, l'audience grimpa jusqu'à 27,6 % à l'épisode 21 — avant de tomber sous les 10 % à partir de l'épisode 34. La constitution de l'équipe Daizer autour du Double Spazer ne suffit pas à inverser la tendance, et une fois passé l'épisode 40, l'audience passa souvent sous les 15 %.
Cette période fut pourtant celle qui séduisit les spectateurs plus âgés, avec les épisodes 37, 43 et d'autres restés dans les mémoires des fans. La série se dota également d'un nouvel enjeu scénaristique : le corps de Duke lui-même, progressivement contaminé par les radiations Vegatron — ce qui donna à l'architecture narrative de la série une cohérence et une fluidité réelles.
La série connut une inflexion majeure au terme de sa première année de diffusion, avec deux événements : l'arrivée de Maria, qui complète l'équipe Daizer, et le déplacement du quartier général de Véga vers Skull Moon après la destruction de la planète Vega. Maria fut créée pour piloter le Drill Spazer — c'est d'ailleurs le seul personnage régulier conçu par Araki Shingo. Au départ, c'est Umon Banta qui devait piloter cet engin, mais la trop grande proximité avec l'univers de Getter Robo conduisit à créer Maria en urgence. Le déplacement de la base ennemie servit à dramatiser l'intensification du conflit tout en introduisant la pénurie de ressources du camp adverse — apportant un réalisme bienvenu. Dans cette seconde partie, Araki prend le relais de Komatsubara comme directeur de l'animation de fait, offrant une imagerie distincte de la première moitié. Ces efforts portèrent leurs fruits : à partir de l'épisode 54, l'audience dépassa à nouveau les 19 %, puis les 20 %.
Cette longue fresque de 74 épisodes reposait sur deux piliers : le passé de Duke Fleed comme trame de fond — au sens des grandes fresques épiques — et une narration continue qui en tirait tout le parti. La construction dramatique dans un registre de chevalerie médiévale ouvrit de nouveaux horizons à l'animation — même si l'on peut regretter que les circonstances entourant la destruction de Fleed varient selon les épisodes. Cette dynamique, quoi qu'il en soit, allait indubitablement nourrir les œuvres suivantes.
Zuril a écrit : ↑sam. mai 02, 2026 15:27 pm Vous voulez les sources japonaises? C'est interessant. J'ai déjà mis le roman Album de 78.
Voici le passage sur Goldorak du Mazinger Z Daizenshū de 1987. p156-157
Une nouvelle série de robots spatiaux : Grendizer prend son envol vers le monde
Bien que sa production ait débuté après une période de préparation très courte comparée à celle de son prédécesseur Great Mazinger, le niveau de qualité du premier épisode de Grendizer (Goldorak) fut exceptionnellement élevé. Ce chapitre inaugural témoigna de l’énergie considérable que le studio Toei injectait dans ce projet, ainsi que du talent de Kazuo Komatsubara, alors directeur de l’animation. Le public répondit présent avec un taux d’audience impressionnant de 24,3 %, signe que le concept des « robots-OVNI » avait frappé les esprits.
Un autre facteur déterminant de cet intérêt fut le retour de Kôji Kabuto (Alcor) en tant que personnage régulier, dans un rôle de soutien similaire à celui de Boss auparavant. Faire du héros de l'immense succès Mazinger Z un second rôle était un pari audacieux, mais les créateurs ont réussi à exploiter sa popularité sans dénaturer l’univers propre de Grendizer. Pour les écoliers de l’époque, Kabuto restait un héros — et la série fut perçue comme la réunion de deux grands héros.
D’un côté, l’œuvre affichait une image de puissance portée par ses robots et ses deux héros ; de l’autre, elle explorait les relations humaines avec une sensibilité presque « féminine », cherchant constamment à inventer un nouveau langage pour l’animation. Cette dualité devint progressivement la marque de fabrique de la série. Il est fascinant de constater que Grendizer a été conçu avec la volonté délibérée de s’émanciper du simple récit d’action robotique. Ainsi, le cadre de la vie quotidienne, la description des personnages secondaires et leurs interactions avec le protagoniste y occupent une place bien plus centrale que dans les deux séries précédentes.
L’accent est mis sur la psychologie de Daisuke (Actarus). Son cœur est habité par la mélancolie de l’exilé et, par extension, par un amour profond pour la Terre. Le destin, qui le condamne à traverser les combats contre l’armée de Véga, le contraint paradoxalement à refouler ses propres désirs.
