Moi je n'ai pas résisté, je l'ai écrite moi-même !
Extraits de ma Fan-Fiction "Il était une fois Euphor" :
A l’époque de mon entrée en scène sur l’échiquier politique, j’avais donc seize ans et j’étais vraiment heureux, fabuleusement.
Au cours de l’année précédente, mon attirance de toujours pour la belle Aphélie, une lointaine parente quelque peu ma cousine, s’était transformée en une véritable passion et nos chastes baisers de jadis avaient fait place à une liaison enflammée. Pour mon bonheur, elle m’aimait aussi.
J’ai failli refuser le poste pour participer à un fantastique voyage avec elle. Nous y avions sérieusement réfléchi, cela aurait été notre Lune de Miel anticipée, nous qui venions d’échanger en tête à tête des vœux éternels d’amour et de fidélité et la promesse de nous marier au plus tôt.
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De mon coté, la rumeur d’un mariage était très rapidement parvenue à mes oreilles, le sceau du secret n’ayant pu retenir un tel projet dans l’alcôve du Conseil Royal. Pour moi, ces murmures étaient sans fondement, j’avais sondé mon père sur cette clause secrète du pacte passé avec Véga et il m’avait magnifiquement menti. Je ne m’alarmais donc pas outre mesure lorsque Lia fut envoyée sur Euphor pendant les vacances d’automne. J’avais été chargé de lui tenir compagnie et, pourchassé par des photographes bien informés, notre couple faisait les beaux jours de la presse people. De nombreuses photos volées se retrouvèrent à la une des magazines, notamment la série dite du Lac aux Fleurs Rouges où, lors d’une promenade en barque, « les deux tourtereaux semblaient échanger les yeux dans les yeux de sincères paroles d’amour ».
Je me souviens très bien de cette ballade au fil de l’eau car elle avait, je le croyais alors, scellé mon destin. Là, dans un cadre féerique, à quelques mètres de cygnes majestueux, Lia m’apprit les intentions de nos paternels, je fus abasourdi.
Je ne sais pas comment j’ai pu garder mon sang froid devant la jeune fille mais je me suis contenu, voyant ma vie s’effondrer dans ses paroles.
Lia était amoureuse, je le voyais bien, mais pas moi. Je ne voulais pas me marier avec elle, c’est Aphélie que j’aimais et que je voyais comme ma future épouse, la future reine et la mère de mes enfants.
La scène que je fis à mon père ce soir là fut la seule dispute de notre vie et je suis sûr que la poussière qui fut nos murs s’en souvient encore. Plus tard, seul dans ma chambre, je pleurais à chaudes larmes en contemplant la sublime bague que ma mère m’avait un jour donnée pour que je la passe au doigt de ma future femme, un joyau que je ne pouvais plus destiner à Aphélie.
Je n’avais hélas que trop bien compris où était mon devoir. Ce sacrifice pouvait soustraire ma planète à la guerre et, la mort dans l’âme, je me soumis.
Commença alors la deuxième partie de ma vie, celle des drames. Elle débuta évidemment par l’inévitable rupture avec Aphélie. Ce fut un moment horrible pour nous deux, les larmes, les cris et les hurlements ne nous épargnèrent pas. Ma jadis si joviale aimée sombra dans la dépression et ses parents, comme si c’était la solution, songèrent à la marier dès qu’elle irait un peu mieux.
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Mais la construction du Daïzer n’était que le fil rouge de cette funeste période de ma vie où tout changeait, et pour le pire, autour de moi.
Je dus, la mort dans l’âme, assister aux noces d’Aphélie et du Comte de Nerve, un riche héritier qui avait choisi la carrière militaire et qui, grâce à ce mariage, pouvait désormais briguer le poste de Général en Chef des Armées d’Euphor, rêve de toute une vie! Les nouveaux époux, tous deux officiers supérieurs, se connaissaient depuis toujours et leurs familles respectives espéraient cette union depuis bien des années. Ils s’estimaient beaucoup, se désiraient sans doute un peu mais ne s’aimaient pas. Ils firent ce que l’on appelle un bon ménage, sans plus.
Lui ayant un excellent poste à l’état major, elle étant l’une des plus brillantes techniciennes en armement, ils feraient grand honneur à leur nom.