Dans cet équilibre entre action et drame humain, les antagonistes bénéficient eux aussi d’un éclairage inédit, notamment à travers les « Commandants ». Qu’ils soient natifs de Véga ou issus de planètes colonisées, leurs destins tragiques (mis en scène dans les épisodes 9, 15, 25 ou 29) constituent des récits intimes qui soulignent, par contraste, la puissance écrasante de l’empire de Véga. (À noter que l’épisode 25 est une adaptation télévisée par Katsumata Katsuharu du manga de Gosaku Ota).
En revanche, les Bêtes-soucoupes, qui auraient dû être les adversaires principaux, souffrent d'un manque de personnalité — peut-être dû à la contrainte de se transformer systématiquement en soucoupe, sans variation de forme selon leur fonction, avec des noms répétitifs peu mémorables. Leur manque de présence affaiblit les affrontements avec Grendizer et contribue à déplacer l'intérêt de la série vers les personnages humains. À partir de l'épisode 52, les Bêtes-Vega prennent leur relève, sans que cela constitue toutefois une véritable relance.
Ainsi, que ce soit voulu ou non, à mesure que le drame humain s'intensifiait, l'audience grimpa jusqu'à 27,6 % à l'épisode 21 — avant de tomber sous les 10 % à partir de l'épisode 34. La constitution de l'équipe Daizer autour du Double Spazer ne suffit pas à inverser la tendance, et une fois passé l'épisode 40, l'audience passa souvent sous les 15 %.
Cette période fut pourtant celle qui séduisit les spectateurs plus âgés, avec les épisodes 37, 43 et d'autres restés dans les mémoires des fans. La série se dota également d'un nouvel enjeu scénaristique : le corps de Duke lui-même, progressivement contaminé par les radiations Vegatron — ce qui donna à l'architecture narrative de la série une cohérence et une fluidité réelles.
La série connut une inflexion majeure au terme de sa première année de diffusion, avec deux événements : l'arrivée de Maria, qui complète l'équipe Daizer, et le déplacement du quartier général de Véga vers Skull Moon après la destruction de la planète Vega. Maria fut créée pour piloter le Drill Spazer — c'est d'ailleurs le seul personnage régulier conçu par Araki Shingo. Au départ, c'est Umon Banta qui devait piloter cet engin, mais la trop grande proximité avec l'univers de Getter Robo conduisit à créer Maria en urgence. Le déplacement de la base ennemie servit à dramatiser l'intensification du conflit tout en introduisant la pénurie de ressources du camp adverse — apportant un réalisme bienvenu. Dans cette seconde partie, Araki prend le relais de Komatsubara comme directeur de l'animation de fait, offrant une imagerie distincte de la première moitié. Ces efforts portèrent leurs fruits : à partir de l'épisode 54, l'audience dépassa à nouveau les 19 %, puis les 20 %.
Cette longue fresque de 74 épisodes reposait sur deux piliers : le passé de Duke Fleed comme trame de fond — au sens des grandes fresques épiques — et une narration continue qui en tirait tout le parti. La construction dramatique dans un registre de chevalerie médiévale ouvrit de nouveaux horizons à l'animation — même si l'on peut regretter que les circonstances entourant la destruction de Fleed varient selon les épisodes. Cette dynamique, quoi qu'il en soit, allait indubitablement nourrir les œuvres suivantes.
En septembre 1978, j'entrais en 6ème et même s'il est vrai qu'on ne jouait pas à Goldorak dans la cour de récréation, je me souviens qu'il nous arrivait de parler de l'épisode vu la veille.Bouleau Blanc a écrit : ↑sam. mai 02, 2026 16:43 pm Concernant le vieillissement de l'audience du fait de la tonalité plus mature de la série, on ne l'a pas du tout observé ailleurs, en tout cas en France où dans les collèges et lycées, on parlait peu de Goldorak, beaucoup moins que dans les écoles.
Après cela ne veut pas dire que certains regardaient mais ceux qui regardaient étaient sans doute d'anciens fans plus jeunes qui conservaient une dilection pour Goldorak passé 12 ans, ce qui arrivait mais pas fréquemment. En revanche, le ton mature de la série Goldorak fait sans doute que des adultes peuvent la regarder et aimer plus souvent que d'autres séries plus "bébé" comme Mazinger Z.
A cet égard, Goldorak vieillit mieux. Le regard d'adulte peut être moins distant.