Voir celle que j’aimais de tout mon cœur, celle avec qui je voulais faire ma vie et fonder une famille, épouser un autre homme, devoir lui faire le baisemain et lui souhaiter tout le bonheur possible, me déchirèrent le cœur. Et lui présenter ma future épouse, les voir se donner l’accolade et se féliciter mutuellement manqua de me faire vomir.
Qu’elle était belle pourtant, mon Aphélie, mon amour, dans cette robe immaculée cousue de diamants. J’ai à un moment cru que je tombais vers elle et que mes jambes allaient m’emporter vers ses bras.
Je n’avais jamais autant souffert...
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Revenant comme je pus à Fleed, je fis mon rapport au Conseil Royal puis, en regagnant ma chambre, j’eus la surprise et la joie de voir Aphélie, tremblante, devant ma porte. Elle avait une parfaite connaissance de la situation et en était désespérée. Non seulement nos soldats tombaient par milliers mais de nombreuses défections se produisaient incessamment dans notre armée. En effet, la manière très humaine et lucrative dont l’ennemi traitait ceux qui collaboraient spontanément avec lui encourageait la trahison et les plus opportunistes se disaient que, perdus pour perdus, il valait mieux prendre les devants et sauter à temps dans le bon wagon. Parmi ces volte-face, la plus tragique était celle du Comte de Nerve qui avait rejoint il y a quelques mois le camp de Véga et livré entre autre les informations nécessaires à la chute de la Grande Forteresse. Tous les jours, le traître s’adressait au peuple d’Euphor sur le Visionet, l’encourageant à déposer les armes et à se rendre. Au bord des larmes, Aphélie se jeta dans mes bras et ce qui devait arriver arriva, notre liaison, ou plutôt non, notre histoire d’amour, reprit pour quelques mois, jusqu’à l’écroulement final...
Sur toutes les plates-formes médiatiques, les membres de la famille royale se relayaient sans cesse pour encourager le peuple à combattre. Notre apparition Aphélie et moi main dans la main fit l’effet d’une bombe et le but de discréditer Nerve fut atteint. Son étoile souillée, il écumait de rage dans les couloirs de sa soucoupe amirale, faisant semblant de ne pas entendre lorsqu’on l’appelait « le général cocu » (encore une trouvaille du capitaine Janus, toujours le premier lorsqu’il s’agissait de saillies malintentionnées). Sujet à des gorges chaudes de tout bord, ses messages n’eurent plus l’impact souhaité par Véga et les défections diminuèrent sensiblement dans l’armée euphorienne.
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A bord de Giru-Giru, l’un des premiers golgoths spécialement conçus pour le combat urbain, le super-intendant et ses hommes forcèrent enfin l’entrée de la demeure royale après bien des écueils.
Dans les dédales du bâtiment, les premières flammes commençaient déjà à lécher les murs et la garde, qui avait de quoi répondre à Sogradi, se prépara pour le combat au corps à corps. Dans la salle de commandement, c’était la panique et l’espoir de s’en sortir juste vivant fuyait à peu près tout le monde. Trouver de l’aide à tout prix, ce furent en tout cas ce qu’imploraient les derniers mots audibles du Roi avant que sa voix ne soit couverte par le vacarme des lasers qui forçaient la porte.
Trouver de l’aide, mais auprès de qui ? Pallas nous avait tourné le dos, les habitants d’Euphor tombaient par milliers dans des combats de rue perdus d’avance, nos meilleurs officiers avaient trahi ou étaient mort. En ces interminables secondes de terreur, mon père avait-il perdu la raison ? Seule Aphélie montra son dévouement sans faille et, par un geste vu de tous, accepta l’ordre.
Mais pour les autres, il n’y avait plus rien à faire d’autre que de fuir.
Ainsi, après une boucherie sans nom dans les couloirs, Sogradi et ses sbires pénétrèrent enfin dans la salle de commandement qui était déjà quasiment à ciel ouvert. Les échanges de feu furent brefs et, presque sous mes yeux, les assassins abattirent mes parents dans un chaos empli de hurlements.
Fou de douleur, j’eu beaucoup de mal à rester lucide et à conserver la tête froide mais je réussis à m’échapper de cet enfer sans pouvoir retrouver Aphélie. Je ne l’avais pas vue tomber sous les balles mais il ne faisait pas l’ombre d’un doute pour moi qu’elle avait péri.